AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070769178
Éditeur : Gallimard (2007)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 1535 notes)
Résumé :
« Donc, j’étais un mauvais élève. Chaque soir de mon enfance, je rentrais à la maison poursuivi par l’école. Mes carnets disaient la réprobation de mes maîtres. Quand je n’étais pas le dernier de ma classe, c’est que j’en étais l’avant-dernier. (Champagne !) Fermé à l’arithmétique d’abord, aux mathématiques ensuite, profondément dysorthographique, rétif à la mémorisation des dates et à la localisation des lieux géographiques, inapte à l’apprentissage des langues étr... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (162) Voir plus Ajouter une critique
cicou45
29 décembre 2013
  • 3/ 5
En fait, je sais maintenant pourquoi je n'ai pas lu ce livre plus tôt, j'ai deux parents profs et j'ai toujours été une bonne élève, de l'école primaire jusqu'à ma licence mais je crois que les années qui m'ont fait le plus souffrir sont celles que j'ai passées u collège. Si les cancres souffrent, les élèves qui ont le "malheur" d'aimer l'école ne sont guère plus heureux. Eh oui, j'ai bien écrit malheur car pour moi, les années de 6ème et 5ème furent particulièrement pénibles. Ce n'est que maintenant, alors que je vais avoir trente ans le mois prochain, que j'arrive à tirer un trait sur celles-ci.
Ici, Daniel Pennac nous raconte à la fois combien il était pénible pour lui d'être un cancre à l'école puisqu'il était le petit dernier d'une fratrie de quatre et que ses aînés avaient tous réussi brillamment leurs études. Il nous décrit comment son frère Bernard, l'aidant autant bien que mal à révises ses leçons et nous confie que seulement trois ou quatre professeurs, tous passionnés de la matière qu'ils enseignaient, l'ont amené progressivement à s'intéresser lui aussi à ces dernière. Puis, le petit Daniel a grandi et ce fut à son tour de se lancer dans la voie de l'enseignement, après avoir réussi son agrégation...Eh oui, comme quoi, les dés ne sont jamais (ô grand jamais) jetés d'avance !
Il nous entraîne alors dans un long discours sur l'école, sur ce qu'elle fût, sur ce qu'elle est devenue aujourd'hui et sur ce qu'elle deviendra peut-être demain...
Un ouvrage très bien écrit mais avec, à mon goût, parfois trop de citations d'auteurs ou de philosophes et qui nous amène parfois à perdre le fil de la narration. Un très bel ouvrage cependant qui vaut à être découvert !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          561
vincentf
04 juillet 2010
  • 3/ 5
Livre de prof pour les profs, ça tombe bien, je découvre le métier. Discours cliché ? Souvent, mais cliché qui fait du bien, vision gentille et lucide, il faut sauver les cancres, nos semblables, nos frères, de la tyrannie des marques, c'est notre devoir de prof, sauver les hirondelles qui se cognent contre les vitres, leur permettre de s'envoler vers leur sud, la métaphore vaut ce qu'elle vaut, Pennac lui-même le reconnaît, mais admettons, contre tout parti pris d'originalité, que je suis convaincu que ce bouquin dit vrai, que ce que nous devons apprendre, nous les profs, c'est l'ignorance, nous préparer à "ça", au "y" du "j'y comprends rien", au choc du savoir et de l'ignorance, admettre l'impossible, à savoir que nos élèves ne savent pas déjà ce que nous leur apprenons.
Discours ? mots de pédagogue ? blabla de DAES2 ? Un peu. Trop ? Pennac raconte (c'est son boulot de romancier, après tout, d'ailleurs, ce livre, qu'est-ce que c'est, un roman ? comme un roman ?). Il se met en avant. Moi, je faisais comme ça : un texte à apprendre par coeur par semaine... oui... tant que ça... et ça marchait... "ça", "ça", "ça". Envie de faire la même chose ? il faudrait, on aimerait bien et on se dit qu'on le fera peut-être plus tard, quand on (qui, on ? ça ? y ?) sera vraiment prof, qu'on pourra faire (ô illusion dont même Pennac est conscient) ce qu'on veut.
