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> Paul Le Moal (Préfacier, etc.)

ISBN : 2070385655
Éditeur : Gallimard (1992)


Note moyenne : 4.16/5 (sur 45 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
\"Il n'était pas un homme dur, mais la nécessité, la grandeur, l'importance de la tâche qu'il s'était assignée faisaient disparaître toute considération purement humanitaire. Il avait entrepris cette tâche avec fanatisme. Elle ne lui plaisait pas. Mentir, tromper, roule... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par stcyr04, le 12 juillet 2012

    stcyr04
    Nostromo est la contradiction de l'italien nostr'uomo (notre homme), appellation un brin condescendante des responsables de la compagnie de l'Ocean Steam Navigation pour désigner le Capataz de cargadores, c'est-à-dire le contremaitre des débardeurs, homme de devoir, intègre, incorruptible, fier et jaloux de son honneur et de sa réputation légendaire autant auprès des occidentaux que de la population autochtone. Mais ne nous méprenons pas, le véritable personnage central de histoire c'est l'argent, cet argent qui possède les hommes, les rend fous, avides, stupides, lais et méchants.
    Conrad à un talent incroyable pour donner vie à cet état imaginaire, le Costaguana, miroir fidèle des destinés mouvementées des pays d'Amérique Latine rythmées par les coups d'états , les guerres civiles, leurs luttes incessantes pour la liberté et la démocratie, avec en sous-main l'influence omniprésente de l'impérialisme américain. L'intérêt de cette œuvre est dans la narration en elle même, qui n'est pas linéaire, l'auteur à recours à l'analepse ce qui, en éclairant le passé des personnages, donne du relief psychologique à ceux-ci et laisse cette remarquable impression de réalisme et de vie à toute l'histoire.
    Une œuvre peut être moins poétique que Lord Jim (autre chef d'œuvre!) mais d'une grande richesse et d'une belle complexité.
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    • Livres 5.00/5
    Par Hammerklavier, le 31 juillet 2012

    Hammerklavier
    Joseph Conrad est un écrivain hors pair, capable de marier roman d'aventure, et littérature plus sérieuse dont l'ambition va au delà du plaisir de divertissement. Nostromo ne fait pas exception. Livre univers, foisonnant de détails ; il embrassent en un peu plus de cinq cent pages, la politique, l'économie, la géographie et l'histoire d'un monde en marche, le Costaguana. Il le fait en multipliant les points de vue qui sont autant de focales permettant de découvrir les facettes de monde. Il déploie une galerie de personnages, leur idiosyncrasie. Il brouille le temps du récit dans une première partie pouvant survoler les années, dans le passé , le futur, et offre des les premières pages une description géographique de la scène des évènement à venir spectaculaire (et visionnaire façon google map..) Et puis il y a Nostromo, qu'on appelle "el capataz de cardadores" personnage singulier, héros populaire, quasi mythique, qui va se perdre, et perdre son idéal. Nostromo c'est avant tout la défaite d'un homme, la défaite des ambitions, aussi bien personnelles que collectives.
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    • Livres 4.00/5
    Par TristanPichard, le 04 octobre 2013

    TristanPichard
    Nostromo tient une place à part dans l'Œuvre de Conrad, il est à la fois le roman le plus ambitieux de son auteur et la charnière entre la première période de sa carrière d'écrivain et la seconde. Pour autant, à bien des égard, je préfère d'autres livres de Conrad à celui-ci et ce n'est pas celui que je conseillerais de prime abord à quelqu'un qui aborderait son travail. Dense, touffu, complexe, il est loin d'être un roman facile. Pour autant certaines scènes sont magistrales (comme la fuite dans la nuit entre les bateaux ennemis) et certains portraits d'une grande richesse (comme celui du jeune idéaliste, Martin Decoud). L'intrigue amoureuse est de loin l'aspect le moins réussi du livre, Conrad n'y retrouve pas, dans la scène de rencontre en particulier, la superbe de celle d'Un paria des îles.
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    • Livres 2.00/5
    Par zaphod, le 04 mars 2014

    zaphod
    Je dois dire que je ne suis pas très fier de moi.
    Nombreux sont ceux qui considèrent "Nostromo" comme le chef-d'oeuvre de Conrad.
    Hélas, autant j'ai adoré "Typhon", beaucoup aimé "Lord Jim" et "Au coeur des ténèbres" (mais celui-là lu il y a tellement longtemps que je me souviens juste d'avoir aimé), autant je n'ai jamais réussi à entrer dans l'histoire de "Nostromo".
    Pourtant, je vois bien que c'est un travail de création tout à fait remarquable. On a vraiment l'impression que Conrad a assisté aux évènements qu'il raconte par le menu.
    Mais je n'ai pas réussi à m'intéresser aux intrigues politiques de cette république imaginaire, pas plus qu'aux personnages qui m'ont paru si distants.
    Je suis surement passé à côté de quelque chose. Ca arrive.
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  • Par teokali, le 16 janvier 2013

