ISBN : 2757807323
Éditeur : Points (2008)


Note moyenne : 3.32/5 (sur 34 notes) Ajouter à mes livres
Il y a eu Amélie, le premier amour, le premier corps, le premier continent.
Le souvenir dérive et s'embourbe, le goût de l'inconnu demeure : les visages croisés de port en port, entre Afrique et Chili, couleurs, parfums des corps frôlés. Quand il rentre à Paris, ... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par amanda, le 05 janvier 2008

    amanda
    Récit de voyages lointains, de l'Afrique aride et brûlante à l'Amérique du Sud moite et étouffante en passant par la Polynésie ou un Paris nostalgique, Bernard Giraudeau n'écrit pas, il peint, il esquisse, il fait naître des paysages et des personnages lumineux.
    Ses mots subliment des rencontres, éphémères ou durables, des femmes aimées, aimantes, aimables, des instantanés de partage et d'intimité, des moments magiques où les êtres se confient et se confondent.
    Ses phrases sont des mélopées, des partitions sur lesquelles évoluent des personnages troublants, surgis du passé, fantômes erratiques et troublants.
    D'Amélie « le lit de son âme », que Marc, le narrateur, aimera silencieusement pendant son enfance, en passant par Marguerite, avec laquelle il n'échangera jamais un mot mais qu'il comprendra et devinera à travers son reflet, son regard, son silence, à Maïmouna, la maîtresse du vent, à Mama « la bonne à tout faire, même l'amour avec le père », à Ysé ou Marcia qui veut oublier qu'elle est née Marco, c'est une mosaïque de portraits délicieux, parfois fugaces, étranges mais scintillants.
    Les mots, souvent crus mais jamais vulgaires s'enchaînent et forment un récit qui se lit avec beaucoup de tendresse et de respect.
    Bernard Giraudeau n'écrit pas, il conte. Pour notre plus grand bonheur.
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  • Par muchahorta, le 01 août 2011

    muchahorta
    Une collègue m'a prêté ce livre, et je suis contente de ne pas l'avoir acheté.
    Même si l'écriture est très poétique, tout ne tourne qu'autour du sexe ! Premiers émois avec une gamine, premières expériences avec la bonne&maîtresse paternelle... Ça commençais déjà à m'agacer au bout de deux chapitres. Quand j'ai lu la première phrase du troisième et qu'à nouveau il était question de sexualité déguisée en sensualité, j'ai refermé le livre et l'ai laissé là.
    Pour moi, c'est une ode à la sexualité, pas à la femme, ou alors une ode à la femme uniquement envisagée dans son pouvoir sexuel, ce qui est extrêmement réducteur...
    Bref, je n'ai pas aimé...
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    • Livres 4.00/5
    Par otakar, le 08 décembre 2007

    otakar
    A travers ses voyages de l'Afrique a l'Amérique du Sud l'auteur nous raconte l'amour, l'amitié, la vie de facon émouvante, nostalgique, mais pas larmoyante. Ouvrez le livre au hasard, vous ressentirez un grand plaisir de lire un beau texte poétique. Il mérite bien le Prix des lecteurs de l'Express 2007.
    Je suis étonnée d'etre la seule a posséder ce livre dans ma bibliotheque sur babelio.
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  • Par Shaktili, le 01 décembre 2010

    Shaktili
    Oubliez l'acteur aussi touchant qu'il soit et abandonnez vous à sa verve pleine de grâce qui nous livre une ode à la femme, aux voyages, à l'amour ...
    REMARQUABLE !!!
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    • Livres 5.00/5
    Par Torticolis, le 03 août 2010

    Torticolis
    Monsieur Giraudeau est parti alors que, quelque part en Guyane, je dévorais son livre, tâcheté par l'humidité amazonienne.
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Citations et extraits

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  • Par otakar, le 08 décembre 2007

