ISBN : 2070769178
Éditeur : Editions Gallimard (2007)


Note moyenne : 3.33/5 (sur 386 notes) Ajouter à mes livres
« Donc, j’étais un mauvais élève. Chaque soir de mon enfance, je rentrais à la maison poursuivi par l’école. Mes carnets disaient la réprobation de mes maîtres. Quand je n’étais pas le dernier de ma classe, c’est que j’en étais l’avant-dernier. (Champagne !) Fermé à l’a... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par vincentf, le 04 juillet 2010

    vincentf
    Livre de prof pour les profs, ça tombe bien, je découvre le métier. Discours cliché ? Souvent, mais cliché qui fait du bien, vision gentille et lucide, il faut sauver les cancres, nos semblables, nos frères, de la tyrannie des marques, c'est notre devoir de prof, sauver les hirondelles qui se cognent contre les vitres, leur permettre de s'envoler vers leur sud, la métaphore vaut ce qu'elle vaut, Pennac lui-même le reconnaît, mais admettons, contre tout parti pris d'originalité, que je suis convaincu que ce bouquin dit vrai, que ce que nous devons apprendre, nous les profs, c'est l'ignorance, nous préparer à "ça", au "y" du "j'y comprends rien", au choc du savoir et de l'ignorance, admettre l'impossible, à savoir que nos élèves ne savent pas déjà ce que nous leur apprenons.
    Discours ? mots de pédagogue ? blabla de DAES2 ? Un peu. Trop ? Pennac raconte (c'est son boulot de romancier, après tout, d'ailleurs, ce livre, qu'est-ce que c'est, un roman ? Comme un roman ?). Il se met en avant. Moi, je faisais comme ça : un texte à apprendre par coeur par semaine... oui... tant que ça... et ça marchait... "ça", "ça", "ça". Envie de faire la même chose ? il faudrait, on aimerait bien et on se dit qu'on le fera peut-être plus tard, quand on (qui, on ? ça ? y ?) sera vraiment prof, qu'on pourra faire (ô illusion dont même Pennac est conscient) ce qu'on veut.
    Bref, c'est quoi un bon prof ? Ne surtout pas répondre, car on s'abaisserait à en faire une affaire de méthode, de présence physique, de compétence didactique, etc. Pennac lâche un indice : un bon prof se couche tôt, et j'écris ce texte déjà trop tard dans la soirée. Démissionnons, je ne serai jamais un couche-tôt. Il doit bien y avoir des exceptions pour que la règle soit confirmée. Un bon prof, alors, c'est quoi ? c'est qui ? C'est un type qui aime ses élèves. Aimer ? Tu dérapes mon ami... Aimer pourtant, seule solution. le savoir dont je cherche à donner le goût à mes élèves, si je le leur transmets, c'est uniquement parce que je pense qu'il est peut-être utile à leur bonheur comme il l'est au mien, et comme je les aime, mes élèves, cancres ou friandises, je fais tout mon possible pour les rendre heureux. Idéalisme cul-cul ? Naïveté ? Sortez les violons que je vous montre à quel point je suis gentil dans mon monde rose de roman à l'eau du même nom ? Oui. Faire prof sans être idéaliste, c'est comme faire curé sans croire en Dieu.
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  • Par Zazette97, le 28 août 2011

    Zazette97
    "chagrin d'école" est un essai de l'écrivain français Daniel Pennac, publié et détenteur du prix Renaudot en 2007.
    L'auteur revient sur ses années passées sur les bancs de l'école, sur cette étiquette de cancre qui le poursuivit durant toute sa scolarité et lui valut un passage en pensionnat, sur la lecture, sur ces quelques professeurs qui l'ont sauvé de leurs enseignements et sur cette volonté de devenir à son tour, bien des années plus tard, enseignant.
    L'auteur nous livre au détour d'anecdotes son expérience d'enfant en difficulté scolaire, la douleur de vivre en marge du savoir et de ses camarades ainsi que l'incompréhension et les réactions de ces générations entières de parents inquiets que leurs enfants ne fassent rien de leur vie plus tard.
    A la lumière de cette tranche de vie et en tant que "rescapé" comme il le dit lui-même devenu professeur, il partage ses vues sur un enseignement qu'il conçoit comme tributaire d'une faculté d'écoute et d'accompagnement.
    " Je me faisais l'effet d'un maître-nageur. Les plus faibles avançaient en peinant, la tête hors de l'eau, segment par segment, accrochés à la planche de mes explications, puis ils nageaient seuls, quelques propositions d'abord, jusqu'à s'offrir bientôt une longueur de paragraphe, sans lire, de tête." p.165

