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ISBN : 2070123111
Éditeur : Gallimard (2009)


Note moyenne : 3.73/5 (sur 163 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Varsovie, 1942. La Pologne est dévastée par les nazis et les Soviétiques. Jan Karski est un messager de la Résistance polonaise auprès du gouvernement en exil à Londres. Il rencontre deux hommes qui le font entrer clandestinement dans le ghetto, afin qu'il dise aux Alli... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par mariecesttout, le 04 avril 2014

    mariecesttout
    Ce livre de Yannick Haenel est un roman, et doit être lu comme tel. Car c'est évident que, sur le plan historique, je comprends un peu ses détracteurs . Particulièrement quand il met presque sur le même plan de responsabilité le régime nazi et les alliés dans l'extermination des Juifs.. Même si ses arguments géopolitiques tiennent la route à la lecture, c'est aller trop loin. Mais peu importe, finalement, Yannick Haenel a le droit d'écrire ce qu'il veut et d'introduire sa propre sensibilité dans ce personnage qui a eu un parcours tout à fait hors du commun .
    Quel courage et aussi quelle chance.. C'est raconté dans les deux premiers chapitres avant que le romancier ne laisse libre cours à son imagination ,et surtout à son indignation, dans la dernière partie du livre.
    C'est vrai que cette dernière partie- et la polémique qui a suivi - incite à en savoir plus sur ce qu'a réellement vécu et raconté Jan Karski ,de son rôle de messager. Je ne l'ai pas fait suffisamment , c'est certain, mais , dans ce que j'ai lu , il m'a quand même semblé que Claude Lanzmann n'était pas très bien placé pour hurler au mensonge , lui-même ayant censuré dans Shoah une bonne partie du témoignage de Karski..
    Bref, tout cela est source de débat légitime, reste le roman qui l'est aussi et dont j'ai aimé cette troisième partie et ce qu'elle évoque de douleur, de rage, de constatations lucides sur l'impossibilité de transmettre , de faire comprendre et même simplement imaginer ce qui n'est ni compréhensible ni même imaginable. du moins n'était.
    Un petit extrait , c'est de la fiction, bien sûr, mais cela sonne tellement vrai..!
    "Il y avait parfois des moments cocasses; je me souviens d'une vieille dame couverte de perles et de rubis, qui s'était jetée sur moi pour me dire qu'elle venait de lire la scène où la Gestapo me torture, et qu'il n'y avait rien de plus beau que cette scène: le moment où on me torture, c'est magnifique. Après chaque conférence, j'étais invité à dîner , et chacune voulait me montrer combien elle était désolée pour moi. Au fond, ce qui les touchait, ce n'était pas le fait qu'on extermine des Juifs en Europe, c'était que je sois si malheureux. C'est moi qui les touchais, pas le sort des Juifs, encore moins celui de la Pologne. Bien sûr qu'elles trouvaient ça affreux, bien sûr qu'elles voulaient que les nazis arrêtent ces horreurs; et puis certaines de ces femmes étaient juives et avaient de la famille en Europe. Mais, bizarrement, lorsque je parlais des Juifs, c'est moi qu'on plaignait. Au fond, ce que ces femmes écoutaient, ce qu'elles aimaient, c'était ma souffrance. Je sentais qu'elles voulaient faire quelque chose pour moi, me consoler, peut-être me guérir.."

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    • Livres 4.00/5
    Par Marcelline, le 08 avril 2012