    Diego a raconté aux enfants que les fromagers sont de gigantesques contorsionnistes qui dansent, invisibles pour l´homme, des figures de légende. Leurs gestes sont si lents, si démesurés, qu´on ne les percoit pas. La danse des siecles. Comme Shiva, ils multiplient leurs membres, les étirent, les retournent vers le ciel et la terre, se penchent infiniment, puis dessinent deans l´espace des orbes végétaux. Ce sont des danseurs fous qui pratiquent le slow motion avec un art inimitable. Les momes regardaient les arbres avec fascination, un mélange d´inquiétude et d´admiration. Ils cherchaient le mouvement dans l´immobilité. Alors j´ai dansé comme un derviche sous les branches, je tournais lentement en regardant vers le haut. Oui, je les vois bouger maintenant, Diego a raison. Et, tous, nous avons dansé sous les fromagers de Diembane. Le soleil couchant soulignait leurs ombres et il m´a semblé voir des frissons de lumiere sur leurs peaux d´écorce.
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  • Par mandarine43, le 13 mars 2012

    [ Incipit ]

    Je peux voir la canopée comme des vagues immobiles auxquelles seul le vent de la montagne donne une vie de mer sombre. Il traîne des brumes alanguies que le soleil levant finit toujours par enflammer. Au-delà il y a un grand fleuve et bien au-delà la mer, la vraie, l'infinie, qui se dessine parfois comme un trait de lumière pour souligner l'indéfini du ciel. J'aime cet endroit comme une escale de paix. Je suis un égaré ayant décidé de se poser, de rester là dans chaque instant des souffles. J'écoute l'oiseau, un chant sur la page de silence. À la fin du jour il y a celui des voix de la vallée, isolées comme des notes échappées. J'apprends l'attente, celle de l'instant, celle de la pluie, des jours à venir, de la nuit, de la première étoile, celle du feu pour les repas et pour réchauffer les soirs. J'attends sans impatience, en vivant l'instant comme une éternité. Ajouté à ce bonheur, il y a l'inattendu de cette vie là-haut, les coups de vent soudains qui annoncent l'orage. Il y a alors une plainte rugueuse des écorces blessées, un bavardage précipité du feuillage sous les ailes sombres des nuages, et je me régale d'un poignard de feu, derrière les voiles d'eau. Il me semble que ces instants-là ne peuvent finir.
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  • Par mandarine43, le 27 juillet 2011

    Je l'ai aimée comme un enfant, comme un homme, comme je n'ai plus jamais aimé... Elle s'est dissoute un jour, peu après notre amour, dans une eau claire. C'était dans un cristal d'émeraude glacé... J'ai continué à grandir sans elle, bien sûr, avec ce don qu'elle m'avait fait dès l'enfance de cette découverte sans cesse renouvelée de l'amour. Tout au long de ma vie j'ai aimé les nuques déliées, les femmes comme des gerbes et le secret des graines dans les épis... J'ai gardé de l'enfance, et d'Amélie, ils sont liés, l'amour de l'inconnu à défricher, avec la peur au ventre comme une jouissance.
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  • Par jef1201, le 25 octobre 2010

    Attraper le bonheur, c’est vouloir retenir un papillon dans sa main ou le prendre avec un filet. Tu précipites le filet sur lui et il s’abîme, c’est un bonheur gâché.

    Si c’est un bonheur agile, on ne ne peut le faire prisonnier et l’on court sans fin, c’est une agitation inutile, le bonheur est parti.

    Parfois il se laisse prendre sans dommage, il ne s’est pas débattu et il reste bien sage, un peu frileux sous le filet. C’est un bonheur fragile, fatigué, malade peut-être.

    Si tu attrapes un beau bonheur, un papillon rare, sans l’abîmer, si tu le prends dans ta paume et que tu la refermes pour l’emprisonner, il ne reste que de la poussière de bonheur sur les doigts, si tu le piques sur un bois il meurt.

    Il faut être comme l’arbre à papillons, prêt à accueillir le bonheur, et tu verras, il viendra sur ton épaule.
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  • Par Torticolis, le 28 juillet 2010

    Mais je me suis aperçu que, dans l'amour, elle se recevait elle-même. Je sentais cela, cette fusion indépendante, ce mariage solitaire avec sa jouissance à elle. Même son regard se perdait en elle. Elle aurait pu en aimer un autre à ce moment-là, mais elle ne le savait pas. Elle n'avait pas appris peut-être, ou trop souvent seule. On n'apprend pas l'amour seul. Il faut être deux pour être un dans l'oubli du monde, de soi pour l'autre, et se fondre dans la lumière, sans ombre. (p. 160)
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