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ISBN : 207037856X
Éditeur : Gallimard (1987)


Note moyenne : 3.7/5 (sur 428 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Fruit d'une alliance barbare et d'un grand amour déçu, Ludovic, enfant haï par sa trop jeune mère - Nicole et ses grands-parents, vit ses premières années caché dans un grenier. La situation ne s'arrange guère après le mariage de Nicole avec Micho, brave et riche mécani... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 22 novembre 2011

    lehane-fan
    Il était une fois un gentil petit garçon , Ludovic , choyé par des grands-parents aimants et une maman surprotectrice qui le couvait de son amour journalier . Bon , visiblement , ce scénario ininteressant et convenu à la miévrerie sirupeuse n'a pas tapé dans l'oeil de Queffélec qui a décidé d'en conter son exact opposé . Une couverture rose , pastichant de façon éhontée la délicieuse collection Harlequin , gage d'amour forcément contrarié mais au final toujours vainqueur . Huuum , prometteur tout ça ! Amour contrarié , le doux euphémisme que voilà ...
    Ludovic , victime expiatoire d'une jeune mere démissionnaire et aussi encline aux marques d'affection que le Trésor Public à vous restituer de l'argent , connaitra une vie météorique au cours de laquelle il découvrira un panel de sentiments divers et variés tels que tristesse , désillusion , peur , colere...mais jamais au grand jamais il ne touchera du doigt ce sentiment maternel bien légitime que l'on nomme amour !
    Ludo est le fruit d'un viol ! Fruit pourri dès sa naissance . Cicatrice que l'on cache au grenier , tache indélébile sur l'arbre généalogique des Blanchard , batard emmuré dans un silence familial se voulant punitif . Sept longues années à ruminer , seul , à espérer et quémander le moindre signe d'affection de la part de Nicole , sa maman qu'il aime malgré tout...A entendre , par une lucarne , le bruit de la mer qu'il n'a jamais vu mais qu'il apprécie terriblement .
    Pas facile de se construire...Puis vient le temps de l'espoir symbolisé par Micho , un brave mécanicien veuf assorti de son fils , Tatav , publicité vivante des méfaits du Mc Do et peu partageur quand à l'amour paternel . Tatav est un passionné malgré tout ! Il vit pour deux choses : emmerder le monde et s'emmerder tout seul en pratiquant un petit loisir assez peu représenté dans le milieu associatif : la scatophilie . Une mere desormais esclavagiste , un demi-frere jaloux et merdique , un beau-pere aimant mais ayant bien du mal à s'affirmer face à sa nouvelle compagne : rien de nouveau sous le soleil . Ludovic subit encore et encore . Ses rares éclaircies , il les doit à Nanette , la cousine qui voit en lui ce qu'il est , à savoir un petit garçon en mal d'affection qu'elle s'efforcera de lui apporter avant de personnifier l'adage : ce sont toujours les meilleurs qui...Quand ça veut pas...
    Nicole ne supporte plus son fils . Désormais prégnante , c'est là l'occasion de s'en débarasser en l'expédiant illico presto dans une pension assez particuliere : le Centre Saint-Paul ,établissement mixte dévoué aux simples d'esprit . Car si Ludo n'est pas attardé , il en présente tous les symptomes . Son phrasé est parfois incohérent et souvent aléatoire , ses réactions atypiques mais comment en etre autrement apres un tel parcours ? Mademoiselle Rakoff , vieille fille acariatre , regne en maitre sur ce petit monde et prendra tres rapidement en grippe le dernier arrivant . Les pensionnaires sont éclectiques . Cela va de l'autiste au délirant en passant par l'halluciné . Un monde hétéroclite favorisant peu l'épanouissement personnel . Olidon , nain trigant et posteur , verra d'un tres mauvais oeil sa cote de popularité chuter au profit d'un Ludo n'ayant rien fait pour . Bref , les jours passent et se ressemblent , le confortant dans sa solitude innée , ses parents trouvant toujours un pretexte pour échapper à la visite dominicale . Quand ça veut pas...
    Et le pire reste à venir . Ce bouquin est une ode à la désillusion filiale . Un chant puissant clamant haut et fort les couleurs de la solitude et du ressentiment . Porté par une écriture magistrale , ce récit vous colle un bourdon terrible . Ce petit bonhomme , condamné des la naissance , cristallisant la faute supreme sans en etre en rien responsable , est desormais voué à une vie de ténebres , à une quete sentimentale que l'on sait vaine mais en laquelle il s'evertuera à croire jusqu'au bout , son reve ultime etant de se retrouver enlacé dans les bras de sa mere , désormais baigné d'un amour maternel qui toujours lui fit défaut .
    L'on peut accoler pléthore de rimes aux Noces Barbares : carambar , canard , Giscard , j'en passe et des moins bons . Il en est un que l'on doit taire impérativement : espoir .
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    • Livres 5.00/5
    Par Ellen-R, le 19 avril 2013

