Une voix proche et lointaine, grandiloquente et quotidienne, incantatoire. Cette poésie à la fois sacrée et profane, ou plutôt sacralisant le profane, ces versets bibliques modernes, cette épique futilité.
Saint-John Perse se balade au coeur d'un monde foisonnant, d'un langage jamais arrêté, d'un ailleurs dont les traces bénissent l'ici, d'un hier dont la voix retrouve l'aujourd'hui. La nature, pluie, vent, neiges et soleil, verdure, fruits exotiques, hommes de toutes races, imprègne une poésie vivifiante et solennelle, débordante et militaire. Un monde nouveau est mis au jour par la poésie, Genèse nouvelle opérée par un homme-dieu traversé par toutes les civilisations qui en portent le germe.
Saint-John Perse n'est ni un poète exotique, ni un poète d'ici. Il est l'étranger qui parle ma langue, l'autre qui me dit. De longues listes qui n'épuisent pas le monde mais lui donnent vie, langage créateur. Au commencement sera le Verbe.