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ISBN : 2221111982
Éditeur : Robert Laffont (2008)


Note moyenne : 3.31/5 (sur 36 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Une petite anthropologie intellectuelle et sentimentale.

Dans Qu’ai-je donc fait, Jean d’Ormesson révèle sur lui et sur les siens des pans entiers d’existence qu’il a longtemps gommés. Sur les différents milieux auxquels il a appartenu, sur leur langage, ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par latina, le 01 avril 2013

    latina
    Qu'ai-je donc fait ? Eh bien, je viens de lire avec beaucoup d'intérêt et de plaisir le livre de Jean d'Ormesson : « Qu'ai-je donc fait ? »...
    Je dis « le livre » car c'est assez difficile à classer :
    Ce n'est pas un roman, c'est plutôt une biographie, mais pas très détaillée, pas très centrée sur les faits vécus par l'auteur. Il donne plutôt ses impressions, ses valeurs, ses manières de se comporter face aux joies et aux vicissitudes. Il narre avec humour et sincérité son éducation aristocratique (« Mon grand-père maternel avait une sœur : Mme de La Faulotte. C'était une vieille sorcière qui nous faisait grand-peur et que nous comparions volontiers, mon frère et moi, à Mme Fichini ou à Mme Popofski dans les romans de la comtesse de Ségur. Elle était, comme son frère, à la tête d'une fortune qui ne prêtait pas à rire »), sa jeunesse insouciante et paresseuse (« La paresse, rien de plus clair, est la mère des chefs-d'œuvre »), et ose parler de son grand amour qui est à la fois sa grande honte due à son comportement lâche et irresponsable (« Cette page que vous êtes en train de tourner et que vous vous apprêtez maintenant à lire, je dois l'arracher à moi-même avec beaucoup d'efforts et de peine. J'aimais C. Non seulement j'ai fait tout ce que je pouvais pour lui plaire, mais je n'avais dès le départ, pas la moindre intention de faire ma vie avec elle. Voilà que nous glissons, je le crains, dans les pires poncifs de la littérature au niveau le plus bas. Je l'ai détruite, j'ai détruit tout un pan de cette famille à laquelle j'étais attaché et je me suis détruit moi-même. Puisque je l'aimais, je n'avais qu'à partir avec elle, à m'établir ailleurs à ses côtés, à construire ensemble quelque chose de durable. Je suis parti. Avec elle. Et je suis revenu. Chez mes parents, abreuvés de larmes et changés en personnages de Greuze devant un vase cassé. »)
    C'est plutôt aussi un essai, une exposition de ses idées principales sur la Vie, qui est pour lui la littérature : « D'une façon ou d'une autre, pour le meilleur ou pour le pire, succès ou échec, j'étais entré en littérature. », mais aussi, en vrac, sur l'argent, la politique, le fait de suivre la mode, les valeurs, anciennes et nouvelles, la Science, la Philosophie, l'Histoire (« La question est de savoir si le monde n'a pas toujours été en train de se découdre et de se défaire. Depuis les temps reculés, chaque génération a eu le sentiment que ses valeurs disparaissaient et que l'avenir était lourd de menaces. A plusieurs reprises, la crise de découragement et de méfiance à l'égard de l'avenir semble avoir été aussi forte qu'aujourd'hui »)...
    Et une interrogation surtout sur le sens de la vie. D'où venons-nous ? Que faisons-nous sur Terre ? Qu'est-ce que le Temps ? Qu'y a-t-il après la mort ? Dieu existe-t-il ? (« Je n'aime pas tellement ceux qui savent qu'il existe et qui en profitent pour me donner des leçons. J'aime encore moins ces esprits soi-disant libres qui savent avec certitude et qui répètent à tout vent qu'il n'existe pas. Tout ce qu'on peut faire avec Dieu, ce n'est pas de le connaître ni d'accumuler des arguments pour ou contre son existence. Ce n'est même pas de parler de lui. C'est d'espérer qu'il existe. »)
    Et finalement, il en ressort un optimisme fondamental : Jean d'Ormesson aime la vie plus que tout et lui rend grâce, et c'est pour cela qu'il me plait. Je termine donc par cette ultime citation, parce que je me rends compte avec effroi que je ne parviens pas à clore ce billet, tellement il y aurait des choses à dire, tellement D Ormesson a suscité en moi bien des acquiescements, bien des interrogations aussi, et quelquefois quelques agacements :
    « J'ai trouvé la vie très belle et assez longue à mon goût. J'ai eu de la chance. Merci. J'ai commis des fautes et des erreurs. Pardon. le monde est une drôle de machine à faire verser des larmes de sang et à rendre fou de bonheur. Je me retourne encore une fois sur ce temps perdu et gagné et je me dis, je me trompe peut-être, qu'il m'a donné – comme ça, pour rien, avec beaucoup de grâce et de bonne volonté - ce qu'il y a eu de meilleur de toute éternité : la vie d'un homme parmi les autres. »
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    • Livres 3.00/5
    Par Lune, le 16 novembre 2008