    Ellen-R
    Si vous espérez sourire à l'entame de ce roman, passez votre chemin ! Rarement ai-je lu un roman aussi dur, aussi triste, sans la moindre issue positive, sans espérance. On ose pressentir la fin, on sait qu'elle sera noire et difficile. Et pourtant... Et pourtant on se laisse porter par les lignes fluides de l'auteur, telles les vagues de cet Océan Atlantique qu'il se plait à décrire. On continue à suivre les pérégrinations du petit Ludovic, ce petit être mal-aimé, en recherche constante et désespérée de tendresse.
    Ludovic est un enfant du viol. Sa mère Nicole a été violée atrocement, dans sa prime adolescence, par trois soldats d'une caserne militaire toute proche.
    Puis, peu après,est arrivé Ludovic, le fruit de ces noces barbares. Né sans l'amour maternel, rejeté par ses grands-parents, il sera enfermé, livré à lui-même dans un grenier jusqu'à ses sept ans. Il sera considéré comme la honte de cette famille simple et respectable d'un petit village du Bordelais.
    Sa mère se remarie alors avec Micho, un garagiste généreux prêt à assumer la paternité de ce petit garçon laissé à l'abandon. Mais voilà, Nicole est incapable du moindre élan affectif envers Ludovic, qui lui rappelle immanquablement d'atroces souvenirs. de surcroît Ludovic n'est pas un garçon comme tout le monde. Il est un peu bizarre le Ludo ! Certains le croient fou, d'autres le disent seulement simplet... Bercé entre innocence et démence, on apprendra bien plus tard, selon des experts patentés plus prompts à diagnostiquer qu'à guérir, qu'il s'agissait d'une "dysfonctionnalité paranoïde". Toujours est-il que ce pauvre Ludovic, en plus de brimades fréquentes, est le souffre-douleur préféré du fils de Micho, l'infâme Tatav. Jusqu'au jour où Nicole, n'en pouvant plus de côtoyer ce désastre permanent, fruit involontaire de sa chair, décide de l'envoyer dans un centre pour débiles légers....
    Pas l'ombre d'un espoir dans ce livre pourtant si beau. L'auteur ne prend parti pour aucun des personnages. Il raconte simplement une histoire, une histoire triste, la vie d'un petit enfant en manque de tendresse. Durant la lecture, on se pose la question de savoir si l'enfant est né avec cette pathologie ou bien si son état est dû à ce manque désastreux de tendresse. Un peu des deux certainement ! Et puis la troisième partie : le retour à la mer, le retour à la mère... Histoire très difficile, vous êtes prévenus !
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    • Livres 4.00/5
    Par Under_The_Moon, le 09 mai 2013

