> Patrick Couton (Traducteur)

ISBN : 2266091344
Éditeur : Pocket (1999)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 97 notes) Ajouter à mes livres
« Le vent hurlait. La foudre lardait le pays comme un assassin maladroit...
La nuit était aussi noire que l’intimité d’un chat. Une de ces nuits, peut-être, où les dieux manipulent les hommes comme des pions sur l’échiquier du destin.
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 06 juin 2008

    Woland
    Wyrd Sisters
    Traduction : Patrick Couton
    Tout le monde vous le dira, les volumes qui composent les fabuleuses « Annales du Disque-Monde » ne sont pas Tous de valeur égale. Tout comme Zola n'est pas toujours au mieux de sa forme dans « Le Rêve » ou « La Débâcle » par exemple, Terry Pratchett, lui, fait alterner le plus endiablé comme « La Huitième Fille » avec nettement moins inspiré et beaucoup plus ronronnant, comme «Sourcellerie, » ouvrage que je bâille déjà à résumer.
    Mais, dans « Trois Soeurcières » (6ème opus), pas de doute : c'est au plus endiablé que nous avons affaire. Il faut dire que, dès le départ, page 9, puis page 12 très précises de l'édition de L'Atalante, l'auteur pose le décor d'une parodie du fameux trio des sorcières de Macbeth. Pour celles et ceux qui n'auraient jamais jeté un seul coup d'œil sur Le disque-monde, voici le ton :
    Page 9 :
    « le vent hurlait. La foudre lardait le pays comme un assassin maladroit. le tonnerre roulait en va-et-vient sur les collines sombres cinglées par la pluie.
    La nuit était aussi noire que l'intimité d'un chat. Une de ces nuits peut-être où les dieux manipulent les hommes comme des pions sur l'échiquier du destin. Au cœur des éléments déchaînés, parmi les bouquets d'ajoncs dégoulinants, luisait un feu, telle la folie dans l'œil d'une fouine. Il éclairait trois silhouettes voûtées. Tandis que bouillonnait le chaudron, une voix effrayante criailla :
    -« Quand nous revoyons-nous, toutes les trois ? »
    Une pause suivit.
    Enfin, une autre voix, beaucoup plus naturelle, répondit :
    - « Ben moi, j'peux mardi prochain. »(...) ..."
    Page 12 :
    « … (…) En de pareilles nuits, les sorcières sont de sortie.
    « … Enfin, de sortie, d'accord, mais pas n'importe où, pas à l'étranger. Elles n'aiment pas ce qu'on y mange, on ne peut pas se fier à l'eau et les chamans monopolisent tout le temps les transats. Mais une pleine lune bataillait contre les nuages loqueteux, et les bourrasques pleines de murmures sentaient la magie à plein nez.
    Dans leur clairière, au-dessus de la forêt, les sorcières tenaient la discussion suivante :
    « Mardi, moi, je fais du babysitting» dit celle qui n'avait pas de chapeau mais une crinière de boucles blanches si épaisse qu'on aurait dit un casque. « Je garde le petit dernier de mon Jason. Vendredi, j'peux. Dépêche-toi avec le thé, mignonne. Je meurs de soif. ( …) … »
    Vous en conviendrez avez moi : les sorcières qui se livrent au babysitting ne sont pas légion dans la littérature, encore moins dans le théâtre shakespearien.
    Car c'est bien de Shakespeare que s'inspire directement l'intrigue de « Trois Soeurcières, » jugez-en.
    L'infâme duc de Kasqueth, sorte de Macbeth falot que domine entièrement sa puissante et sadique épouse, lady Kasqueth (j'espère que vous admirez le jeu de mots, soit dit en passant ), assassine le vieux roi Vérence. Un serviteur dévoué parvient à sauver l'héritier ainsi que sa couronne – l'héritier est encore au berceau et la couronne est plutôt encombrante, les deux détails ont leur importance, vous le découvrirez par la suite – et, par un étrange hasard, les emmène sur la lande où notre trio de sorcières – Nounou Ogg, Magrat Goussedaille et l'ineffable Mémé Ciredutemps déjà croisée dans « La Huitième Fille » - déguste son thé nocturne.
    Les hommes de main du duc, qui poursuivent le serviteur dévoué, abattent celui-ci (par derrière) en lui lançant un carreau d'arbalète - ce sont des infâmes, eux aussi ... Mais (je parie que vous ne l'auriez pas deviné tout seuls :angemoqu: ) le malheureux a eu le temps de confier et le bébé et sa couronne à Mémé Ciredutemps. Inutile de vous préciser que celle-ci n'est pas du genre à s'en laisser imposer par quelques malfrats, eh ! eh ! ... Nyarknyarknyark
    Bref, de fil en aiguille, Mémé Ciredutemps et ses consoeurs en arrivent à confier l'enfant à une sympathique troupe d'histrions ambulants – le hasard faisant bien les choses chez Pratchett, il se trouve que le Directeur de la troupe et sa femme ont perdu toute jeune leur petite fille et ne demandent qu'à accueillir ce bébé qui leur tombe du ciel. Quant à la couronne, elle disparaît pour un temps considérable tout au fond des malles d'accessoires des comédiens.
    Pendant ce temps-là, le duc de Kasqueth se montre particulièrement ignoble envers le peuple du royaume. Visiblement, ni lui, ni sa femme ne sont faits pour cette dure mais si digne fonction que constitue la Royauté - le duc s'ennuie d'ailleurs terriblement mais n'ose l'avouer à sa maritorne d'épouse, laquelle tient assez de la Reine de Coeur d'"Alice". Aussi le Mécontentement sourd-il tant à droite qu'à gauche.
    Tant et si mal que nos trois sorcières vont se voir peu à peu acculées à un tour de passe-passe très spécial : faire avancer le royaume de quinze ans en avant afin de permettre à l'Héritier de reconquérir son trône – avec leur aide, bien entendu.
    C'est d'ailleurs en cette occasion qu'il nous sera donné d'assister à ce spectacle unique qu'est le ravitaillement EN PLEIN VOL d'un balai de sorcière. Mr. Green
    Je vous passe les détails, croustillants (Nounou Ogg est très portée sur les plaisirs charnels , par exemple, plaisirs que Mémé Ciredutemps, elle, par contre, réprouve hautement ), éthyliques (Nounou Ogg, toujours elle, aime aussi à boire autre chose que du thé), sanglants (par une étrange aberration, le duc et la duchesse de Kasqueth sont persuadés qu'ils peuvent torturer une sorcière en toute impunité ), romantiques (Magrat Goussedaille, la plus "fleur bleue" et la plus jeune du trio infernal, tombe amoureuse du Bouffon du Roi ), mélodramatiques à la Eugène Sue ou à la Paul Féval (l'Héritier n'est pas vraiment celui qu'on croit et, en fait, le véritable Héritier, c'est … ), parodiques (Pratchett emprunte joyeusement non seulement au "Macbeth" du Grand Will mais aussi à son très existentiel « Hamlet »), cocasses (le style de l'auteur dans son ensemble), etc, etc …
    En bref, un conseil : laissez tomber votre ordinateur et courez vous acheter « Trois Soeurcières » ou encore "La Huitième Fille". Leur gaieté et leur désinvolture devraient vous faire passer un excellent quart-d'heure. Même les fanatiques de « Fantasy » pure et dure y trouvent leur compte – n'est-ce pas tout dire ? ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par Archessia, le 21 août 2010

