
'Cet homme envahit mes pensées, me confie une patiente. Dès que l'on parle d'autres choses entre amis, je ramène toujours la conversation sur lui,j'essaie désespérément de comprendre ce qu'il a dans la tête.' Et que dire des rêves innombrables où notre président, triomphant ou démoniaque, pénètre les recoins les plus profonds de notre âme ? Les Français semblent atteints d'un étrange mal : la sarkose obsessionnelle, sorte de déferlement fantasmatique et présidentiel dont ils ne parviennent pas à se défaire. Qu'un mâle exultant sur le trône de ses conquêtes fasse fantasmer les foules n'a rien de surprenant. Mais qu'un homme utilise à ce point son mandat en ivresse de lui-même, en stimulant pour mieux être désiré, commence à susciter un réel malaise. Sarkomanie, sarkophobie, sarkophilie, sarkonoïa, sarkophrénie, pourquoi sommes-nous, tous, si sensibles à la frénésie présidentielle ? Qu'est-ce que l'omniprésence de Nicolas Sarkozy provoque chez nous ? Qu'est-ce qui fascine les Français, dans leur président, au point qu'ils ne peuvent s'en détacher ? La sarkose obsessionnelle intéresse bien davantage le psychanalyste Serge Hefez que la personnalité particulière de notre chef d'Etat. Homme miroir qui voulut rester homme en devenant chef d'Etat, Nicolas Sarkozy est, à son corps défendant, devenu le symptôme d'une société d'un narcissisme généralisé.