    Marcelline
    S'il est des livres qui permettent de passer un agréable moment sans laisser de traces une fois la dernière page achevée, le livre de Yannick Haenel n'est assurément pas de ceux-là pour moi!
    Articulé en trois grands chapitres, on découvre d'abord le témoignage de Jan Karski face à la caméra de Claude Lanzmann dans son film Shoah; puis c'est le résumé du livre qu'il a publié dès 1944, Histoire d'un Etat secret (réédité en 2004 sous le titre Mon témoignage devant le monde); enfin, dans la troisième partie, Y. Haenel prend la parole au nom de Jan Karski, retrace son itinéraire de courrier de l'Armée de l'intérieur polonaise, son parcours dans le résistance polonaise et son combat pour faire entendre sa voix auprès des grands de ce monde pour sauver les Juifs polonais.
    Au-delà des polémiques qu'a pu susciter ce livre, celui-ci a pour moi plusieurs vertus: tout d'abord, je découvre l'importance de la Résistance polonaise durant la seconde guerre mondiale, qui n'a apparemment accepté aucune compromission et qui a été la plus précoce à se mettre en route en Europe.
    Par ailleurs, même si le témoignage sur les camps et sur le ghetto de Varsovie est absolument terrifiant, je resors de cette lecture un peu moins ébranlée qu'après celle de Si c'est un homme de Primo Levi, car, ici, tout au long de son parcours dans la clandestinité, Jan Karski "profite" de petits gestes de solidarité, de manifestations d'humanité, qui lui permettent d'ailleurs d'en sortir vivant et qui laissent un peu espérer... Sa rencontre et son mariage avec Pola, une juive polonaise, avec qui il y a une entente parfaite, est aussi pour moi porteur d'espoir.
    Enfin, on a ici un "roman" qui pose forcément question sur le problème du témoignage, sur "et moi, est-ce que je l'aurais cru?", "qu'est-ce que j'aurais fait?",...
    Quand je vois les dates, par exemple de sa rencontre avec Roosevelt (28 juillet 43) et les titres des journaux de l'époque, je ne peux m'empêcher de penser qu'il s'agit vraiment d'une période très récente et qu'au-delà du problème de l'action, il y a aussi la question de ce que je fais quand je reçois des informations me relatant, aux quatre coins du monde, des atrocités qui se déroulent encore de nos jours!... Et là, on est en plein dans l'actualité!...
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 01 mars 2012

    carre
    Varsovie, 1942. Jan Karski polonais en résistance est chargé d'alerter les alliés de la folie génocidaire nazie. Tandis que la Pologne agonise et alors Karski à réussi à pénétrer dans le ghetto pour prévenir ses habitants, Karski se rend à Londres, aux Etats-Unis rencontrer Roosevelt mais il échouera dans sa mission. Personne ne croira à sa vision des faits en 1942;
    C'est cette histoire que raconte Jan Karski dans le monumental film de Claude Lanzmann "Shoah".
    Haenel choisit d'offrir trois aspects de ce que fut le parcours de Jan Karski, en s'appuyant sur le film, en synthétisant le récit que Karski lui-même révéla en 1944 puis en imaginant le périble de celui qui fut reconnu comme un juste. C'est d'ailleurs sur cette partie fictionnelle que Haenel a subit de virulentes critiques de Lanzmann ou de Vierworka.
    Haenel avec ce livre pose une question fondamentale est-ce que la littérature peux servir à témoigner quand les témoins ne sont plus ?
    A le lire la réponse est évidemment oui, et dans un style dépouillé , Haenel rend un hommage sincère et vrai à cet homme qui devant son échec sombra dans le mutisme, jusqu' a sa disparition en 2000.
    Un homme qui à son nom gravé au mémorial de Yad Vashem à Jérusalem.
    A lire pour ne pas oublier.
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    • Livres 1.00/5
    Par VanilleLN, le 18 septembre 2013

