ISBN : 2707306398
Éditeur : Editions de Minuit (1983)


Note moyenne : 3.87/5 (sur 23 notes) Ajouter à mes livres
Joué au théâtre de la Madeleine par Fanny Ardant en juillet 2006
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par Zazette97, le 26 octobre 2009

    Zazette97
    "La maladie de la mort" est le récit d'un huis clos mettant en scène un homme incapable d'aimer et une femme payée pour se soumettre à ses volontés durant plusieurs nuits passées à l'hôtel.
    Tous les soirs se tient le même cérémonial, la femme arrive, s'étend nue sur le lit et s'endort.
    L'homme la détaille, la touche, dort et pleure contre son corps, la regarde à nouveau mais sans jamais la voir.
    Ils se parlent parfois, jamais très longtemps, il veut comprendre, elle lui révèle qu'il est atteint de La maladie de la mort.
    Arrivera-t-il à guérir auprès d'elle?
    Voilà un texte magnifique, très court mais qui mérite d'être lu en prenant le temps de la réflexion.
    La situation de huis clos que dépeint ce récit laisse entrevoir au lecteur l'intimité de deux êtres pourtant "seuls l'un avec l'autre", dans leurs mots comme dans leurs gestes, mais sans jamais tomber dans le voyeurisme car l'homme dont il est ici question c'est le lecteur.
    En faisant parler son personnage masculin à la 2ème personne du pluriel, l'auteure nous invite à envisager notre propre (in) capacité d'aimer (émotionnellement et physiquement), notre relation au corps, à l'autre voire même au monde.
    Mais rien n'est jamais imposé car une partie du texte est rédigée à la forme conditionnelle, laissant le lecteur libre de s'identifier ou non au personnage.
    Il ne se passe pas grand chose dans le récit et pourtant je n'ai à aucun moment ressenti de l'ennui tant l'auteure parvient avec simplicité et justesse à faire éprouver chaque sensation comme à faire parler les silences.
    Les personnages ne se parlent pas beaucoup mais l'histoire continue malgré tout, chaque nuit se ressemble mais n'est pourtant jamais exactement la même.
    Un texte qui m'a beaucoup touchée et que je ne suis pas prête d'oublier.

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2009/10/la-maladie-de-la-mort-marg..
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  • Par liliba, le 19 juin 2010

    liliba
    Un homme dont on ne sait rien paye une femme, qui pourtant n'est pas une prostituée, pour qu'elle accepte de se soumettre à lui pendant plusieurs jours. Elle se retrouve donc dans une chambre, au bord de la mer, nue dans le lit, se soumet à son désir, dort beaucoup, parle un peu avec lui quand il le lui autorise. Pendant ces quelques jours et nuits, il va la regarder, la toucher, lui faire L'Amour, pleurer sur elle et sur lui-même, essayer peut-être de l'aimer. On ne sait rien d'eux sauf ce qu'elle lui répète : qu'il est atteint de La maladie de la mort...
    Un livre qui m'a laissée totalement perplexe ! Je viens de lire un commentaire dans lequel on parle de l'homosexualité de l'homme, je n'y avais même pas pensé à la lecture, tant les deux personnages restent mystérieux, ou alors j'ai zappé une phrase... On ne sait rien d'eux, sauf que l'homme semble être dans une détresse psychologique profonde et qu'il imagine se sauver, ou accéder au bonheur ou tout du moins à un mieux être au travers de cette relation tarifée.
    Suite sur Les lectures de Lili

    Lien : http://liliba.canalblog.com/archives/2010/06/15/index.html
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    • Livres 4.00/5
    Par amartia, le 12 février 2011

    amartia
    C'est un très beau texte, sur le thème, cher à Marguerite Duras, des amours interdites et impossibles. Je me suis laissé emporter dans ce huis clos intime au rythme lent et régulier de la mer, si présente tout au long du récit.
    Lire la suite sur

    Lien : http://meslecturesintantanees.blogspot.com/2011/02/marguerite-duras-..
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 27 février 2012