    Under_The_Moon

    Ludo, rejeté par sa famille, est un genre de petit sauvage à qui on n'a pas inculqué les règles élémentaires (comme la propreté...) et se trouve incapable de livrer le fond de sa pensée à ceux qui l'entourent - seul le lecteur en profite ! le pauvre bougre est rejeté dès sa création et accusé de tous les malheurs du monde, puis on lui rebat sans cesse les oreilles avec le fait qu'il est sale, sournois même et idiot. Pas de quoi s'en étonner lorsque pour seule éducation, il est enfermé dans une sorte de grenier, avec la porte bien fermé à clé, qu'on le nourrit de restes (quand on daigne le nourrir!) et qu'on ne lui adresse pas la parole.
    Quant à l'affection, c'est bien sûr une chimère ! C'est dans la 2ème partie du roman que Ludo comprend petit à petit la tragédie qu'est la sienne, à savoir l'absence d'amour : "Tout le monde s'aimait (...) lui seul restait toujours seul." Alors il s'invente une vie ( "Il prenait livraison des sentiments qu'on lui refusait.").
    Pourtant, ni lui ni sa mère ne se libèreront du secret qui les a uni - à savoir le terrible viol de Nicole par 3 soldats américains.
    La première remarque que je ferai est qu'il est bien agréable de lire la plume d'un romancier qui écrit bien le français (à l'inverse de certains contemporains portés aux nues par les médias et les éditeurs).
    L'écriture est très pudique, il y a beaucoup de non-dits dans cette histoire tragique. Et lorsqu'un évènement est décrit en détails, c'est choquant !
    J'ai eu plus de mal à m'habituer au parler paysan des personnes et aux motifs presque gênants du sang, de la nudité et des excréments dans la 1ère partie. le romancier n'attend pas du lecteur qu'il est de la sympathie pour ses personnages, toutefois, j'ai bien aimé le personnage de Micho, le garagiste généreux et crédule.
    J'ai été tour à tour très emballée et gênée par ce roman qui met à mal le mythe de l'instinct maternel et explore l'univers de l'aliénation mentale.
    Il servirait presque d'avertissement aux adolescentes naïves qui rêvent du grand Amour.
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    • Livres 4.00/5
    Par Nanouxy, le 22 novembre 2011

    Nanouxy
    Ce livre raconte une histoire boulversante, une histoire d'amour impossible, triste et douloureuse entre une mère et son fils.
    Nicole a horriblement été violée pendant son adolescence, par trois soldats américains et de ce drame va naître Ludovic, dit Ludo.
    Rejeté par sa mère et ses grands-parents, il va vivre caché aux yeux de tous, dans le grenier de la boulangerie familiale pendant des années, car personne ne doit savoir que ce « batard »,  « demeuré » existe. Voilà les mots prononcés chaque jour pendant des années à l'encontre de cet enfant qui n'a rien demandé et qui se retrouve traité pire qu'un chien à manger les restes et vivre cloîtrer. Etrange réaction de la part des parents de Nicole consistant à « ignorer » le drâme et l'enfant. Ils persuaderont Nicole qu'elle a raté sa vie par ce pêché et qu'elle ne sera plus bonne à rien si elle ne s'en sépare pas...et vite.
    Autre temps, autres moeurs  !
    La seule personne a prendre Ludo sous son aile à ce moment là est Nanette, la cousine de Nicole qui, ayant perdu un fils, reporte son amour sur Ludo et le traitera comme un enfant écorché par la vie et non comme une bête. Il se découvre aussi une curiosité passionnée pour la mer qu'il entend de son grenier et qui le fascine.
    Il va finir par sortir de son isolement grace à Micho, un garagiste veuf, d'une gentillesse profonde, sincèrement amoureux de Nicole et père de Tatav'qui fera de Ludo son souffre douleur.
    Micho épouse Nicole en espérant construire une vraie vie de famille et donner à Ludo une chance de prouver à sa mère qu'il n'est pas un simplet et qu'il mérite son amour, mais Ludo n'arrivera jamais à trouver l'amour de sa mère qui reste hantée par le douloureux souvenir du drâme qui lui a retiré toute innocence, tout amour , toute envie de vivre. Elle va se réfugier dans l'alcool, fuir le plus souvent possible son foyer et son fils.
    Ludo est ensuite placé dans un centre pour handicapés mentaux légés, pour soulager cette mère qui, emprisonnée à jamais dans sa douleur, n'en peut plus de le voir.
    Il attendra chaque dimanche avec l'espoir que Nicole vienne le voir...mais en vain. Et ne trouvant personne pour comprendre son désespoir, il quittera le centre pour aller se réfugier sur l'épave d'un bateau.
    Le retour à la mer, le retour à la mère ( phrase volée d'une autre critique... mais que je trouve juste)
    Ce roman est aussi triste que beau et même avec la boule au ventre, j'ai vraiment adoré le lire en espérant au fil des pages, que la condition de Ludo s'améliorerait...même si tout semblait sans espoir et inévitable.
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 02 avril 2011