    VanilleLN
    Tout a commencé par un film ou plutôt une œuvre : "Shoah" de Claude Lanzmann. Yannick Haenel, le regarde, et parmi tous les témoignages d'une force et d'une intensité inouïes, il est bouleversé par celui d'un homme : Jan Karski. Qui est-il, ce Polonais devenu Américain, à la voix lente qui commence l'entretien par une fuite hors du champ de la caméra ? Karski est un résistant, membre actif de l'armée intérieure polonaise, qui fut chargé d'une tâche aussi ardue qu'essentiel. Il est, auprès de l'Occident, porteur d'un message douloureux et urgent : l'extermination des Juifs est en train de s'accomplir au centre de l'Europe. Messager "officiel" du gouvernement polonais réfugié à Londres, il a pour mission d'alerter, entre autres et en priorité, les gouvernements anglais et américain sur ce qu'il a vu dans le ghetto de Varsovie où il s'est rendu deux fois avec un guide polonais, et dans un camp. Lui-même a été arrêté, torturé par les SS, a frôlé la mort de si près que son existence est un miracle, est parvenu on ne sait comment à s'échapper de l'Europe assiégée. Et il découvre que malgré tout cela, les plus hautes instances américaines mettent en doute son témoignage, se montrent plus incrédules qu'empressés d'agir. On ose lui dire : « Je ne dis pas que vous êtes un menteur, mais je ne vous crois pas. » Karski a un entretien pathétique et désespérant de nullité avec Roosevelt à la Maison-Blanche, qui baille et ne cache pas son ennui. Sidéré par cette indifférence, miné de ne pas être parvenu à faire passer son message comme il le souhaitait, c'est-à-dire en déclenchant des réactions immédiates et des actions concrètes, il rumine ce qui est pour lui son échec et qui deviendra son cauchemar. Après avoir survécu à tant d'horreurs, il reste donc brisé, partagé entre indignation et désespoir, mesurant la distance abyssale qui sépare l'Amérique en guerre conquérante des réalités des camps, des wagons à bestiaux et des fours crématoires de la vieille Europe...
    En 1944, il publie un livre-témoignage "Story of a Secret State" ("Histoire d'un secret d'Etat", pour la traduction française de 1948 ), qui, d'ailleurs, comprend des passages supprimés dans la première édition, pour ne "choquer" (!!!) ni les Soviétiques ni les Américains... Il a été réédité en 2004 sous le titre "Mon témoignage devant le monde".
    Haenel a divisé son livre en trois parties qu'il explique dans une note avant le début du récit.
    La première partie est consacrée au témoignage de Jan Karski dans le film "Shoah". L'auteur précise que les paroles retranscrites dans le livre sont très exactement celles que Karski prononce, le reste est la description exacte de ce que l'on voit à l'écran.
    La deuxième partie est un résumé du livre de Karski sur 80 pages, de sa mobilisation au début de la guerre à son entretien à Washington avec Frankfurter, en passant par ses visites au ghetto de Varsovie et dans un camp, sa vie de résistant. le récit est à la troisième personne.
    Enfin, dans la dernière partie, Haenel se met à la place de Karski, du Karski exilé et qui n'a pas réussi à se faire entendre, le Karski d'après la guerre, dans cette période où, d'après Haenel, on ne sait plus rien de la vie du résistant. L'écrivain a décidé de parler à la première personne, à la place de celui qui, ayant échoué à faire réagir les nations d'Occident sur la question juive, s'est enfermé un temps dans le silence. Ce n'est pas une attitude surprenante, les rescapés des camps en ont fait autant qui témoignent, après la guerre, que personne n'a voulu les écouter ni les entendre. C'était trop dur à supporter, sans doute, ces récits au-delà de l'horreur. Tout comme était insupportable, insurmontable le message de Karski. Haenel a pour ambition de dire de l'intérieur le désespoir, le cauchemar, la rumination incessante d'un homme qui a dû porter un message trop lourd pour lui, ses accès de révolte. "Un homme porte l'enfer de Dante en lui et on ne le croit pas." On comprend aisément l'intention de Yannick Haenel, il veut nous faire partager la nuit intérieure, la solitude unique du prophète qui n'a pas été entendu, du témoin capital mais impuissant.
    Sauf qu'on ne peut pas faire de la prosopopée avec de l'indicible. Et que le livre d'Haenel pêche par orgueil.
    Au-delà de toutes les polémiques dont il a fait l'objet, pas toujours justifiées, parfois démesurées, le livre d'Haenel pose une question aussi littéraire que philosophique, celle des limites de la fiction. L'écrivain a-t-il le droit de faire de la fiction avec des personnages historiques, en s'immisçant dans leur esprit, en parlant à leur place ? La question ne se poserait pas de la même façon, avec la même passion si le personnage concerné n'était pas un résistant polonais, un témoin des atrocités commises sur les Juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale, un rescapé de la barbarie, un messager du pire que personne n'a voulu croire... Si le sujet n'était pas aussi grave, aussi terrible. Si l'on n'avait pas l'impression qu'Haenel fait dire à Karski ce qu'il ressent, lui, qu'il ré-interprète les faits, qu'il invente les mots et les pensées, qu'il veut surtout insister encore et encore sur la culpabilité de l'Occident qui n'a rien fait alors qu'il savait. Il ne s'agit pas de dire qu'il est interdit d'écrire sur certains sujets, sous prétexte qu'ils nous dépassent, bien au contraire. Jorge Semprun qui a pris part à la "polémique" avec une légitimité plus qu'absolue, estime qu'Haenel est «dans la lignée de ces jeunes écrivains qui s'attaquent à des sujets difficiles, essentiels, comme Jonathan Littell avec Les Bienveillantes. A-t-on le droit de parler de la Shoah dans un roman ? Oui. A-t-on le droit de parler de la Shoah si on n'est pas Claude Lanzmann ? Oui». Si ce n'est que Yannick Haenel ne se contente pas de parler de la Shoah. Il fait parler Karski de la Shoah et c'est en cela que le livre sonne faux. Pourquoi avoir choisi de commenter un entretien filmé qui se suffit à lui-même ? Pourquoi avoir voulu résumer en 80 pages un livre-témoignage qui en comporte plus de 400 ? Et surtout, pourquoi et comment prendre la parole à la place d'un homme qui a démontré par sa vie même combien prendre la parole au nom des autres est difficile voire impossible ?
    Les qualités d'écrivain de Yannick Haenel ne sont évidemment pas en cause, l'auteur écrit bien, certaines de ses phrases sur l'humanité, l'abandon, la conscience et le crime sont pertinentes. Mais Haenel n'a ni l'expérience ni les armes pour incarner Karski à sa place. C'est lorsqu'il prend possession de sa parole que le projet littéraire dérape et se fourvoie. Encore une fois, "l'affaire" ne serait pas aussi grave s'il s'agissait d'un autre personnage, d'un autre contexte. Mais Haenel utilise une figure héroïque, un rescapé de l'enfer comme personnage de "fiction".
    Personne ne peut s'arroger le droit de décider à la place de cet homme ce qu'il a pensé, ressenti, eu envie ou non de dire. En ce sens, Haenel apparaît comme un imposteur. Et son imposture est manifeste dès l'exergue de son livre où la citation de Paul Celan "Personne / ne témoigne pour le / témoin" ("Niemand/zeugt für den/Zeugen") est étrangement modifié en "Qui témoigne pour le témoin ?"...
    Sans doute Yannick Haenel aurait-il dû s'en tenir à la version originale, pas tant pour l'exergue de son roman que pour une réflexion approfondie sur les limites de la fiction.

