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ISBN : B009RRZNEA
Éditeur : Gallimard (2012)


Note moyenne : 3.37/5 (sur 728 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« Donc, j’étais un mauvais élève. Chaque soir de mon enfance, je rentrais à la maison poursuivi par l’école. Mes carnets disaient la réprobation de mes maîtres. Quand je n’étais pas le dernier de ma classe, c’est que j’en étais l’avant-dernier. (Champagne !) Fermé à l’a... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par vincentf, le 04 juillet 2010

    vincentf
    Livre de prof pour les profs, ça tombe bien, je découvre le métier. Discours cliché ? Souvent, mais cliché qui fait du bien, vision gentille et lucide, il faut sauver les cancres, nos semblables, nos frères, de la tyrannie des marques, c'est notre devoir de prof, sauver les hirondelles qui se cognent contre les vitres, leur permettre de s'envoler vers leur sud, la métaphore vaut ce qu'elle vaut, Pennac lui-même le reconnaît, mais admettons, contre tout parti pris d'originalité, que je suis convaincu que ce bouquin dit vrai, que ce que nous devons apprendre, nous les profs, c'est l'ignorance, nous préparer à "ça", au "y" du "j'y comprends rien", au choc du savoir et de l'ignorance, admettre l'impossible, à savoir que nos élèves ne savent pas déjà ce que nous leur apprenons.
    Discours ? mots de pédagogue ? blabla de DAES2 ? Un peu. Trop ? Pennac raconte (c'est son boulot de romancier, après tout, d'ailleurs, ce livre, qu'est-ce que c'est, un roman ? Comme un roman ?). Il se met en avant. Moi, je faisais comme ça : un texte à apprendre par coeur par semaine... oui... tant que ça... et ça marchait... "ça", "ça", "ça". Envie de faire la même chose ? il faudrait, on aimerait bien et on se dit qu'on le fera peut-être plus tard, quand on (qui, on ? ça ? y ?) sera vraiment prof, qu'on pourra faire (ô illusion dont même Pennac est conscient) ce qu'on veut.
    Bref, c'est quoi un bon prof ? Ne surtout pas répondre, car on s'abaisserait à en faire une affaire de méthode, de présence physique, de compétence didactique, etc. Pennac lâche un indice : un bon prof se couche tôt, et j'écris ce texte déjà trop tard dans la soirée. Démissionnons, je ne serai jamais un couche-tôt. Il doit bien y avoir des exceptions pour que la règle soit confirmée. Un bon prof, alors, c'est quoi ? c'est qui ? C'est un type qui aime ses élèves. Aimer ? Tu dérapes mon ami... Aimer pourtant, seule solution. le savoir dont je cherche à donner le goût à mes élèves, si je le leur transmets, c'est uniquement parce que je pense qu'il est peut-être utile à leur bonheur comme il l'est au mien, et comme je les aime, mes élèves, cancres ou friandises, je fais tout mon possible pour les rendre heureux. Idéalisme cul-cul ? Naïveté ? Sortez les violons que je vous montre à quel point je suis gentil dans mon monde rose de roman à l'eau du même nom ? Oui. Faire prof sans être idéaliste, c'est comme faire curé sans croire en Dieu.
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    • Livres 5.00/5
    Par Cigale11, le 08 février 2013

