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sur 727 notes
Les tribulations de la cuisinière d'Himmler, Rose de son prénom et accessoirement centenaire à l'heure où elle se confie, s'ingèrent sans déplaisir. Cependant, le roman refermé, il ne subsiste pas grand-chose de ces péripéties aussi copieuses que peu vraisemblables. Pour autant, qu'on ne vienne surtout pas me les rapprocher de celles d'Allan Karlsson (Le Vieux qui ne voulait pas... enfin vous savez quoi), car si Jonas Jonasson a clairement fait dans l'humour absurde et déjanté, Franz-Olivier Giesbert, lui, semble encore chercher le ton juste pour les aventures de sa cuisinière centenaire.

Drame ou comédie ? Je cherche encore, moi aussi.

De l'amour qui fait mal, de la guerre qui tue, de la vengeance qui fait du bien, du sexe qui fait du bien aussi, du sacrifice qui sauve (ou pas), de la résilience, du scandale, du sang, des larmes, de l'aphorisme éculé, une pincée de lieux communs, une louche de politiquement incorrect, un soupçon d'anticonformisme... Touiller. Servir chaud. Façon tout-est-bon-dans-le-cochon, le chef Giesbert a préparé pour vous la soupe garnie qui va « plaire au plus grand nombre » (formule favorite d'un éminent théoricien cathodique professionnel du relooking immobilier érigée, une fois encore, en philosophie reine du marketing littéraire).

La garbure en question s'engloutit donc sans encombre, mais le gourmet exigeant fera bien de s'attendre à quelque aigreur gastrique dès la sortie du resto. Car pour ce qui est du factuel, la coupe est pleine ; en revanche l'absence intégrale de profondeur des personnages et des événements laisse cruellement sur sa faim. Ainsi, le gastronome en mal de saveurs subtiles pourra envisager de se rabattre avantageusement, par exemple, sur « Les fidélités successives » de Nicolas d'Estienne d'Orves qui le régalera d'une bien plus délicate analyse des errances humaines propres aux périodes agitées communes à ces deux ouvrages.

Alors, La cuisinière d'Himmler... deux ou trois étoiles au guide Babelio ??
J'ai un peu hésité mais finalement ce sera deux. Je suis pas une fille sympa quand j'ai la digestion contrariée.



Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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Rose, âgée de 105 ans, tient un restaurant à Marseille : « la petite Provence » où elle propose à ses clients une carte très originale avec des plats inspirés de tout ce qu'elle a vécu dans sa vie, de tous les gens qu'elle a rencontrés. Elle décide alors d'écrire ses mémoires sur un carnet car sa vie à été mouvementée.
Elle naît en Arménie le 18 juillet 1907, près de la mer Noire, à Kovata, capitale mondiale de la poire, dans des conditions rocambolesque car sa mère accouche contre un cerisier, « c'est ainsi que je vins au monde, en dégringolant ».
A Constantinople, le chef des Sunnites ordonne la purification donc le génocide des Arméniens commence. Un jour, sa famille est arrêtée et exécutée et elle en réchappe en se cachant dans le jardin. Elle découvre une salamandre jaune qu'elle prénomme Théo et à qui elle confie ses émotions et ses pensées.
Mais elle est rattrapée et mise dans un « petit harem », tenu par Selim Bey auquel elle doit faire des fellations. Selim Bey la garde deux ans et la donne à un de se amis qui l'embarque sur son bateau, quittant Trébizonde pour gagner Barcelone.
Elle ne pense qu'à s'enfuir et à se venger. Il lui restera de son enfance que le souvenir d'un plat que préparait sa grand-mère : le « Plaki » à base de haricots.
Elle profite d'une escale à Marseille pour s'échapper. Pour échapper aux sbires de Chapacan Ier, en argot « voleur de chiens », un truand local, qui l'oblige à faire les poubelles, elle se réfugie chez Barnabé Bartavelle, qui tient un restaurant où elle apprend à cuisiner les aubergines. le truand la retrouve et elle fuit à nouveau avec Théo toujours pour se retrouver enfin chez Emma Lempereur qui l'accueille chez elle et avec son mari décide de l'adopter.
Elle est bien chez eux, elle fait des études, mais les Lempereur meurent l'un dans un accident l'autre de chagrin et les héritiers, pingres, la transforment en esclave, lui faisant faire toutes les choses ingrates et bien-sûr décident qu'elle n'a plus besoin de faire des études (l'année du bac) et décident au passage de lui détourner l'argent de son héritage car elle est mineure et ils deviennent ses tuteurs légaux.
Rose rencontre ensuite Gabriel Beaucaire dont elle tombe amoureuse et qu'elle finit par épouser et part s'installer à Paris chez lui (pendant ce temps ses tuteurs font croire à sa disparition). Elle part avec Théo et la liste de toutes les personnes dot elle souhaite se venger. Ils auront deux enfants ensemble : Edouard et Garance. A Paris, elle ouvre un restaurant qu'elle baptise « la petite Provence ».
Gabriel écrit des articles dans les journaux pendant que Rose invente ses plats dans sa cuisine, brandade de morue, soufflé au caramel et son fameux flan au caramel. Ils sont heureux et Rose ne pense qu'à leur petite vie douillette sans voir la montée de l'antisémitisme s'installer. On commence traquer les Juifs en allant chercher dans leur arbre généalogique les noms pouvant être d'origine juive et à les arrêter, à incendier les synagogues, à piller les magasins semant la terreur.
Mais, peu à peu, la presse antijuive se déchaîne et tout le monde s'en prend à Gabriel par articles interposés.
Tout en devisant avec Théo, Rose décide d'aller régler ses comptes avec le premier de la liste, celui qui a tué son père, et pour ce faire, part donc en Turquie. Gabriel est considéré comme Juif car il porte le nom d'un village et souvent les Juifs qui venaient en France changeaient de nom : soit on essayer de traduire le leur, soit on leur donnait le nom d'un village par exemple.
Après avoir régler son compte à celui qui a tué son père, Rose comprend que Gabriel est en danger et l'aide à se cacher alors qu'ils se sont séparés car elle l'a trompé. Mais il sera arrêté avec les deux enfants sur dénonciation et conduit au Vel d'Hiv.
Rose ne sait pas où ils sont. Pour s'occuper l'esprit elle se met à étudier les plantes et se lance dans la phytothérapie proposant ses tisanes aux clients. Dans son restaurant, se côtoient les têtes pensantes de l'époque, le gratin de la société la police aussi.
Un jour Himmler entre sans son restaurant, après un défilé des troupes allemandes sur les Champs-Elysées. A la fin du repas, il demande à la voir pour la féliciter pour sa cuisine et en particulier sa brandade de morue. Elle lui explique l'origine de la phytothérapie, lui parlant de Galien, des écrits de Sainte Hildegarde et il repart les poches pleines de tisane de Ginseng car c'est un travailleur acharné, infatigable.
Il est attiré par elle, sa beauté, sa truculence et finit par tomber amoureux. Elle va se servir de lui pour savoir où sont Gabriel et les enfants. Elle est toujours dans la démarche de la vengeance et quand cela devient critique pour elle, il lui propose de l'emmener à Berlin en étant sa cuisinière. Je vous laisse découvrir la suite…

Ce que j'en pense :

J'ai beaucoup aimé ce livre. L'histoire est rocambolesque car Rose a une vie très active (un peu comme le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire), elle échappe au génocide arménien par miracle et elle va connaître tous les génocides du XXème siècle, l'extermination des Juifs, les dictatures, mais aussi les travers de l'Amérique et un clin d'oeil à Marseille…
Elle est généreuse, drôle, amoureuse (ses coups de coeurs sont quand même caricaturaux) et pourtant même si l'auteur nous parle de sa beauté, je ne la trouve pas féminine, je n'ai pas réussi à la voir autrement qu'en Franz-Olivier Giesbert en jupons avec un tablier, parlant comme un charretier souvent…
Ce livre se déguste, au propre comme au figuré. On alterne les atrocités et les recettes de cuisine qui mettent en appétit, excitant nos papilles. En fait, la cuisine est un héritage de toutes ses rencontres tout comme ses lectures : Byron avec sa grand-mère, le poète John Keats avec Emma Lempereur entre autres. de chaque étape de sa vie restent une (ou plusieurs) recette de cuisine et un enrichissement de sa bibliothèque.
On voit défiler Sartre et Simone de Beauvoir qui ne jurent que par Staline et le communisme. Elle parle très bien d'ailleurs du fonctionnement si particulier de ce couple avec qui elle ira en Chine. On rencontre aussi Mao, et un beau Chinois Liu dont elle tombe amoureuse.
Chaque fois qu'il y a des difficultés dans sa vie, elle part trucider quelqu'un, cela soulage sa colère ou son impuissance. C'est en cela qu'elle est attachante d'ailleurs. Chaque fois qu'une épreuve survient, elle en fait quelque chose de positif qui la fait avancer dans la vie, et même parfois, la maintient en vie.
On note aussi l'importance de Théo la salamandre qui est un peu sa conscience car elles ont un dialogue imaginaire et Théo lui reproche sa conduite, ses erreurs, ses dérapages.
On découvre aussi Félix Fersten, Estonien, qui est le masseur d'Himmler, personnage particulier formé par un grand maître tibétain. Il soulage Himmler de ses terribles maux d'estomac, en lui faisant signer des papiers annulant des déportations. On retrouve cet homme dans un livre excellent de Kessel : « les mains du miracle ».
On visualise sans peine sa rencontre avec Hitler, végétarien, qui se termine par une beuverie phénoménale non sans conséquences.
On reconnait l'érudition et le talent du journaliste qui sait parler de la grande Histoire et la combine bien avec la petite histoire de Rose.
Enfin, je retiens l'importance de Marseille, de la Provence et surtout de la Méditerranée qui apportent de la lumière à ce livre comme la cuisine amène des parfums exotiques ainsi que les personnes, hautes en couleurs aussi, qui font partie de sa vie d'aujourd'hui.
Donc, un bon livre que j'ai eu beaucoup de plaisir à lire et que je recommande.