    Je trouvais intéressant de mettre en parallèle l'expérience du cancre et celle du professeur, toutes deux vécues par la même personne et présentées comme étant les deux faces d'une pièce.
    Malheureusement - et ce sentiment ne m'a pas quittée durant toute ma lecture - j'ai ressenti un profond décalage entre la "cancre attitude" vécue par Pennac et le constat d'échec scolaire actuel.
    Et au vu de ce qui se raconte autour de moi, notamment par des ami(e)s profs, à défaut d'utiliser le terme de "maître-nageur" pour qualifier le professeur actuel, je serais tentée de lui préférer celui de "gardien de zoo" tant les évocations telles que "ne savent pas se tenir tranquilles" ou "insultent et balancent des craies" affluent dans les discussions...
    Je ne pense pas qu'à l'époque actuelle, l'enseignant que Pennac était autrefois récolterait tant d'attention de la part d'un élève en lui parlant grammaire (à cet effet, j'ai d'ailleurs trouvé certains passages assez "geek" et longs...) ou "pensée magique"...
    Aussi, bien que j'ai adhéré à plusieurs idées de l'auteur ( l'utilité en français d'apprendre certains textes par coeur pour mieux en mesurer l'intensité comme c'est le cas pour le théâtre, la comparaison des élèves habillés par les marques en hommes/femmes sandwiches ou encore l'importance de casser le prisme de l'échec par l'encouragement), j'ai trouvé que les pistes qu'il proposait étaient quelque peu naïves voire dépassées vu le contexte actuel.
    Bien que j'ai nettement préféré la partie consacrée au "Pennac cancre" qu'au "Pennac prof", j'ai ressenti à travers l'écriture de l'auteur une vraie âme de pédagogue ainsi qu'une infinie tendresse pour ces générations de jeunes qui furent ses élèves.
    Les chapitres sont plutôt courts en ce qu'ils contiennent un bon nombre d'anecdotes entremêlées de contenu à caractère plus "sociologique" et teintées de petites touches d'humour.
    " Quand j'étais adolescent, nous étions au moins deux à le faire exprès : Pablo Picasso et moi. le génie et le cancre. le cancre ne faisait rien et le génie faisait n'importe quoi, mais exprès, tous les deux. C'était notre seul point commun. " p.202
    " - Les profs, ils nous prennent la tête , m'sieur !
    - Tu te trompes. Ta tête est déjà prise. Les professeurs essayent de te la rendre." p.227
    Une lecture intéressante et qui fut loin d'être déplaisante même si, vu le sujet, j'ai eu l'impression d'être restée en retrait.
    Il faut dire que je ne suis ni professeur, ni mère, ni amie d'une mère d'adolescent. Je n'ai pas non plus été un cancre à proprement parler. J'étais très bavarde, facilement distraite mais malgré mes faiblesses en math et en sciences, je réussissais toujours à garder la tête hors de l'eau ou presque...
    "Quelle que soit la matière qu'il enseigne, un professeur découvre très vite qu'à chaque question posée, l'élève interrogé dispose de trois réponses possibles : la juste, la fausse, l'absurde. J'ai moi-même passablement abusé de l'absurde pendant ma scolarité." p.178

    Il ne fut pas le seul. Je me souviens de quelques exemples, notamment lors d'un cours de physique durant lequel ma prof tentait tant bien que mal de m'expliquer heu...je ne sais plus quoi...Bref elle me dit "Mais enfin Cynthia, ça n'est pas compliqué! Tu as 8 morceaux de saucisson. Tu en places 3 dans un tunnel et 5 dans un autre, combien y a t-il de morceaux au bout du compte?".
    J'avais trouvé sa question tellement débile et insultante en regard de ma volonté à comprendre son cours que je lui ai répondu "Je ne sais pas madame, je n'ai jamais croisé de saucisson dans les tunnels...".
    Hum...Soit. Peut-être envisagerais-je ce livre d'une toute autre façon d'ici quelques années...

