> Rémy Lambrechts (Traducteur)

ISBN : 2020611961
Éditeur : Editions du Seuil (2003)


Note moyenne : 3.78/5 (sur 125 notes) Ajouter à mes livres
La famille Lambert est une famille comme les autres, c'est-à-dire unique. Contradictoire, en guerre perpétuelle, dévorée par sa propre histoire, par ses conflits passés et à venir, ses silences. Derrière les visages, les cerveaux abrit... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par nanoucz, le 30 novembre 2009

    nanoucz
    Enid et Alfred Lambert, septuagénaires, vivent à Saint Jude, dans un état du Midwest, aux Etats-Unis. Leurs trois enfants ont quitté la maison et ont des situations diverses : Gary, vice-président de la CenTrust Bank, vit à Philadelphie avec sa femme Caroline et leurs trois garçons. Denise est chef de cuisine dans un grand restaurant et son talent est reconnu. Chip, l'intellectuel de la famille, est professeur dans une université de New-York.
    Mais ce tableau idyllique est vite mis à mal par la réalité. Alfred a la maladie de Parkinson et son traitement médical provoque de nombreuses hallucinations. Enid refuse encore d'admettre qu'elle ne pourra bientôt plus s'occuper de lui à la maison. Elle s'accroche à l'idée de réunir enfants et petits enfants à Saint-Jude pour le prochain Noël et harcèle ses enfants dans ce sens.
    Gary, coincé entre les exigences de sa mère et les manoeuvres de sa femme, lutte contre la dépression. Denise se laisse entrainer dans une aventure amoureuse aux conséquences désastreuses pour sa situation professionnelle. Chip s'est fait virer de l'université, à cause de la relation qu'il a eue avec une de ses étudiantes. Sa petite amie du moment, Julia, le quitte alors qu'il comptait sur elle et ses relations, pour faire accepter un scénario et se renflouer financièrement. A cours de ressources, il accepte la proposition de Gitanas Misevicius, homme d'affaires lituanien et mari de Julia, et l'accompagne en Lituanie, pour une mission assez louche !
    Tour à tour dans ce livre, l'auteur s'intéresse à chaque membre de la famille Lambert et nous fait partager ses sentiments, sa vision de la vie, la difficulté de grandir, de s'assumer, de faire face à la vieillesse et la maladie.
    Les mêmes situations sont racontées au travers des points de vue des différents protagonistes, ce qui est parfois assez dérangeant : je commençais à me faire une certaine idée de la situation et puis, la vision des choses d'un autre des personnages bousculait ces premières impressions. Mais c'est bien la réalité des relations familiales : Rien n'est jamais tout noir ou tout blanc, et les comportements de l'adulte en famille s'expliquent souvent par des épisodes de l'enfance.
    Quelques évènements extérieurs à cette cellule familiale sont racontés avec beaucoup de brio et de férocité : Ainsi, le séjour de Chip à Vilnius est un épisode très cocasse, une parodie des affaires politico-financières qui se déroulent dans les nouvelles républiques de l'Est ! de même, la croisière luxueuse que font Enid et Alfred, en compagnie de scandinaves aisés et plein de préjugés envers les américains, est traitée avec beaucoup d'ironie.
    J'avais lu ce livre de Jonathan Franzen lors de sa sortie en France mais j'en avais gardé peu de souvenirs. L'envie de le relire m'est venue à la lecture de sa préface du livre de Paula Fox, Personnages désespérés, qu'il analysait avec beaucoup de perspicacité.
    Jonathan Franzen ne fait rien pour rendre les membres de la famille Lambert sympathiques et les faire apprécier de son lecteur. Comme dans Personnages désespérés, j'ai éprouvé souvent de l'agacement à leur encontre, à les voir s'enfoncer dans des situations plus tordues les unes que les autres, se débattre dans des relations familiales frustrantes ! Mais c'est aussi dans cet environnement familial et ses contraintes que Gary, Denise et Chip trouveront des occasions de s'affirmer.
    Ce livre a recu le National Book Award (l'équivalent du prix Goncourt) en 2001.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par ferdi, le 06 mai 2012