    LiliGalipette
    Roman de Yann Queffélec. Lettre Q de mon Challenge ABC critiques Babelio.
    "À treize ans, bientôt quatorze, elle en paraissait dix-huit avec ce corps déjà mûr, cette bouche sanguine, ces yeux bleus en amande, et ces longs cheveux vermeils comme un feu sur les épaules." (p. 13) D'être aussi jolie, la jeune Nicole Blanchard, fille des boulangers du village, devient la proie de trois militaires américains. de belles promesses en viol collectif, la vie de Nicole chavire et se brise à tout jamais. de cet épisode liminaire étourdissant de violence naît Ludovic, Ludo, un gamin qui ne cessera jamais de mendier l'amour de sa mère.
    On rencontre Ludo après une ellipse de sept ans. L'enfant est cloîtré dans un grenier sordide et il guette les visites de sa mère. Légèrement idiot, il se sait banni, honni, vomi par une famille qui n'a pas voulu de lui. "Nicole avait refusé son lait ; le boulanger refusait son pain." (p. 30) Quand Michel Bossard, dit Micho, propose d'épouser Nicole et d'assumer Ludo, un horizon se dévoile pour l'enfant. "Ce mignon qui n'avait pas de papa, avec une maman qu'osait pas l'aimer comme il faut, il a les deux maintenant. Et même un frangin. Tu vas m'appeler papa, mignon ! " (p. 61) Mais le gros bon coeur de Micho ne suffit pas à construire un foyer dans lequel Ludo et Nicole peuvent cohabiter et s'apprivoiser. Nicole voit en son fils l'incarnation de son malheur et, de haine dégoûtée en mépris sournois, elle n'a de cesse de repousser ce gamin affamé de tendresse et de reconnaissance. Ludo est envoyé dans un centre pour malades mentaux, mais il n'y trouve pas davantage sa place. C'est finalement sur un vieux cargo échoué et rongé de rouille qu'il créera son havre de paix, face à l'océan qui le fascine et dans l'attente inassouvie d'un geste de celle qui n'a jamais su être sa mère.
    Ces noces barbares, c'est d'abord le viol que subit Nicole, enfant dans un corps menteur. Ludo, ensuite, sera un éternel enfant, rêvant de noces de sang avec sa mère. Ébloui d'amour, il trace sans les comprendre des dessins macabres : "son obsession favorite : un visage de femme entrevu par les doigts écartés d'une main noire." (p. 116) Sans le savoir, il trace la ligne de son propre destin en "une allégorie du malheur : la main comme une gifle au néant, les cheveux laqués rouges pareils à du vrai sang." (p. 204)
    Ludo le mal-aimé débite un monologue muet, un souffle intérieur sans ponctuation dans lequel il rassemble ses sentiments et ses peines. Son cri silencieux est un aveu d'amour à l'indifférence incarnée. "Il écrivait à sa mère, mais n'envoyait plus les lettres. Il avait détourné son cahier de catéchisme à cet usage : journal de bord sans date où, s'adressant des réponses imaginaires, il prenait livraison des sentiments qu'on lui refusait. [...] La réalité semblait courir à son rythme, il entendait en lui battre des mots qu'il s'interdisait d'écouter : on l'abandonnait. Dans ses mains calleuses, il contemplait cette évidence : on l'abandonnait. Dans ses yeux il voyait sa mère absente, il fuyait les miroirs, il fuyait sa mémoire, et vaincu fuyait ce dont il était sûr depuis sa naissance : on l'abandonnait." (p. 257)
    La détresse de ce gamin qui pousse au hasard du malheur est puissamment mise en mots par Queffélec. J'avais lu ce texte vers mes douze ans et l'impression bouleversante n'est jamais passée. le reprendre aujourd'hui, c'est retrouver la même émotion et la même haine impuissante face à la figure maternelle. Prix Goncourt en 1985 (décidément une année exceptionnelle !), ce roman ne fane pas. Intemporel, il chante pour toujours la douleur des enfants orphelins d'amour.
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Citations et extraits

