Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

> Anne Wicke (Traducteur)

ISBN : 2020396084
Éditeur : Editions du Seuil (2000)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 41 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Leila a vingt-quatre ans. Elle est réceptionniste au Swan Motel, à Suspicious River, une petite ville tranquille du Michigan. Et pour quelques dollars de plus, elle peut être comprise dans le prix de la chambre. Elle vend son corps sans passion, sans tristesse, sans avi... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (8)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 25 novembre 2008

    Woland
    Suspicious River
    Traduction : Anne Wicke
    A vingt-quatre ans, Leila traîne une vie sans avenir et sans surprises dans une petite ville américaine nommée Suspicious River. Elle a épousé, nous dirons par convenances même si l'expression étonne pas mal à notre époque, le garçon dont elle est jadis tombée enceinte. Pourtant, elle avait décidé d'avorter mais, malgré tout, les parents de Rick ont tout fait pour que les jeunes gens régularisent leur situation.
    C'est que Leila a connu une enfance houleuse, entre un père (presque) toujours absent et une mère qui, pour des raisons financières et/ou par goût personnel, se faisait entretenir par une ribambelle d'amants - dont son beau-frère, "l'oncle Andy". Un jour, les choses ont mal tourné et elle a été assassinée. le pire, c'est que c'est sa fille, alors toute jeune mais en âge de réaliser l'horreur de la situation, qui l'a découverte.
    Tout le monde a plaint Leila, tout le monde a plaint son père. Et la pitié engendre des réactions - et des situations - qui, bien qu'inspirées par les meilleures intentions du monde, peuvent emprisonner ...
    A sa façon, Leila tente de se libérer. En tous cas, elle se l'imagine en se prostituant aux clients du motel dont elle est la standardiste. Mais, plus qu'une course à la liberté, n'est-ce pas plutôt une course à l'auto-destruction qu'elle entreprend là ?
    Kasischke possède un style elliptique. Non sur le plan grammatical mais par la manière dont il exprime les idées de l'auteur et ordonne la structure du roman. Les personnages sont présentés de manière très brute, et sous la seule optique de l'héroïne. Au niveau de celle-ci, il y a une certaine analyse des sentiments et des motivations mais, de façon générale, c'est au lecteur de deviner, de faire les liens, d'aller au-delà de ce que veut bien lui dire l'auteur.
    D'habitude, je n'apprécie pas cette façon de faire. Aussi ai-je été assez étonnée de constater que, cette fois-ci, ça marchait et je voulais aller jusqu'au bout de l'histoire - même si la fin est sans surprise. Julie parlait plus haut de poésie et c'est vrai que cette dimension est ici très présente (ceci même si certaines images m'ont paru plutôt tirées par les cheveux ...) Mais j'ai ressenti autre chose : l'impression très nette que Kasischke ne jouait pas à se trouver un style, que sa manière était innée - même si elle a certainement appris à le travailler - et qu'elle ne pouvait faire autrement. Plus étonnant encore : que, avec un tel amour de l'ellipse et du non-dit, la romancière trouve le moyen d'être aussi présente aux côtés de son lecteur.
    En un mot, "A Suspicious River" donne envie de lire d'autres livres de son auteur. Pour un premier roman, c'est très bien. ;o)
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la critique

  • Par krol-franca, le 15 janvier 2012

    krol-franca
    C'est un roman glauque, noir, sulfureux, une descente aux enfers dont la narratrice ne se sortira pas. Nul espoir, que du sordide. Et pourtant quel roman ! Il m'a happée, m'a entraînée, m'a chamboulée… Que dire d'autre ?
    L'histoire ? Vous en voulez un peu ? Je vais faire bref : Leila est une très belle jeune femme de 24 ans qui travaille dans un motel et qui pour se faire un peu d'argent, monte avec quelques clients. Je n'en dirai pas plus. Ce n'est pas nécessaire.
    La narratrice intercale des épisodes de sa jeunesse avec les événements de sa vie actuelle. Les uns éclairant les autres. le passé explique le présent et surtout l'enferme dans un cercle vicieux. On ne peut rien espérer, tout est déjà écrit pour Leila, elle se laisse d'ailleurs faire, elle subit, comme si les drames vécus dans sa jeunesse ne pouvaient l'emmener que vers cette chute.
    De toute façon, ce n'est qu'à son corps que les hommes en veulent, et elle en est complètement détachée.
    «J'avais eu l'argent, il m'avait frappée, et alors ? C'était juste mon corps, et c'était du passé. »
    L'auteure glisse des indices, des bribes d'explication, comme des flashes plus ou moins longs au début de chaque chapitre, et puis peu à peu le passé et le présent se rencontrent, s'imbriquent l'un dans l'autre, si bien que le lecteur se laisse prendre au jeu et pense, dès les premières lignes, qu'il est dans une époque alors qu'il se trouve dans une autre. C'est très subtilement fait. Ca m'a conquise.