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2010/03/chagrin-decole-daniel-penn..
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    • Livres 3.00/5
    Par muet-comme-un-carpe-diem, le 23 juillet 2009

    muet-comme-un-carpe-diem
    Je n'ai jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture n'ait dissipé.
    Montesquieu, Mes pensées
    Comme tant d'autres j'ai lu les tribulations de la tribu Malaussène ou l'essai Comme un roman qui se limite pas, loin s'en faut aux droits du lecteur, si souvent cités. Lorsque la médiathèque de mon quartier a mis en avant le dernier livre de Daniel Pennac, j'ai donc été tenté de voir de quoi il retournait.
    La polysémie du mot chagrin permet en effet d'évoquer aussi bien le déplaisir que la tristesse en passant par la morosité ou l'irritation. le terme désigne également la peau de chèvre, de veau ou de vache qui rendue grenue après un traitement idoine sera utilisée par les relieurs. Sans parler de La Peau de Chagrin de Balzac et de la malédiction qui y est associée.
    Le titre résume donc assez bien le contenu de cet essai sur les difficultés scolaires. En dépit de son parcours d'ancien cancre qui peina tant et plus sur les bancs de l'école, Daniel Pennac nous explique comment il réussit pourtant à devenir professeur puis écrivain à succès.

    Pour Daniel Pennac qui se retrouve par conséquent à la fois juge et partie, l'exercice n'est pas sans difficultés car le cancre qu'il fut continue à faire entendre sa voix douloureuse. Une voix quasi schizophrènique qui boude le plaisir de la réussite. Une voix qui remet en cause les certitudes du pédagogue citoyen comme dans cet épisode de la rencontre avec Maximilien dans les rues de Belleville.
    Arrogant dans un premier temps lorsqu'il avait demandé sans amènité du feu à ce passant , Maximilien avait ensuite reconnu l'auteur de La Fée Carabine et lui avait demandé, rouge de confusion, de l'aide pour un devoir de français. Parce qu'il lui avait demandé du feu sans aucun respect, l'écrivain avait refusé son aide à l'adolescent.
    De prime abord, on pourrait tomber d'accord sur cette limite posée, mais le cancre qui s'exprime par la plume de l'écrivain met en exergue qu'il a par ce refus gâché une occasion de rebondir sur cette demande intéressée pour la transformer en intérêt pour le texte.
    C'est l'un des points forts de ce livre : montrer sans culpabiliser que nous contribuons sans le vouloir à élever les murs qui enferment ces élèves accumulant les échecs que nous soyons parents, enseignants ou citoyens. Ce qui n'est pas sans rappeler l'appel de Thierry Jonquet à aborder la complexité certes sans angélisme mais également sans manichéisme pour tordre le coup aux positions de principes pétries de bonnes intentions. Daniel Pennac partage la volonté de François Bégaudeau de rendre compte de façon clinique de la réalité de l'école au-delà de tout esprit partisan.
    Un esprit chagrin pointerait non sans raisons que si Daniel Pennac est parvenu à sortir de son statut de cancre c'est en partie dû à son milieu social (père polytechnicien) qui lui a permis de profiter du consumérisme scolaire et de jongler entre les établissements en fonction des besoins supposés.
    Mais ce serait faire peu de cas des efforts sincères developpés par l'écrivain pour mettre à jour quelques unes des causes de la difficulté d'apprendre, les stratégies d'évitement, les appels à l'aide déguisés en provocations, le besoin d'amour de l'enfant qui va le pousser à appliquer à la lettre et hors de propos ce que lui a été dit par l'enseignant. Ce serait faire peu de cas des pistes pédagogiques qu'il propose pour réconcilier ces mêmes enfants avec la littérature et l'analyse grammaticale.
    De quoi essayer de comprendre ce que peut désigner "le " et "y" dans "Tu le fais exprès !" ou dans "J'y arrive pas !" quoiqu'on pense par ailleurs des idées de l'auteur, de l'ancien professeur de français ou du citoyen.. De quoi contribuer au débat sur les nouveaux programmes et plus largement sur l'avenir de nos enfants.
    Le cancre
    Il dit non avec la tête
    mais il dit oui avec le coeur
    il dit oui à ce qu'il aime
    il dit non au professeur
    il est debout
    on le questionne
    et tous les problèmes sont posés
    soudain le fou rire le prend
    et il efface tout
    les chiffres et les mots
    les dates et les noms
    les phrases et les pièges
    et malgré les menaces du maître
    sous les huées des enfants prodiges
    avec des craies de toutes les couleurs
    sur le tableau noir du malheur
    il dessine le visage du bonheur
    Jacques Prévert, Paroles.


