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Les portes de la perception1Ajouter à mes livres
Par l'ingestion de mescaline, Aldous Huxley rejoint à son tour le paradis artificiel de Nerval et Baudelaire. Mais l'originalité de cette expérience tient à la volonté scientifique qui l'anime : en 1954, c'est sous contrôle médical que le romancier absorbe la drogue dan... > voir plus
(...) En matière de littérature c'est un peu comme au cinéma: on est toujours un peu déçu par ce dont on attend beaucoup. le livre se divise en un peu plus d'une vingtaine de chapitres. le premier d'entre eux "Les portes de la perception", s'attache à une analyse descriptive des effets liés à une ingestion de mescaline. N'imaginez pas une débauche de visualisations chaotiques et trash ou un trip du même acabit que Las Vagas Parano: plutôt qu'à un délire coloré, le lecteur assiste à l'épluchage lucide de l'intensité accrue de la perception induite par l'usage des psychotropes (l'auteur y aborde notamment la notion d'Istigkeit). Selon Huxley, qui reprend à son compte les écrits de Blake, la conscience humaine agit de façon systématique comme un filtre, ne laissant passer que les informations utiles. La mescaline est un moyen idéal d'éliminer la fonction filtre dans la mesure où son usage comporte le moins d'effets secondaires si on le compare avec les autres psychotropes. J'ai décroché au fur et à mesure: le début était vraiment prenant, instructif, presque fascinant. Mais, à mon goût, le reste de l'essai l'était bien moins. Les tentatives d'Huxley visant à expliquer les phénomènes religieux et méditatifs en les mettant en parrallèle avec les mécanismes psychiques humains sont intéressantes mais pas franchement convaincantes. (...)
http://lelabo.blogspot.com/2005/11/les-portes-de-la-perception-aldous.html
Dans la vie, l’homme propose, et Dieu
dispose. Dans les arts plastiques, c’est le
sujet qui se charge de proposer ; ce qui
dispose, en fin de compte, c’est le
tempérament de l’artiste ,
approximativement (du moins dans le
portrait, les ouvrages d’ histoire et de
genre) les draperies, sculptées ou
peintes. A eux deux, ils peuvent décréter
qu’une fête galante émouvra jusqu’aux
larmes, qu’une crucifixion sera sereine au
point d’ en être joyeuse, qu’une
apposition de stigmates sera presque
intolérablement empreinte de sexe, que
le portrait d’un prodige d’absence de
cerveau féminin (je pense à Mme
Moitessier, d’Ingres ) exprimera
l’intellectualité la plus austère, la plus
intransigeante.