    ferdi
    Allez hop, c'est parti pour une énième critique qui n'apportera sûrement pas grand-chose, mais quand on aime…
    Après avoir dévoré « Freedom », roman soit disant fleuve que j'avais pourtant trouvé trop court, je me suis lancé dans « Les corrections », pour un constat identique et tout autant stupide : j'adÔre ! Pourtant l'histoire n'a rien d'extraordinaire, sœur quasi-jumelle à celle de Freedom : une famille banale et américaine est passée au scan d'une prose magistrale et minutieuse, où rien n'est laissé au hasard concernant la psychologie des personnages, leurs relations et leur histoire commune. Si vous faites partie de ceux pour qui le genre humain est une vaste interrogation, la découverte de la famille Lambert se révèlera une intrigue des plus passionnante. Tous les travers y sont traqués, disséqués, analysés, décortiqués sous l'éclairage d'une écriture qui sillonne et avance sans jamais se perdre complètement, à la lueur d'une simple torche, dans le labyrinthe des interstices du cerveau humain.
    Parfois au cours de la lecture je me suis cru concierge des Lambert, mais le génie de Franzen m'a aussitôt élevé au rang d'observateur éminent de ma propre espèce.
    Un très grand plaisir en ce qui me concerne.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Chiwi, le 29 janvier 2012

    Chiwi
    Alfred est ingénieur ferroviaire à la retraite mais Parkinson et Alzheimer le guettent. Sa femme, Enid, vit dans son propre monde, elle ne voit pas la réalité des choses qui l'entourent. Ils ont trois enfants : Gary, Chip et Denise.
    Gary, cadre dans une banque, a du mal à concilier les volontés de sa mère avec celles de sa femme et se sent proche de répèter les mêmes erreurs que son père.
    Chip, après une expérience universitaire ruinée par un scandale sexuel, vivote à New-York, jusqu'au jour où on lui propose un job d'informaticien en Lituanie pour arnaquer des investisseurs américains.
    Denise, chef cuistot, se voit proposer de participer à la création d'un restaurant à la mode mais elle tombe amoureuse de la femme de son patron.
    J'ai découvert Jonathan Franzen à l'occasion de la sortie de son dernier roman en septembre 2011. Avant de le lire, je me suis dit qu'il valait mieux commencer par le début de son œuvre. Les critiques lues m'avaient laissé une bonne impression des Corrections.
    Mais à la lecture ce ne fut pas vraiment le cas. C'est un pavé de 720 pages et Franzen alterne entre flashbacks et récit au présent. Certains peuvent trouver intéressant sa manière de partir d'un petit événement et à partir de là de rentrer dans des détails qui dans l'ensemble de l'histoire peuvent apparaître amplement superflus.
    Donc j'ai moyennement apprécié le roman dans sa forme. C'est un peu la même chose pour le fond.
    Franzen veut décrire une Amérique qui part en vrille. A part les parents qui voient se déliter le rêve américain, je ne trouve pas la critique très convaincante. Une Amérique accro aux médocs,où la spéculation financière ne touche pas que les grandes institutions bancaires, où on a l'habitude des scandales sexuels, c'est tellement cliché.
    En conclusion le style ne m'a pas convaincu et la critique de la société était trop stéréotypé. Une déception moyenne pour commencer l'année.
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    • Livres 5.00/5
    Par bvb09, le 13 mars 2012

    bvb09

    Je viens de lire la critique de Litterature et chocolat alors que je m'approche de la fin de ce livre.
    Hormis la première phrase qui qualifie de simplet l'image que Frantzen doit avoir de son lectorat, j'apprécie beaucoup cette critique... bien que la satisfaction que je tire de cette lecture soit exactement à l'opposé de ce que pense Litterature et chocolat.
    La seule chose que je peux reprocher à Frantzen est que j'en viens à plus aprrécier la mécanique intellectuelle de l'auteur que son livre.
    Le livre est d'une crudité, d'une cruauté, mais peut-être aussi d'un réalisme incroyable.
    Il livre une théorie de l'homme matérialiste et l'analyse à la manière d'un scientifique.
    Tout est cohérent, la théorie se tient formidablement mais elle reste une théorie...
    Peut-être même n'est-elle qu'un point de vue, une opinion.
    Mon goût pour l'analyse me fait classer ce livre parmi les meilleurs.
    J'irai chercher le rêve ailleurs.
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    • Livres 4.00/5
    Par Chouchane, le 04 octobre 2011

