Encore en cours de lecture, je viens de terminer la première partie du livre, je fais donc une petite pose pour vous donner ma critique.
Tout d'abord, l'intervention de tous ces personnages m'a pris un peu de temps, avant de me mettre dans le bain, car il est difficile de s'y retrouver avec les surnoms des uns et des autres, ce serait une particularité chez les russes, cette façon de donner des surnoms ou des diminutifs.
Par exemple, Dmitri nommé Mitia, Mitka, Mitenka ou Mitri, et pour Alexis (aussi nommé Aliocha, Aliochka ou Aliochenka.
Pour l'auteur, je le découvre avec ce livre, et bien qu'ayant ‘
Crime et châtiment', j'hésitais par lequel commencer.
Comment dire ?
Dostoïevski ça ne se lit pas seulement, ça se médite, et là, avec
Les frères karamazov nous sommes servis.
Dostoïevski arrive à décrire avec une telle justesse les comportements, les faiblesses, les hypocrisies, les tourments et les ambivalences de chacun, qu'il arrive même de s'y retrouver quelque fois.
Le livre est fort intéressant, il trouve d'avantage d'intérêt si l'on est déjà familier avec les Saintes écritures, car il est souvent fait référence à
lA BIBLE.
L'intervention des personnages, chacun avec des tempéraments différent les uns des autres et parfois complètement opposé.
Personnellement, je trouve ces trois frères très expansifs au niveau de leurs sentiments, c'est même surprenant cette affection qui jaillit soudainement entre eux dans leur maturité.
Ce qui m'a surpris en première lecture, c'est la façon dont ils se familiarisent très vite avec leur père, qu'ils n'ont quasiment pas vu dans leur enfance.
Et pourtant, le père semble s'infliger une sorte d'aliénation, tant avec ses fils dés leur plus jeune âge, qu'avec leurs mères dont il parlera toujours en mal. ( il nome sa deuxième épouse, la possédée, quand à la première, il continue de festoyer en apprenant sa mort).
Toutefois, le père reste à mon sens le plus sincère de tous pour le moment, et avoue ouvertement se qu'il est (un luxurieux). Donc, pas d'ambiguïtés avec lui.
Dmitri est à l'image de sont père (un luxurieux lui aussi), mais beaucoup plus violent et un peu moins excentrique. La violence dont il fait preuve envers son père ne se justifie en rien, il est quelqu'un d'impulsif.
Yvan c'est l'intellectuel, celui qui réfléchi, il ne parle pas pour ne rien dire, il aime soulever les controverses, ses points de vu reste d'ailleurs très intéressant.
J'ai beaucoup apprécié l'échange entre lui et le Staretz, sur la position de l'église et de l'état. (Dans livre deuxième : UNE REUNION DEPLACEE Chapitre V Ainsi soit-il !)
Alliocha…! Je ne l'ai pas encore discerné, il reste mystérieux, je ne sais pas pourquoi, je ressens une certaine appréhension sur sa conduite vertueuse, cette piété tellement mise en avant qui le rendrait même naïf. Je m'attends a quelque chose d'assez inattendu venant d'un tel personnage, je reste donc suspicieux.
En revanche, j'avoue avoir été bluffé par la remarque de Smerdiakov, combien de fois ais-je lu et relu ce passage de
lA BIBLE en Genèse chapitre 1 versets 1 à 19, sans mettre moi-même posé la question.
J'ai déjà eu l'occasion de le poster en citation, mais je renouvelle ce plaisir :
(Le Seigneur à créé la lumière le premier jour et le soleil, la lune et les étoiles le quatrième. D'où vient donc que la lumière brillait le premier jour ?)
Voici le passage en question dans
lA BIBLE version
Louis Segond :
1 Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre.
2 La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux.
3 Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut.
4 Dieu vit que la lumière était bonne ; et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres.
5 Dieu appela la lumière jour, et il appela les ténèbres nuit. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le premier jour.
6 Dieu dit : Qu'il y ait une étendue entre les eaux, et qu'elle sépare les eaux d'avec les eaux.
7 Et Dieu fit l'étendue, et il sépara les eaux qui sont au-dessous de l'étendue d'avec les eaux qui sont au-dessus de l'étendue. Et cela fut ainsi.
8 Dieu appela l'étendue ciel. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le second jour.
9 Dieu dit : Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu, et que le sec paraisse. Et cela fut ainsi.
10 Dieu appela le sec terre, et il appela l'amas des eaux mers. Dieu vit que cela était bon.
11 Puis Dieu dit : Que la terre produise de la verdure, de l'herbe portant de la semence, des arbres fruitiers donnant du fruit selon leur espèce et ayant en eux leur semence sur la terre. Et cela fut ainsi.
12 La terre produisit de la verdure, de l'herbe portant de la semence selon son espèce, et des arbres donnant du fruit et ayant en eux leur semence selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon.
13 Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le troisième jour.
14 Dieu dit : Qu'il y ait des luminaires dans l'étendue du ciel, pour séparer le jour d'avec la nuit ; que ce soient des signes pour marquer les époques, les jours et les années ;
15 et qu'ils servent de luminaires dans l'étendue du ciel, pour éclairer la terre. Et cela fut ainsi.
16 Dieu fit les deux grands luminaires, le plus grand luminaire pour présider au jour, et le plus petit luminaire pour présider à la nuit ; il fit aussi les étoiles.
17 Dieu les plaça dans l'étendue du ciel, pour éclairer la terre,pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer la lumière d'avec les ténèbres.
18 Dieu vit que cela était bon.
19 Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le quatrième jour.
Le point de vu de Smerdiakov reste assez intéressant sur les compromis qu'il semble prêt à consentir en reniant sa foi (quand bien même il en aurait comme un grain de moutarde…) afin de sauver sa vie. Toutefois je le rejette dans le fond et dans la forme.
L'auteur nous d'écrit le personnage de Smerdiakov, c'est quelqu'un qui parle très peu. Toutefois il semble parfois prendre la parole de manière inattendu et sur des sujets qui ne sont pas neutre et pouvant susciter la controverse, et c'est pour cette raison que Fédor Pavlovitch le nome ‘l'Anesse de Balaam'.
Le livre révèle aussi la dérive du christianisme, lorsque l'on place sur un piédestal un homme ou lui livrer carrément un culte.
A ce propos, j'ai apprécié le passage à la page 181 de mon exemplaire, je cite : (On racontait que certains moines, en allant à la confession du soir, s'entendaient d'avance entre eux : « je dirai, moi, que ce matin je me suis mis en colère contre toi, et toi, confirme-le », et cela afin d'avoir quelque chose à dire et d'en être quitte.
L'avertissement de l'auteur avant le commencement de l'histoire, m'a beaucoup plus, dans sa façon de s'adresser au lecteur, et il commence par une citation de l'évangile selon Saint Jean, XII, 24.
Une chose est certaine, c'est qu'on ne s'ennui pas avec ce livre.