    Cigale11
    Dire de ce livre qu'il est magnifique serait un euphémisme, faire emploi d'un terme réducteur pour illustrer ce qui représente, à mes yeux, un chef-d'oeuvre littéraire. Dans «chagrin d'école», Daniel Pennac ne dépeindra pas le système scolaire, pas plus que son rôle social, ses programmes, l'école d'hier et celle de demain, tout cela même qu'il considère changeant. Plutôt, il décrira ce qui constitue un facteur immuable de la société: la douleur partagée du cancre, des parents et des professeurs. Et, contre toute attente, pour illustrer ce cancre, il utilisera un modèle lui étant familier: le sien. Difficile à croire, non? Et pourtant... Sa scolarité fut désastreuse et il en garde de profondes blessures. Il mettra 1 an à assimiler la lettre «a» et son père lui dira sarcastiquement que 26 années devraient lui être suffisantes pour qu'il saisisse l'alphabet de A à Z!
    Du cancre qu'il fut, il cherchera à en cibler les origines, familiales ou autres. Ces années auront laissé de lourdes séquelles: la peur et l'anticipation, la perte de confiance en soi, le renoncement à l'effort, la solitude, le chagrin, la honte, la haine et le besoin d'affection. Tel qu'il l'exprime avec vécu et justesse: «si l'on guérit parfois de la cancrerie, on ne cicatrise jamais tout à fait des blessures qu'elle nous infligea».
    Il tentera également de retracer les gens et les situations grâce auxquels il s'en est sorti. Comment est né le professeur et l'écrivain célèbre? À quoi attribuer ce devenir? D'où en tire-t-il ses origines? Quels en sont les éléments déclencheurs? L'auteur se posera beaucoup de questions sur les dix années de sa vie, de février 1959 à septembre 1969, où il est devenu, cette métamorphose du cancre en professeur. Il y a certes eu ces professeurs qui ont cru en lui et qui lui ont donné un statut, de même que le rôle de la lecture à travers ce changement, l'écriture avant tout, l'amour également... Mais il se souviendra aussi de ses moments de délinquance comme d'un exutoire à la souffrance: «La naissance de la délinquance, c'est l'investissement secret de toutes les facultés de l'intelligence dans la ruse». La délinquance... son plus beau prétexte pour quémander en douce l'assentiment de ses professeurs, se faire voir des adultes et prouver qu'il existe.
    Daniel Pennac a la passion de l'enseignement. Il nous entretiendra longuement de sa relation avec ses étudiants (es) et de son attachement plus marqué envers les «cancres», ceux qui ont des défis à relever, d'ordre familial, individuel ou autre. Il croira en leur avenir et sera sensible à leur vécu du moment. D'ailleurs, l'auteur partagera le contenu, par maints détails, des nombreuses heures passées auprès d'eux (elles) à les encourager et user de psychologie. Car, comme il le dira: «Il n'y a pas plus étanche que le chagrin pour faire écran au savoir». Daniel Pennac se consacrera donc corps et âme à ses étudiants (es): «Quand je suis avec eux ou dans leurs copies je ne suis pas ailleurs». Il transmettra son savoir par le jeu et l'humour: «Le jeu est la respiration de l'effort, l'autre battement du cœur, il ne nuit pas au sérieux de l'apprentissage». de cet apprentissage, il préconisera la méthode douce: «...la courtoisie mieux que la baffe prédispose à la réflexion». Et tout cela pour redonner le goût à l'effort... Il s'adaptera à leur langage, leurs silences, leur hostilité. Mais, avant tout: «Il faut aussi savoir donner de l'amour, les méthodes ne suffisent pas». Et l'amour, il en a à donner!
    Quelle belle découverte que cet auteur. Son écriture est précise, dense, passionnée, sarcastique et ses images surprenantes... Ah, ces images tellement riches dont le livre est généreusement rempli. D'ailleurs, dès les premières pages, je venais déjà de m'arrêter à cette réflexion, parlant de sa mère: «Très tôt mon avenir lui parut si compromis qu'elle ne fut jamais tout à fait assurée de mon présent»...
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    • Livres 5.00/5
    Par olivberne, le 11 octobre 2012

    olivberne
    Ce livre devrait être donné en lecture obligatoire à toute personne prétendant devenir enseignat. C'est un hymne à ce métier, un hymne aux élèves et surtout aux cancres que Pennac représente et revalorise. Tout au long de la lecture, je me suis extasié, inquiété, surpris et ému de cette expérience d'élève puis de professeur. Je me suis vu tous les jours devant mes élèves, en me demandant si moi aussi je pourrais oser ce qu'il tente. Pennac est un prof comme il y en a peu dans l'éducation nationale, de ces profs qui aiment leur métier, qui aiment leurs élèves et qui ont envie d'avancer. Quand j'entends des inepties à chaque conseil de classe, je me demande si c'est encore utile de le faire lire à certains. Mais heureusement lui aussi a connu des échecs, des ratés, des déceptions et cela rassure, cela remotive car il montre comment les dépasser (quand on peut).
    Le livre se lit très rapidement, il se dévore quand on accroche. Une pensée pénnachienne par jour, une page à lire et ça repart.
    C'est l'un de mes bonheurs de lecture de ces dernières années, pas seulement pour toutes ces raisons. C'est une autobiographie de qualité, magré les défauts possibles (Pennac ne serait-il pas autosuffisant?)
    Lisez et faites lire Chagrin d'école, vous ne le regretterez pas!
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  • Par Zazette97, le 28 août 2011