    Lien : http://krol-franca.over-blog.com/article-a-suspicious-river-de-laura..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par Akeera, le 16 août 2012

    Akeera
    Grande adepte des romans de Laura Kasischke, j'ai pourtant eu un peu de mal avec celui-ci! Rien à dire du côté du talent de l'auteure qui n'est plus à confirmer, mais c'est plutôt le thème et l'histoire qui m'ont rendu la lecture un peu difficile.
    A Suspicious River n'est pas un roman à lire qu'on on est déprimé, même pas un tout petit peu! On ressort de cette histoire avec un grand sentiment de vide et de désespoir, certes intéressant parce qu'elle ne nous aura pas laissé de glace, mais pas très positif!
    L'héroïne met une telle application à s'autodétruire que s'en est difficile de continuer à la suivre, on a parfois envie de rentrer dans le livre et de la prendre par la main pour l'amener vers un avenir meilleur.
    Mais non, la jolie héroïne condamnée avance lentement mais sûrement vers son funeste destin, et nous ne pouvons que la regarder, impuissants.
    C'est dérangeant, frustrant, choquant...pas très agréable mais forcément marquant!
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par canel, le 28 juin 2011

    canel
    A Suspicious River, petite ville du Michigan, on trouve des cygnes, des vestiges indiens, "un bowling, sept églises, dix motels, quatorze bars..." (p. 73). Leila, jeune femme mariée de 24 ans, travaille dans un de ces motels comme réceptionniste. Elle est bientôt tentée de retrouver certains des clients de l'hôtel dans leur chambre pour leur vendre ses charmes. Elle s'attache à l'un d'eux, mais continue néanmoins à se prostituer... le fait-elle pour l'argent ? La réponse, complexe et glaçante, nous apparaît peu à peu à travers les retours sur son passé qui jalonnent le récit, dévoilant les drames qui ont marqué son enfance et son adolescence...
    Le roman est prenant, captivant, mais très dérangeant aussi. Leila semble étrangement absente, indifférente, passive au milieu de ce drame, notamment dans ses relations avec les hommes, et cela renforce le malaise du lecteur.
    Un tic d'écriture de l'auteur, déjà constaté dans un autre de ses ouvrages m'a particulièrement agacée ici : la succession des "comme" (en moyenne trois par page) avec des comparaisons parfois creuses, ineptes (exemple p.102-103 : "... des gobelets en plastique blanc pareil à du lait de vache...", "... la surface noire comme de l'encre...", "... ses cheveux étaient aussi lisses que du plastique...").
    Un roman trouble, déconcertant, dérangeant.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par editionsdelabatjour, le 06 novembre 2010

    editionsdelabatjour
    Dossier sur cette écrivain dans la revue l'Ampoule des éditions de l'Abat-Jour :
    http://www.editionsdelabatjour.com/pages/laura-kasischke-l-inquietante-etrangete-du-quotidien-4005459.html

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la critique

> voir toutes (3)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par clarinette, le 12 juillet 2009

    Je n'avais jusqu'alors jamais ressenti le besoin de regarder un homme comme les hommes semblent regarder les femmes -ces femmes sur les couvertures glacées des magazines, les hanches en avant et la bouche brillante à moitié ouverte, ou sur les affiches- ces femmes provocatrices qui surgissent des téléviseurs pendant que leurs maris, assis dans leurs fauteuils, s'efforcent de ne pas les regarder devant leurs épouses, tout en le faisant. Au drugstore, ces hommes se plantaient toute la journée devant les présentoirs des magazines, ils regardaient des pages et des pages de femmes qu'ils ne rencontreraient jamais, qu'ils ne toucheraient jamais, dont ils ne connaîtraient jamais ni le nom ni la voix : des femmes applaties, unidimensionnelles, qui tripotaient leurs mammelons, en regardant dans le vide. Dans le néant qui se trouvait devant elles. Etalées, ces femmes n'étaient que des angles et des lignes, de la lumière sur de l'ombre et, quand je les regardais, je me souvenais toujours d'avoir lu au lycée, dans notre livre de sociologie, un texte sur une tribu primitive perdue, dont les memebre ne voulaient pas laisser l'homme blanc les photographier, parce qu'ils pensaient que les caméras leur volaient leur âme.
    Ces femmes en étaient la preuve, me disais-je. Le monde n'était qu'une fausse toile de fond, comme si rien n'avait jamais existé et n'existerait jamais devant ou derrière elles.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 9         Page de la citation

  • Par Hebephrenie, le 13 octobre 2010

    La lune est une faucille nette et, de temps à autre seulement, un lambeau de nuage se heurte à sa lame. Si vous tendez votre main devant vous, elle s'emplit d'argent, comme celui d'un trésor dérobé. Vous le rendez aux ténèbres en fermant votre poing, et même les étoiles sifflent le spectacle. Certaines tombent quand vous regardez bien le ciel. Une poignée de planètes glisse dans la rivière - trop rapidement pour qu'on les attrape, même avec un filet. Chacune de vos respirations est un coup de poignard vif entre vos côtes, votre cœur expulse de l'eau vers vos poumons, à travers cette tranche de lune sur votre gorge.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la citation

  • Par line70, le 22 mars 2011

    Stupide et vaincue comme une enfant. Je me sentais comme une enfant qui avait demandé à ses parents un jouet qu'ils ne pouvaient pas lui payer et qu'ils avaient pourtant fini par acheter.
    Ce que vous voulez vraiment, et ce que vous avez peur qu'on vous donne.

    Commenter     J’apprécie          0 2         Page de la citation







Sur Amazon
à partir de :
43,00 € (neuf)
28,52 € (occasion)

   

Faire découvrir A Suspicious River par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (79)

> voir plus

Quiz