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> Henri Mongault (Traducteur)
> Pierre Pascal (Auteur de la postface, du colophon, etc.)

ISBN : 2070389626
Éditeur : Gallimard (1994)


Note moyenne : 4.47/5 (sur 540 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
L'intrigue principale de ce roman raconte l'histoire des 3 fils d'un homme violent, vulgaire et sans principe (Fiodor Pavlovitch Karamazov), et du parricide commis par l'un d'entre eux (en vérité, les fils sont 4 puisque le père, violeur d'une simple d'esprit - Lizavét... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par peloignon, le 25 janvier 2013

    peloignon
    Dostoïevski a écrit son meilleur roman en dernier et il en était parfaitement conscient.
    Les frères Karamazov sont un véritable drame spirituel où il reprend génialement tous les problèmes qui hantent son œuvre. Dostoïevski y explore en effet tous ses thèmes favoris, en projetant les unes contre les autres diverses perspectives existentielles concernant la foi, la rationalité, le bien et le mal, le rapport au religieux ou a l'athéisme, etc.
    Le chapitre intitulé « le Grand Inquisiteur » est un chef d'œuvre littéraire, philosophique, moral et religieux en soi. Il s'agit d'un conte philosophique rempli d'ironie fait par Ivan à son frère Aliocha pour lui présenter la question de la responsabilité de l'humain envers le divin. Jésus s'y fait reprocher par un inquisiteur espagnol à la Renaissance de nuire à l'Église et de rendre malheureuse l'humanité. En refusant l'omnipuissance, Jésus surestimerait l'humanité en lui laissant une liberté dont cette dernière serait indigne et qu'elle ne saurait utiliser. L'inquisiteur croit que l'Église toute-puissante permet de palier à ce manque de jugement commis par Jésus en enlevant cette liberté à l'humanité de manière à lui rendre son bonheur rendu impossible par son divin fondateur.
    Une autre idée forte que l'on trouve dans le roman, c'est la conclusion que, si Dieu n'existe pas, l'humanité est livrée à elle-même dans l'amoralité la plus totale. Cette pensée n'a rien d'originale puisqu'on la trouve déjà chez Paul dans le Nouveau Testament : « Si les morts ne ressuscitent pas, Mangeons et buvons, car demain nous mourrons » (1 Cor 15, 37), mais elle est explorée de manière très marquante par Dostoïevski, qui aborde les travers d'une vie purement matérielle aux désirs infinis condamnée à l'insatisfaction sans repos.
    La croyance en Dieu permettant, au contraire, exactement comme dans la Critique de la raison pratique de Kant, d'ouvrir la possibilité d'une existence morale digne de ce nom et une espérance permettant de vivre dans la sérénité.
    Dostoïevski prévoyait une suite dans les derniers mois de sa vie, l'action aurait repris vingt années plus tard. Peut-être l'a-t-il écrit au Paradis? Si Dieu existe, peut-être aurons nous l'occasion de la lire dans l'autre monde...
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    • Livres 5.00/5
    Par Pingouin, le 30 juillet 2012

    Pingouin
    Avant d'aborder la critique intrinsèque, je précise que c'est un ouvrage que j'ai lu par l'intermédiaire des éditions Babel, et que la traduction qui y est proposée - une œuvre d'André Markowicz - serait plus proche du style originel de son auteur que les traductions françaises dudit auteur habituellement proposées, ne lisant pas le russe, je ne saurai confirmer on infirmer l'information, mais, lisant le français, je saurai vous conseiller cette traduction, car elle demande certes d'être apprivoisée, surtout après l'avoir lu dans ses transpositions plus "classiques", mais une fois ceci fait, l'on ne regrette pas l'effort accompli. L'expression y est plus directe, moins raffinée, et c'est une donnée qui joue dans un style et dans une capacité à s'imprégner de l'œuvre, selon ce qu'on en attend.

    A l'heure de chroniquer un tel livre, mes doigts tremblent face au clavier. Comment leur simple mouvement, dicté par mon intellect, pourrait correctement rendre compte de l'impression que cet ouvrage m'a procuré ? C'est là je pense quelque chose d'impossible.
    Je ne chercherai pas, dans cette critique, à vous résumer la narration, il s'agit là je pense de quelque chose qui a déjà été fait et ne nécessite pas d'approfondissement dans la mesure où celui-ci ne saurait qu'être une bille en plus dans un sac qui en est déjà rempli, la pauvre ne pourra que rouler en dehors et tomber dans l'oubli. Je vais donc me contenter de vous livrer les sentiments qui étaient les miens à l'achèvement de cette lecture, et, par extension, les sentiments qui sont les miens lorsque j'évoque Dostoïevski.

