Ce livre attendait sur une table de la bibliothèque. Je fus d'abord attirée par sa face boutonneuse ! Puis par le résumé. Et hop dans mon sac.
Attention, fréquenter un salon du livre peut s'avérer grave de conséquences !
Salme Malmikunnas en fera l'expérience en rencontrant l'Ecrivain à un salon du livre alors qu'elle accompagnait sa fille aînée. Non, elle ne s'est pas prise pour Faust et n'a pas vendu son âme à Méphisto, elle a seulement « vendu sa vie » ou plutôt, l'histoire vraie de sa vie, puisque lui, plus jeune, n'en avait pas. Salme, ancienne mercière va donc se raconter (mais pas tout), bien qu'elle sache que tout écrivain n'est pas digne de confiance et que celui-ci arrangera les confidences à sa sauce.
Salme, qui parait si naïve, est pleine de bon sens et sait faire preuve de subtilité lorsqu'elle envoie des cartes postales, apparemment sibylline à ces grands enfants. Un peu comme dans les Fables de la Fontaine, ses conclusions sont un conseil, une porte ouverte sur le futur « Nous récolterons la semaine prochaine nos pommes de terre nouvelles. Pensez-y. « Il faut aussi entendre ce que l'on tait. La récolte de pommes a été bonne, ton père a fait des confitures. Teko est aussi le bienvenu ».
A travers les enfants de Salme, Kari Hotakainen démoli certains préjugés que nous avons concernant les pays nordiques. Avec un humour grinçant, il dépeint les travers d'une société finnoise avec ses laissés pour compte, le racisme, le capitalisme, et l'immobilisme de ce pays voisin de l'URSS….
Un roman original, très humain, avec quelques longueurs (les malheurs des enfants de Selma), mais j'ai vite réalisé que ses fils et filles étaient un condensé de la vie des jeunes finlandais.
Un très bon livre profond qui montre les réalités de la vie finlandaise et par là, de notre monde du travail à l'heure de la mondialisation ainsi que le travail de l'écrivain face à une confession. Qui est le plus mercantile de l'écrivain ou de la mercière ?
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