    Lien : http://muet-comme-un-carpe-diem.over-blog.com/article-18556293.html
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    • Livres 1.00/5
    Par chartel, le 12 novembre 2010

    chartel
    Parce que je n'avais jamais lu Pennac (grand succès commercial) et que je désirais comparer les goûts littéraires de ma mère avec les miens, j'ai lu ce bouquin (prix Renaudot 2007 !!!). C'est d'une telle banalité, d'une telle lourdeur narrative que j'aurai beaucoup de mal à en parler, c'est toujours plus facile de rédiger une critique d'un livre qui vous a bouleversé, ému et captivé que de tenter de trouver des éléments d'analyse d'une œuvre qui vous a laissé de marbre. Mais bon, je me suis lancé dans le sujet, allons-y jusqu'au bout.
    Pennac fut un cancre, mais un cancre tel qu'il dut, après la troisième, suivre une seconde dans un lycée général. Et puis, il savait rédiger des lettres avec une syntaxe plutôt correcte pour son âge, mis à part les fautes d'orthographe (mais qui n'en fait pas autant en sixième). Enfin, comme Daniel Pennac est sorti miraculeusement de ses abyssales difficultés scolaires, il est devenu professeur de Lettres et a dû se coltiner des gamins vraiment pas faciles, la crème des crèmes, les rebus de la société… à Soisson, petite ville de province. Bon, c'est vrai que ses enfants, ils savent, en sixième, repérer dans une phrase un pronom relatif et une conjonction de coordination. Bon, c'est vrai qu'ils ont tous des parents qui suivent leur scolarité avec beaucoup d'attention, au point d'appeler monsieur Pennac en personne, à son domicile (les sans gêne !), en soirée, alors qu'il aurait pu corriger tranquillement ses copies. Mais Monsieur Pennac est tellement gentil, qu'il répond à toutes leurs craintes, à toutes leurs angoisses, et qu'il trouve toujours les mots justes pour les réconforter, qu'il trouve toujours une solution à leurs problèmes.
    Vous comprenez que la fausse modestie de ce récit autobiographique peut irriter facilement. Surtout que Monsieur Pennac n'a pas peur de passer pour un sacré mythomane lorsqu'il nous gratifie de scènes affligeantes où tous ses élèves sont devenus de grands passionnés de littérature (bon, il y a eu des échecs, un ou deux élèves tous les dix ans, mais c'était des cas irréparables !) On a donc bien compris que Monsieur Pennac était un grand professeur, parce qu'il avait été un cancre et qu'il comprenait la souffrance des gamins. Ressortent alors les lieux communs : ne pas faire peur aux élèves, les aimer, parler d'amour avant tout et enfin être passionné par son métier et par la transmission des savoirs. On ressort alors un peu pantois de ce récit, malheureusement desservit par une absence de style.
    Pour conclure, Pennac finit en apothéose cette fade discussion narcissique par l'image des hirondelles borderline qui se heurtent aux carreaux de sa fenêtre et qu'il s'empresse de recueillir pour les aider à reprendre leur course vers la vie, et au cas où on n'aurait pas compris, parce que quand même Pennac est un très bon professeur tout de même, il nous explique tout, il nous dit qu'il s'agit d'une métaphore…
    Succès commercial ? Prix Renaudot 2007 ? … Je dois venir de la planète Mars.
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  • Par lilicrapota, le 29 octobre 2011

