> Hélène Morita (Traducteur)

ISBN : 2264046856
Éditeur : 10/18 (2008)


Note moyenne : 3.45/5 (sur 128 notes) Ajouter à mes livres
Dans un bar, Mari est plongée dans un livre. Elle boit du thé, fume cigarette sur cigarette. Surgit alors un musicien qui la reconnaît. Au même moment, dans une chambre, Eri, la sœur de Mari, dort à poings fermés, sans savoir que quelqu'un l'observe. Autour des deux sœu... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par lilicrapota, le 11 février 2010

    lilicrapota
    J'attendais de retrouver cet étrange thématique de la dualité propre à murakami, je me demandais comment il allait l'exploiter de façon différente. Gagné, il l'a traité en parallèle : deux soeurs d'une part, et d'autre part la deuxième soeur, Eri, vit un curieux mélange de La Fin des temps et Les amants du Spoutnik. Comme dans La Fin des temps, elle vit deux existences parallèles (une de ce côté-ci du monde, une de l'autre côté, dans la télé-écran qui est une fenêtre sur on ne sait quoi, sans doute son inconscient); et comme dans Les amants du Spoutnik, les causes de sa "projection" dans cet autre monde sont liées à son passé, à un certain vécu (que bien sûr l'auteur nous garde caché, alors que dans Les amants du Spoutnik il nous livre l'histoire du viol, même si la façon dont on l'interprète peut être très différente d'un lecteur à l'autre).
    l'histoire : Mari et Eri sont deux soeurs. Eri est très belle, très intelligente etc, mais voilà deux mois, elle a décidé que désormais, elle dormirait ; depuis, effectivement, elle dort, d'un Sommeil dont elle ne se réveille pas. Dans sa chambre, il y a une télé qui parfois grésille et s'anime, métaphore de sa vie mentale, avec à l'intérieur un homme, qui la regarde (et alors là, on peut en inventer, des interprétations!).
    Mari, elle, est banale. Durant la nuit que dure ce récit, elle erre dans des bars, rencontre un garçon qui a connu sa soeur, rencontre une femme chargée de la sécurité dans un love-hôtel, rencontre une chinoise prostituée qui s'est faite agresser par un de ses clients... et à la fin de la nuit, elle aura compris que 1-même si elle n'a jamais été très proche de sa soeur, il est arrivé qu'elles se fondent en un même coeur; 2-que peut être, ce qui pourra sauver sa soeur (=la réveiller) c'est qu'elle retrouve cette sensation de se fondre ensemble l'une dans l'autre 3-elle a donc fait la paix avec sa soeur (cela aurait été plus simple et plus compréhensible de travailler avec des soeurs jumelles, pour l'auteur, mais d'un autre côté, cela aurait été tellement attendu!)
    le temps du récit : une nuit. Les titres des chapitres : des horloges qui montrent l'avancement de la nuit.
    le style : j'étais habitué aux traductions d'Atlan, là ça change complètement. Il faut dire aussi que l'auteur adopte le point de vue d'une caméra qui se promène, et fait comme si on voyait tout à travers cet oeil froid et objectif, sans cesser de nous le rappeler...c'est bof, on dirait le travail de quelqu'un qui débute dans l'écriture.
    conclusion : encore un murakami bien intéressant... qui m'interroge de plus en plus sur ce qu'a pu vivre l'auteur pour écrire aussi intensément sur la frontière entre le réel et le rêvé, la vie et l'imaginaire, le conscient et l'inconscient...et surtout sur les basculements soudains et définitifs que certains subissent, provoquent, ou auxquels ils assistent impuissants...de ce côté-ci // de ce côté-là...
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    • Livres 5.00/5
    Par missmolko1, le 11 mai 2011

    missmolko1
    Deuxième livre de Murakami que je lis (le premier était La Ballade de l'impossible) est je peux dire que j'ai adoré.
    Déjà l'écriture est au présent et on a l'impression d'être spectateur d'un film, il décrit les scènes comme si elle était filmée par une caméra.
    Deuxièmement, les personnages sont toujours très étranges mais introduits dans la vie de tous les jours ce qui fait que le lecteur n'ait pas choqué par cet étrangeté et puis les femmes sont décrite toujours de manière mystérieuse et intrigante.
    Bref encore une fois je suis conquise!!!
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    • Livres 4.00/5
    Par AmandineMM, le 12 août 2011

