Daniel Pennac est vraiment un auteur que je ne regrette pas d'avoir découvert. J'avais déjà été charmé par sa famille Malaussène; famille que j'hésite beaucoup à emmener avec moi sur la fameuse « île déserte » d'ailleurs car, quitte à être désespérément seule, mieux vaut que ce soit avec des lectures divertissantes et des personnages sympathiques.
Dans ce roman ou plutôt cet essai écrit «
Comme un roman », il fait une véritable psychothérapie de nos lectures. Avec beaucoup de passion et d'amour, nous fait prendre conscience de notre rapport avec les livres, de nos longues périodes sans arriver à dépasser la préface voire la couverture et de nos choix de lecture, évidemment. Et tout ceci dans une simplicité et une évidence étonnante.( je me suis entendue faire des « bah oui tu m'étonnes ! »)
Le conflit entre nous et la lecture imposée à l'école d'œuvres très difficiles, mais indispensables, à notre bonne éducation selon nos profs et nos parents. Et puis les enfants sont contradictoires (non non, si peu...), si vous leur imposez un livre, ils ne feront pas d'efforts pour le lire ou alors ils vont "galérer" (et là c'est prêcher une convertie). Vous savez ce que je fais avec mon ado ? Lorsqu'un livre me plait et que je pense pouvoir lui prêter, je lui lis un passage ! Elle me l'emprunte aussitôt ma lecture terminée! Comme quoi...!
La lecture n'est pas une obligation, la lecture doit être un plaisir mais le problème est que ce plaisir est transformé en obligation par l'éducation nationale, par nos cultures, par la mode aussi...Et on peut appliquer cette règle à beaucoup de choses. Par exemple, on projette souvent sur nos enfants nos propres rêves d'enfant: « j'ai fait de la gym quand j'étais enfant, donc mon enfant fera de la gym »...pas sûr qu'ils accrochent du coup !
Je culpabilise moins de ne pas avoir apprécié certains grands livres de littérature, au lycée, car ils nous étaient imposés, mais aussi d'avoir eut de grandes périodes sans avoir ouvert un seul bouquin.
Et je ne suis plus étonnée lorsqu'une personne m'avoue ne jamais lire et n'avoir plus lu depuis le lycée.
Je ne vais pas vous dire « lisez-le », vous risqueriez de ne pas le faire...
Mais...
Continuez à lire des histoires à voix haute à vos enfants. Vous allez perdre un quart d'heure...et alors ? Est-ce vraiment du temps perdu que de le passer avec vos enfants ? Partager des histoires qu'ils risquent d'apprécier parce qu'en grandissant ils se rappelleront de cette complicité, ces moments privilégiés, à l'évocation du livre, de l'auteur...peut-être même avec les mêmes étoiles dans les yeux.
« Conteuses, soyez -magiciennes- et les bouquins sauteront directement de leurs rayons dans les mains du lecteur. »