Un vieil écrivain, Shunsuké, est fasciné par la beauté exceptionnelle de Yüichi, un jeune homosexuel. Shunsuké, dont l'oeuvre est connue, mais déjà achevée, a consacré toute sa vie à l'esprit et à la création.
En Yüichi, c'est la liberté du corps, l'esth... > voir plus
Parce que cet homme laid qu'est Shunsuke réussit dans les dernières phrases de ce roman à rendre intelligible la suprématie du beau, alors ce roman au fondement immoral prend toute sa puissance.
Non qu'il soit immoral parce qu'il met en scène un homme jeune, de 22 ans, d'une beauté absolue découvrant les plaisirs homosexuels, Yuchan est, pour l'essentiel, un instrument au service d'une vengeance, celle de Shunsuke contre les femmes, celle de cet homme lait que les femmes ont fait souffrir et dont lui-même a souffert de ne pas savoir bien les aimer, c'est là que se situe l'immoralité.
Il y a tout un montage assez machiavélique utilisant d'abord le mal-être de Yuichy, une somme de stratagèmes, permettant à ce dernier de s'assumer au mieux tout en concourant à la revanche du vieillard…Puis l'élève se détache du maître, ce dernier devenant l'esclave d'un amour qu'il ne croyait possible et finalement, ces amours interdites sont le retournement de nombre de certitudes et d'évidences que Mishima, franchement pessimiste, essaie de nous présenter comme le chemin du dépassement de soi auquel chacun aspire.
Shunsuké est un vieil homme, écrivain, qui se passionne pour un jeune homosexuel au physique exceptionnel. Ebloui, il tente de le façonner à sa manière, comme pour refléter l'image d'un jeune homme qu'il aurait aimé être. Cet homme, Yuichi, est beau, et il aime les hommes. Shunsuké est décrit comme laid, et il ne parvient pas à aimer quelqu'un d'autre qu'une femme. Les Amours interdites sonne comme la ballade d'un homme qui, à l'aube de sa mort, est insatisfait de l'existence qu'il a mené. Grisé par ses échecs amoureux, il aspire à quelque chose d'autre qu'il ne peut pas obtenir au vu de son vieil âge.
Mishima nous ouvre ici les portes de l'univers homosexuel japonais, cet univers à l'époque très clandestin et pourtant touchant par sa spontanéité et son envie de vivre. L'écriture de Mishima est douce, fluide. Malgré quelques longueurs, attendues puisque le roman est conséquent, c'est une lecture agréable.