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ISBN : 2221111982
Éditeur : Robert Laffont (02/10/2008)

Note moyenne : 3.34/5 (sur 71 notes)
Résumé :
Une petite anthropologie intellectuelle et sentimentale.

Dans "Qu’ai-je donc fait ? " Jean d’Ormesson révèle sur lui et sur les siens des pans entiers d’existence qu’il a longtemps gommés. Sur les différents milieux auxquels il a appartenu, sur leur langage, sur leurs croyances, et leurs modes de vie, il jette avec précision et humour une lumière nouvelle. Il passe à quelques aveux et donne de lui-même une image nouvelle. Et du monde où nous vivons un... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
latina
01 avril 2013
  • 4/ 5
Qu'ai-je donc fait ? Eh bien, je viens de lire avec beaucoup d'intérêt et de plaisir le livre de Jean d'Ormesson : « Qu'ai-je donc fait ? »...
Je dis « le livre » car c'est assez difficile à classer :
Ce n'est pas un roman, c'est plutôt une biographie, mais pas très détaillée, pas très centrée sur les faits vécus par l'auteur. Il donne plutôt ses impressions, ses valeurs, ses manières de se comporter face aux joies et aux vicissitudes. Il narre avec humour et sincérité son éducation aristocratique (« Mon grand-père maternel avait une soeur : Mme de la Faulotte. C'était une vieille sorcière qui nous faisait grand-peur et que nous comparions volontiers, mon frère et moi, à Mme Fichini ou à Mme Popofski dans les romans de la comtesse de Ségur. Elle était, comme son frère, à la tête d'une fortune qui ne prêtait pas à rire »), sa jeunesse insouciante et paresseuse (« La paresse, rien de plus clair, est la mère des chefs-d'oeuvre »), et ose parler de son grand amour qui est à la fois sa grande honte due à son comportement lâche et irresponsable (« Cette page que vous êtes en train de tourner et que vous vous apprêtez maintenant à lire, je dois l'arracher à moi-même avec beaucoup d'efforts et de peine. J'aimais C. Non seulement j'ai fait tout ce que je pouvais pour lui plaire, mais je n'avais dès le départ, pas la moindre intention de faire ma vie avec elle. Voilà que nous glissons, je le crains, dans les pires poncifs de la littérature au niveau le plus bas. Je l'ai détruite, j'ai détruit tout un pan de cette famille à laquelle j'étais attaché et je me suis détruit moi-même. Puisque je l'aimais, je n'avais qu'à partir avec elle, à m'établir ailleurs à ses côtés, à construire ensemble quelque chose de durable. Je suis parti. Avec elle. Et je suis revenu. Chez mes parents, abreuvés de larmes et changés en personnages de Greuze devant un vase cassé. »)
C'est plutôt aussi un essai, une exposition de ses idées principales sur la Vie, qui est pour lui la littérature : « D'une façon ou d'une autre, pour le meilleur ou pour le pire, succès ou échec, j'étais entré en littérature. », mais aussi, en vrac, sur l'argent, la politique, le fait de suivre la mode, les valeurs, anciennes et nouvelles, la Science, la Philosophie, l'Histoire (« La question est de savoir si le monde n'a pas toujours été en train de se découdre et de se défaire. Depuis les temps reculés, chaque génération a eu le sentiment que ses valeurs disparaissaient et que l'avenir était lourd de menaces. A plusieurs reprises, la crise de découragement et de méfiance à l'égard de l'avenir semble avoir été aussi forte qu'aujourd'hui »)...