    lilicrapota
    très bon bouquin, moi qui ne suis pas très fan des livres qui tournent autour de la vie de l'école, là je dirai que c'est un livre pour les enseignants certes, véritable profession de foi, à relire dès qu'on a en face de nous un "valignien", un bachibouzouc d'élève qui ne comprend rien, mais aussi un livre pour les parents. le style est fluide et pourtant d'une richesse d'esprit géniale, il faut vraiment être doué (ou avoir beaucoup travaillé) pour arriver à faire passer tant d'idées (idées qui sont poussées jusqu'au bout d'elles mêmes) dans des phrases syntaxiquement si simples et qu'il ne faut pas relire deux fois pour comprendre. Pennac, parlant du cancre qu'il fut durant sa jeunesse, parle de la place du cancre dans l'école -et plus généralement dans la société. Ses deux points de vue (celui de l'ancien cancre et celui du professeur qui a des cancres en face de lui) servent à loisir son analyse, qu'elle se penche sur le milieu familial, le rôle de la société moderne et de la communication, ou encore sur l'aspect psychologique de l'enfermement, du serpent qui se mord la queue, du "miroir ourobore" comme dirait Pessoa. Je ferais bien une analyse plus approfondie du bouquin juste pour mon petit plaisir personnel car je me doute que ça n'intéresse pas grand monde, mais voyez-vous on est le 31, j'ai préparé quelques mets onctueux que j'ai inventé moi-même et vu l'heure il va falloir s'occuper de l'apéro (même si je n'y ai pas droit, snifffff...), donc de façon très simple je vous conseille la lecture de ce livre, et de façon plus générale la lecture de tous les Pennac car c'est un auteur génial!
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 01 mars 2008
    Lecture jeune, n°125 - En quatrième de couverture, un bulletin scolaire donne le ton, Daniel Pennac était un piètre élève, cancre et chahuteur mais aussi créatif et gai. Nous serions tentés d’en rire mais Daniel Pennac nous annonce ici que ce statut était cause de souffrance. Il fallait faire face à la grande institution scolaire, aux courroux des professeurs alors que le premier drame était certainement celui de l’élève angoissé, face à l’incapacité d’apprendre ou de comprendre. Il livre ici une part de son enfance mais il rend également hommage aux enseignants qui prêtent attention à ceux qui se trouvent au fond de la classe. Le propos de Pennac, parfois confus ou répétitif concerne tout à la fois son histoire et celle des cancres d’aujourd’hui. Du point de vue du professeur, il dénonce une société de consommation qui pousse les jeunes à « avoir » plutôt qu’à « être » ou à « apprendre », la démission des parents, le chômage qui décourage. Plus loin, il sourit en racontant les appels désespérés des parents face à un enfant turbulent et démissionnaire, changeant sans cesse d’établissement. Mais surtout, il s’enthousiasme lorsque des initiatives permettent de faire se rencontrer l’école et les élèves. Cet essai dense et inégal se lit d’une traite et avec plaisir, comme un bon roman de Pennac, car il sait nous communiquer sa ferveur, sa passion pour l’enseignement. On retrouve d’ailleurs son style léger et nostalgique. À travers ce portrait du cancre qu’il a été, on devine également qu’il a nourri le personnage de Benjamin Mallaussène, bouc émissaire et « mauvais élève ». Un ouvrage qui, malgré ses faiblesses, a le mérite de donner une vision positive de l’enseignement, de susciter l’envie de lancer des passerelles vers ceux qui semblent être les oubliés de l’école. Anne Clerc

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Citations et extraits

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  • Par krystal, le 22 février 2008

    Un après midi de l'année du bac (une des années du bac) mon père me donnant un cours de trigonométrie dans la pièce qui nous servait de bibliothèque, notre chien se coucha en douce sur le lit, derriere nous. Repéré, il fut sèchement viré :
    - Dehors, le chien, dans ton fauteuil !
    Cinq minutes plus tard, le chien était de nouveau sur le lit. Il avait juste pris soin d'aller chercher la vieille couverture qui protégeait son fauteuil et de se coucher sur elle. Admiration générale, bien sûr, et justifiée : qu'un animal pût associer une interdiction à l'idée abstraite de propreté et en tirer la conclusion qu'il fallait faire son lit pour jouir de la compagnie des maitres, chapeau, evidemment, un authentique raisonnement ! Ce fut un sujet de conversation familiale qui traversa les âges. Personnellement, j'en tirai l'enseignement que même le chien de la maison pigeait plus vite que moi. Je crois bien lui avoir murmuré à l'oreille :
    - Demain, c'est toi qui va au bahut, lèche-cul
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  • Par wictoria, le 29 novembre 2008

    "Monsieur, j'ai consacré hier deux heures à ne pas faire votre devoir. Non, non, je n'ai pas fait autre chose, je me suis assis à la table de travail, j'ai sorti mon cahier de texte, j'ai lu l'énoncé et, pendant deux heures, je me suis retrouvé dans un état de sidération mathématique, une paralysie mentale dont je ne suis sorti qu'en entendant ma mère m'appeler pour passer à table. Vous le voyez, je n'ai pas fait votre devoir, mais j'y ai bel et bien consacré ces deux heures. Après le dîner il était trop tard, une nouvelle séance de catalepsie m'attendait : mon exercice d'anglais."
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  • Par mgeffroy, le 12 mars 2008