Bref, c'est quoi un bon prof ? Ne surtout pas répondre, car on s'abaisserait à en faire une affaire de méthode, de présence physique, de compétence didactique, etc. Pennac lâche un indice : un bon prof se couche tôt, et j'écris ce texte déjà trop tard dans la soirée. Démissionnons, je ne serai jamais un couche-tôt. Il doit bien y avoir des exceptions pour que la règle soit confirmée. Un bon prof, alors, c'est quoi ? c'est qui ? C'est un type qui aime ses élèves. Aimer ? Tu dérapes mon ami... Aimer pourtant, seule solution. le savoir dont je cherche à donner le goût à mes élèves, si je le leur transmets, c'est uniquement parce que je pense qu'il est peut-être utile à leur bonheur comme il l'est au mien, et comme je les aime, mes élèves, cancres ou friandises, je fais tout mon possible pour les rendre heureux. Idéalisme cul-cul ? Naïveté ? Sortez les violons que je vous montre à quel point je suis gentil dans mon monde rose de roman à l'eau du même nom ? Oui. Faire prof sans être idéaliste, c'est comme faire curé sans croire en Dieu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          422
jeunejane
18 septembre 2015
  • 4/ 5
Daniel Pennac nous livre son expérience de cancre. Incroyable, non?
Et pourtant, ce fut un long parcours avant que Daniel ne s'éveille à la scolarité.
Il avait de sacrés blocages.
Le déclic arrive en troisième grâce à un professeur de français qui lui demande une narration et puis, il lit de plus en plus.
Bien sûr , la victoire ne viendra pas en un jour.
L'auteur nous fait part aussi de son expérience de professeur et de l'attitude positive, du respect que doivent avoir les profs envers leurs élèves.
J'ai apprécié les remarques très placides et humoristiques de son père.
Daniel Pennac est toujours agréable à lire grâce à son humour également et à la distance nécessaire envers sa personne.
Le style n'est pas forcé. Il n'en rajoute pas trop.
En deux mots, j'ai aimé "Chagrin d'école" tout comme j'avais apprécié " Journal d'un corps".
Les références littéraires, philosophiques et cinématographiques sont bonnes à prendre.
Commenter  J’apprécie          475
greg320i
15 octobre 2015
  • 5/ 5
On connaît tous, plus ou moins, ces fameux chagrins,,,
Semblable à ces Samsonite oubliées sur le quai d'une gare ,
Les terribles grèves de métro quand on reste ignare sur le quai,
La boîte de nuit sans son disc-jockey ,
Ou toujours selon les inconnus : Roméo n'aimant plus, hum , Virginie
Voir , encore pire, l'équipe de Marseille sans Bernard Tapie..
Voilà , vous l'aurez compris , c'est une tragédie .

Mais aujourd'hui si j'écris c'est pour vous dire mon souci : une chose que je ne comprend pas qui se passe au pensionnat, parti du primaire et qui glisse jusqu'au lycée ..et pique et pique de colle en bonnet d'âne jusqu'au coin de l'école. Lieu si sacré de tant remontrance que notre enfance s'en est héberger de souvenirs déplaisant à défaut de s'en bercer ..
Car l'école parait-elle est malade, elle rumine, elle lambine, elle traine vilainement dans la boue ses petits cochons à défaut de les éveiller et de veiller à leur cocon.
Bon après tout , il y a du mal partout .
Mais chose ô combien formidable pour notre écrivain-narrateur-professeur et anciennement coincé du système , il s'en est sorti ,lui . S'en est même remis à plus haut que ses propres complexes puisqu'il s'est lui même rendu cofondateur de ce système, sorte de ministère amer qui empoisonnent et assaisonnent les zones Z. E. P . d'éducation en veut-tu en voilà, bon gré, mal gré.
A mais ,, !
Pas de Mai,, ni de Juin tiens . Non, je refuse de trainer dans la fumée de ces cigarettes là . A rendre son significatif constat que l'on puisse tous s'en sortir merveilleusement et joyeusement la tête haute; le buste bien droit et l'effroi de l'école de Staline oublié derrière nous , je n'y crois pas trop .
Trop facile à mon goût ou alors un poil trop exagéré quand l'auteur nous prête à croire qu'il été un véritable " Cancre" . Un vilain petit canard devenu belle oie blanche au pays de l'édition .
Daniel Pennac, accusez, levez-vous , je vous ordonne de nous donner le remède à plus de vingt ans de galère d'Education nationale .