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Il existe mille et une façon de mettre en pages la guerre, tant cette activité aussi vieille que l'humanité affecte les fondamentaux de la société et le quotidien de ces citoyens, qu'ils soient civils ou militaires. Les parutions de cette année nous l'ont largement démontré.
D'autre part, les centenaires se portent particulièrement bien en littérature : George Dawson dans Life is so good ou ce facétieux Allan, héros de Jonas Jonasson. C'est de plus pratique pour survoler les événements d'un siècle.
Franz-Olivier Giesbert conjugue ces deux occurrences pour le plus grand plaisir du lecteur : c'est ainsi qu'il donne la parole à Rose, 105 ans, dont le passé offre des garanties en matière de destinée hors du commun.
Rose est née en Arménie mais n'y restera pas longtemps : le génocide lui a ravi sa famille. C'est en s'échappant d'un yacht de luxe où elle était séquestrée et réduite au rôle d'esclave sexuelle, qu'elle débarque à 11 ans à Marseille. La galère n'est pas pour autant finie, et les quelques années de bonheur qu'elle vivra dans ce qui serait à l'heure actuelle une famille d'accueil, feront place à d'autres violences.
Le récit pourrait être celui d'une descente aux enfers si la jeune fille n'était pas guidée constamment par une rancune tenace, qui la contraint à des passages à l'acte vengeurs. Elle tient à jour la liste de ses ennemis…et s'en remet à un autre personnage clé du roman, Théo, une salamandre qui, telle que le criquet de Pinocchio, lui tient lieu de conscience

Outre la soif de vengeance, c'est la cuisine qui constitue une raison de vivre pour Rose, souvenir de sa grand-mère , premiers emplois, puis autonomie en ce domaine lorsqu'elle crée son premier restaurant, rapidement reconnu. de multiples rebondissements qui font tout l'intérêt du roman et que je tairai donc, la conduiront à ravir les pailles du sinistre Himmler, ce que nous promet le titre.

C'est une histoire passionnante et bien menée, même si quelques invraisemblances nous rappellent qu'il s'agit d'une fiction (on peut tuer quelqu'un avec des témoins et en laissant sur place sa signature, et s'en sortir en déménageant simplement aux US? Mais que fait la police?).