    Après Crime et châtiment et Les Démons, Les frères karamazov était le troisième "gros ouvrage" de Dostoïesvki que j'abordais - j'entends par cette appellation une œuvre relativement longue et considérée majoritairement comme un chef-d'œuvre. Ayant adoré ses deux gros livres précédents qui sont passés dans mes mains, je savais, en entamant celui-ci, que je m'exposais à une claque, qu'après celles qu'il m'avait déjà infligées, je "tendais l'autre joue", mais je ne croyais pas si bien dire...

    "En vérité, en vérité, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruits." Évangile selon saint Jean, XII, 24.
    Voilà ce qui constitue la première page de l'ouvrage, et voilà l'optique par laquelle il s'agit de l'aborder pour l'apprécier le plus possible, car, à la lumière de cette maxime, chacun des évènements principaux qui composent l'œuvre s'éclaire et se justifie. Chaque mort fera surgir en tous les protagonistes concernés le meilleur de leur être s'ils sont bons, le pire s'ils sont mauvais - pardonnez ces considérations très manichéennes, mais je n'ai pas trouvé expression plus précise.
    D'abord, la mise en contexte de l'histoire, comme toujours dans ce genre d'ouvrage, elle fait dans la longueur, mais c'en est une que je n'ai pas ressentie comme telle, même si l'on a bien l'impression que la trame n'est pas encore réellement lancée, l'ennui n'est pas présent. C'est une précision que j'estime importante parce que cette "introduction" en quelque sorte est bien souvent la raison de l'abandon de la lecture pour certains, bien que je n'en ai jamais fait les frais. Et puis l'histoire se lance, on en avait les préludes, on ressentait le talent, mais c'est là que sa révélation s'amplifie. Dostoïevski nous tient en haleine sans arrêt, je n'aime pas beaucoup l'appellation de "roman policier" que je considère péjorative - peut-être à tort - et limitée aux ouvrages disposés très intelligemment dans les presses de gare, pour qu'ils partent le plus vite possible. Mais force m'est de constater que s'ils ont pour caractéristique de nous pousser à connaître la suite le plus rapidement possible, Les frères karamazov peut être - modérément - considéré ainsi. Cela étant, qu'est-ce que la trame narrative, face au génie psychologique de Dostoïevski ? Bien peu de chose à mon sens.
    En effet, chacun de ces personnages prend vie sous nos yeux, chacun est tout aussi réaliste que le premier quidam que vous croiserez dans la rue, chacun a ses contradictions, chacun a sa vision de l'existence, chacun possède son idiosyncrasie propre - je me permets d'emprunter ce terme à Nietzsche, bien qu'il soit maintenant universel, puisque cela me permet de préciser que ce dernier a déclaré que s'il n'a jamais appris quoi que ce soit de qui que ce soit en psychologie, c'est à Dostoïevski qu'il le devait. Oui, cet auteur est certainement LE maître de la psychologie romanesque, c'est proprement hallucinant de constater l'incroyable réalité de ces personnages. Après les miettes que constituent la trame narrative face à la psychologie, je n'oserai parler des miettes que constitue la psychologie face à la philosophie, mais il me semble que, si ladite psychologie est si présente, c'est à des fins philosophiques, et ces fins sont présentes avant la fin de l'ouvrage - vous excuserez la boutade !
    Beaucoup de dialogues, philosophiques donc - est-il besoin de préciser que l'incroyable dimension psychologique les matérialise et les transcende, les faisant quitter le terrain du roman pour une fausse réalité, d'une façon phénoménale ? -, et face à toutes ces considérations existentielles, il devient ardu voir impossible de déceler quelles sont celles de celui qui les met dans la bouche de ses personnages. Toujours de la même manière, tous sont si réels qu'aucun ne peut être discrédité, nous n'avons pas à faire à un Platon qui met en scène des oppositions dialectiques en défendant son point de vue par l'intermédiaire d'un redoutable rhétoricien face à un adversaire vaincu d'avance, tous ont de bonnes raisons de défendre ce en quoi ils croient, et aucun ne semble réellement avoir tort.