    Lune
    Récit en trois parties : la première "Poeta fui e cantai", la deuxième "Nageur entre deux rives" et la troisième "Sur les genoux des dieux". Jean d'Ormesson insiste : "Ne m'accusez pas, je vous prie, de ne m'occuper que de moi. En parlant de moi, je parle de vous." Une enfance, une adolescence, un "milieu" dont il décrit us et coutumes, et... il n'est plus nous. Une accusation de notre société littéraire contemporaine : "J'ai toujours pensé que je serais un des derniers à écrire un livre comme on les écrivait dans les siècles évanouis : avec cette plume ou un crayon sur du papier, dans cette langue millénaire aujourd'hui menacée dont se servaient Chamfort, Mérimée, Giraudoux ou Colette, sans machine d'aucune sorte, sans trop se soucier de la mode ni des lecteurs, dans le sillage des grands anciens dont on s'efforçait de se souvenir au lieu de rompre avec eux." Oui et non! Des interrogations spirituelles où le doute qui l'agite penche cependant plus d'un côté :"Je n'aime pas tellement ceux qui savent qu'il existe (Dieu) et qui en profitent pour donner des leçons. J'aime encore moins ces esprits soi-disant libres qui savent avec certitude et qui répètent à tout vent qu'il n'existe pas. Je ne sais pas si Dieu existe. Les fameuses preuves de son existence ne me paraissent pas décisives. Les efforts, dans l'autre sens, pour démontrer qu'il n'existe pas, me semblent le comble de l'absurde." Des positions sociétales : "Vingt ans plus tard, Mai 68 était un carnaval révolutionnaire joué par des fils de bourgeois et mis en scène par des trotkistes sur une musique surréaliste." Un peu réducteur, non? Tant de citations de "la vie d'un homme parmi les autres" dont il est instructif de parcourir la pensée mais cela s'arrête là... hors la polémique qui remue les "différents milieux" et les ressentis émotionnels de la vie qui avance et mène chacun vers cet ultime "Qu'ai-je donc fait".
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    • Livres 5.00/5
    Par chriskorchi, le 17 mai 2013

    chriskorchi
    Un très joli voyage au coeur de la vie et des sentiments d'un grand homme de notre temps. Une fois de plus, une énorme dose d'humour tout en finesse.
    Qu'ai-je donc fait se divise en trois grandes parties. Dans la première il revient sur son parcours d'écrivain, ses désirs et ses attentes vis à vis de la littérature. La seconde partie,contient ses confessions, ses souvenirs de famille, ses amours douloureuses; c'est la partie proprement autobiographique, au sens classique du terme. Enfin, dans la dernière partie, il nous fait part de ses questionnements plus philosophiques sur le temps, l'espace, l'histoire de l'humanité et l'existence de Dieu.
    Très sympa à lire je le recommande
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    • Livres 1.00/5
    Par Scriba, le 27 mars 2010

