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ISBN : 2020136112
Éditeur : Editions du Seuil (2004)


Note moyenne : 3.76/5 (sur 17 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Les procès intentés aux animaux, la mythologie du bois et des arbres, le bestiaire des fables, l'arrivée du jeu d'échecs en Europe, l'histoire et l'archéologie des couleurs, l'origine des armoiries et des drapeaux, l'iconographie de Judas, la légende du roi Arthur et ce... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (1)

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    • Livres 4.00/5
    Par encoredunoir, le 11 juillet 2012

    encoredunoir
    On ne présente plus Michel Pastoureau, historien médiéviste, qui a rencontré depuis plusieurs années un grand succès en librairie grâce à ses histoires des Couleurs ou ses travaux sur les bestiaires du Moyen Âge.
    Avec cette Histoire symbolique du Moyen Âge occidental, recueil d'articles de l'auteur édité initialement en 2004 au Seuil et aujourd'hui réédité en poche, on retrouve l'essentiel des thèmes chers à Michel Pastoureau et qui lui ont permis de toucher le grand public : Couleurs et bestiaires, donc, qui occupent une place majeure dans l'ouvrage, mais aussi héraldique, vexillologie, végétaux, jeux, et regards portés postérieurement sur le Moyen Âge par des auteurs comme Walter Scott, Jean de La Fontaine ou Nerval.
    Ouvrage à la fois érudit et grand public grâce à la plume alerte de Michel Pastoureau qui ne sacrifie jamais ni le style ni la précision des faits et des concepts, Une histoire symbolique du Moyen Âge se révèle être un livre qui allie dans le meilleur sens du terme la vulgarisation et l'exigence scientifique.
    Car outre des articles solidement étayés par des décennies de recherches et de lectures et souvent passionnants, ce recueil offre aussi une belle leçon sur la façon de faire et de voir l'histoire, mettant notamment en garde contre la tentation qu'il peut y avoir à analyser des faits ou des mentalités à l'aune de nos propres valeurs contemporaines, véritable fléau aujourd'hui d'une grande partie de la vulgarisation, en particulier télévisuelle. Michel Pastoureau le rappelle en ce qui concerne la symbolique médiévale, mais la leçon est valable pour toutes les périodes historiques : « Ainsi non seulement l'étude des symboles nécessite de ne pas projeter tels quels dans le passé, sans précaution aucune, les savoirs qui sont les nôtres aujourd'hui parce qu'ils n'étaient pas ceux des sociétés qui nous ont précédés, mais elle invite également à ne pas établir une frontière trop nette entre le réel et l'imaginaire ».
    Cet imaginaire médiéval qui est au centre de ce livre, de chacun de ses articles, vient par ailleurs faire vibrer le nôtre comme il a fait vibrer celui des générations précédentes. Et Michel Pastoureau de finir en nous montrant comment la manière dont cet imaginaire a pu être modelé et remodelé plus tard est aussi un fait historique en citant Marc Bloch : « L'Histoire, ce n'est pas seulement ce qui a été, c'est aussi ce l'on en a fait ».
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Citations et extraits

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  • Par Jcequejelis, le 13 août 2012

    Plus pauvre encore (que le bucheron), plus sale, plus chétif et plus inquiétant est le charbonnier. Ne maniant pas le fer mais le feu – le plus grand ennemi du bois -, il est réellement diabolique. Le charbonnier ne se marie pas et n’a pas de postérité. Il ne quitte la forêt que pour s’enfermer dans une autre forêt, afin d’y continuer son œuvre de destruction et de crémation. En toutes régions, les villageois ont peur du charbonnier. Dans les textes littéraires, notamment dans les romans courtois, les auteurs mettent quelquefois en scène un preux chevalier perdu au cœur de la forêt et contraint de demander son chemin à un horrible charbonnier. Pour les lecteurs du XIIe et du XIIIe siècle, cette rencontre constitue celle des extrêmes ; c’est le contraste social le plus fort qui puisse être imaginé. Dans ces textes, le charbonnier est toujours décrit de la même façon : petit, noir, velu, les yeux rouges et enfoncés, la bouche tordue et cruelle ; c’est l’archétype de l’homme sites au plus bas de l’échelle sociale : il est à la fois misérable, animal et démoniaque.