    Chouchane
    "Les corrections" sont une image en 3D, d'une criante vérité, des lâchetés, des trahisons, de la compromission des êtres entre eux, de la tyrannie du regard des autres, des impasses que chacun se construit. La vie y est présentée comme une lutte incessante où chacun des personnages se perd entre ce qu'il est réellement et ce que l'on attend de lui. Avarice, obsession de l'argent, sexe, manipulation troublent cette famille qui a grandi avec l'envahissante préoccupation de la règle. le roman décrit, avec beaucoup de précisions et parfois trop de détails, la vie de chacun des cinq membres de la famille. Aucun n'est vraiment aimable hormis, à mon goût, la sœur Denise qui est plutôt douée et en phase avec ses valeurs. On plonge dans une Amérique de spéculations où corrections financières et corrections familiales sont censées remettre de l'ordre. Au final, chacun trouvera sa propre liberté faite d'arrangements, de compromis et (peut-être) d'amour mais sur ce dernier terme il me semble que Frazen reste circonspect.
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Citations et extraits

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  • Par Litterature_et_Chocolat, le 13 mars 2012

    Ca donne envie d’en lire plus, n’est-ce-pas? ...
    .
    Un instant, Enid eu l’impression que Jim Crolius se livrait à une analyse de marché purement technique du genre auquel son courtier de Saint Jude lui avait dit de ne jamais prêter attention. En omettant les effets minimes de la traînée aux faibles vitesses, un objet en “chute libre” (un objet de valeur “plongeant” sans retenue) subissait une accélération de 9,81 mètres par seconde carrée sous l’effet de la pesanteur, et, l’accélération étant la dérivée de second ordre de la distance, l’analyste pouvait intégrer une fois par rapport à la distance parcourue par l’objet (en gros 10 mètres) pour calculer sa vitesse (12,6 mètres par seconde) au moment où il passait au centre d’une fenêtre de 2,40 mètres de haut, et en faisant l’hypothèse d’un objet de 1,80 mètre, en faisant aussi l’hypothèse simplificatrice d’une vitesse constante sur l’intervalle, dériver un chiffre approximatif de quatre dixièmes de seconde de visibilité totale ou partielle.
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  • Par alicejo, le 12 mai 2010

    Toutes ses amies étaient estimables et avaient des amis estimables, et comme les gens estimables tendaient à faire des enfants estimables, le monde d'Enid était comme une pelouse où le pâturin poussait si dense que le mal était proprement étouffé : irréprochable.
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  • Par Chouchane, le 03 octobre 2011

    Et, quand l'événement, le grand bouleversement de votre vie,est une pensée...n'est-ce pas étrange ? qu'absolument rien ne change, sinon que vous voyez les choses différemment, que vous êtes moins craintive, moins anxieuse, et globalement plus forte de ce fait : n'est-ce pas étonnant que quelque chose de complètement invisible qui se passe dans votre tête puisse paraître plus réel que tout ce que vous avez connu auparavant ? vous voyez les choses plus clairement et vous savez que vous les voyez plus clairement.
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  • Par morin, le 05 septembre 2011

    Et pourtant quand il mourut, quant elle eut posé les lèvres sur son front sortie avec Denise et Gary dans la chaude nuit de printemps, elle sentit que plus rien ne pouvait tuer son espoir à présent, plus rien. Elle avait soixante quinze ans et elle allait opérer des changements dans sa vie.
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  • Par Chouchane, le 03 octobre 2011

    Et si le monde refusait de cadrer avec sa version de la réalité,alors c'était nécessairement un monde insensible, un monde rébarbatif et répugnant, une colonie pénitentiaire, et il y était voué à une solitude violente.
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