Sous des allures de banal polar, ce roman se démarque. D'abord, le seul détective de l'histoire est le lecteur. Personne n'enquête sur la mort du chef-cuisinier. Même ceux qui sont réellement peinés accepteront la thèse de l'accident domestique. Ainsi, aucun quidam assoiffé de justice ne se lancera sur les traces du meurtrier éventuel de Nestor. C'est une originalité du roman.
Ensuite, à la fin, seul le lecteur aura toutes les solutions. Même Nestor, qui a presque tout deviné, ne sait pas tout.
Carmen Posadas fait quelque chose que j'aime beaucoup lorsque c'est bien fait: elle raconte l'histoire du point de vue de tous les personnages impliqués. Ils prennent tour à tour la parole. (Du moins, le lecteur navigue-t-il dans leurs pensées.) Outre le fait qu'on se sent plus proches des personnages, cette façon de faire prépare le dénouement.
Habituellement, je n'aime pas les retours en arrière. Par ailleurs, dans un roman à énigme, c'est une ficelle abondamment utilisée. Pourtant, ici, cela m'a plu, car cela permet de mieux assembler les pièces du puzzle, de collecter commodément les indices.
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