Huit nouvelles composent ce roman, huit femmes en quête d'amour, brièvement, fugitivement ou jusqu'à la mort. Ici point de sentiment de plénitude, toutes sont fragiles, soumises, comme dans l'expectative de ce-qui-pourrait-advenir de l'autre, l'homme, imprévisible et pas vraiment charmeur.
L'une des nouvelles les plus troublantes de ce recueil est sans aucun doute « Cent ans ». Depuis cent années, la narratrice de cette histoire attend dans la tombe celui avec lequel avec elle avait accepté de mourir (cette décision ne fut pas sienne, mais bien celle de son amant, un homme marié). Quand arrive l'heure de se jeter de la falaise, elle perd la vie, abîmée sur les rochers, tandis que lui survit, sauvé de la noyade par des pêcheurs – il retournera comme si de rien n'était auprès de sa femme et de ses enfants. Mais elle attend, d'ailleurs ne lui a-t-il pas déclaré qu'elle ressemblait à la Kiyo du "Botchan" de Soseki ? Cette même Kiyo dont il cite l'une des répliques :
« - Botchan, quand je mourrai, je vous en prie, pour le repos de mon âme, faîtes que je sois inhumée dans votre caveau de famille. Ainsi, Botchan, je pourrai vous attendre heureuse dans la tombe. »
Comme si tout était écrit d'avance. Mais dans la tombe, elle attend toujours, et il ne vient pas, ne viendra jamais.
« Il est mort et rien ne changera plus jamais. »
(...)
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