Un enfant poignardé gît sur le sol glacé et enneigé. Il s'appelait Elias, avait dix ans, était thaïlandais ; il voulait devenir paléontologue.
Encerclés par des tours dressées en remparts, immeubles bétonnés, vétustes, inhumains, Erlendur et son équipe contemplent le petit corps sans vie. le commissaire le recouvre de son manteau, le petit va avoir froid... oui, Erlendur, mais il est mort.
Par où commencer ?
La famille... La mère, Sunee, thaïlandaise, immigrée, venue s'installer en Islande après son mariage. A dévoilé, un peu tardivement à son mari, qu'elle avait déjà un enfant, Niram. Ils ont eu Elias, cinq ans de différence avec son demi-frère. Divorce. Sunee essaie d'élever seule ses enfants. Aurait peut-être un nouveau compagnon.
Il faut questionner le père ex-mari, l'ex-belle-mère, le frère de Sunee et Niram.
L'école et le milieu enseignant... Stupéfaction pour tout le monde. le pauvre petit Elias était si gentil, si intelligent ! Un des professeurs, Kjartan, tient des propos un peu extrémistes. Après vérifications, il aurait été un membre d'un groupuscule, les Pères de l'Islande.
"- J'avais dix-huit ans, c'était une erreur de jeunesse, vous devez pouvoir imaginer ça... Des gamins qui veulent jouer aux hommes.
- Je connais bon nombre de gamins de dix-huit ans qui seraient incapables d'épeler "République de Weimar"."
Les copains, les élèves... Elias était sympa. Mais c'était un métis et son frère est un asiatique, un "bol de riz". Il fait partie d'une bande et il vendrait de la drogue.
Les voisins, un voisin... Une famille charmante. le petit était très mignon.
Les pistes sont multiples, elles s'orientent vers un crime raciste, vers les milieux p*dophiles et vers une guerre des gangs. Erlendur, Sigurdur Oli et Elinborg sont écartelés, chacun mène sa croisade suivant leur tempérament, leur inspiration et les quelques indices glanés.
Le vent est glacial, Erlendur est mélancolique, le temps passe et lui, passe à côté de la vie. Son ancienne supérieure et amie, Marion Briem, a été hospitalisée, son état est alarmant. Il reste encore près d'elle, petite femme desséchée, solitaire et agonisante, il lui lit des histoires et lui raconte son enquête, une dernière fois.
Il repense encore et toujours à ce frère disparu, Bergur, à cette maison familiale dans l'est du pays, délabrée et "terrifiante". Un jour, il faudra qu'il y retourne... Sa fille Eva Lind et son fils Sindri le souhaitent, ils sont prêts à remuer la glace, la boue des marécages, à sonder le nid de la rivière, pour retrouver le fantôme de cet oncle et l'âme de leur père.
Le ciel est bas, janvier soupire. le soir, il reçoit des appels téléphoniques d'une femme désespérée. Entre deux mots trop brefs, trop saccadés, étouffés de sanglots, elle cherche un réconfort. Qui est-elle ? Serait-ce cette disparue qui a fuit le domicile conjugal, un jour de désespoir ?
Erlendur est épuisé, mais justice doit être faite. Un petit garçon attend.
Cinquième enquête du commissaire Erlendur, ces lectures sont devenues des rencontres très attendues. Celle-ci fut comme les autres, très intéressante, même si elle fut moins trépidante. Dans ce tome, on retrouve beaucoup de personnes en souffrance, traversées par des doutes et des fêlures du passé. En conclusion, j'écrirai un extrait tiré du livre.
Erlendur pose une question à la maman d'Elias après les obsèques...
"- Vous n'avez pas versé de larmes, avait observé Erlendur.
- J'ai assez pleuré, avait répondu Sunee. Je ne voudrais pas qu'il s'inquiète trop, sinon, ce sera bien plus difficile pour lui de rejoindre le ciel. Cela lui compliquera la tâche s'il doit nager à travers mes larmes."
Monsieur Erlendur, nous vous laissons réfléchir sur cela !
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