ISBN : 9782070133444
Éditeur : Gallimard (2011)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Le narrateur est chargé de cataloguer l’énorme bibliothèque de la comtesse Azélie. Au cours de son séjour, il découvre les détails tragiques, pittoresques ou ridicules qui constitue le quotidien de cette demeure
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Critiques et avis(2)

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  • Par biblio47, le 16 décembre 2011

    biblio47
    On nomme lanterne d'Aristote, l'appareil masticateur de certains échinides, mais c'est aussi le titre d'un très beau livre à découvrir.
    Son auteur est raffiné dans son discours et son écriture (voir la vidéo youtube). Un vrai régal!
    Un livre qui ne laisse pas indifférent. Fil tendu aux classiques de la littérature, le lecteur voyage dans un lieu et une atmosphère hors du temps.
    Roman mysterieux. Ambiance d' époque Victorienne, de châteaux, de suspense où la littérature et une bibliothèque en particulier demeurent quand même les personnages centraux du roman.
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  • Par delitterys, le 31 août 2011

    delitterys
    Quand un millionnaire décide d'intégrer le service d'une comtesse pour cataloguer sa bibliothèque, on peut être sûr d'aller à la rencontre d'un univers étrange, où fantômes et livres rares s'entrecroisent dans un ballet d'où la littérature ressort magnifiée. Servi par une belle langue classique et élégante comme Gallimard sait les dénicher, ce roman s'adresse avant tout aux bibliophiles et aux lecteurs compulsifs !

    Lien : http://www.delitteris.com/
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 24 octobre 2011

    Quand elle est sortie, vers neuf heures, Azélie m'a confié la garde du château. Alors j'ai de nouveau entendu en moi la voix qui s'était tue - voix sombre, altière -, mais je n'ai pas compris ce qu'elle disait, car au même instant le démarreur de la 4 L s'étranglait, le moteur vocalisait, les pneus broyaient le gravier, traçant de leur compas un cercle dont je figurais le centre et dont le rayon, englobant la bâtisse, contournant les tilleuls, s'étira jusqu'à la grille au bout de l'allée avant de s'estomper dans le néant.
    La nuit est retombée autour de moi avec un grincement de herse. Je n'ai pas voulu allumer les lampes, pour ne pas effaroucher les ombres. Je suis passé de pièce en pièce, tel un fantôme qui secoue ses voiles, mais c'était la lune, à travers les fenêtres, qui déroulait sous mes pas un tapis de soie, de silence et d'argent.
    J'ai remonté la galerie des ancêtres, et la voix ronchonnait en moi, comme au vieux temps, aussi maussade que ces personnages - le connétable, la sainte, le philosophe, la bilieuse, le débauché. Les murailles exhalaient un souffle glacial, mais eux, stoïques dans leurs armures, sous leurs perruques et leurs chapeaux à cornes, ils frissonnaient à peine - une rousse aux joues de rose, et dont les tresses étaient enroulées en corbeille sous une chapka d'hermine, désignait de l'index la devise «Le temps viendra» calligraphiée dans un cartouche. C'était la nuit qui, en tremblant, ajustait son masque sur leurs visages, le clair-obscur qui les douait de relief et de vie. Ils me suivirent du coin de l'oeil tandis que j'avançais entre leur double haie. Je crus en voir un qui bronchait; je tournai la tête; la plume de son cimier frémissait encore.
    J'ai traversé des salles fermées aux touristes, le bureau de la comtesse, où flottait son parfum, l'antichambre, la cuisine, la chaufferie. A la lingerie stagnait une odeur de savon et de sève : le plancher, les lambris, des monceaux de draps entortillés. La voix, désormais, pouvait bien tenir des discours sensés, je ne l'écoutais plus, captivé par l'exploration d'un nouveau monde - qui allait devenir mon domaine. J'ai refait à mon rythme le parcours de la visite guidée à laquelle je m'étais joint l'après-midi, mais, cette fois, j'ai pu enjamber les cordons de velours, m'asseoir sur les boudeuses, aux tables de jeu, couper les paquets de tarots, tâter les matelas, caresser des chevelures de plâtre, approcher des peintures de l'Âge d'or, poser la joue sur les fesses des bergères, découvrir leurs fossettes, monter des gammes sur un clavecin où, disait-on, Rameau avait interprété ses rondeaux. Pour que le décor s'anime, il aurait fallu la lueur des chandelles ; il recevait pourtant de la pénombre la stricte poésie des choses que n'éclaire pas l'électricité et qui somnolent dans des limbes où j'étais leur contemporain, moi que la solitude, ce soir-là, avait fait châtelain.
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  • Par elegrid1, le 16 janvier 2012

    les débats les plus vifs naissent de ce que l'on se croit obligé de plaider pour des idées qu'on nous a prêtées par méprise ou extrapolation : on dispute pour l'amour du jeu, pour passer le temps, pour le plaisir des paradoxes, pour le feu de la discussion, et l'on s'acharne d'autant plus à servir une cause qu'elle n'est pas vraiment la nôtre, car l'on s'attribue un mérite supérieur de ne la faire triompher que par intelligence de raisonnement et habileté dialectique, non par passion et connaissance intime du sujet ...
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  • Par elegrid1, le 16 janvier 2012

    ... porté à un certain degré de formalisme, le savoir vaut la sottise .
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Thierry Laget - La lanterne d'Aristote .
Thierry Laget vous présente son ouvrage "La lanterne d'Aristote" aux éditions Gallimard.http://www.mollat.com/livres/thierry-laget-lanterne-aristote-9782070133444.htmlNotes de musique : Chausson/ Trio Pour Piano En Sol Mineur, Op. 3 - 4. Anime?.








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