    De la bouche entrouverte une respiration sort, revient, se retire, revient encore. La machine de chair est prodigieusement exacte. Penché sur elle, immobile, vous la regardez. Vous savez que vous pourriez disposer d'elle de la façon dont vous voulez, la plus dangereuse. Vous ne le faites pas. Au contraire vous caressez le corps avec autant de douceur que s'il encourait le danger du bonheur. Votre main est sur le dessus du sexe, entre les lèvres qui se fendent, c'est là qu'elle caresse. Vous regardez la fente des lèvres et ce qui l'entoure, le corps entier. Vous ne voyez rien.
    Vous voudriez tout voir d'une femme, cela autant que puisse se faire. Vous ne voyez pas que cela vous est impossible.
    Vous regardez la forme close.
    Vous voyez d'abord les légers frémissements s'inscrire sur la peau, comme ceux justement de la souffrance. Et puis ensuite les paupières trembler tout comme si les yeux voulaient voir. Et puis ensuite la bouche s'ouvrir comme si la bouche voulait dire. Et puis ensuite vous percevez que sous vos caresses les lèvres du sexe se gonflent et que de leur velours sort une eau gluante et chaude comme serait le sang. Alors vous faites vos caresses plus rapides. Vous percevez que les cuisses s'écartent pour laisser votre main plus à l'aise, pour que vous le fassiez mieux encore.

    Et tout d'un coup, dans une plainte, vous voyez la jouissance arriver sur elle, la prendre tout entière, la faire se soulever du lit. Vous regardez très fort ce que vous venez d'accomplir sur le corps. Vous le voyez ensuite retomber, inerte, sur la blancheur du lit. Il respire vite dans des soubresauts de plus en plus espacés. Et puis les yeux se ferment encore plus, et puis ils se scellent plus encore au visage. Et puis ils s'ouvrent, et puis ils se ferment.
    Ils se ferment.
    Vous avez tout regardé. À votre tour enfin vous fermez les yeux. Vous restez ainsi longtemps les yeux fermés, comme elle.
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  • Par mandarine43, le 25 février 2012

    Vous devriez ne pas la connaître, l'avoir trouvée partout à la fois, dans un hôtel, dans une rue, dans un train, dans un bar, dans un livre, dans un film, en vous-même, en vous, en toi, au hasard de ton sexe dressé dans la nuit qui appelle où se mettre, où se débarrasser des pleurs qui le remplissent.
    Vous pourriez l'avoir payée.
    Vous auriez dit : Il faudrait venir chaque nuit pendant plusieurs jours.
    Elle vous aurait regardé longtemps, et puis elle vous aurait dit que dans ce cas c'était cher.
    Et puis elle demande : Vous voulez quoi ?
    Vous dites que vous voulez essayer, tenter la chose, tenter connaître ça, vous habituer à ça, à ce corps, à ces seins, à ce parfum, à la beauté, à ce danger de mise au monde d'enfants que représente ce corps, à cette forme imberbe sans accidents musculaires ni de force, à ce visage, à cette peau nue, à cette coïncidence entre cette peau et la vie qu'elle recouvre.
    Vous lui dites que vous voulez essayer, essayer plusieurs jours peut-être.
    Peut-être plusieurs semaines.
    Peut-être même pendant toute votre vie.
    Elle demande : Essayer quoi ?
    Vous dites D'aimer.
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  • Par amartia, le 12 février 2011

    Elle vous demande la couleur de la mer.
    Vous dîtes : Noire.
    Elle répond que la mer n'est jamais noire que vous devez vous trompez.
    Vous lui demandez si elle croit que l'on peut vous aimer.
    Elle dit qu'en aucun cas on ne le peut. Vous lui demandez : A cause de la mort ? Elle dit : Oui, à cause de cette fadeur, de cette immobilité de votre sentiment, à cause de ce mensonge de dire que la mer est noire.
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  • Par Zazette97, le 26 octobre 2009

    Elle vous demande de le lui dire clairement. Vous le lui dites : Je n'aime pas.
    Elle dit : Jamais?
    Vous dites : Jamais.
    Elle dit : L'envie d'être au bord de tuer un amant, de le garder pour vous, pour vous seul, de le prendre, de le voler contre toutes les lois, contre tous les empires de la morale, vous ne la connaissez pas, vous ne l'avez jamais connue?
    Vous dites : Jamais.
    Elle vous regarde, elle répète : C'est curieux un mort. p.44
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  • Par amartia, le 12 février 2011

    On ne peut pas aimer la mort si elle vous est imposée du dehors. Vous croyez pleurer de ne pas aimer. Vous pleurez de ne pas imposer la mort.
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Vidéo de Marguerite Duras

Interview de Patrice Chéreau à propos du spectacle « La Douleur » sur des extraits tirés du journal de Marguerite Duras - Théâtre des Amandiers de Nanterre, 2008








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