    Chemin faisant, la fin approche, et je constate que ce livre m'a procuré des émotions comme aucun autre ne m'en a procuré, la lecture est pour moi une passion depuis quelques années maintenant, mais jamais encore je n'avais autant ressenti ce qu'avait à m'offrir cette dernière sur le plan des émotions. Je ne sais plus quoi rajouter et il y aurait encore tant à rajouter, Dostoïevski est pour moi plus que jamais l'un des plus grands écrivains de tous les temps - j'aimerais dire le plus grand, mais dans mon euphorie post-lecture, réfréner cette envie me semble nécessaire -, que dire d'autre sinon qu'il faut le lire pour avoir ne serait-ce qu'une petite idée du génie qui fait l'homme ? le lire en ayant bien en tête la dimension psychologique qu'il donne à ses romans, afin de l'apprécier pleinement. le lire en ayant bien en tête que si beaucoup d'auteurs possèdent une "œuvre principale", Dostoïevski, lui, n'en a pas, non point parce qu'il n'a jamais accouché de chef-d'œuvre, mais parce que chacune de ses créations en est un. le lire en ayant bien en tête que c'est un monument que nous avons entre les mains, pas un monument délaissé et inintéressant, non, un monument qui, après être passé dans la matérialité de notre corps, s'infusera dans la complexité de notre esprit, et qu'il n'en ressortira probablement jamais, parce qu'il est impensable d'extirper un éléphant d'une souris.
    Le lire, tout simplement.
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    • Livres 5.00/5
    Par DamienR, le 23 mars 2012

    DamienR
    On peut vraiment parler de monument de la littérature mondiale en raison de l'écriture, de la profondeur de la réflexion et de l'histoire en elle-même. Toute traduction altère nécessairement le texte en opérant des choix. Elle est dépendante du traducteur, qui est en quelque sorte un nouvel auteur, et de sa proximité à l'auteur, au texte. Elle est liée aussi à l'époque de rédaction du texte et à celle de la traduction. Cependant, si la matière première elle-même est de piètre qualité, tout bon traducteur ne peut en faire un joyau littéraire. Dans le cas présent, le traducteur est contemporain du texte. Il apporte quelques notes qui appuient ses choix tout en essayant de nous faire passer les implications de la langue. En effet, il s'agit bien d'un roman russe, dans lequel la langue russe est fondamentale. Mais on perçoit immédiatement la qualité de l'expression et le niveau recherché par l'auteur. D'une certaine manière, ça ralentit la lecture car on ressent le besoin de ne rien manquer. Par contre cette lecture lente est un réel plaisir.
    L'histoire est aussi un prétexte pour aborder de nombreux sujets cruciaux de l'époque mais qui restent contemporains en enrichissant notre réflexion. Si le thème principal est le parricide, l'auteur aborde régulièrement les thèmes de la religion et l'athéisme qui se développait à l'époque (fin XIXè), dépeint la bourgeoisie russe de province (qui sera un des foyers des révolutions de 1905 et 1917), le fonctionnement de la justice par rapport au contrat social... Quelques textes sont de très grands morceaux de réflexion et m'ont profondément marqué : l'histoire du grand inquisiteur, le réquisitoire et la plaidoirie lors du procès...
    Enfin, le déroulement du roman en lui-même le range dans la grande tradition romanesque russe. Les épisodes s'enchaînent de manière très précise et ont tous un rôle tant du point de vue de l'intrigue "policière" (car c'en est bien une finalement) que des thèmes abordés par Dostoievski.
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    • Livres 5.00/5
    Par Pharmakon, le 14 août 2014

