> Elena Balzamo (Traducteur)

ISBN : 2878583523
Éditeur : Viviane Hamy (2011)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 24 notes) Ajouter à mes livres
Au royaume de Cédric X, les traditions sont immuables, notamment " l'heure du roi ", au cours de laquelle le souverain, à cheval, fait le tour de la ville, salue ses sujets, puis rejoint le château. Lorsqu'à partir de 1939 la folie hégémonique du Grand Reich se déploie,... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par ivredelivres, le 01 février 2011

    ivredelivres
    C'est grâce à la sortie en format poche que mon attention a été attirée par ce livre. Un grand merci à l'éditeur car c'est un livre formidable que celui-là.
    Le Troisième Reich tout puissant envahit les pays d'Europe les uns après les autres. le royaume du roi Cédric est sur sa route, " un pays désarmé et impuissant " et "guère plus vaste qu'un bec de moineau "
    La population est prise par surprise par cette invasion, le vieux roi baisse la tête, la population fait connaissance avec le rationnement, le travail obligatoire, le couvre-feu.
    Le roi est effondré, adepte de l'ordre il craint les réactions de l'occupant et demande à son peuple la prudence et à la jeunesse de "s'abstenir de toute action susceptible de compliquer les rapports avec les autorités occupantes ".
    Le roi est petit à petit déchu de ses fonctions, privé de son pouvoir, moqué par l'occupant , il se met à faire des cauchemards.
    Les sujets du roi subissent l'occupant " Ils s'accommodaient du nouvel état de choses comme un malade qui revient à lui après une anesthésie et qui apprend qu'on l'a déjà opéré et qu'il ne lui reste plus qu'à vivre sans les jambes " mais ils ne collaborent pas vraiment, les délations sont insuffisantes au goût de l'occupant.
    La cavalerie royale va même tenter de s'opposer aux blindés des nazis !
    Comme dans toute l'Europe occupée des brimades, des humiliations sont imposées à la population. C'est une décision de l'occupant qui va provoquer un sursaut chez le roi, un réveil de l'honneur, une prise de conscience de sa responsabilité.
    Je vous laisse découvrir la suite de ce récit très court, écrit comme un conte philosophique ou comme une fable moderne. Ce texte d'une grande finesse, allie simplicité et puissance, en quelques pages tout est dit sur le totalitarisme, sur le courage, sur la peur, sur la dignité de l'individu.
    Les leçons de ce livre sont intemporelles. Que peut l'individu face à la suppression de la liberté, notre impuissance nous dédouane-t-elle de toute responsabilité.
    Ce sont des thèmes universels que Khazanov présente ici, lui l'écrivain qui a passé plusieurs année au Goulag
    L'histoire de ce livre est exemplaire, publié sous le manteau dans les années 70 en Russie, il est lu par Elena Balzamo et circule par le samizdat. Elena Balzamo n'entend plus jamais parler du livre, aujourd'hui elle assure non seulement la traduction mais aussi une postface, belle revanche.
    Lors de sa parution en 2005 les critiques ont salué ce " pur bijou d'humanité " "Un livre en dehors du temps, qui mérite de rester au chevet de toutes les consciences"

    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2011/01/16/l-heure-d..
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par emmyne, le 15 mars 2012

    emmyne
    Un indispensable.
    A la façon d'une chronique historique, Boris Khazanov relate la chute et l'élévation du roi Cédric X, monarque d'un minuscule pays imaginaire envahit par le Troisième Reich.
    Une fable, un texte court au propos philosophique et politique.
    Si ce royaume n'existe pas, le contexte est précis, des dates, des noms de dignitaires et de nations d'Europe cités. Ce brillant mélange des genres d'une ironie d'une agressivité salvatrice donne toute sa puissance au récit, sa dimension de réflexion, son bonheur de lecture. Impressionnant. Il lui confère à la fois paradoxalement son réalisme mais aussi son universalité, autant pour la politique de l'URSS ( diktats du régime soviétique, bloc de l'Est, contrôle des Pays Baltes ) que pour toute dictature : conscience, choix, engagement, valeurs humaines lorsque l'on se libère des lois de l'ordre, mythomanie de la folie idéologique, considérations sur les effets du collectif et ses emblèmes, sur l'absurde et la démence dans lesquels peuvent plonger la violence, sur le geste résistant individuel, dérisoire mais si symbolique.
    Allégorie satirique, ce texte pose la question fondamentale du sens, celui de la vie, celui de la liberté, de leurs expressions. Ce texte est un chef-d'oeuvre.
    Comme la poésie de Joseph Brodsky, ce texte ne fut pas publié en URSS mais à l'étranger ( 1976 ) alors même que son auteur y vivait encore. Il y fut diffusé clandestinement ( on appelait ces ouvrages qui circulaient illégalement des samizdats comme l'explique Elena Balzamo dans son analyse en postface. C'est ainsi qu'elle l'a découvert à l'université )