    Zazette97
    "chagrin d'école" est un essai de l'écrivain français Daniel Pennac, publié et détenteur du prix Renaudot en 2007.
    L'auteur revient sur ses années passées sur les bancs de l'école, sur cette étiquette de cancre qui le poursuivit durant toute sa scolarité et lui valut un passage en pensionnat, sur la lecture, sur ces quelques professeurs qui l'ont sauvé de leurs enseignements et sur cette volonté de devenir à son tour, bien des années plus tard, enseignant.
    L'auteur nous livre au détour d'anecdotes son expérience d'enfant en difficulté scolaire, la douleur de vivre en marge du savoir et de ses camarades ainsi que l'incompréhension et les réactions de ces générations entières de parents inquiets que leurs enfants ne fassent rien de leur vie plus tard.
    A la lumière de cette tranche de vie et en tant que "rescapé" comme il le dit lui-même devenu professeur, il partage ses vues sur un enseignement qu'il conçoit comme tributaire d'une faculté d'écoute et d'accompagnement.
    " Je me faisais l'effet d'un maître-nageur. Les plus faibles avançaient en peinant, la tête hors de l'eau, segment par segment, accrochés à la planche de mes explications, puis ils nageaient seuls, quelques propositions d'abord, jusqu'à s'offrir bientôt une longueur de paragraphe, sans lire, de tête." p.165

    Je trouvais intéressant de mettre en parallèle l'expérience du cancre et celle du professeur, toutes deux vécues par la même personne et présentées comme étant les deux faces d'une pièce.
    Malheureusement - et ce sentiment ne m'a pas quittée durant toute ma lecture - j'ai ressenti un profond décalage entre la "cancre attitude" vécue par Pennac et le constat d'échec scolaire actuel.
    Et au vu de ce qui se raconte autour de moi, notamment par des ami(e)s profs, à défaut d'utiliser le terme de "maître-nageur" pour qualifier le professeur actuel, je serais tentée de lui préférer celui de "gardien de zoo" tant les évocations telles que "ne savent pas se tenir tranquilles" ou "insultent et balancent des craies" affluent dans les discussions...
    Je ne pense pas qu'à l'époque actuelle, l'enseignant que Pennac était autrefois récolterait tant d'attention de la part d'un élève en lui parlant grammaire (à cet effet, j'ai d'ailleurs trouvé certains passages assez "geek" et longs...) ou "pensée magique"...
    Aussi, bien que j'ai adhéré à plusieurs idées de l'auteur ( l'utilité en français d'apprendre certains textes par coeur pour mieux en mesurer l'intensité comme c'est le cas pour le théâtre, la comparaison des élèves habillés par les marques en hommes/femmes sandwiches ou encore l'importance de casser le prisme de l'échec par l'encouragement), j'ai trouvé que les pistes qu'il proposait étaient quelque peu naïves voire dépassées vu le contexte actuel.
    Bien que j'ai nettement préféré la partie consacrée au "Pennac cancre" qu'au "Pennac prof", j'ai ressenti à travers l'écriture de l'auteur une vraie âme de pédagogue ainsi qu'une infinie tendresse pour ces générations de jeunes qui furent ses élèves.
    Les chapitres sont plutôt courts en ce qu'ils contiennent un bon nombre d'anecdotes entremêlées de contenu à caractère plus "sociologique" et teintées de petites touches d'humour.
    " Quand j'étais adolescent, nous étions au moins deux à le faire exprès : Pablo Picasso et moi. le génie et le cancre. le cancre ne faisait rien et le génie faisait n'importe quoi, mais exprès, tous les deux. C'était notre seul point commun. " p.202
    " - Les profs, ils nous prennent la tête , m'sieur !
    - Tu te trompes. Ta tête est déjà prise. Les professeurs essayent de te la rendre." p.227
    Une lecture intéressante et qui fut loin d'être déplaisante même si, vu le sujet, j'ai eu l'impression d'être restée en retrait.
    Il faut dire que je ne suis ni professeur, ni mère, ni amie d'une mère d'adolescent. Je n'ai pas non plus été un cancre à proprement parler. J'étais très bavarde, facilement distraite mais malgré mes faiblesses en math et en sciences, je réussissais toujours à garder la tête hors de l'eau ou presque...
    "Quelle que soit la matière qu'il enseigne, un professeur découvre très vite qu'à chaque question posée, l'élève interrogé dispose de trois réponses possibles : la juste, la fausse, l'absurde. J'ai moi-même passablement abusé de l'absurde pendant ma scolarité." p.178

    Il ne fut pas le seul. Je me souviens de quelques exemples, notamment lors d'un cours de physique durant lequel ma prof tentait tant bien que mal de m'expliquer heu...je ne sais plus quoi...Bref elle me dit "Mais enfin Cynthia, ça n'est pas compliqué! Tu as 8 morceaux de saucisson. Tu en places 3 dans un tunnel et 5 dans un autre, combien y a t-il de morceaux au bout du compte?".
    J'avais trouvé sa question tellement débile et insultante en regard de ma volonté à comprendre son cours que je lui ai répondu "Je ne sais pas madame, je n'ai jamais croisé de saucisson dans les tunnels...".
    Hum...Soit. Peut-être envisagerais-je ce livre d'une toute autre façon d'ici quelques années...