    AmandineMM
    Une lecture forte qui m'a "remuée": je commence doucement à prendre du recul et à sortir de cette nuit, de ce livre, mais il me faut un peu de temps.
    Murakami a utilisé dans ce roman une écriture que j'ai d'abord ressentie comme très visuelle, puis comme cinématographique: ce but est d'ailleurs avoué, puisqu'il y a beaucoup de références aux angles de vue, aux rapprochements ou éloignements d'une caméra, etc. L'histoire se déroule sous nos yeux à travers un très grand nombre d'aspects visuels et par quelques sons. Les autres sens, comme l'odorat, ne sont pas, ou alors extrêmement peu, utilisés, m'a-t-il semblé.
    Le narrateur s'exprime en "nous" et insiste sur son impuissance à agir sur les personnages: n'étant qu'un point de vue, il ne peut que les observer et les juger. Ce nous peut être compris comme un je modeste, mais aussi comme un je narrateur associé à un tu lecteur: personnellement, je suis de plus en plus passée à la seconde acceptation, me plongeant de plus en plus dans cette nuit qui passait.
    Le roman ne se déroule d'ailleurs que pendant une nuit, à divers endroits de la ville où se croisent quelques personnages. Tous ont leurs zones d'ombre, leurs failles, mises en valeur par l'obscurité nocturne. Ils s'évanouissent et se dispersent avec l'arrivée du jour.
    Mon unique regret est cette fin un peu abrupte: plusieurs évènements étranges se sont déroulés pendant cette nuit et on ne reçoit finalement aucune explication, aucun dénouement concernant ceux-ci. C'est assez déroutant et mes propres points d'interrogation ne se sont pas évanouis avec le retour au jour, en refermant le livre.
    Néanmoins, étant encore légèrement sous le "choc" de cette lecture, cela m'apparaît comme tout à fait secondaire par rapport à la force qui se dégage de ce roman et à l'impression qu'il me laisse.
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    • Livres 4.00/5
    Par tigrou4145, le 04 décembre 2011

    tigrou4145
    Poursuivant ma découverte des oeuvres de Haruki Murakami, je me suis plongée dans ce roman qui m'a beaucoup plu. le récit est beaucoup plus dynamique, il y a énormément de dialogues et de nombreues histoires viennent s'imbriquer dans l'histoire principale. Mari est un personnage très attachant et en une nuit elle va connaître de nombresues aventures, rencontrer des personnages inhabituels pour une jeune fille de son âge. le côté "paranormal" cher à l'auteur est bien présent dans ce roman mais de manière plus concrète et cela m'a beaucoup plu. J'ai également bien aimé la narration à la première personne du pluriel, en la personne d'une puissance supérieure qui observe la vie sur terre et conduit le lecteur tout au long de la nuit aux côtés des différents personnages de ce roman. Cette histoire est la preuve que la vie de ne s'arrête jamais et qu'à chaque instant il se passe des choses.... Un troisième roman lu de Monsieur Murakami qui confirme mon intérêt pour cet auteur. Bref, un très bon roman dont je conseille la lecture.
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    • Livres 4.00/5
    Par lethee, le 12 janvier 2009

    lethee
    Tokyo. le Denny's. Une jeune fille, Mari, est plongée dans la lecture d'un livre. Au même moment, sa soeur Eri, est plongée dans un Sommeil dont elle ne semble pas vouloir revenir. Un homme tabasse une prostituée. Un groupe s'adonne à une répétition de jazz, dans un sous-sol non loin de là. C'est la nuit, et pourtant à Tokyo, dans ce quartier, entre le dernier et le premier train, il ne pourrait y avoir plus de vie. Les uns vont se croiser, s'apprécier, se promettre d'autres rencontres, se promettrent de ne plus se voir, espérer ne plus s'approcher. Tous en tout cas s'observent, comme des chats dont l'oeil se fait plus sûr à la tombée du jour, dans la nuit noire. Les chats d'ailleurs, ne sont pas loin. Tapis dans un square, à quelques centaines de mètres, ils attendent un morceau de thon comme du pain béni.
    De cette lecture du Passage de la nuit, on peut retenir une intensité hors du commun. Quelques épisodes laissent entrevoir un brin de fantastique, tels ces miroirs qui retiennent les images, la télévision qui se transforme en passage, elle aussi. En somme, tout le monde est de passage, dans cette immobilité contrainte par les horaires de train, ou par un chagrin, une envie de plaisir, un travail, une échappée. A moins que le véritable passant soit ce personnage que Murakami nous invite à incarner ? La tension monte, et pourtant, tout passe ainsi, comme un pas feutré dans la nuit... jusqu'au levé du jour.
    (c) Léthée Hurtebise pour le Magazine des Livres n° 12 paru le 24 septembre 2008