    Lien : http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2012/03/14/23050431.html
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par medsine, le 30 janvier 2012

    medsine
    Ce petit livre d'une centaine de page est absolument à classer dans les incontournables à lire.Il dépeint l'invasion d'un minuscule pays imaginaire par les nazis durant la seconde guerre mondiale. Ce minuscule territoire (pas plus grand que le bec d'un oiseau) est en fait une royauté. La population vie dans le calme et le respect envers son très vieux monarque. Cédric, ce dernier, et sa population avec lui, s'incline sous le joug de l'occupant, non sans résister (au tout début du récit la cavalerie royale est décimée dans un combat éclair sabre contre canon) mais du moins sans provoquer trop effort du côté des allemands puis dans la résignation. Au fil du récit Cédric sera amené à réfléchir sur sa condition et a accepter son destin en entrant en résistance.L'auteur dresse avec brio un état de la condition de l'homme / individu contre l'oppression. La résistance n'est pas un exercice simple. Comme le dit la traductrice dans sa postface "Se sentir libre ne suffit pas, il faut agir en homme libre". Quelque action que nous devons prendre, aussi insignifiante peut-elle paraitre pour les autres, n'est pas à mésestimer dans la mesure où elle nous permettra de vivre debout.Un sublime exemple de littérature qui donne à penser. L'histoire de ce livre, interdit de publication en Russie, et de son auteur, qui a vécu plusieurs années au goulag sont aussi à mettre en transparence sur le calque de cette fiction.27 aout 2011
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par luocine, le 02 février 2011

    luocine
    Merci à Dominique qui tient « à Sauts et à Gambades », c'est grâce à son article très élogieux que je me suis procuré et lu ce petit livre.
    Il est écrit par un dissident russe, il paraît en 1976 en Israël mais il est interdit en Union Soviétique. Il a pour sujet la résistance face à la barbarie, le nazisme, bien sûr, mais les autorités soviétiques ne s'y sont pas trompés, il n'y a pas de si grands différences entre le nazisme et le communisme.
    Le problème posé est simple : Qui doit s'opposer à l'injustice d'une dictature ? Pourquoi, quand, comment, et la question annexe est ce que ça sert à quelque chose ?
    Tous les faits qui sont racontés sont dans notre mémoire historique à propos de la seconde guerre mondiale, ils concernent soit la Pologne soit les Etats du Nord en particulier le Danemark. L'auteur a choisi un état fictif gouverné par un roi qui finira par coudre sur sa poitrine l'étoile juive.
    Etait-ce utile ? Autant ? Moins ? Plus ? que le fougueux commandant de la garde royale qui sabre au clair a foncé contre les mitraillettes allemandes, laissant sur la place, devant le palais, la garde royale entièrement décimée par les mitraillettes ennemies, ne retardant que de quelques minutes l'entrée de l'armée allemande.
    On retrouve dans ce petit livre l'humour distancié des dissidents russes, c'est un des charmes du livre
    Je fais une réserve sur ce roman et je ne parlerai pas de chef d'œuvre. Certes, si je l'avais lu à l'époque mon avis aurait été complètement différent, aujourd'hui on a beaucoup lu sur le sujet, le problème posé est toujours passionnant, en revanche la forme sous laquelle il est traité n'apporte aucun éclairage nouveau en tout cas pour moi (mais je dois dire que j'ai déjà beaucoup lu sur cette période, et ce sujet).
    Je pense que c'est un livre à lire dans les classes de première et seconde pour faire réfléchir au totalitarisme et à la résistance les jeunes générations.


    Lien : http://luocine.over-blog.com/
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par gigi55, le 27 février 2011

    gigi55
    Ce court roman d'un centaine de pages est d'une puissance peu commune. c'est l'oeuvre d'un auteur russe né en 1928, condamné à 8 ans de camp entre 1949 et 1955.
    Publié pour la première fois en 1970 en Israël, en 1990 en Allemagne et en 2004 en France.
    Sur la forme anodine d'un conte ce livre montre les racines de la démocratie opposée au totalitarisme et le rôle possible de la liberté individuelle pour qui sait s'en saisir.
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Citations et extraits

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  • Par gigi55, le 27 février 2011

    Extrait de la postface d'Elena Balzamo :