    Archessia
    Encore une fois, ce fut un Pratchett où se succédèrent les fous rire!
    Je ne louerais jamais assez les talents d'écrivains de cet homme.
    Ses délires incroyables, ses jeux de mots hilarant, ses personnages tous plus dingues les uns que les autres, des situations abracadabrantes à la pelle, et tout ça dans des récits qui se tiennent et qui nous accrochent dès les premières lignes.
    Franchement, que demander de mieux?
    Cette fois-ci, nous retrouvons cette chère Mémé Ciredutemps, la charmante Nounou Ogg et une sorcière assez récente dans la profession, Magrat Goussedail.
    Le roi Vérence vient de se faire assassiner (Mort naturelle pour un roi, après tout) et le fils héritier, à ce moment là bébé, va se retrouver dans les mains de nos trois sorcières.
    Les voilà en pleins milieu d'une classique histoire de "Méchant nouvain souverain qui, un jour, sera détrôner par le vrai héritier revenu prendre sa place".
    Classique? Hum ... Ce serait mal connaître Terry Pratchett.
    Comme je l'ai dit au début, ce tome est vraiment très drôle. Que ce soit avec les situations cocasses (Mémé Ciredutemps découvre le théâtre ... et a un peu de mal avec ce principe), les jeux de mots très savoureux (les noms des personnages sont encore une fois très "recherchés") ou simplement par les explications de l'écrivain au cours du récit, les annotations en bas de page étant nombreuses dans ce récit.
    Il n'est pas facile de décrire l'univers du Disque-Monde en rendant correctement hommage à tout ce qui le compose et qui en fait une des saga fantasy / comique les plus appréciée au monde.
    Le mieux, et ce que je vous conseille à TOUS, c'est de la lire, tout simplement!