Comment écrire en effet un bouquin prénommé Chagrin d'école si ce n'est au final pour n'en rendre pas tout le mal subi ? - si subi,, bien sûr.. -
Point de vue personnel : Chagrin d'école, un livre longtemps en attente de lecture, je le voyais plutôt voyou , voyez-vous . Nous dénonçant les peines et tristesses des bancs de classes, les cauchemars et autres traumatismes freudiens que peuvent ressentir un élève moyen .
et bien,, pas du tout . loin de ces théories . Je dois alors pratiquer ma propre expérience ici via cette critique sur le VRAI chagrin d'une école :
Un Chagrin d'école : C'est comme la mer sans les vagues
C'est comme les vagues sans l'écume
C'est comme l'écume sans le sel
C'est comme le sel sans le poivre...
Au secours Molière , au secours Verlaine, ces vers me dévorent et j'emporte fort les traces sur mon corps . Si la musique guéri les moeurs , j'accuse encore mes années d'études à mon porte plume .
,,,Je n'en suis pas devenu poète de métier, j'en prête pour témoin cette critique mi-figue mi-raisin, raison d'une saine colère envers un passé lointain qui ne me porta jamais le sourire au coin.
Des efforts faits mais défaits par les notes .Des jugements déjà établi adolescent qui en disent long sur mon envie de la quitter au plus vite précocement . Regard en coin sur mon destin, regret de n'en être pas déjà maître .
L'école et ses menottes, sa sonnerie déchirant les tympans, son portail synonyme de prison ..
L'école et moi , cela faisait , hem , heu , trois ? Et peut-être quatre avec les maths dirons nous..

Reste donc à l'étude : Comment oublier les choses dites et les zéros pointés.
Comment percevoir l'éducation positive alors que ses diapositives ne m'on jamais fasciné ? Mais comment oublier ? ?
Voilà un vrai chagrin, de celui qui vous laisse un vague à l'âme et la larme de soulagement de s'en être enfin extirpé, sauvé de ses démons !
Chagrin d'école, un titre usurpé ,au même titre qu'une chanson parodié .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          292
Caro29
16 octobre 2014
  • 4/ 5
C'est vrai que Chagrin d'école est un livre essentiellement pour les profs puisqu'il leur permet de mieux comprendre le cancre, cet élève dont on dit aujourd'hui qu'il est en « décrochage scolaire ». C'est vrai aussi que si le milieu éducatif ne m'intéressait pas, je n'aurais peut-être pas lu ce livre. Mais il s'agit là d'une autobiographie, celle d'un ancien cancre : Daniel Pennac. On a du mal à y croire, sa plume est belle et ses oeuvres sont nombreuses, et pourtant… L'auteur y raconte ses souffrances, car un cancre n'est pas nécessairement indifférent à ses difficultés d'apprentissage, il n'est pas forcément heureux de « décrocher », généralement, il se retrouve face à lui-même et à ses échecs à un moment donné et s'ensuivent les conséquences de ce décrochage : violences, repli sur soi, etc. C'est en tout cas ce que dit Pennac.
Au final, c'est bien le propos de cet ouvrage autobiographique, que j'ai du mal à qualifier (roman, essai ?), qui m'a plu. Les anecdotes que raconte Pennac sont intéressantes, qu'il s'agisse de choses qu'il a vécues ou d'histoires collectées dans des établissements scolaires de quatre coins de la France, le tout dans les six chapitres que compte Chagrin d'école. Et de sa vie de cancre, l'auteur raconte ensuite comment il est « devenu » grâce à des profs qui ne l'ont jamais « lâché » et grâce à l'amour aussi. Puis il donne des cours de grammaire à ses lecteurs, toujours pour étayer ses propos (quelles sont les nature et fonction du « y » dans « je n'y arriverai jamais » et du « le » dans « tu le fais exprès » ?). Il évoque ensuite le « cancre » actuel, cet élève (de banlieue, de cité souvent) qui est pris pour cible par « Grand-mère Marketing », parle des objets en les citant par leur marque, oubliant presque leur nom… Et au final, on en revient à l'amour, qui a sauvé Pennac lui-même et qui reste au coeur de tout, et notamment de la vocation des (bons) profs.
