ISBN : 2246133041
Éditeur : Grasset (2003)


Note moyenne : 3.89/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
" Les Chardons du Baragan " (1928) tiennent du roman d'apprentissage et du roman picaresque exotique. A la suite de son père marchand ambulant, un enfant sillonne la campagne roumaine au début du siècle. C'est la peinture d'un monde asservi, qu'un incident fait basculer... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par Malaura, le 21 août 2011

    Malaura
    En Roumanie, quand arrive le mois de septembre, le vent de Russie, que là-bas l'on nomme le crivatz, souffle avec tant de fureur qu'il emporte les chardons des terres incultes du Baragan dans une cavalcade effrénée, intempestive.
    « le Baragan, c'est le lieu que le Seigneur a octroyé à la Valachie pour que le Roumain puisse rêver ». Une terre infertile où rien ne vient, sauf les chardons qui prolifèrent et envahissent l'espace tels « des moutons dont la laine serait d'acier ».
    Mais lorsque le vent de Russie se met à rugir, entraînant à sa suite ces boules épineuses, l'homme du Baragan ne peut s'empêcher de se dire : Dieu que c'est beau !
    Les enfants du pays attendent avec une impatience fébrile le mois de septembre pour pouvoir voler avec le crivatz à la poursuite des chardons.
    Ces galopins miséreux issus de la plus basse extraction du petit peuple de la campagne roumaine, oublient alors la faim, la misère, l'extrême pauvreté à laquelle ils sont réduits, tout à leur joie de galoper ventre à terre dans le vent de Russie.
    Certains, épris de liberté, se laissent emporter dans sa danse enfiévrée et ne reviennent jamais sur leurs pas. Ils partent voir le monde, espérant trouver ailleurs ce qu'il leur manque tant sur ces terres ingrates.
    C'est le cas de Mataké, le narrateur, jeune garçon de 15 ans qui rêve d'un avenir meilleur.
    La pauvreté l'a poussé sur les routes mais où que se tournent ses yeux d'adolescent c'est la même détresse, le même abattement.
    C'est qu'en ce début d'année 1907, d'autres chardons, autrement vénéneux, piquent au sang le peuple roumain.
    L'état, les boyards, les maires et les popes ont tant asservi le paysan roumain que même quand la récolte est bonne, le « cojan » n'a toujours rien à se mettre sous la dent ! Dieu a pris le parti des grands propriétaires terriens, pas celui des paysans !
    Partout, dans tout le pays, des « villageois loqueteux, hâves, courbaturés », partout la même misère, le même désespoir, le même sentiment d'injustice face à la tyrannie des classes dirigeantes.
    Et la colère enfle, et la révolte gronde…et le pays exsangue, agonisant, à bout de souffle, s'embrase alors comme « une langue de feu »…
    La découverte de ce roman écrit en 1928, c'est avant tout celle d'un homme, l'auteur lui-même, Panaït Istrati, et la curiosité qu'il suscite lorsqu'on apprend que c'est une tentative de suicide et une lettre adressée au prix Nobel de Littérature 1915, Romain Rolland, qui a permis à ses écrits de voir le jour.
    Et lorsqu'on se penche sur les « Chardons du Baragan », l'on peut alors appréhender pleinement tout le talent de ce conteur exceptionnel, un auteur engagé et ardent, un homme parti de rien pour qui la littérature est source de vie et d'espoir.
    Dans un style spontané, authentique, naturel, à la fois âpre et chaleureux, Istrati nous fait partager l'errance de Mataké, jeune garçon témoin de la répression sanglante de la révolte paysanne roumaine de 1907.
    « Les chardons du Baragan » est une œuvre forte, vivante, humaine, dans laquelle celui qu'on a surnommé le « Gorki des Balkans » s'emploie à décrire tout le dénuement de son pays d'origine, toute la dureté de vivre dans ce monde de misère, toute l'étendue de la détresse humaine accablée par le poids trop lourd de la pauvreté et du servage.
    Mais si c'est un roman de la tragédie, ce n'est pas pour autant un roman tragique. Au contraire, au réalisme de la situation se joint une langue étonnement poétique, visuelle, imagée et bariolée.
    L'écriture d'Istrati, ses phrases brèves et intenses, émaillées d'expressions populaires, ont le pouvoir d'évocation et l'incommensurable vigueur de ceux qui ont vu, vécu, touché du doigt ce qu'ils écrivent.
    Là est la force d'Istrati ; force brute, virile, sensuelle, pour cet éternel vagabond qui n'a jamais réellement cessé d'être ce petit Mataké des « Chardons du Baragan » demandant apeuré : « Ou allons-nous maintenant ? » et à qui l'on a envie de répondre : « Voir le monde, Mataké…voir le monde… »
    Car Panaït Istrati n'a jamais cessé de courir après les chardons…
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par Alienor, le 18 septembre 2009

    Alienor
    J'avais choisi ce court roman pour partir à la découverte de cet auteur Roumain que je ne connaissais pas et qui m'avait été vivement conseillé.
    L'action de ce livre se déroule au début du 20ème siècle, dans la campagne roumaine qui résonne de la révolte croissante des paysans dont le quotidien n'est que misère et famine. Un jeune garçon part sur les routes avec son père, dans le but de vendre du poisson pour améliorer un quotidien on ne peut plus noir. Cet enfant laisse derrière lui une mère qu'il ne reverra pas, et part au devant d'autres malheurs dont il ne se doute pas mais qu'il pressent. Car cette terre est austère et rien ne peut y naître de bon.
    Une terrible histoire donc, qui avait tout pour émouvoir, et pourtant je suis restée de marbre. Est-ce à cause de l'écriture ou du style, à la vérité je ne saurais le dire. Mais en tout cas je n'ai pas du tout adhéré et ne poursuivrai donc pas plus avant ma découverte de Panaït Istrati.

    Lien : http://tassedethe.unblog.fr
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    • Livres 5.00/5
    Par miriam, le 03 février 2011

    miriam
    J'ai dévoré d'une traite ce court ouvrage très beau, très poétique: l'image des enfants courant derrière les chardons soulevés par le vent dans la steppe…quittant leur village pour le vaste monde. Roman d'apprentissage?

    Lien : http://miriampanigel.blog.lemonde.fr/
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Citations et extraits

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  • Par miriam, le 03 février 2011

    Je dédie ce livre:
    Au peuple de Roumanie,
    A ses onze mille assassinés par le
    Gouvernement roumain
    Aux trois villages: Stanilesti, Baïlesti
    Hodivoaïa, rasés à coup de canon
    Crimes perpétrés en mars 1907
    et restés impunis.



    Panaït Istrati, mars 1928
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