    teokali
    Ce livre a été dure à lire. Il demande une certaine concentration pour ne pas y perdre le fil des personnages et de l'histoire notamment à cause des nombreuses analepses. Mais l'intérêt littéraire reste présent malgré la densité du livre. Dans la postface de Silvère Monod je lis deux fois que "Nostromo est un roman que ne l'on ne peut pas lire si on ne l'a pas déjà lu"... C'est tout à fait le sentiment que j'ai eu en fermant ce livre et je ne suis pas sur d'y retourner de sitôt! Malgré tout je n'ai nullement regretté sa lecture, le style Conrad est fort quand il décrit des personnages qui luttent pour leur survie mais devient maladroit lorsqu'il aborde un certain romantisme amoureux qui tranche avec le reste de l'oeuvre.
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Citations et extraits

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  • Par stcyr04, le 06 juillet 2012

    Ainsi parlait le grand personnage, le millionnaire dont les dotations d’églises étaient proportionnées à l’immensité de son pays natal, le malade à qui les médecins adressaient, à mots couverts, leurs terribles menaces. C’était un homme aux membres robustes et au ton pondéré, dont la solide corpulence prêtait à la redingote à revers de soie un air de dignité parfaite. Avec ses cheveux gris de fer et ses sourcils encore noirs, il avait le profil lourd d’une tête de César sur une vieille monnaie romaine. Il y avait, parmi ses ancêtres, des Allemands, des Écossais et des Anglais ; mais des traces de sang danois et français lui valaient à côté d’un tempérament de puritain, une imagination ardente de conquérant. Il sortait, pour Charles Gould, de son habituelle réserve, à cause de la chaleureuse lettre d’introduction qu’il avait apportée d’Europe, et plus encore peut-être en raison de son goût instinctif pour la fermeté et la décision, partout où il les rencontrait et quelque but qu’elles poursuivissent.
    — Le gouvernement du Costaguana jouera son jeu jusqu’au bout, ne l’oubliez pas, monsieur Gould. Et qu’est-ce que c’est que le Costaguana ? Le gouffre sans fond où s’engloutissent les emprunts à 10 pour 100 et les autres placements imbéciles. L’Europe y a jeté ses capitaux à deux mains, pendant des années. Nous n’en avons pas fait autant. Nous savons, dans ce pays, rester à l’abri quand il pleut. Bien entendu, nous interviendrons un jour : il le faudra. Mais rien ne nous presse. Le temps lui-même travaille pour le plus grand pays du monde. C’est nous qui donnerons partout le mot d’ordre, dans l’industrie, le commerce, la loi, le journalisme, l’art et la religion, depuis le cap Horn jusqu’au détroit de Smith, et plus loin même, si nous trouvons au pôle Nord une affaire intéressante. Alors nous pourrons nous occuper à loisir des îles lointaines et des autres continents. Nous mènerons, bon gré, mal gré, les affaires du monde. Le monde n’y peut rien… ni nous non plus, peut-être !
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  • Par liberliger, le 25 novembre 2012

    On le croyait méprisant et aigri, alors que sa vraie nature était constituée par sa capacité d'éprouver la passion et par la sensibilité de son tempérament. Ce qui lui manquait, c'était l'indifférence polie des hommes du monde, cette indifférence qui engendre une indulgence désinvolte vis-à-vis de soi et des autres ; une indulgence qui se trouve aux antipodes de la vraie sympathie et de la compassion humaine. Le manque d'indifférence expliquait son tour d'esprit sarcastique et ses paroles mordantes.
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  • Par stcyr04, le 05 juillet 2012

    L’intelligence de doña Emilia n’avait rien de masculin. Un esprit viril n’est point, chez une femme, la marque d’une essence supérieure, mais en fait un être imparfaitement différencié, d’un intérêt stérile et médiocre. L’intelligence toute féminine de doña Emilia lui facilita la conquête de Sulaco, en éclaira le chemin pour sa générosité et sa douceur. Elle savait causer de façon charmante, mais n’était pas bavarde. La sagesse du cœur, qui ne s’occupe ni d’édifier, ni de détruire des théories, non plus que de combattre pour des préjugés, sait éviter les paroles oiseuses. Ses pensées ont la valeur d’actes de probité, de tolérance et de compassion. La véritable tendresse d’une femme, comme la virilité d’un homme, se manifeste par une sorte de conquête continuelle. Les dames de Sulaco adoraient madame Gould.
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  • Par stcyr04, le 11 juillet 2012

    Il lui était venu que la vie, pour être vaste et pleine, devait, à chaque moment du présent, contenir le soucis du passé et de l’avenir. Notre tache quotidienne doit être accomplie pour la gloire des morts et pour le bien de ceux qui qui viendront après nous.

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  • Par stcyr04, le 10 juillet 2012

    Il n’est point de crédulité plus ardente et plus aveugle que celle née de la cupidité, qui, par ses dimensions universelles, donne la mesure de la détresse morale et de l’indigence intellectuelle de l’humanité.

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