    Ou ce professeur de sciences naturelles, en terminale, à qui je dois mon exclusion du lycée. Se plaignant de ce que la moyenne générale de "cette classe" n'éxcédât pas les 3,5/20, il avait commis l'imprudence de nous en demander la raison. Front haussé, menton tendu, commissures tombantes :
    - Alors quelqu'un peut-il expliquer cette... prouesse ?
    J'ai levé un index poli et suggéré deux explications possibles : ou notre classe constituait une monstruosité statistique (32 élèves qui ne pouvaient dépasser une moyenne de 3,5 en sciences naturelles), ou ce résultat famélique sanctionnait la qualité de l'enseignement dispensé.
    Content de moi, je suppose.
    Et fichu à la porte
    - Héroïque mais inutile, me fit observer un copain : sais-tu la différence entre un professeur et un outil ? Non ? Le mauvais prof n'est pas réparable.
    Viré, donc.
    Fureur de mon père, bien sûr.
    Sales souvenirs, ces années de rancœur ordinaire !
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  • Par iarsenea, le 11 mars 2010

    Chaque élève joue de son instrument, ce n'est pas la peine d'aller contre. Le délicat, c'est de bien connaître nos musiciens et de trouver l'harmonie. Une bonne classe, ce n'est pas un régiment qui marche au pas, c'est un orchestre qui travaille la même symphonie. Et si vous avez hérité du petit triangle qui ne sait faire que ting ting, ou de la guimbarde qui ne fait que bloïng, bloïng, le tout est qu'ils le fassent au bon moment, le mieux possible, qu'ils deviennent un excellent triangle, une irréprochable guimbarde, et qu'ils soient fiers de la qualité que leur contribution confère à l'ensemble. Comme le goût de l'harmonie les fait tous progresser, le petit triangle finira lui aussi par connaître la musique, peut-être pas aussi brillament que le premier violon, mais il connaîtra la même musique.
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  • Par iarsenea, le 12 mars 2010

    Entendons-nous bien, je ne nie pas la réalité de ce reportage, je ne sous-estime pas les dangers de la délinquance. Comme tout un chacun les formes contemporaines de la violence urbaine m'horrifient, je crains la chiennerie de la meute, je n'ignore pas non plus la douleur de vivre dans certains quartiers périphériques, j'y sens le danger des communautarismes, je sais très bien, entre autres, la difficulté d'y naître fille et d'y devenir femme, je mesure les risques extrêmes où s'y trouvent exposés les enfants issus d'une ou deux générations de chômeurs, quelles proies ils constituent pour les trafiquants de tout poil ! Je sais cela, je ne minimise pas les difficultés des professeurs confrontés aux élèves les plus déstructurés de cet effroyable gâchis social, mais je refuse d'assimiler à ces images de violence extrême tous les adolescents de tous les quartiers en péril, et surtout, surtout, j'hais cette peur du pauvre que ce genre de propagande attise à chaque nouvelle période électorale ! Honte à ceux qui font de la jeunesse la plus délaissée un objet fantasmatique de terrreur nationale ! Ils sont la lie d'une société sans honneur qui a perdu jusqu'au sentiment même de la paternité.
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La chronique de Carole S - La Fée Carabine
La Fée Carabine de Daniel Pennac aux éditions Gallimard Regardez l'avis de Carole S... La présentation du livre "La Fée Carabine" par l'éditeur : Qui donc à Paris égorge les vieilles dames de Belleville et transforme les papys en junkies ? Tous les soupçons convergent vers Benjamin Malaussène, bouc émissaire de son état, dont la sympathique famille s'est enrichie de quelques membres. Les héros du précédent épisode, au bonheur des ogres, sont là, avec quelques nouveaux venus : le doux inspecteur Pastor, la petite Verdun, l'inquiétant commissaire Coudrier, etc. Plus on est de fous... On retrouve avec bonheur la petite tribu de papier, dont Daniel Pennac développe à plaisir les personnages. Les intrigues et les destins se croisent au fil d'un récit dont la trame policière offre prétexte à s'attarder sur l'atmosphère du quartier, à épingler les méchants, les sans scrupules, les pas humains, toujours sur le mode de l'humour léger. Un délice qui a fait l'objet d'une sympathique adaptation télévisée en 1988, réalisée par Yves Boisset avec Tom Novembre. --Bruno Ménard Vous pouvez commander "La Fée Carabine" sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com








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