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2010/03/chagrin-decole-daniel-penn..
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    • Livres 4.00/5
    Par sultanne, le 26 août 2012

    sultanne
    Quelle belle plume que celle de Pennac, que je découvre avec autant de bonheur à chaque fois ; plume empreinte d'une tendresse doucereuse, rassurante ; prose, poétique à souhait ; plume un peu fouilli, foure-tout-bazard ou pêle-mêle ; plume humaniste, belle et grandiose.
    Du cancre invétéré au prof se croyant investi d'une mission quasi-divine, Daniel Pennac retrace, dans le chaos de sa mémoire, son propre cursus d'écolier, semé d'embûches et de découragement, comme l'aura été celui de tout un chacun.
    Mais de partout, dans toutes les pores de son encre, transpire un amour invétéré pour la langue, pour sa grammaire, sa sonorité, pour le sens caché que ses textes proposent, pour tout ce qu'une langue a de promesses et d'inattendu, pour toute l'Histoire dont elle est constamment grosse, pour son caractère à la fois inaltérable et impalpable...
    Bref, je retrouve chez Pennac ce regard d'amour fasciné que je porte depuis toujours à ma langue, celle que je parle, celle qui me parle si je l'écoute un peu, celle que j'enseigne avec, parfois, autant de fougue et de folie que semble l'avoir fait ce M. Pennac.
    à lire à chaque rentrée des classes pour se remettre dans le doit chemin !
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 01 mars 2008
    Lecture jeune, n°125 - En quatrième de couverture, un bulletin scolaire donne le ton, Daniel Pennac était un piètre élève, cancre et chahuteur mais aussi créatif et gai. Nous serions tentés d’en rire mais Daniel Pennac nous annonce ici que ce statut était cause de souffrance. Il fallait faire face à la grande institution scolaire, aux courroux des professeurs alors que le premier drame était certainement celui de l’élève angoissé, face à l’incapacité d’apprendre ou de comprendre. Il livre ici une part de son enfance mais il rend également hommage aux enseignants qui prêtent attention à ceux qui se trouvent au fond de la classe. Le propos de Pennac, parfois confus ou répétitif concerne tout à la fois son histoire et celle des cancres d’aujourd’hui. Du point de vue du professeur, il dénonce une société de consommation qui pousse les jeunes à « avoir » plutôt qu’à « être » ou à « apprendre », la démission des parents, le chômage qui décourage. Plus loin, il sourit en racontant les appels désespérés des parents face à un enfant turbulent et démissionnaire, changeant sans cesse d’établissement. Mais surtout, il s’enthousiasme lorsque des initiatives permettent de faire se rencontrer l’école et les élèves. Cet essai dense et inégal se lit d’une traite et avec plaisir, comme un bon roman de Pennac, car il sait nous communiquer sa ferveur, sa passion pour l’enseignement. On retrouve d’ailleurs son style léger et nostalgique. À travers ce portrait du cancre qu’il a été, on devine également qu’il a nourri le personnage de Benjamin Mallaussène, bouc émissaire et « mauvais élève ». Un ouvrage qui, malgré ses faiblesses, a le mérite de donner une vision positive de l’enseignement, de susciter l’envie de lancer des passerelles vers ceux qui semblent être les oubliés de l’école. Anne Clerc

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Citations et extraits

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  • Par krystal, le 22 février 2008

    Un après midi de l'année du bac (une des années du bac) mon père me donnant un cours de trigonométrie dans la pièce qui nous servait de bibliothèque, notre chien se coucha en douce sur le lit, derriere nous. Repéré, il fut sèchement viré :
    - Dehors, le chien, dans ton fauteuil !
    Cinq minutes plus tard, le chien était de nouveau sur le lit. Il avait juste pris soin d'aller chercher la vieille couverture qui protégeait son fauteuil et de se coucher sur elle. Admiration générale, bien sûr, et justifiée : qu'un animal pût associer une interdiction à l'idée abstraite de propreté et en tirer la conclusion qu'il fallait faire son lit pour jouir de la compagnie des maitres, chapeau, evidemment, un authentique raisonnement ! Ce fut un sujet de conversation familiale qui traversa les âges. Personnellement, j'en tirai l'enseignement que même le chien de la maison pigeait plus vite que moi. Je crois bien lui avoir murmuré à l'oreille :
    - Demain, c'est toi qui va au bahut, lèche-cul
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  • Par bgn, le 11 mars 2013