J'ai toujours beaucoup aimé Daniel Pennac et je ne regrette pas d'avoir lu ce livre qui m'a ouvert les yeux sur pas mal de choses et m'a renvoyé quelques années en arrière, quand j'étais moi-même collégienne puis lycéenne. Je me suis souvenue de tout ce que j'inventais quand je n'avais pas fait un exercice ou appris une leçon, je me suis souvenue de mes difficultés en maths (une discipline qui reste du chinois pour moi) et de l'admiration que j'avais devant les élèves qui ne bossaient pas (c'est en tout cas ce qu'ils disaient) et décrochaient les meilleures notes, quand j'avais travaillé pendant des heures et avais des trous de mémoire devant ma copie, etc, etc. Puis je me suis rappelée ma prof de français de seconde, celle qui m'a « sauvée », même si je suis persuadée que ce n'était pas volontaire de sa part… Belle expérience donc que ce « Chagrin d'école » et chouette premier livre (roman, essai ?) pour ce challenge ABC 2014-2015.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          312

Les critiques presse (1)
Lecturejeune01 mars 2008
Lecture jeune, n°125 - En quatrième de couverture, un bulletin scolaire donne le ton, Daniel Pennac était un piètre élève, cancre et chahuteur mais aussi créatif et gai. Nous serions tentés d’en rire mais Daniel Pennac nous annonce ici que ce statut était cause de souffrance. Il fallait faire face à la grande institution scolaire, aux courroux des professeurs alors que le premier drame était certainement celui de l’élève angoissé, face à l’incapacité d’apprendre ou de comprendre. Il livre ici une part de son enfance mais il rend également hommage aux enseignants qui prêtent attention à ceux qui se trouvent au fond de la classe. Le propos de Pennac, parfois confus ou répétitif concerne tout à la fois son histoire et celle des cancres d’aujourd’hui. Du point de vue du professeur, il dénonce une société de consommation qui pousse les jeunes à « avoir » plutôt qu’à « être » ou à « apprendre », la démission des parents, le chômage qui décourage. Plus loin, il sourit en racontant les appels désespérés des parents face à un enfant turbulent et démissionnaire, changeant sans cesse d’établissement. Mais surtout, il s’enthousiasme lorsque des initiatives permettent de faire se rencontrer l’école et les élèves. Cet essai dense et inégal se lit d’une traite et avec plaisir, comme un bon roman de Pennac, car il sait nous communiquer sa ferveur, sa passion pour l’enseignement. On retrouve d’ailleurs son style léger et nostalgique. À travers ce portrait du cancre qu’il a été, on devine également qu’il a nourri le personnage de Benjamin Mallaussène, bouc émissaire et « mauvais élève ». Un ouvrage qui, malgré ses faiblesses, a le mérite de donner une vision positive de l’enseignement, de susciter l’envie de lancer des passerelles vers ceux qui semblent être les oubliés de l’école. Anne Clerc
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations & extraits (163) Voir plus Ajouter une citation
krystalkrystal22 février 2008
Un après midi de l'année du bac (une des années du bac) mon père me donnant un cours de trigonométrie dans la pièce qui nous servait de bibliothèque, notre chien se coucha en douce sur le lit, derriere nous. Repéré, il fut sèchement viré :
- Dehors, le chien, dans ton fauteuil !
Cinq minutes plus tard, le chien était de nouveau sur le lit. Il avait juste pris soin d'aller chercher la vieille couverture qui protégeait son fauteuil et de se coucher sur elle. Admiration générale, bien sûr, et justifiée : qu'un animal pût associer une interdiction à l'idée abstraite de propreté et en tirer la conclusion qu'il fallait faire son lit pour jouir de la compagnie des maitres, chapeau, evidemment, un authentique raisonnement ! Ce fut un sujet de conversation familiale qui traversa les âges. Personnellement, j'en tirai l'enseignement que même le chien de la maison pigeait plus vite que moi. Je crois bien lui avoir murmuré à l'oreille :
- Demain, c'est toi qui va au bahut, lèche-cul
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          750
bgnbgn11 mars 2013
« Nos « mauvais élèves » (élèves réputés sans devenir) ne viennent jamais seuls à l'école. C'est un oignon qui entre dans la classe : quelques couches de chagrin, de peur, d'inquiétude, de rancœur, de colère, d'envies inassouvies, de renoncement furieux, accumulées sur fond de passé honteux, de présent menaçant, de futur condamné. Regardez, les voilà qui arrivent, leur corps en devenir et leur famille dans leur sac à dos. Le cours ne peut vraiment commencer qu'une fois le fardeau posé à terre et l'oignon épluché. Difficile d'expliquer cela, mais un seul regard suffit souvent, une parole bienveillante, un mot d'adulte confiant, clair et stable, pour dissoudre ces chagrins, alléger ces esprits, les installer dans un pré­sent rigoureusement indicatif.
