> François Rosso (Traducteur)

ISBN : 207035928X
Éditeur : Gallimard (2009)


Note moyenne : 4.2/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Dans un quartier populaire de Lisbonne, au début du XXe siècle, une famille d'artisans ébénistes est habitée par le deuil. La seule lumière vient des enfants et peut-être d'anciens pianos inutilisables,
qui, entassés dans un local attenant à l'atelier, semblent a... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par Lali, le 07 février 2011

    Lali
    Benfica, un quartier de Lisbonne, début du XXe siècle, une famille, trois narrateurs pour nous raconter celle-ci, ses bonheurs, ses tristesses, comme ses rêves et ses désillusions. Telle est la trame de Cimetière de pianos de José Luis Peixoto, touche-à-tout de la littérature, s'étant frotté au roman, à la poésie, à l'écriture dramatique et à celle de paroles de chansons, et dont on dit qu'il est l'écrivain portugais le plus prometteur de sa génération.
    Benfica, donc, la voix d'un père qui vient de mourir, mais qui reste omniprésent, voyageant dans le temps, alors qu'il (se) raconte, et raconte les siens, sa femme, ses enfants devenus adultes et même parents, puis ces derniers à nouveau petits, de l'âge de ses petits-enfants. Tout cela, sans ordre chronologique, comme les souvenirs nous viennent parfois. Même ceux dont il n'a pu être témoin de son vivant, mais qu'il sent, qu'il sait, qu'il raconte aussi.
    Voix d'un fils qui courra le marathon aux Jeux olympiques de Stockholm en 1912, voix aussi du fils de celui-ci. Voix qui s'entremêlent et qui parfois se mêlent. Qui est le père? Qui est le fils? L'histoire se répète-t-elle toujours?
    Et derrière la porte de la menuiserie où chacun des hommes du roman a travaillé, un cimetière de pianos. Là où chacun a ses secrets, des morceaux d'histoire qui lui sont propres et tant de rêves que nul ne vivra jamais jusqu'au bout. Et au centre de tout cela des voix d'enfants, leurs rires.
    Pour le lecteur, un roman fascinant qui raconte une famille, une époque, des moments de tendresse ou de violence, parce que telle est la vie. Une vie faite de tous ces moments décousus qui s'additionnent et qui donnent un roman non conventionnel aux voix multiples et surtout pas chronologique, ce qui pourrait en dérouter certains. Aussi bien que je vous prévienne.

    Lien : http://lalitoutsimplement.com/?p=31088
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    • Livres 5.00/5
    Par nathalie_MarketMarcel, le 09 mars 2012

    nathalie_MarketMarcel
    Il y a deux narrateurs qui se relaient, chacun à la première personne, le père, qui prend la parole juste après sa mort, à l'hôpital. Et Francisco, un de ses fils, juste avant sa mort, lors du marathon de Stockholm.
    Chacun d'entre eux raconte sa vie, allant, venant, repartant dans leur mémoire et nous découvrons ainsi l'histoire d'une famille sur plusieurs décennies. le père travaille dans un atelier de menuiserie, il répare quelquefois les pianos et quand il raconte sa rencontre avec sa future femme, tout semble si heureux. de même Francisco. Et puis il y a les verres à la taverne, les colères, les coups, les trahisons, les incompréhensions, l'impossibilité de prononcer les mots qui pardonnent, les accidents aussi. Cette famille est comme toutes les autres, heureuse et malheureuse, unie et divisée. Mais la langue de ce roman est unique. Très poétique, avançant lentement dans la narration, s'arrêtant sur les bruits, les objets, les couleurs, les sensations, presque prudente dans sa façon délicate de dire les souffrances et les bonheurs.

    Lien : http://chezmarketmarcel.blogspot.com/2012/03/les-paupieres-fermees-t..
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Citations et extraits

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  • Par nadejda, le 02 juin 2011

    Les premiers temps, j'avais treize ans et je courais en quête d'un silence et d'une paix dont j'estimais qu'ils ne m'appartenaient pas. Je ne savais pas encore qu' ils n'étaient que le reflet de la paix que j'avais en moi. Plus tard, la vie s'est compliquée, mais il était déjà trop tard pour que je pusse m'arrêter. Courir faisait partie de moi, comme mon nom. Ce fut alors que j'appris à courir contre les mots à l'intérieur de moi, de même que j'appris à courir contre le vent.
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  • Par nadejda, le 01 juin 2011

    Le cimetière de pianos était immense. Les après-midi y avaient la taille de générations enchaînées. Je choisissais un piano, je l'ouvrais et je regardais son mécanisme immobile. Et toutes les fois, je ne pouvais m'empêcher de penser que ma vie, diluée dans l'immensité des après-midi, était exactement comme le mécanisme immobile d'un piano : le silence de ses cordes alignées, la perfection géométrique de sa presque mort, sa possible résurrection à un moment qui n'arrivait jamais, un moment simple comme tant d'autres aurait été suffisant, un moment qui pouvait arriver mais qui n'arrivait jamais.
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  • Par nadejda, le 02 juin 2011

    Elle s'assit sur le tabouret, rejeta ses cheveux derrière ses épaules, et ils tombèrent dans son dos. Un instant de silence absolu. Puis elle leva vers moi son visage pâle et ses doigts pressèrent les touches. Elle souriait ; et sous sa musique, l'air du salon fut traversé de lignes droites invisibles : une construction de lumière. Ces notes étaient aussi son corps. C'étaient des points de sa peau qui n'existaient qu'un instant, qui restaient dans la mémoire et puis se défaisaient, se transformaient en air, en vie vivante.
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  • Par nadejda, le 02 juin 2011

    Je savais que dans le salon, cette musique était comme un cyclone. Mais où je me trouvais, c'était comme une brise, un voile porté par la brise, quelque chose qui flottait et se mêlait aux voix des passants, aux sonnailles des chevaux qui traînaient des fiacres, au moteur d'une automobile qui roulait parfois dans la rue.
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  • Par nadejda, le 01 juin 2011

    Ses yeux, l'espace d'un instant, furent un abîme où je m'enveloppai de légèreté lumineuse, où je tombai comme si je flottais : tomber à travers le ciel pour arriver au creux d'un rêve.
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