L'un des atouts du roman est ce personnage féminin haut en couleur et animé d'une rage de vivre et de se faire justice. Quand on naît sous des cieux où la violence est le quotidien, les codes sociaux risquent de subir quelques distorsions.
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J’ai trouvé intéressante et pathétique l’histoire de Rose, 105 ans, qui raconte sa vie dans des cahiers.
Sa jeunesse ne fut pas facile, ses débuts dans la vie de femme plus heureux, jusqu’à la rupture avec son mari.
A partir de là, tout devient loufoque. Son parcours équivaut à celui du « vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire ». Elle rencontre des personnages réels, comme Jean-Paul Sartre (dont le portrait n’est pas très élogieux), Simone de Beauvoir, Johnny Halliday, Himmler…. Elle passe de l’Allemagne aux Etats-Unis, à la Chine….
Elle m’est devenue de moins en moins sympathique, de plus en plus lassante, à vrai dire plus crédible du tout. Ses motivations sont plus que douteuses. Ses meurtres accomplis au moindre pincement d’estomac, ses appétits sexuels…..Trop, c’est trop
En fait je n’ai aimé que la première moitié du livre. A partir du moment où elle est partie en Allemagne, tout part en vrille. Tant dans la tête de l’auteur que dans la vie de Rose.
Rien à dire sur le style, j’aime assez l’écriture de Franz-Olivier Giesbert.
Mais en voulant faire un panorama des cent dernières années à travers la vie d’une femme peu commune, il a un peu raté son coup. (à mon avis)
De plus le titre n'illustre pas l'histoire, l'épisode Himmler n'en étant qu'un passage. C'est un peu racoleur à mon goût.
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La culpabilité du survivant est un thème assez récurrent dans la littérature, surtout dans les récits des drames de la Seconde Guerre mondiale. Toutefois l'approche de Franz-Olivier Giesbert est assez novatrice car ce qui pourrait être retranscrit comme une suite de jérémiades et d'apitoiement, devient étrangement tragi-comique.

L'horreur et la fatalité cheminent main dans la main semant le chaos et notre héroïne va devoir affronter son destin d'une manière inéluctable et funeste... jusqu'à sa mort.

Les premières pages nous font vaguement évoquer l'écriture tarabiscotée d'Arto Paasilinna, et on se demande où l'auteur nous amène, avec un démarrage tambour battant et d'associations d'idées surprenantes.
A la fois drôle, politiquement incorrect et souvent cru, ce récit devient au fil des pages plus touchant et profond qu'on ne le croit.

L'odeur de la mort est présente partout.
La vie roule dessus les personnages, les renversant, faisant marche-arrière et les écrasant à nouveau dans un étrange ballet de sauvagerie.

Franz-Olivier Giesbert nous dit la lumière qu'apporte l'espoir mais aussi les heures sombres de l'Histoire. Beaucoup d'heures sombres.
Il nous dit la puissance des mots et des idées. Il nous raconte aussi la force de l'amour, les sacrifices endurés, la quête de liberté et ce qui reste après la lutte.

Nietzsche a dit: «  Il faut porter du chaos en soi pour accoucher d'une étoile qui danse »

Franz-Olivier Giesbert nous susurre « qu'il faut continuer à croire en l'homme malgré les hommes »

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Rose a 105 ans. A travers le récit de sa vie, elle nous fait revivre l'Histoire depuis le génocide Arménien jusqu'à la seconde guerre mondiale.
Rose est une vieille dame atypique : loufoque, déterminée, hédoniste, elle mènera sa vie selon sa devise : la vengeance et l'amour.
« Hâtons-nous de succomber à la tentation avant qu'elle ne s'éloigne. »
« La vengeance est certes une violence faite au code civil et aux préceptes religieux, mais c'est aussi un bonheur dont il me semble stupide de se priver ».
Ce roman est très drôle. Rose a un franc parler et nous fait part de son parcours et de ses réflexions avec truculence.
« La cinquantaine obèse, il était la preuve vivante que l'homme descend moins du singe que du cochon. Dans son cas, ce n'était pas n'importe lequel mais le verrat de concours qui, en équilibre précaire sur ses deux pattes arrières, peine à porter des jambons flageolants. »
Elle rencontrera des personnages de L'Histoire, Himmler mais aussi Sartre et Beauvoir et d'autres encore. Son destin sera lié aux leurs.
Bien sûr, peu d'évènements liés à l'Histoire sont crédibles. Mais ils ont l'avantage de les rendre plus humains, plus accessibles.

Le style est enlevé, facile à lire et on suit les (més)aventures de la narratrice avec beaucoup d'empathie, son humour laissant le sourire aux lèvres.
Un roman sympathique qui nous fait voir l'Histoire du XXème siècle sous un angle très différent des manuels scolaires.
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Ne vous y trompez pas! ... Si comme moi, vous ne lisez pas les quatrièmes de couverture...

Cette cuisinière ne nous entraine pas dans les années noires du nazisme, ou du moins, pas seulement. Et cet ouvrage ne constitue pas un témoignage fictif, tel un nouveau condensé de révélations. Cette attente peut donc, comme ce fut mon cas, générer un peu de déconvenue. Mais il faut accepter d'être surpris. Donc, pourquoi pas?