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  • Par nulenorthographe, le 13 mai 2013

    Excuser moi,mais je voudrais savoir que représente les bouts de texte écrit en italique ? Est -ce les pensés de Ludo ?

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  • Par nulenorthographe, le 13 mai 2013

    Excuser moi,mais je voudrais savoir que représente les bouts de texte écrit en italique ? Est -ce les pensés de Ludo ?

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  • Par Under_The_Moon, le 08 mai 2013

    Il eût fait n'importe quoi ce soir pour que ce trésor sans valeur, sa vie, lui fût laissé.

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  • Par petite-fee, le 03 août 2010

    Ce soir-là, Nicole rentra vers minuit. Ludo était couché depuis peu. Pareil à ces condamnés ignorant l'échéance du verdict ou ces vieillards lassés d'attendre la mort, il reprenait plaisir à vivre et s'interdisait de penser au futur. Il entendit la Floride arriver de loin, piler à grand bruit, la portière claquer, le crochet du portail racler sur le gravier, puis le moteur s'emballer et la tôle grincer contre les montants de granit : Nicole une fois de plus avait trop bu - sa voiture était une gimbarde. Il s'enfouit dans les draps quand elle se mit à crier son nom du rez-de-chaussée, ne cessant de brailler tout en montant l'escalier.
    "Ludo !"
    Elle était là, sur le seuil, la respiration sifflante, se découpant dans la lumière du corridor.
    "Ludo !... je voudrais que tu disparaisses."
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  • Par LSH, le 02 septembre 2012

    Le couvert était dressé, le dîner n'allait pas tarder.
    En entrant dans la salle de jeux, il eut un mouvement de recul. Il ne pourrait jamais s'habituer. Tous les enfants étaient là, mal à l'aise, penchés, adonnés à leurs tics natals, poussant des vagissements et de petits cris, fixant l'air béatement, debout dos au mur ou serrés autour de la table, et trompant Dieu sait quelle attente avec des bouts de laine et des regards entendus ; l'un d'eux semblait consulter un album sur les galaxies qu'il pointait d'un doigt vibrant.
    Ils avaient fait leur journée. Ils avaient lancé des volants, ratissé les allées, coupé du carton, dessiné des étrangers, rendu grâce au ciel, écouté la Petite musique de nuit - " mais non Benoît, Mozart n'est pas un étranger, c'est un grand musicien, mais oui, un enfant si tu veux..." Ils avaient tout avalé : Mozart, les pingouins, la purée du dîner, les cachets blancs du sommeil, les coups de sifflet, les milliers d'instants qu'il faut passer pour ne rien vivre et de pas qu'il faut sacrifier pour aller nulle part, ils allaient s'endormir ignorants du sommeil. Ludo les vit alors se tourner vers lui, le doigt sur les lèvres, et lui faire "chuuut" avec solennité. Il répondit par un cri sans fin.
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