    Lien : http://archessia.over-blog.com/article-trois-soeurcieres-53245658.html
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    • Livres 4.00/5
    Par TwiTwi, le 21 août 2010

    TwiTwi
    Un trio de sorcières se trouvent à l'insu de leur plein gré mêlée à des évènements majeures du Royaume de Lancre : le roi est assassiné et son fils caché dans une troupe de théâtre par les sorcières. Vont-elles devoir aussi se mêler de sa réhabilitation ?
    Ce Pratchett vous fera hurler de rire. Bon j'exagère, mais à peine. C'est assurément le meilleur que j'ai (re)lu jusqu'à présent. le trio infernal de sorcières est désopilant, leurs dialogues surréalistes. le reste des personnages n'est pas en reste avec entre autre le Duc, la mauvaise foi pleine de culpabilité en action. Jugez plutôt : "Ce n'est pas moi, vous savez, dit le duc très vite. Il a glissé et il est tombé. C'est tout. Glissé et tombé. Je n'y étais même pas. Il m'a agressé. C'était de la légitime défense. Voilà. Il a glissé et il est tombé sur sa propre dague en légitime défense."
    Comment résister ? On ne résiste pas, on se laisse faire. Évitez la lecture dans les lieux publics si vous ne voulez pas que votre prochain vous regarde d'un sale œil (les gens qui rient tous seuls dans les métros, c'est mal vu).
    Quid de la thématique ? Elle n'est pas en reste. le théâtre et Shakespeare plus particulièrement seront passés au crible et parodiés à souhait dans ce volume. Sans avoir lu Shakespeare dans le texte mais avec un poil de culture générale, il est tout à fait possible de saisir un certain nombre d'allusions.

    Lien : http://ledragongalactique.blogspot.com/2010/08/trois-soeurcieres-ter..
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    • Livres 4.00/5
    Par Bookworm84, le 28 septembre 2011

    Bookworm84
    Dans ce volume, toujours aussi désopilant grâce à la présence de trois sorcières aux personnalités bien marquées, Terry Pratchett s'attaque au théâtre. A la fois hommage et parodie, le roman s'avère très entraînant. On y suit les conséquences de l'assassinat du roi Vérence, dans le royaume de Lancre. Entre l'assassin fou de remord, sa femme cruelle avide de tortures, le fantôme de la victime déçu de ne plus pouvoir festoyer, son héritier caché au sein d'une troupe itinérante de comédiens dotés, par les sorcières, d'un don de parole stupéfiant.... impossible de s'ennuyer ! Et encore moins de ne pas s'amuser.
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 23 juin 2011

    cicou45
    Trois "soeurcières" qui doivent sauver le royaume de Lancre suite à l'assassinat du roi et à la disparition du fils de ce dernier qui est caché dans un théâtre. Une mise en abyme extraordinaire et une véritable prouesse de la part de l'auteur qui inclut une pièce de théâtre dans son propre roman où la Mort (attention, la Mort est ici un personnage masculin et bien plus diabolique que tout ce que l'on peut imaginer) joue un rôle primordial.
    Du tragique dans un roman à mourir de rire, voilà encore une merveilleuse réalisation de l'auteur qui sait rire de tout, même des choses les plus dramatiques, et les tourner à la dérision avec un brio exceptionnel !
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Citations et extraits

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  • Par TwiTwi, le 01 août 2010

    - Ce n'est pas moi, vous savez, dit le duc très vite. Il a glissé et il est tombé. C'est tout. Glissé et tombé. Je n'y étais même pas. Il m'a agressé. C'était de la légitime défense. Voilà. Il a glissé et il est tombé sur sa propre dague en légitime défense.
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  • Par TwiTwi, le 01 août 2010

    Mémé Ciredutemps désapprouvait que l'on regarde dans l'avenir, mais elle sentait maintenant que l'avenir qui la regardait, elle.
    Et elle n'aimait pas son expression, à l'avenir.
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  • Par TwiTwi, le 01 août 2010

    Puis du marécage voisin monta un bouillonnement. Tout doucement, couronné d'une touffe de sphaigne, le menhir émergea et inspecta le paysage d'un air d'extrême méfiance.
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  • Par TwiTwi, le 01 août 2010

    Le chose qui essaye de ressembler à une chose ressemble souvent plus à la chose que la chose. C'est bien connu.
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  • Par TwiTwi, le 01 août 2010

    J'aimerais bien voir une taverne troll.
    - Elles sont réservées aux trolls, mon gars. On y boit de la lave fondue en mangeant des galets fromage-épices et en écoutant de la musique roc.
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