C'est un exercice littéraire au ton décalé et délibérément accrocheur, sur la vie d'une centenaire d'origine arménienne, que la grande Histoire a balloté d'aventures incongrues en régions diverses.
Utilisée comme un journal, la narration se cherche entre humour et truculence, mais les décalages entre les personnages, le propos et l'époque sont un peu troublants. Ca se veut grinçant, mais ne l'est pas vraiment. Il manque peut être un brin de folie ou une plume plus acerbe. le trait est trop lourd et à trop en faire, on tue la fantaisie.

S'il s'agit de revisiter le 20ème siècle, on n' y apprend pas grand chose de nouveau et l'ensemble est un grand fourre-tout de situations et idéologies improbables.

L'intérêt s'est donc émoussé au point d'abandonner en route, les Riches Heures de cette cuisinière justicière.
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Un bon conseil : jetez ce livre par la fenêtre et empoignez à la place un bon opus de Nadine Monfils. Alors vous en aurez, de la vieille dame irrespectueuse, qui secoue les convenances et crache sur les bonnes manières. Face à Mémé Cornemuse, Rose n'est qu'un pâle jeu de lego mal ficelé, aux grossièretés artificielles. Franz-Olivier Gisbert use de l'argot avec maladresse et fierté, comme un gosse bien élevé qui s'aventure en rougissant chez les voyous. Aucune finesse, nulle part, ni dans le récit, ni dans l'écriture, ni surtout dans cette apologie sous-jacente de la vengeance bête et méchante. Tout dans l'esbroufe. Une bonne partie du livre n'est qu'un prétexte pour jouer, comme un gros chat taquine des playmobils, avec des noms aussi prestigieux que Himmler, Hitler, Sartre ou Beauvoir. Livrer du scandale, mettre le doigt dans la fange et le sale. Même l'amour est roulé dans le fumier. Les personnages servent de faire-valoir à un auteur qui ne met en scène que lui-même et ses prétentions à être quelqu'un dont on parle. La couche de vernis sulfureux s'écaille avant la fin du livre et une banalité de mauvais goût cligne d'un oeil goguenard.
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Je m'aperçois que mes dernières lectures de Franz-Olivier Giesbert remontent à bien longtemps, plus exactement à avant 2012, date de ma découverte de Babelio. Pour preuve, ses quelques livres lus par le passé sont inscrits dans ma bibliothèque mais ne comportent pas de critiques. Je renoue donc avec plaisir avec cet auteur perdu de vue et, si ma mémoire est bonne, avec sa plume un brin caustique.

Marseille, 2012, Rose, qui a dépassé les 100 ans, a décidé d'écrire ses mémoires. En découvrant son histoire écrite à la première personne, c'est toute L Histoire mondiale du XXe siècle que le lecteur va revisiter. En effet, tout au long de sa vie, Rose a eu la bougeotte, parfois bien malgré elle pour survivre, parfois de son plein gré, de l'Arménie jusqu'en Chine, en passant par Berlin et les États-Unis sans oublier Paris et Marseille. Au fil de ses pérégrinations, les génocides se succèdent à travers le monde, mais malgré toute l'horreur de ce contexte historique, Rose est un personnage truculent, une femme totalement libre que l'on suit avec bonheur. Sa devise étant "la résilience passe par la vengeance", son appétit de vie n'a d'égal que son désir de régler leur compte à ceux qui l'ont faite souffrir. A ses côtés, on côtoie des personnages qui ont marqué l'époque (plus souvent en mal qu'en bien), on parle de livres, de musique, de cuisine, d'amour et de plaisir.

Évidemment, comme à son habitude, F.O.G. ne fait pas dans la demie-mesure. de sa plume acerbe, il rhabille pour l'hiver certaines célébrités, Sartre en prend pour son grade. Il a donné à son roman un titre très vendeur mais tout de même assez réducteur (Rose ne passe pas sa vie auprès de Himmler). Et bien que l'auteur prête à son héroïne de belles phrases hautement philosophiques, elle reste un personnage totalement outrancier, qui à 105 ans, joue de la gâchette et fait du krav maga. Malgré son côté rocambolesque, j'ai vu dans ce roman une véritable ode à la vie et je lui accorde un 16/20.
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De Turquie en France et en Allemagne l'auteur nous emmène dans divers lieux et divers temps du XXè siècle. Même si l'histoire de Rose en elle-même n'est pas crédible, le récit est fort agréable et les points historiques cités ne sont pas du tout "collés". Un regret: pas de considérations sur les accords de Munich et les mots accolés "incessamment sous peu" qui sonnent fort à pléonasme.
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