Et une interrogation surtout sur le sens de la vie. D'où venons-nous ? Que faisons-nous sur Terre ? Qu'est-ce que le Temps ? Qu'y a-t-il après la mort ? Dieu existe-t-il ? (« Je n'aime pas tellement ceux qui savent qu'il existe et qui en profitent pour me donner des leçons. J'aime encore moins ces esprits soi-disant libres qui savent avec certitude et qui répètent à tout vent qu'il n'existe pas. Tout ce qu'on peut faire avec Dieu, ce n'est pas de le connaître ni d'accumuler des arguments pour ou contre son existence. Ce n'est même pas de parler de lui. C'est d'espérer qu'il existe. »)
Et finalement, il en ressort un optimisme fondamental : Jean d'Ormesson aime la vie plus que tout et lui rend grâce, et c'est pour cela qu'il me plait. Je termine donc par cette ultime citation, parce que je me rends compte avec effroi que je ne parviens pas à clore ce billet, tellement il y aurait des choses à dire, tellement D Ormesson a suscité en moi bien des acquiescements, bien des interrogations aussi, et quelquefois quelques agacements :
« J'ai trouvé la vie très belle et assez longue à mon goût. J'ai eu de la chance. Merci. J'ai commis des fautes et des erreurs. Pardon. le monde est une drôle de machine à faire verser des larmes de sang et à rendre fou de bonheur. Je me retourne encore une fois sur ce temps perdu et gagné et je me dis, je me trompe peut-être, qu'il m'a donné – comme ça, pour rien, avec beaucoup de grâce et de bonne volonté - ce qu'il y a eu de meilleur de toute éternité : la vie d'un homme parmi les autres. »
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Lune
16 novembre 2008
  • 3/ 5
Récit en trois parties : la première "Poeta fui e cantai", la deuxième "Nageur entre deux rives" et la troisième "Sur les genoux des dieux". Jean d'Ormesson insiste : "Ne m'accusez pas, je vous prie, de ne m'occuper que de moi. En parlant de moi, je parle de vous." Une enfance, une adolescence, un "milieu" dont il décrit us et coutumes, et... il n'est plus nous. Une accusation de notre société littéraire contemporaine : "J'ai toujours pensé que je serais un des derniers à écrire un livre comme on les écrivait dans les siècles évanouis : avec cette plume ou un crayon sur du papier, dans cette langue millénaire aujourd'hui menacée dont se servaient Chamfort, Mérimée, Giraudoux ou Colette, sans machine d'aucune sorte, sans trop se soucier de la mode ni des lecteurs, dans le sillage des grands anciens dont on s'efforçait de se souvenir au lieu de rompre avec eux." Oui et non! Des interrogations spirituelles où le doute qui l'agite penche cependant plus d'un côté :"Je n'aime pas tellement ceux qui savent qu'il existe (Dieu) et qui en profitent pour donner des leçons. J'aime encore moins ces esprits soi-disant libres qui savent avec certitude et qui répètent à tout vent qu'il n'existe pas. Je ne sais pas si Dieu existe. Les fameuses preuves de son existence ne me paraissent pas décisives. Les efforts, dans l'autre sens, pour démontrer qu'il n'existe pas, me semblent le comble de l'absurde." Des positions sociétales : "Vingt ans plus tard, Mai 68 était un carnaval révolutionnaire joué par des fils de bourgeois et mis en scène par des trotkistes sur une musique surréaliste." Un peu réducteur, non? Tant de citations de "la vie d'un homme parmi les autres" dont il est instructif de parcourir la pensée mais cela s'arrête là... hors la polémique qui remue les "différents milieux" et les ressentis émotionnels de la vie qui avance et mène chacun vers cet ultime "qu'ai-je donc fait".
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majolo
23 juin 2013
  • 4/ 5
Comme il est dit dans le quatrième de couverture: Jean d'Ormesson nous conte "la vie d'un homme parmi les autres", se retournant sur sa vie, avec sincérité et sans regrets.
J'ai passé un excellent moment en compagnie de Monsieur d'Ormesson. Ce n'est pas la vie d'un héros, mais celle d'un homme qui a vu, lu, appris, beaucoup et avec une curiosité insatiable dans un siècle riche et mouvementé. Ce que j'aime particulièrement chez lui, c'est qu'il semble toujours poser un regard clair et neuf sur le monde, sans préjugés, avec humour et l'oeil pétillant, sans renier les "manières" légèrement surannées, héritées de ses origines aristocratiques.