    Lien : http://lethee.over-blog.com/categorie-10544289.html
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Citations et extraits

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  • Par erellwen, le 18 avril 2010

    A force d'observer Eri Assaï qui dort, l'oeil sent progressivement qu'il y a quelque chose d'inhabituel dans ce sommeil, d'une pureté extrême, d'un accomplissement absolu. Pas un muscle du visage, pas un cil ne frémit. Le cou fin et blanc, un objet d'art d'où émane une parfaite sérénité. Le menton, petit, présente des angles tout à fait harmonieux. Même dans un éta de sommeil profond, personne ne s'aventure aussi loin. Personne ne lâche à ce point les rênes de son esprit.

    La conscience exceptée, les fonctions nécéssaires au maintien de la vie sont conservées. Ainsi les battements de coeur et la respiration indispensables au minimum vital. Il semble que son existence repose sur une mince frontière, laquelle sépare la vie de la non-vie - et même, qu'elle y repose discrètement, entourée d'infinies précautions. Aucun moyen de savoir pourquoi ni comment une situation de ce genre est advenue. Eri est assidûment, profondément, enveloppée dans son sommeil, comme plongée dans de la cire tiède.

    A l'évidence, il y a là quelque chose de tout à fait incompatible avec le naturel. Voilà à peu près ce que l'on est en mesure de comprendre pour le moment.
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  • Par erellwen, le 18 avril 2010

    Ce paysage urbain, nous l'observons à travers les yeux d'un oiseau de nuit qui volerait très haut dans le ciel. Depuis ce point de vue panoramique, la ville apparaît comme une gigantesque créature. Ou même comme un agrégat de corps vivants. S'étendant jusqu'à d'insaisissables confins, des vaisseaux sanguins, innombrables, irriguent les cellules, les régénèrent inlassablement. Les vaisseaux convoient des informations nouvelles recyclent les anciennes. Donnent naissance à des consommations nouvelles, recyclent les anciennes. En tous lieux, les corps agrégés clignotent au rythme des battements du coeur, s'échauffent, se meuvent.
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  • Par joedi, le 01 janvier 2012

    Tu sais, nos vies ne sont pas découpées simplement en "sombre" et "lumineux". Il y a une zone intermédiaire qui s'appelle "clair-obscur". La saine intelligence consiste à en distinguer les nuances, à les comprendre. Et, pour acquérir cette saine intelligence, il faut pas mal de temps et d'efforts.
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  • Par joedi, le 01 janvier 2012

    Jusqu'ici, on a connu des hauts et des bas assez prononcés. A certains moments, on a été très riches, et à d'autres, on a été très très pauvres. C'était comme si je prenais tous les jours les montagnes russes. Il y a eu des périodes où on a eu une grosse Mercedes avec chauffeur, et d'autres où on ne pouvait même pas se payer un vélo. On a même déménagé à la cloche de bois. On ne pouvait pas s'installer tranquillement à un endroit.
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  • Par brigittelascombe, le 30 mai 2011

    Je n'ai pas beaucoup de talent. Ca me plait bien de faire de la musique mais ce n'est pas ça qui me nourrira.Il y a une grande différence entre faire bien quelque chose,et créer véritablement. Je pense que je joue de mon instrument plutot bien.C'est agréable.Mais c'est tout. Voilà pourquoi je pense arrêter le groupe à la fin du mois et me retirer de la musique.
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