    Scriba
    Premier livre que je lis de cet auteur ... et sans doute le dernier. Autant j'aime bien le personnage "homme de lettres" qu'il véhicule dans les médias, autant je n'ai pas du tout trouvé intéressant ce - peut-être- dernier bouquin qu'il a écrit. Il parle beaucoup de lui, de lui, de lui ... quelques pensées philosophiques sur le temps, l'espace, l'eau, la parole, la pensée... des listes interminables de ce qu'il a lu, des membres de sa famille (histoire familiale qui est la partie la plus intéressante à lire). J'ai fini par lire en diagonales pour découvrir qu'il estimait à la fin n'avoir rien fait d'intéressant dans sa vie. Il peut y ajouter ce livre !
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    • Livres 3.00/5
    Par gigi55, le 08 novembre 2009

    gigi55
    Lire d'Ormesson c'est un peu comme boire une coupe de champagne, c'est pétillant et c'est un peu grisant.
    Il nous parle de lui, de son milieu, du temps qui passe, de Dieu, de Montaigne et Chateaubriand, de la vie qu'il a tant aimée, des doutes qu'ils entretient.
    C'est parfois démodé, un peu réac, mais on lui pardonne car il y eu un esprit de tolérance qui plane sur ces pages.
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Citations et extraits

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  • Par chriskorchi, le 17 mai 2013

    La littérature vivante d'aujourd'hui, qui m'a si souvent emmerdé avec son sérieux implacable et son pédantisme expérimental et toujours avorté, je lui rends bien volontiers la monnaie de sa pièce et je l'envoie se faire foutre avec beaucoup de gaieté. Je ne sais pas si je serai encore vivant demain, mais je suis sûr que la littérature vivante d'aujourd'hui, qui, avec son intolérance de donneuse de leçons et ses fanfaronnades de mauvais sentiments, est l'exact pendant, inversé et beaucoup plus prétentieux, de la crétinerie des pompiers de la peinture et de la littérature de la fin du XIXe siècle, sera morte avant moi - si elle n'est pas déjà morte.
    La médiocrité est portée aux nues. Les navets sont célébrés comme des chefs-d'œuvre. Ce qui sera oublié dans trois ans est l'objet d'un tintamarre qui finit par rendre insignifiant pêle-mêle le meilleur et le pire. Les œuvres dignes de ce nom ne manquent pas autour de nous. Elles sont emportées dans les flots de la nullité acclamée.
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  • Par chriskorchi, le 17 mai 2013

    Les plus beaux voyages, c'étaient les livres. Non pas les films ni les terribles photographies qui imposaient déjà leurs paysages et leur redoutable pittoresque à ceux qui les regardaient. Mais les livres, qui laissaient libre cours à l'imagination et au rêve. Ils nous arrachaient à nous-même, et ils nous y renvoyaient.

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  • Par chriskorchi, le 17 mai 2013

    "Je ne suis pas sûr que ce portrait rende son auteur très sympathique. Je ne me plais pas beaucoup [...] Je ne suis pas grand. Je serre les poings. Je n'ai jamais cessé de nourrir des rêves qui me dépassent de beaucoup. Et quels rêves, je vous prie? Des rêves de pacotille, de poudre aux yeux, de petit bourgeois en goguette."

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  • Par chriskorchi, le 17 mai 2013

    À l'inverse de la condition d'écrivain, la condition d'homme de lettres m'a toujours paru pitoyable. Aussi sinistre que celle de notaire, de banquier, de directeur - quelle formule!- des ressources humaines, de surnuméraire à l'administration centrale. Mieux vaut être artisan, commerçant, ouvrier, agriculteur. Ou soldat - dans la Légion, bien sûr, très bien -, ou comédien. Ou marin, évidemment.

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  • Par chriskorchi, le 17 mai 2013

    J'écrirais volontiers un éloge de la paresse et de l'ennui. La paresse, rien de plus clair, est la mère des chefs-d'œuvre. [...] L'ennui est la marque en creux du talent, le tâtonnement du génie.

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Vidéo de Jean d' Ormesson

Jean d' Ormesson - C'est l'amour que nous aimons .
Jean d'Ormesson vous présente son ouvrage "C'est l'amour que nous aimons" aux éditions Robert Laffont.http://www.mollat.com/livres/jean-ormesson-est-amour-que-nous-aimons-9782221128572.htmlNotes de Musique : Beethoven Piano Sonatas - Appassionata Op 57 - 9 - Allegro ma non troppo - presto








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