Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 2253177377
Éditeur : Le Livre de Poche (2013)


Note moyenne : 3.72/5 (sur 87 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Leila a vingt-quatre ans. Elle est réceptionniste au Swan Motel, à Suspicious River, une petite ville tranquille du Michigan. Et pour quelques dollars de plus, elle peut être comprise dans le prix de la chambre. Elle vend son corps sans passion, sans tristesse, sans avi... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (21)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 3.00/5
    Par pyrouette, le 06 avril 2014

    pyrouette
    Le talent de l'Auteure est déjà présent dans ce premier roman. C'est une histoire très dérangeante sur la prostitution mais surtout sur une inexorable autodestruction, une descente aux enfers voulue et recherchée, le désespoir à l'état pur. Et je pense sincèrement que le désespoir est ressenti par le lecteur mais en aucun cas par le personnage principal de ce roman. C'est un livre d'horreur où l'on assiste impuissant à l'indifférence de Leila sur tout ce qui concerne sa vie. Des bribes de son passé et du passé de sa mère tentent de nous expliquer l'inexplicable. Dans ma vie j'essaye de ne pas juger et d'accepter les autres avec leurs failles. Pendant toute ma lecture j'avais une envie furieuse d'intervenir, de secouer cette jeune, la ramener à la vie et l'ingéniosité de l'Auteure y est pour quelque chose. A lire si vous n'êtes pas déprimé !

    Lien : http://pyrouette.canalblog.com/archives/2014/04/06/29602632.html#com..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 21         Page de la critique

  • Par krol-franca, le 15 janvier 2012

    krol-franca
    C'est un roman glauque, noir, sulfureux, une descente aux enfers dont la narratrice ne se sortira pas. Nul espoir, que du sordide. Et pourtant quel roman ! Il m'a happée, m'a entraînée, m'a chamboulée… Que dire d'autre ?
    L'histoire ? Vous en voulez un peu ? Je vais faire bref : Leila est une très belle jeune femme de 24 ans qui travaille dans un motel et qui pour se faire un peu d'argent, monte avec quelques clients. Je n'en dirai pas plus. Ce n'est pas nécessaire.
    La narratrice intercale des épisodes de sa jeunesse avec les événements de sa vie actuelle. Les uns éclairant les autres. le passé explique le présent et surtout l'enferme dans un cercle vicieux. On ne peut rien espérer, tout est déjà écrit pour Leila, elle se laisse d'ailleurs faire, elle subit, comme si les drames vécus dans sa jeunesse ne pouvaient l'emmener que vers cette chute.
    De toute façon, ce n'est qu'à son corps que les hommes en veulent, et elle en est complètement détachée.
    «J'avais eu l'argent, il m'avait frappée, et alors ? C'était juste mon corps, et c'était du passé. »
    L'auteure glisse des indices, des bribes d'explication, comme des flashes plus ou moins longs au début de chaque chapitre, et puis peu à peu le passé et le présent se rencontrent, s'imbriquent l'un dans l'autre, si bien que le lecteur se laisse prendre au jeu et pense, dès les premières lignes, qu'il est dans une époque alors qu'il se trouve dans une autre. C'est très subtilement fait. Ca m'a conquise.

    Lien : http://krol-franca.over-blog.com/article-a-suspicious-river-de-laura..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 13         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 25 novembre 2008

    Woland
    Suspicious River
    Traduction : Anne Wicke
    A vingt-quatre ans, Leila traîne une vie sans avenir et sans surprises dans une petite ville américaine nommée Suspicious River. Elle a épousé, nous dirons par convenances même si l'expression étonne pas mal à notre époque, le garçon dont elle est jadis tombée enceinte. Pourtant, elle avait décidé d'avorter mais, malgré tout, les parents de Rick ont tout fait pour que les jeunes gens régularisent leur situation.
    C'est que Leila a connu une enfance houleuse, entre un père (presque) toujours absent et une mère qui, pour des raisons financières et/ou par goût personnel, se faisait entretenir par une ribambelle d'amants - dont son beau-frère, "l'oncle Andy". Un jour, les choses ont mal tourné et elle a été assassinée. le pire, c'est que c'est sa fille, alors toute jeune mais en âge de réaliser l'horreur de la situation, qui l'a découverte.
    Tout le monde a plaint Leila, tout le monde a plaint son père. Et la pitié engendre des réactions - et des situations - qui, bien qu'inspirées par les meilleures intentions du monde, peuvent emprisonner ...
    A sa façon, Leila tente de se libérer. En tous cas, elle se l'imagine en se prostituant aux clients du motel dont elle est la standardiste. Mais, plus qu'une course à la liberté, n'est-ce pas plutôt une course à l'auto-destruction qu'elle entreprend là ?
    Kasischke possède un style elliptique. Non sur le plan grammatical mais par la manière dont il exprime les idées de l'auteur et ordonne la structure du roman. Les personnages sont présentés de manière très brute, et sous la seule optique de l'héroïne. Au niveau de celle-ci, il y a une certaine analyse des sentiments et des motivations mais, de façon générale, c'est au lecteur de deviner, de faire les liens, d'aller au-delà de ce que veut bien lui dire l'auteur.
    D'habitude, je n'apprécie pas cette façon de faire. Aussi ai-je été assez étonnée de constater que, cette fois-ci, ça marchait et je voulais aller jusqu'au bout de l'histoire - même si la fin est sans surprise. Julie parlait plus haut de poésie et c'est vrai que cette dimension est ici très présente (ceci même si certaines images m'ont paru plutôt tirées par les cheveux ...) Mais j'ai ressenti autre chose : l'impression très nette que Kasischke ne jouait pas à se trouver un style, que sa manière était innée - même si elle a certainement appris à le travailler - et qu'elle ne pouvait faire autrement. Plus étonnant encore : que, avec un tel amour de l'ellipse et du non-dit, la romancière trouve le moyen d'être aussi présente aux côtés de son lecteur.
    En un mot, "A Suspicious River" donne envie de lire d'autres livres de son auteur. Pour un premier roman, c'est très bien. ;o)
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 2         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par KRISS45, le 27 novembre 2013

