Publiés dans des journaux ou en revues, rassemblés par l'auteur de son vivant afin, non sans ironie, de couper court aux tentations de ses futurs biographes, ces courts textes de l'écrivain autrichien (né en 1880, mort à Genève e... > voir plus
sous le charme des écrits les plus anciens - me suis un peu ennuyée, au delà de la justesse du trait, de l'économie, avec les articles satiriques, à l'exception des derniers qui touchent à notre façon de voir le monde, de le goûter, à notre conditionnement - une certaine férocité, une belle acuité, mais peut-être, comme les livres posthumes, un recueil un rien mineur
Les rusés forestiers se contentent de veiller à maintenir un rien d'irrégularité, un arbre sortant un peu du rang pour accrocher le regard, une coupe de guingois ou un tronc abattu qu'on laisse là tout l'été. Car ils ont un sentiment très juste de la Nature et savent qu'à en faire plus, ils ne seraient pas crus. Les forêts sauvages ont quelque chose d'extrêmement peu naturel, de dégénéré. Chez elles, la non-nature, devenue la seconde nature de la Nature, retombe à la nature. Une forêt allemande ne se le permettrait pas.
les arbres et les prés d'un vert vénéneux, le ciel bleu paon, les rochers gris et rouges, les maisons d'un relief presque douloureux, comme si elles étaient prêtes à tout moment à sortir de leur façade ; et la couleur si zélée qu'elle déborde généralement un peu. Si le monde avait cet aspect, on n'aurait vraiment rien de mieux à faire que de lui coller un timbre dessus et de le jeter dans la première boite venue.