Naturellement le bienfait sera provisoire, l'oignon se recomposera à la sortie et sans doute faudra-t-il recommencer demain. Mais c'est cela, enseigner c'est recommencer jusqu'à notre nécessaire disparition de professeur. Si nous échouons à installer nos élèves dans l'indicatif présent de notre cours, si notre savoir et le goût de son usage ne prennent pas sur ces garçons et sur ces filles, au sens botanique du verbe, leur existence tanguera sur les fondrières d'un manque indéfini. Bien sûr nous n'aurons pas été les seuls à creuser ces galeries ou à ne pas avoir su les combler, mais ces femmes et ces hommes auront tout de même passé une ou plusieurs années de leur jeunesse, là, assis en face de nous. Et ce n'est pas rien, une année de scolarité fichue : c'est l'éternité dans un bocal. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
mgeffroymgeffroy12 mars 2008
Ou ce professeur de sciences naturelles, en terminale, à qui je dois mon exclusion du lycée. Se plaignant de ce que la moyenne générale de "cette classe" n'éxcédât pas les 3,5/20, il avait commis l'imprudence de nous en demander la raison. Front haussé, menton tendu, commissures tombantes :
- Alors quelqu'un peut-il expliquer cette... prouesse ?
J'ai levé un index poli et suggéré deux explications possibles : ou notre classe constituait une monstruosité statistique (32 élèves qui ne pouvaient dépasser une moyenne de 3,5 en sciences naturelles), ou ce résultat famélique sanctionnait la qualité de l'enseignement dispensé.
Content de moi, je suppose.
Et fichu à la porte
- Héroïque mais inutile, me fit observer un copain : sais-tu la différence entre un professeur et un outil ? Non ? Le mauvais prof n'est pas réparable.
Viré, donc.
Fureur de mon père, bien sûr.
Sales souvenirs, ces années de rancœur ordinaire !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          310
iarseneaiarsenea11 mars 2010
Chaque élève joue de son instrument, ce n'est pas la peine d'aller contre. Le délicat, c'est de bien connaître nos musiciens et de trouver l'harmonie. Une bonne classe, ce n'est pas un régiment qui marche au pas, c'est un orchestre qui travaille la même symphonie. Et si vous avez hérité du petit triangle qui ne sait faire que ting ting, ou de la guimbarde qui ne fait que bloïng, bloïng, le tout est qu'ils le fassent au bon moment, le mieux possible, qu'ils deviennent un excellent triangle, une irréprochable guimbarde, et qu'ils soient fiers de la qualité que leur contribution confère à l'ensemble. Comme le goût de l'harmonie les fait tous progresser, le petit triangle finira lui aussi par connaître la musique, peut-être pas aussi brillament que le premier violon, mais il connaîtra la même musique.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          260
WictorianeWictoriane29 novembre 2008
"Monsieur, j'ai consacré hier deux heures à ne pas faire votre devoir. Non, non, je n'ai pas fait autre chose, je me suis assis à la table de travail, j'ai sorti mon cahier de texte, j'ai lu l'énoncé et, pendant deux heures, je me suis retrouvé dans un état de sidération mathématique, une paralysie mentale dont je ne suis sorti qu'en entendant ma mère m'appeler pour passer à table. Vous le voyez, je n'ai pas fait votre devoir, mais j'y ai bel et bien consacré ces deux heures. Après le dîner il était trop tard, une nouvelle séance de catalepsie m'attendait : mon exercice d'anglais."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          360
Videos de Daniel Pennac (65) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Daniel Pennac
France Bleu Limousin - Daniel Pennac
autres livres classés : écoleVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





. .