    Lien : http://www.paroles-et-musique.com/les-limites-de-la-fiction
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    • Livres 4.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 16 juillet 2012

    ay_guadalquivir
    Jan Karski est peut-être le livre du témoignage par excellence.
    Ce n'est pas tant ici le sujet que traite Haenel que la question de la transmission dans l'ensemble des espaces temporels, immédiats et futurs. Lorsque Karski entre dans le ghetto pour être celui qui a vu et donc pourra témoigner de cette vision, il est le messager immédiat, et déjà les questions sur le témoin et le message se posent : que dire pour mobiliser les alliés? Quand lanzmann prend sa caméra pour Shaoh, le témoignage devient autre : le temps bien sûr l'a transformé, mais la façon de porter le message aussi. Influence de la caméra, des cadrages en fond de plan, la "mise en scène" transforme le message. Et aujourd'hui, lorsque Haenel prend la plume, d'abord pour raconter le témoignage de Karski devant la caméra, puis dans le livre qu'il écrivit, et enfin dans un récit de fiction, il nous montre à quel point le message est fragile, sousmis à l'épreuve du temps et aux façons de le transmettre. Ce livre a suscité une immense polémique, sur la question de la vérité : peut-on s'emparer d'une vérité pour en faire un roman. Il me semble que la question n'est pas tout à fait celle-là. Mais plutôt celle de la transmission. Les témoins partent les uns après les autres, et quelle forme prendra pour demain le nécessaire témoignage?
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Citations et extraits

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  • Par sentinelle, le 13 octobre 2009