    Pharmakon
    Quand l'esprit intelligent mûrit, il nous gratifie des agrumes les plus nobles, la pénétration clairvoyante de la connaissance acquise par un long usage de la vie, et dont les années n'altèrent en rien la perspecuité littéraire dès lors qu'elle se résout à coucher sur papier patiné sa plus belle Lettre, c'est ainsi qu'une œuvre crépusculaire exprime la profondeur la plus insigne du mythe, que chaque idée est preuve irréfutable d'une expérience acquise et étudiée avec soin par l'esprit le plus tranchant qui soit. Au couchant, éclot le spectre rayonnant d'une vie, la pensée à son stade d'accomplissement, les questions telles que religion, fin de vie, famille, moralité, humanité etc.. confluent pour jaillir en une cascade de mots où le plus petit indice recèle l'Aléthéia d'une existence achevée.
    L'intelligence de Dostoïevski était extraordinaire, un psychologue non académique et pourtant chacun des traits mentaux de ses personnages, distillé par une variation discursive ininterrompue, est une assignation « métempsychique ». Dans « Les frères Karamazov », son dernier opus, se voit consigné le tribut que l'écrivain a laissé à l'anthropologie philosophique, comme dans ses autres romans, mais celui-ci en particulier et bien qu'il se disait lui-même ne rien connaître à la philosophie déclamatoire. Il suffira de revenir sur ce passage au combien canonique de l'inquisiteur dans lequel genèse et condition humaine témoignent de leur caducité, laquelle justifie le sentiment religieux au sein du troupeau.
    Le procédé narratif utilisé par l'écrivain fait corps avec l'univers des Karamazov, on pourrait croire que Dostoïevski est un personnage du roman tellement l'écriture se veut fusionnelle à aux caractères des personnages, et plus que dans ses autres romans, il n'hésite pas à nous livrer ses commentaires donnant au récit une impression actuelle au fil des pages.
    Le thème central est celui du libre arbitre, la force de choisir sans aucun motif déterminant et par la seule force de la volonté « versus » le rapport que l'homme entretien avec la puissance divine, c'est-à-dire (ici-bas) la religion ; parricide, crime familial, autour des trois frères Karamazov, ou plutôt quatre : Dmitri l'impétueux, « faible et amoureux », Ivan le savant athée et Alexis (Aliocha) le majestueux, homme de foi, celui dont l'opinion inonde l'assistance, que l'infortune familiale jamais ne dérobe à la gloire d'être intègre – ce personnage ne serait-il pas la profession de foi de l'écrivain ? –, puis le fils illégitime : Pavel Smerdiakov (domestique au service de la famille, dont le contemplatif athée ne m'est pas resté indifférent), et enfin, refermons le couvercle ! Fiodor Pavlovich Karamazov le « géniteur » primitif, rustre et sans principe.
    Dès le début du roman, le ton est posé, s'entrechoquent ex abrupto le tempérament ordurier du père et la personnalité bien distincte des trois fils (notamment Dmitri dont la médiation avec le Staretz échoue à apaiser la relation avec le père), représentant chacun, soit l'archétype profilé du caractère sommital russe, soit des attributs singuliers de personnalité, de sortes que la disparition du patriarche ait une résonnance antithétique, avec toujours en filigrane le verdict religieux et son exégèse philosophique. Par surcroit en matière de psychologie, il est bien évident que le principe de singularité prime – Freud considère « les frère Karamazov » comme l'un des plus grand livre de la littérature mondiale, comme le Pape d'ailleurs (CQFD). On peut oser dire que Dostoïevski est aussi auteur de roman policier, l'intrigue est ficelée autour de cette fratrie triadique.
    Mais avant tout, c'est la vision anticipative de Dostoïevski qui est déconcertante : « En occident, Dostoïevski n'a jamais vu que l'esclavage du peuple en faveur du profit et des machines. le sommet du roman est atteint dans le livre V, partie V, intitulé " le Grand Inquisiteur ". Qu'a apporté le Christ aux hommes ? Qu'en a fait l'Eglise d'Occident ? L'homme veut-il de la liberté ? Qu'est ce qui est nécessaire à sa survie, à assurer sa volonté de vivre ? Dans le volume II, ces idées seront complétées par un dialogue entre Yvan et le Diable. Tout un raisonnement se terminera par la conclusion que Dieu n'existant pas, il s'en suit que l'homme est livré à lui-même. Il n'y a plus de morale et chacun peut se comporter comme il l'entend, puisqu'il devient lui-même Dieu. Yvan est le contradicteur de la pensée de Dostoïevski qui, lui, ne voit le salut que dans le Christ et l'église orthodoxe ».
    - CE LIVRE EST UN CHEF D'ŒUVRE -
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    • Livres 5.00/5
    Par huberpascale, le 30 juin 2014

    huberpascale
    Comment résumer ce riche et volumineux dernier roman de Fiodor Dostoïevski ?
    A travers l'histoire d'un crime, un parricide dans lequel sont impliqués les 4 frères Karamazov, Dostoïevski fait une analyse de la Russie contemporaine et aborde tous les grands sujets qui lui tiennent à coeur : la religion et l'existence de Dieu, le mal, la justice et la culpabilité, les rapports humains, le mystère de l'homme et son rapport à la liberté...
    Il y met beaucoup de soi : son expérience du bagne où il partage sa vie avec des forçats de droit commun, l'image d'un père tyrannique et haï retrouvé assassiné, les affres d'une passion destructrice (du jeu pour lui), ses voyages en Europe ou même les crises d'épilepsie dont il souffre.
    Ce roman brille par un foisonnement d'idées, de lieux, l'outrance des personnages et une superposition de situations et de sentiments embrouillés. Dostoïevski brasse et analyse, mais c'est au lecteur de conclure. La fin même du roman reste ouverte : on ne sait pas ce qui va arriver. C'est un roman à rebondissements, publié d’avril 1878 à janvier 1880 sous forme de feuilleton dans le magazine le Messager russe.
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Citations et extraits