    "Roman court, compact et bien agencé, d'une grande économie de moyens narratifs, il tranchait aussi bien sur les gigantesques fresques romanesques que sur la prose aquarelliste auxquelles nous avait habitués la littérature russe. On avait affaire à autre chose... un dessin ?... une gravure ? Ah, voilà : une miniature. Oui, une miniature médiévale : le même caractère clos, la même netteté de dessin, la même élégance de style. Mais également le même caractère anachronique et bigarré, la même confusion entre les époques et les pays — là-bas, des chausses et des pourpoints pour les personnages bibliques, ici, des références à des ouvrages historiographiques récents dans un récit allégorique atemporel, un mélange d'accessoires géographiques et historiques de provenances variées. Cette stylisation extrême, frôlant le maniérisme, se trouvait mise au service d'une problématique on ne peut plus actuelle et brûlante : le roman de Khazanov soulevait plusieurs thèmes qui non seulement ne pouvaient être traités dans la littérature soviétique de l'époque — ils ne pouvaient même pas être nommés.
    Le thème juif, d'abord. C'était un tabou absolu, pour plusieurs raisons : à cause de l'antisémitisme d'Etat, virulent quoique jamais officiellement proclamé, soutenu par l'antisémitisme populaire qui, lui, ne se gênait pas pour s'exprimer, que ce soit dans les transports publics ou dans les queues pour acheter des produits alimentaires : les « sale youpin ! »
    fusaient... 7A cause de l'émigration des Juifs soviétiques en Israël qui, malgré la réticence des autorités, se poursuivait pendant toutes ces années, avec les tensions qui en découlaient. À cause de la situation internationale, la guerre froide (suivie d'une détente guère plus chaude), fomentée, selon le dogme officiel, par l'alliance du sionisme et de l'impérialisme mondial, et ainsi de suite. Certes, on reconnaissait aux Juifs le « droit » à l'Holocauste, mais c'était une reconnaissance accordée du bout des lèvres, et, l'ayant évoqué, on s'empressait de changer de sujet. Bref, il était déconseillé de prononcer le mot « Juif = en U.R.S.S. et impensable de mettre une thématique juive au centre d'une œuvre littéraire. Rien que pour cette raison le roman de Khazanov n'avait aucune chance d'être publié dans son pays.
    Ensuite, il y avait ce thème non moins suspect de dictature, de pays occupé, de régime totalitaire, le tout traité sur un mode satirique, avec des allusions parfaitement transparentes. Certes, il y était question de la dictature allemande, de l'occupation par le Reich d'un petit pays d'Europe du Nord (un mixte du Danemark et des Pays-Bas), mais on pouvait facilement trouver des exemples d'une telle occupation bien plus près dans le temps et dans l'espace. Comment ne pas penser aux « petits pays d'Europe du Nord qu'étaient les pays Baltes, eux aussi occupés par le voisin aux dents longues — et qui le restaient toujours. Certes, le passage où la garde royale se fait massacrer par les troupes d'invasion était avant tout une évocation du fameux épisode de 1939, celui de la cavalerie polonaise chargeant les chars allemands, sabre au clair ; tout comme la sortie du monarque muni d'une étoile de David reprenait une autre anecdote célèbre de la Seconde Guerre mondiale. Mais point n'était besoin d'aller chercher si loin : dans les années 1970, le souvenir de l'écrasement du Printemps de Prague était encore tout frais...
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  • Par luocine, le 02 février 2011

    Cependant, respectueux de l’autorité, les citadins éprouvaient une confiance instinctive à l’égard de ce nouveau pouvoir. Un certain laps de temps sera nécessaire avant que l’idée qu’un ordre puisse n’être que le masque du crime se fraie un chemin dans leurs braves têtes à l’esprit étroit.
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  • Par emmyne, le 15 mars 2012

    Le cours des événements, pas plus que la trajectoire des astres, ne dépend de personne, bien-sûr. Sommes-nous pour autant impuissants devant cet ultimatum perpétuel ? L'impuissance nous décharge de notre responsabilité, mais envers qui ? Envers les autres, mais nullement envers nous même. [...]. Admettons que Spinoza a raison d'affirmer que la tenacité dont l'homme fait preuve pour défendre son existence est limitée et largement inférieure à la violence des circonstances extérieure; admettons que vaincre une tempête est au-delà de nos forces. Pourtant, le choix du pavillon qu'arbore le navire qui sombre nous revient. Dans le choix des couleurs du drapeau réside notre entière liberté.
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  • Par luocine, le 02 février 2011

    Avant que les soldats eussent atteint la grille, le portail en fer forgé s’ouvrit, et l’escadron, sabres au clair et heaumes rutilants, se rua sur les visiteurs.

    La surprise fit reculer les Allemands. La voiture du fondé de pouvoir fit marche arrière. les envahisseurs furent scandalisés
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  • Par luocine, le 02 février 2011

    entama l’hymne national : « Seigneur, sauvez notre roi, nous-mêmes et nos champs ! »



    Et nos maisons ! Et nos parterres de fleurs autour des petites fontaines ! Et nos comptes en banques ! Et la brume de nos mers ! Et nos ministres chauves ! Et nos….
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