    Lorsque une fois dans sa vie on a été porteur d’un message, on l’est pour toujours. Au moment où vous fermez l’œil, à ce moment précis où le monde visible se retire, où vous êtes enfin disponible, les phrases surgissent. Alors la nuit et le jour se mélangent, à chaque instant le crépuscule se confond avec l’aube, et les phrases en profitent. La voix tremble un peu, comme une petite flamme. On y croit à peine, on a du mal à la concevoir, mais elle est bien vivante, et quand elle se met en mouvement, ça fait une brève incandescence, quelque chose de timide et rapide à la fois, d’incontestable, qui passe par le chas d’une aiguille. Vous reconnaissez tout de suite la voix des deux hommes du ghetto de Varsovie : comme tous les messagers, vous êtes devenu le message. Jamais un seul jour de ma vie je n’ai réussi à penser à autre chose qu’au message du ghetto de Varsovie, toute ma vie je n’ai fait que penser à ça : penser au message de Varsovie, et lorsque je croyais penser à autre chose, c’est au message de Varsovie que je pensais.
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  • Par Nanne, le 14 novembre 2009

    On a laissé faire l'extermination des Juifs. Personne n'a essayé de l'arrêter, personne n'a voulu essayer. Lorsque j'ai transmis le message du ghetto de Varsovie à Londres, puis à Washington, on ne m'a pas cru. Personne ne m'a cru parce que personne ne voulait me croire. Je revois le visage de tous ceux à qui j'ai parlé ; je me souviens parfaitement de leur gêne. C'était à partir de 1942. Étaient-ils aussi gênés, trois ans plus tard, lorsque les camps d'extermination ont été découverts ? Ça ne les gênait pas de se proclamer les vainqueurs, ni de faire de cette victoire celle du "monde libre". Comment un monde qui a laissé faire l'extermination des Juifs peut-il se prétendre libre ? Comment peut-il prétendre avoir gagné quoi que ce soit ? Il n'y a pas eu de vainqueurs en 1945, il n'y a eu que des complices et des menteurs.
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  • Par luocine, le 30 janvier 2010

    Au milieu de la rue, deux adolescents en uniforme des jeunesses hitlériennes. Leurs cheveux blonds brillent au soleil, note Karski. Visages ronds, joues roses, ils bavardent joyeusement. D’un coup, le plus jeune sort son révolver de sa poche. D’un coup, le plus jeune sort un revolver de sa poche. Ses yeux cherchent une cible. Il a, dit Jan Karski, la « concentration amusée d’un gamin à la foire ». Les yeux du garçon s’arrêtent sur un point qui échappe à an Karski. Il lève le bras, vise, on entend la détonation, suivie d’un verre brisé, et du cri d’un homme. Joie du garçon, l’autre le congratule. Puis ils continuent leur chemin.
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  • Par sentinelle, le 13 octobre 2009

    […] j’ai compris qu’il ne serait plus jamais possible d’alerter la « conscience du monde », comme me l’avaient demandé les deux hommes du ghetto de Varsovie ; j’ai compris que l’idée même de « conscience du monde » n’existerait plus. C’était fini, le monde entrait dans une époque où la destruction ne trouverait bientôt plus d’obstacle, parce que plus personne ne trouverait rentable de s’opposer à ce qui détruit.
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  • Par lotusmauve, le 10 mai 2011

    Je suis parti en tournée, au début du mois de décembre 1944, afin de présenter mon livre. [...] C'est sur les routes de l'Oregon, de la Caroline du Nord ou de la Louisiane que j'ai compris que je n'étais plus un messager, j'étais devenu quelqu'un d'autre : un témoin. On m'écoutait. Plus personne ne mettait en doute ce que je racontais, car un témoin n'est pas quelqu'un qu'on croit ou qu'on ne croit pas, c'est une preuve vivante. J'étais la preuve vivante de ce qui s'était passé en Pologne. Je n'avais plus besoin de convaincre désespérément qui que ce soit. [...] En un sens, je faisais partie de l'Histoire, c'est-à-dire que je portais le deuil. Il est toujours plus facile d'être célébré quand il est trop tard.
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Yannick Haenel - Les Renards pâles .
Yannick Haenel vous présente son ouvrage "Les Renards pâles" aux éditions Gallimard. Rentrée littéraire 2013. http://www.mollat.com/livres/haenel-yannick-les-renards-pales-9782070142170.html Notes de Musique : Deep Pools








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