Récit de voyages lointains, de l'Afrique aride et brûlante à l'Amérique du Sud moite et étouffante en passant par la Polynésie ou un Paris nostalgique,
Bernard Giraudeau n'écrit pas, il peint, il esquisse, il fait naître des paysages et des personnages lumineux.
Ses mots subliment des rencontres, éphémères ou durables, des femmes aimées, aimantes, aimables, des instantanés de partage et d'intimité, des moments magiques où les êtres se confient et se confondent.
Ses phrases sont des mélopées, des partitions sur lesquelles évoluent des personnages troublants, surgis du passé, fantômes erratiques et troublants.
D'Amélie « le lit de son âme », que Marc, le narrateur, aimera silencieusement pendant son enfance, en passant par Marguerite, avec laquelle il n'échangera jamais un mot mais qu'il comprendra et devinera à travers son reflet, son regard, son silence, à Maïmouna, la maîtresse du vent, à Mama « la bonne à tout faire, même l'amour avec le père », à Ysé ou Marcia qui veut oublier qu'elle est née Marco, c'est une mosaïque de portraits délicieux, parfois fugaces, étranges mais scintillants.
Les mots, souvent crus mais jamais vulgaires s'enchaînent et forment un récit qui se lit avec beaucoup de tendresse et de respect.
Bernard Giraudeau n'écrit pas, il conte. Pour notre plus grand bonheur.