    « Nos « mauvais élèves » (élèves réputés sans devenir) ne viennent jamais seuls à l'école. C'est un oignon qui entre dans la classe : quelques couches de chagrin, de peur, d'inquiétude, de rancœur, de colère, d'envies inassouvies, de renoncement furieux, accumulées sur fond de passé honteux, de présent menaçant, de futur condamné. Regardez, les voilà qui arrivent, leur corps en devenir et leur famille dans leur sac à dos. Le cours ne peut vraiment commencer qu'une fois le fardeau posé à terre et l'oignon épluché. Difficile d'expliquer cela, mais un seul regard suffit souvent, une parole bienveillante, un mot d'adulte confiant, clair et stable, pour dissoudre ces chagrins, alléger ces esprits, les installer dans un pré­sent rigoureusement indicatif.
    Naturellement le bienfait sera provisoire, l'oignon se recomposera à la sortie et sans doute faudra-t-il recommencer demain. Mais c'est cela, enseigner c'est recommencer jusqu'à notre nécessaire disparition de professeur. Si nous échouons à installer nos élèves dans l'indicatif présent de notre cours, si notre savoir et le goût de son usage ne prennent pas sur ces garçons et sur ces filles, au sens botanique du verbe, leur existence tanguera sur les fondrières d'un manque indéfini. Bien sûr nous n'aurons pas été les seuls à creuser ces galeries ou à ne pas avoir su les combler, mais ces femmes et ces hommes auront tout de même passé une ou plusieurs années de leur jeunesse, là, assis en face de nous. Et ce n'est pas rien, une année de scolarité fichue : c'est l'éternité dans un bocal. »
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  • Par mgeffroy, le 12 mars 2008

    Ou ce professeur de sciences naturelles, en terminale, à qui je dois mon exclusion du lycée. Se plaignant de ce que la moyenne générale de "cette classe" n'éxcédât pas les 3,5/20, il avait commis l'imprudence de nous en demander la raison. Front haussé, menton tendu, commissures tombantes :
    - Alors quelqu'un peut-il expliquer cette... prouesse ?
    J'ai levé un index poli et suggéré deux explications possibles : ou notre classe constituait une monstruosité statistique (32 élèves qui ne pouvaient dépasser une moyenne de 3,5 en sciences naturelles), ou ce résultat famélique sanctionnait la qualité de l'enseignement dispensé.
    Content de moi, je suppose.
    Et fichu à la porte
    - Héroïque mais inutile, me fit observer un copain : sais-tu la différence entre un professeur et un outil ? Non ? Le mauvais prof n'est pas réparable.
    Viré, donc.
    Fureur de mon père, bien sûr.
    Sales souvenirs, ces années de rancœur ordinaire !
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  • Par wictoria, le 29 novembre 2008

    "Monsieur, j'ai consacré hier deux heures à ne pas faire votre devoir. Non, non, je n'ai pas fait autre chose, je me suis assis à la table de travail, j'ai sorti mon cahier de texte, j'ai lu l'énoncé et, pendant deux heures, je me suis retrouvé dans un état de sidération mathématique, une paralysie mentale dont je ne suis sorti qu'en entendant ma mère m'appeler pour passer à table. Vous le voyez, je n'ai pas fait votre devoir, mais j'y ai bel et bien consacré ces deux heures. Après le dîner il était trop tard, une nouvelle séance de catalepsie m'attendait : mon exercice d'anglais."
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  • Par iarsenea, le 11 mars 2010

    Chaque élève joue de son instrument, ce n'est pas la peine d'aller contre. Le délicat, c'est de bien connaître nos musiciens et de trouver l'harmonie. Une bonne classe, ce n'est pas un régiment qui marche au pas, c'est un orchestre qui travaille la même symphonie. Et si vous avez hérité du petit triangle qui ne sait faire que ting ting, ou de la guimbarde qui ne fait que bloïng, bloïng, le tout est qu'ils le fassent au bon moment, le mieux possible, qu'ils deviennent un excellent triangle, une irréprochable guimbarde, et qu'ils soient fiers de la qualité que leur contribution confère à l'ensemble. Comme le goût de l'harmonie les fait tous progresser, le petit triangle finira lui aussi par connaître la musique, peut-être pas aussi brillament que le premier violon, mais il connaîtra la même musique.
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Bande-annonce du film d'animation Ernest et Célestine (2012).








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