    KRISS45
    Ce premier roman de Laura Kasischke est une histoire violente et terriblement dérangeante. Je vais essayer d'identifier les causes de mon malaise :
    - le sujet tabou, marginal, troublant de la prostitution est à ma connaissance assez rarement évoqué aussi crument en littérature.
    - des gens simples, voir frustes et des individus louches évoluent dans une petite ville assoupie de l'Amérique profonde, créant une atmosphère pesante.
    - La jeune Leila présente une étrange personnalité. Petite fille perdue dans un monde d'adultes perturbés et hostiles, elle va vivre et grandir dans une sorte d'irréalité permanente. Passive face aux sollicitations malsaines de son entourage, elle manifeste une totale incapacité émotionnelle. Son absence d'affect l'empêche de réagir et d'exercer une quelconque auto-défense.
    Sa petite enfance marquée par un drame insoutenable est bien sûr à l'origine de son comportement à haut risque. Mais la question qui se pose dans ce roman sombre et pessimiste est la suivante :la malédiction qui pèse sur ses frêles épaules est-elle inéluctable, la sollicitude d'un mari et d'une belle-mère attentionnés n'aurait-elle pas pu la sauver.
    Sur le plan du style, j'ai été très gênée et parfois même exaspérée par l'usage abusif des métaphores (dont certaines complètement farfelues). Le mot "comme" répétitif, obsédant, surabondant.
    Dernière remarque qui ne facilite pas la lecture : l'auteure passe sans transition du présent à tous les stades du passé. Le but est bien sûr de démontrer que les épreuves du passé sont autant de souvenirs obsédants qui s'incrustent et polluent le présent, mais il faut suivre !
    Malgré tout, impossible d'abandonner la lecture : on voudrait tellement que Leila s'en sorte, tout en pressentant que son destin sera tragique.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Ameni, le 02 octobre 2013

    Ameni
    Ma première rencontre avec Laura Kasischke et certainement pas la dernière.
    Cette dame a une plume et le talent pour garder l'attention de son lecteur quand l'héroïne est une jeune femme paumée qui se fout de ce qui lui arrive, de son corps et d'à peu près tout le reste.
    Il y a une telle indifférence chez ce personnage que j'ai rapidement eu peur de m'ennuyer autant qu'elle. Que faire devant une femme qui semble ne rien ressentir et continue de s'enfoncer dans une lente et consciente descente aux enfers ? Cette femme qui se vend au même prix que les chambres qu'elle loue, pour de l'argent évidemment, mais de l'argent qui ne la motive, finalement, pas tant que ça. Un client la maltraite ? Bof, ce n'est que son corps. Sa vie l'ennuie, son mari l'indiffère ? Bof, ce n'est que sa vie.
    Comme pour expliquer cette triste vie, Laura Kasischke glisse régulièrement des flashbacks, des bribes d'une vie qui s'annonçait déjà sans espoir. Ca peut expliquer, donner une excuse ou quoique ce soit, mais ça n'enlève pas la frustration. Les flashbacks s'accélèrent, prennent de plus en plus de place. de là à dire qu'ils submergent de plus en plus Leila au fur et à mesure que sa descente aux enfers s'accélère, il n'y a qu'un pas que je ne franchirai pas, je ne suis pas critique littéraire.
    A Suspicious River est empli de… vide, de désespoir. C'en est d'ailleurs frustrant et donne envie de coller une bonne baffe à Leila (tout en sachant qu'elle n'en aurait rien à faire, ce qui renforce la frustration), et de la secouer en lui demandant, poliment bien sûr, de se bouger les fesses.
    Le livre n'aura pas fait long feu. Et ce n'est pas pour l'envie de savoir ce qui arrivera à la jeune femme (on se doute que ça ne sera pas une fin à la Disney). C'est seulement parce que je ne pouvais pas m'en empêcher. Même lorsque les situations semblent se répéter, un client entre, prend la chambre et la réceptionniste, un autre client entre, etc… et qu'une pointe de lassitude semble se profiler, la lecture continue tout de même avec intérêt. Et sans goût particulier pour le sordide, merci de demander.
    C'est triste, rageant, sombre, frustrant. Et c'est bien écrit, avec simplicité et force.
    Et c'est un premier roman. Foutu talent, tiens…
    A noter que le roman a été adapté au cinéma par Lynne Stopkewich en 2000 (même titre).