Cela fait partie de ces gens avec qui on passerait bien une soirée.
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chriskorchi
17 mai 2013
  • 5/ 5
Un très joli voyage au coeur de la vie et des sentiments d'un grand homme de notre temps. Une fois de plus, une énorme dose d'humour tout en finesse.
Qu'ai-je donc fait se divise en trois grandes parties. Dans la première il revient sur son parcours d'écrivain, ses désirs et ses attentes vis à vis de la littérature. La seconde partie,contient ses confessions, ses souvenirs de famille, ses amours douloureuses; c'est la partie proprement autobiographique, au sens classique du terme. Enfin, dans la dernière partie, il nous fait part de ses questionnements plus philosophiques sur le temps, l'espace, l'histoire de l'humanité et l'existence de Dieu.
Très sympa à lire je le recommande
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Scriba
27 mars 2010
  • 1/ 5
Premier livre que je lis de cet auteur ... et sans doute le dernier. Autant j'aime bien le personnage "homme de lettres" qu'il véhicule dans les médias, autant je n'ai pas du tout trouvé intéressant ce - peut-être- dernier bouquin qu'il a écrit. Il parle beaucoup de lui, de lui, de lui ... quelques pensées philosophiques sur le temps, l'espace, l'eau, la parole, la pensée... des listes interminables de ce qu'il a lu, des membres de sa famille (histoire familiale qui est la partie la plus intéressante à lire). J'ai fini par lire en diagonales pour découvrir qu'il estimait à la fin n'avoir rien fait d'intéressant dans sa vie. Il peut y ajouter ce livre !
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Citations & extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
GrouchoGroucho15 janvier 2017
Dans le monde de demain, la France, l'Allemagne, l'Angleterre vont devenir des régions comparables à ce qu'étaient jadis, l'Anjou, la Saxe, le pays de Galles. Leur seul avenir est l'Europe. Et l'Europe elle-même aura du mal à lutter contre les trois milliards de ressortissants de Chindia. Les enfants chinois et indiens, qui viennent de si bas, vivront mieux que leurs parents et que leurs grands-parents.
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GrouchoGroucho15 janvier 2017
Stendhal est mort sans lecteur, à peu près ignoré de tous - sauf de Balzac qui avait consacré à La Chartreuse de Parme - un article bouleversant : "M. Beyle a fait un livre où le sublime éclate de chapitre en chapitre..." Ceux qui suivent son dernier convoi se comptent sur les doigts d'une seule main. Un siècle plus tard, son nom flotte sur les lèvres de millions de lecteurs.
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GrouchoGroucho15 janvier 2017
L'absence de Dieu est un drame. Sa présence en est un autre, et presque aussi redoutable. L'idée que les hommes se font de Dieu n'est pas seulement une source d'aveuglement et d'intolérance : elle a fait couler beaucoup de sang, elle en fera couler encore beaucoup.
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GrouchoGroucho14 janvier 2017
[...]
Mon père partit pour Vichy et pour l'hôtel du Parc.
Il n'y resta que quelques heures. Ce que d'autres, souvent haut placés, mirent un an, deux ans, ou parfois trois ans à découvrir avec peine, il le comprit aussitôt. Les lois raciales n'étaient pas encore en vigueur, mais un des premiers actes du gouvernement du Maréchal consista, dès les premiers jours de l'été, à rendre aux gens de Hitler les juifs allemands réfugiés en France. Une décision de cette nature était plus que mon père qui avait aidé bon nombre de juifs à quitter l'Allemagne au début des années trente, ne pouvait supporter. Il démissionna sur-le-champ. Et il vint nous rejoindre à Royat.
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GrouchoGroucho14 janvier 2017
A une comédienne aperçue sur une scène, un grand seigneur fait passer un billet dans une corbeille de fleurs : "Quand on vous voit, on vous aime. Quand on vous aime, où vous voit-on ? "
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