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  • Par chartel, le 12 juillet 2010

    - De quel isolement parlez-vous ?
    - De l’isolement dans lequel vivent les hommes, en notre siècle tout particulièrement, et qui se manifeste dans tous les domaines. Ce règne-là n’a pas encore pris fin et il n’a même pas atteint son apogée. A l’heure actuelle, chacun s’efforce de goûter la plénitude de la vie en s’éloignant de ses semblables et en recherchant son bonheur individuel. Mais ces efforts, loin d’aboutir à une plénitude de vie, ne mènent qu’à l’anéantissement total de l’âme, à une sorte de suicide moral par un isolement étouffant. A notre époque, la société s’est décomposée en individus, qui vivent chacun dans leur tanière comme des bêtes, se fuient les uns les autres et ne songent qu’à se cacher mutuellement leurs richesses. Ils en viennent ainsi à se détester et à se rendre détestables eux-mêmes. L’homme amasse des biens dans la solitude et se réjouit de la puissance des biens qu’il croit acquérir, se disant que ses jours sont désormais assurés. Il ne voit pas, l’insensé, que plus il en amasse et plus il s’enlise dans une impuissance mortelle. Il s’habitue en effet à ne compter que sur lui-même, ne croit plus à l’entraide, oublie, dans sa solitude, les vraies lois de l’humanité, et en vient finalement à trembler chaque jour pour son argent, dont la perte le priverait de tout. Les hommes ont tout à fait perdu de vue, de nos jours, que la vraie sécurité de la vie ne s’obtient pas dans la solitude, mais dans l’union des efforts et dans la coordination des actions individuelles.
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  • Par Outis, le 18 juin 2008

    A présent chacun aspire à séparer sa personnalité des autres, chacun veut goûter lui-même la plénitude de la vie ; cependant, loin d’atteindre le but, tous les efforts humains n’aboutissent qu’à un suicide total, car, au lieu d’affirmer pleinement leur personnalité, ils tombent dans une solitude complète. En effet, en ce siècle, tous sont fractionnés en unités. Chacun s’isole dans son trou, s’écarte des autres, se cache, lui et son bien, s’éloigne de ses semblables et les éloigne de lui. Il amasse de la richesse tout seul, se félicite de sa puissance, de son opulence ; il ignore, l’insensé, que plus il amasse plus il s’enlise dans une impuissance fatale.
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  • Par Wiitoo, le 22 janvier 2014

    Voyez : j’aime tant l’humanité que – le croiriez-vous – je rêve parfois d’abandonner tout ce que j’ai, de quitter Lise et de me faire soeur de charité.
    Je ferme les yeux, je songe et je rêve; dans ces moments-là, je sens en moi une force invincible. Aucune blessure, aucune plaie purulente ne me ferait peur, je les panserais, les laverais de mes propres mains, je serais la garde-malade de ces patients, prête à baiser leurs ulcères...
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  • Par peloignon, le 25 décembre 2012

    Mais alors que deviendra l'homme, sans Dieu et sans immortalité? Tout est permis, par conséquent, tout est licite? - Ne le savais-tu pas? Tout est permis à un homme d'esprit, il se tire toujours d'affaire.
    "Mais toi, tu as tué, tu t'es fait pincé, et maintenant tu pourris sur la paille."
    Voilà ce qu'il me dit le salaud.

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  • Par Outis, le 17 juin 2008

    Je dois t’avouer une chose, commença Ivan, je n’ai jamais pu comprendre comment on peut aimer son prochain. C’est précisément, à mon idée, le prochain qu’on ne peut aimer, du moins ne peut-on l’aimer qu’à distance. J’ai lu quelque part, à propos d’un saint, « Jean le Miséricordieux », qu’un passant affamé et transi, vint un jour le supplier de le réchauffer, le saint se coucha sur lui, le prit dans ses bras et se mit à insuffler son haleine dans la bouche purulente du malheureux, infecté par une horrible maladie. Je suis persuadé qu’il fit cela avec effort, en se mentant à lui-même, dans un sentiment d’amour dicté par le devoir, et par pénitence. Il faut qu’un homme soit caché pour qu’on puisse l’aimer ; dès qu’il montre son visage, l’amour disparaît.
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