    Lien : http://blogameni.wordpress.com/2013/10/02/a-suspicious-river-laura-k..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la critique

> voir toutes (7)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par clarinette, le 12 juillet 2009

    Je n'avais jusqu'alors jamais ressenti le besoin de regarder un homme comme les hommes semblent regarder les femmes -ces femmes sur les couvertures glacées des magazines, les hanches en avant et la bouche brillante à moitié ouverte, ou sur les affiches- ces femmes provocatrices qui surgissent des téléviseurs pendant que leurs maris, assis dans leurs fauteuils, s'efforcent de ne pas les regarder devant leurs épouses, tout en le faisant. Au drugstore, ces hommes se plantaient toute la journée devant les présentoirs des magazines, ils regardaient des pages et des pages de femmes qu'ils ne rencontreraient jamais, qu'ils ne toucheraient jamais, dont ils ne connaîtraient jamais ni le nom ni la voix : des femmes applaties, unidimensionnelles, qui tripotaient leurs mammelons, en regardant dans le vide. Dans le néant qui se trouvait devant elles. Etalées, ces femmes n'étaient que des angles et des lignes, de la lumière sur de l'ombre et, quand je les regardais, je me souvenais toujours d'avoir lu au lycée, dans notre livre de sociologie, un texte sur une tribu primitive perdue, dont les memebre ne voulaient pas laisser l'homme blanc les photographier, parce qu'ils pensaient que les caméras leur volaient leur âme.
    Ces femmes en étaient la preuve, me disais-je. Le monde n'était qu'une fausse toile de fond, comme si rien n'avait jamais existé et n'existerait jamais devant ou derrière elles.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 15         Page de la citation

  • Par Hebephrenie, le 13 octobre 2010

    La lune est une faucille nette et, de temps à autre seulement, un lambeau de nuage se heurte à sa lame. Si vous tendez votre main devant vous, elle s'emplit d'argent, comme celui d'un trésor dérobé. Vous le rendez aux ténèbres en fermant votre poing, et même les étoiles sifflent le spectacle. Certaines tombent quand vous regardez bien le ciel. Une poignée de planètes glisse dans la rivière - trop rapidement pour qu'on les attrape, même avec un filet. Chacune de vos respirations est un coup de poignard vif entre vos côtes, votre cœur expulse de l'eau vers vos poumons, à travers cette tranche de lune sur votre gorge.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la citation

  • Par line70, le 22 mars 2011

    Stupide et vaincue comme une enfant. Je me sentais comme une enfant qui avait demandé à ses parents un jouet qu'ils ne pouvaient pas lui payer et qu'ils avaient pourtant fini par acheter.
    Ce que vous voulez vraiment, et ce que vous avez peur qu'on vous donne.

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la citation

  • Par Parisianne, le 21 novembre 2013

    Lever les yeux.
    La lune est une faucille nette et, de temps à autre seulement, un lambeau de nuage se heurte à sa lame. Si vous tendez votre main devant vous, elle s'emplit d'argent, comme celui d'un trésor dérobé. Vous le rendez aux ténèbres en fermant votre poing, et même les étoiles sifflent le spectacle. Certaines tombent quand vous regardez bien le ciel. Une poignée de planètes glisse dans la rivière -trop rapidement pour qu'on les attrape, même avec un filet.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la citation

  • Par oeiam, le 16 décembre 2013

    Je me sentais comme une enfant qui avait demandé à ses parents un jouet qu'ils ne pouvaient pas lui payer et qu'ils avaient pourtant fini par acheter.
    Ce que vous voulez vraiment, et ce que vous avez peur qu'on vous donne.

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la citation

> voir toutes (7)

Videos de Laura Kasischke

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Laura Kasischke

Autour d'un verre avec Laura Kasischke .
Interview "Autour d'un verre" de Laura Kasischke à propos de son dernier roman "Esprit d'hiver".








Sur Amazon
à partir de :
6,75 € (neuf)
18,00 € (occasion)

   

Faire découvrir A Suspicious River par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (163)

> voir plus

Quiz