    [Points H465 - p. 99]
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  • Par Jcequejelis, le 12 août 2012

    … à la fin de l’année 1314 (Philippe Le Bel) mourut des suites d’un accident de chasse causé en forêt de Compiègne par un sanglier. Deux ou trois siècles plus tôt, une telle mort aurait été perçue comme héroïque, et même vraiment royale. Mais au début du XIVe siècle, ce n’est plus le cas. Même si elle est due à un porc sauvage, cette mort rappelle l’étrange mort du prince Philippe, fils de Louis VI Le Gros, près de deux cents ans auparavant : dans une rue de Paris, au mois d’octobre 1131, un vulgaire porcus diabolicus, comme l’écrit Suger, s’était jeté dans les pattes du cheval du jeune prince, provoquant une chute mortelle et souillant la dynastie capétienne d’une flétrissure indélébile que même les fleurs de lis virginales des armoiries royales ne pourront jamais tout à fait effacer. (…) Un simple cochon girovague fut cause de la mort de ce rex junior coronatus, et cette mort fut, dans toute la chrétienté, ressentie comme particulièrement honteuse. Rien de tel pour Philippe Le Bel au mois de novembre 1314. Et pourtant, chroniques, libelles et pamphlets ne manquèrent pas de souligner qu’une fois encore la monarchie française était victime d’un porc et que le roi honni payait là toutes ses trahisons et ses turpitudes.

    [Points H465 - p. 82-83]
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  • Par Jcequejelis, le 19 août 2012

    Les armoiries sont apparues dans le courant du XIIe siècle, mais ce n'est qu'à partir des années 1200-1220 que leur usage atteint un réel développement, touchant l'ensemble des classes et catégories sociales (en certaines régions, il existe de bonne heure des armoiries d'artisans ou de paysans), et que le code du blason, désormais stabilisé, entre dans sa phase classique. Au sein de ce code, les couleurs jouent un rôle essentiel. Elles n'existent qu'au nombre de six (blanc, jaune, rouge, bleu, noir et vert) et sont désignées, dans la langue française du blason, par un terme spécifique : argent, or, gueule, azur, sable, sinople.
    Dans l'Occident de la fin du Moyen Age, la diffusion matérielle des armoiries est telle que ces couleurs tombent sous le regard en tous lieux et en toutes circonstances. Elles font partie du paysage quotidien, y compris au village car n'importe qu'elle église paroissiale, à partir du milieu du XIIIe siècle, devient un véritable "musée" d'armoiries. Et ces armoiries sont toujours porteuses de couleurs : même lorsqu'elles sont sculptées (sur des clefs de voute ou des pierres tombales) elles sont peintes, car ces couleurs sont un élément indispensables pour les lires et les identifier.

    [Points H465 - p. 144-145]-
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  • Par Jcequejelis, le 21 août 2012

    ... (La) valorisation du noir (qui s'accompagne également d'une promotion du gris) se prolonge fort avant dans l'époque moderne et exerce ses effets jusque dans nos pratiques vestimentaires contemporaines. D'une part, en effet, la cour ducale de Bourgogne, qui codifie et catalyse toutes les pratiques protocolaires du Moyen-Age finissant, transmet à la cour d'Espagne cette mode du noir princier ; et, par le relais de la fameuse "étiquette espagnole", c'est ce noir qui envahi les cours européennes du XVIe au XVIIIe siècle. D'autre part, et surtout, l'éthique protestante s'empare de bonne heure de ce noir moralisé par les lois vestimentaires et en fait, jusqu'à l'âge industriel, et même plus avant, le pôle premier de tous les systèmes de la couleur.

    [Points H465 - p. 178-179]
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  • Par Jcequejelis, le 11 août 2012

    Les procès d'animaux : Pour le royaume de France, j'ai pu repérer une soixantaine de cas entre 1266 et 1586. Quelques affaires sont bien documentées, comme celle de la truie infanticide de Falaise (1386) sur laquelle je vais m'attarder. D'autres, plus nombreuses, ne sont connues que de mentions indirectes, le plus souvent comptables. Cependant, la France n'a nullement le monopole de telles affaires. Elles concernent tout l'Occident, notamment les pays alpins où les procès faits à des insectes et à des « vers » semblent - comme ceux de sorcellerie - plus fréquents et plus durables qu'ailleurs. (14) Souhaitons que des travaux à venir nous les fassent mieux connaître. Leur étude devrait sans doute faire l'objet d'un travail d'équipe, tant sont complexes les dossiers, les procédures, les documents et les problèmes concernés.

    [Points H465 - p. 35]
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