Je me demande pourquoi j'ai attendu pour me plonger dans ce livre depuis si longtemps conseillé et si positivement critiqué, et qui plus est dans ma bibliothèque à me faire de l'œil depuis tout ce temps. Peut-être avais-je peur d'être déçue ?...Je ne sais pas...
Vous devez savoir que j'avais vraiment besoin de me vider la tête et de me divertir quand je l'ai ouvert...il y en a d'autres qui picolent...choisis ton camp camarade !
Donc, pour ma première immersion dans le cerveau complètement loufoque de
Daniel Pennac, je dois dire que je suis plus que ravie.
C'est grinçant, ironique, sarcastique, ça part dans tous les sens mais c'est tellement touchant, tellement attachant, tellement émouvant et d'un humour décapant. J'ai tout simplement adoré !
Et puis j'aime beaucoup la manière qu'à l'auteur de faire parler le narrateur en rajoutant entre parenthèses ou non, ses véritables pensées. Vous savez comme quand vous souriez poliment à la petite vieille (j'ai rien contre les petites vieilles, hein ? Attention !) que vous venez gentiment de laisser passer, et qui vous ferme la porte au nez, sans un «
Merci », alors qu'au fond vous pensez tout un tas de jolis noms d'oiseaux finissants en « -asse ». Ou encore, la même que vous allez laisser traverser la rue alors que cinq autres auraient pu lui rouler dessus, mais qui ne vous adressera même pas un regard...grrrr !!!
En tout cas, pour cette histoire, c'est exactement ça ! Les gens les plus gentils, ceux qui suivent le mouvement sans jamais vraiment discuter ou se rebeller, sont toujours les premiers à qui l'on s'en prend car ils sont des proies faciles (et je sais de quoi je parle, croyez-moi...) et le jour où ils se rebellent, ils passent toujours pour ce qu'ils ne sont pas.
Benjamin Malaussène (le narrateur, donc), travaille dans un centre com
Mercial et occupe un poste aussi étrange qu'utile: il est bouc émissaire au bureau des réclamations. Un rôle qu'il joue à la perfection en se rabaissant, proposant inlassablement sa démission, pleurant, feignant la dépression et le suicide proche...Le client se fait avoir et repart en ayant retirer sa réclamation.
Jouant, en parallèle, le rôle de « mère de substitution » avec beaucoup de cran, à cause d'une mère dépressive aux abonnés absents, avec ses frères et sœurs tous aussi attachants: Louna, l'amoureuse transie et passionnée qui se retrouve enceinte d'un homme qui l'aime mais ne veut pas d'enfant, Thérèse, sténographe et accessoirement voyante, Clara, qui photographie sa vie comme elle respire, Jérémy qui aime faire des expériences, le Petit qui dessinent des Ogres de Noël et Julius, le chien épileptique. Toute cette petite tribu va être perturbée par des attentas survenus dans le magasin où travaille Benjamin, qui va devenir, malgré lui, un coupable potentiel.
Bref, je n'ai pas envie d'en dire beaucoup plus sur l'intrigue, car intrigue et enquête il y aura( réalisée par « Jib la Hyène et Pat les Pattes »plus méchants qu' « Ed Cercueil et le Tchèque en bois ») mais personnellement je vous prescrirai bien un bon
Daniel Pennac si vos symptômes de mélancolie persistent.
Petite anecdote personnelle:
J'ai ouvert ce livre dans la salle d'attente de mon médecin( d'où le besoin de divertissement...), à un moment, je me suis rendue compte que je rigolais tout haut, j'ai levé les yeux un peu gênée et la dame assise à côté de moi m'a regardé d'un air amusé, s'est penchée vers moi et m'a dit: « ça m'a fait la même chose quand je l'ai lu ! », clin d'œil...