,

ISBN : 225300670X
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1973)


Note moyenne : 3.86/5 (sur 135 notes) Ajouter à mes livres
Quatrième de couverture : "Quand nous partons, nous ne sommes que de vulgaires soldats, maussades ou de bonne humeur et, quand nous arrivons dans la zone où commence le front, nous sommes devenus des hommes-bêtes..."
Témoignage d'un simple soldat allemand de la g... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (11)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

  • Par Woland, le 10 octobre 2010

    Woland
    Im Westen nichts Neues
    Traduction : Alzir Hella & Olivier Bournac
    L'art de Remarque, c'est la simplicité - ce qui n'est pas sans étonner ceux qui ont vu les adaptations, plutôt marquées au coin du mélodrame, de nombre de ses romans. Il écrit à tous petits points, pourrait-on dire, mêlant les détails les plus réalistes de l'horreur des tranchées et personnages romancés ayant des allures d'archétypes.
    Ce n'est sans doute pas par hasard si le narrateur d'"A l'ouest rien de nouveau" se prénomme "Paul", second prénom de l'écrivain. de même, ce n'est pas non plus un hasard si sa mère décède d'un cancer. Pourtant, avec une étonnante maîtrise, Remarque parvient à établir et conserver avec ses personnages et les faits qu'il raconte le recul suffisant pour, justement, ne tomber ni dans la démonstration pacifiste enflammée, ni dans le mélo qui fera pleurer Gretchen et Margot dans leurs chaumières.
    Toute la force d'"A l'ouest rien de nouveau" est là, dans cette alchimie subtile entre la vie et l'imaginaire.
    Le ton n'est ni froid, ni impersonnel mais il n'est pas non plus très lyrique. Seules les descriptions d'une Nature qui, dans son éternelle renaissance, demeure somme toute assez indifférente à la guerre, laissent affleurer une poésie douce. L'utilisation systématique du présent de l'indicatif fait entrer de plain-pied le lecteur dans le quotidien du soldat allemand de la Grande guerre, un soldat mal nourri, toujours en quête d'un petit quelque chose pour améliorer son ordinaire, un soldat qui se terre dans les tranchées envahies par les rats pour éviter le feu cinglant des obus, un soldat qui ne peut opposer aux attaques chimiques que la protection d'un masque et aussi son expérience personnelle - surtout, conserver son masque le plus longtemps possible, ne pas l'enlever trop tôt, ainsi que l'ont fait tant de jeunes recrues, sinon c'est la mort, noire et bleue, assurée ...
    En face, il y a l'ennemi. Un ennemi mieux nourri et mieux armé - quand il évoque les boîtes de "corned-beef", on voit presque le soldat Remark et ses camarades en train de saliver à cette vision qui, pour leurs estomacs délabrés, équivaut au plus voluptueux des fantasmes - un ennemi plus frais, plus dispos, un ennemi que l'arrivée des troupes américaines a soulagé de la pression des fronts multiples. Ce qui n'empêche pas l'ennemi de partager, lui aussi, les tranchées que la pluie incessante transforme en marécages ocre et sang, les entonnoirs creusés par les obus, le désir de plus en plus dévorant de voir s'achever une guerre dont il ne perçoit plus la raison première.
    Omniprésente même si son nom est rarement prononcé, la Mort plane sur tout et tous, accomplissant pour ainsi dire machinalement la tâche qui est la sienne. Certes, la victoire, comme l'a dit un jour Napoléon Ier, sera du côté du bataillon le plus fort, c'est la loi, mais la victoire comptera aussi ses blessés, ses morts et ses disparus. La Faucheuse, quoi qu'on en dise, n'a pas vocation de partialité. Et ceux qui s'esquivent aujourd'hui, encore bien vivants, la retrouveront demain, au détour du chemin. Pour les "gueules cassées" et les amputés, pour ceux qui agonisent des heures dans les pires souffrances, ne se montre-t-elle pas, d'ailleurs, plus miséricordieuse que la vie ? ...
    Au-delà le message pacifiste qu'il véhicule, "A l'ouest rien de nouveau" constitue également une réflexion - quelque peu perplexe - sur la soif de Mort qui caractérise l'être humain, la guerre ne représentant à la fois que le prétexte et le moyen de l'étancher au maximum. ;o)
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
  • Par Aela, le 23 février 2011

    Aela
    C'est le cri de toute une génération, les sacrifiés de 1914. Un roman qui emprunte beaucoup à la propre expérience de la guerre de EM Remarque, gravement blessé au front.
    Le héros, Paul Bäumer et quelques camarades de classe, âgés d'une vingtaine d'années, se sont trouvés enrôlés et ont appris à survivre dans l'horreur des tranchées. Paul, libéré pour quelques jours, va retrouver sa ville natale mais ne parvient pas à exprimer ce qu'il vit et ressent dans le quotidien de la guerre. Les gens qu'il croise le déstabilisent par leur appréciation tout à fait erronée de la situation.
    Une belle trame narrative qui nous plonge dans le quotidien des tranchées, des départs vers le front ou des retours. On partage l'impression d'abandon et de trahison qui s'empare du héros.
    Un livre qui a eu énormément de succès dès sa sortie en 1929 mais qui sera interdit par le régime nazi en 1933.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, le 04 juin 2008

    Bunee
    Un monument des récits de guerre, pour ce qui concerne la première guerre mondiale, racontée cette fois du point de vue allemand ... qui diffère au final assez peu des témoignages français.
    Paul a à peine 20 ans. 19 si on veut être précis. Pétri d'idéaux patriotiques et nationalistes fraichement enseignés, il s'engage dans l'armée avec quelques un de ses camarades d'école.
    Désenchantement.
    Un entrainement difficile, des supérieurs ou des formateurs cruels, une réalité du fraont brutale, soulignent la vanité des certitudes passées.
    Déshumanisation
    En chaque homme, l'instinct de survie prend le pas sur l'humanité. Et les individus n'en finissent pas de mourrir, et les amis n'en finissent pas de tomber
    Et puis un jour, en 1918, Paul chute à son tour. le communiqué du jour déclarera: "A l'ouest, rien de nouveau"
    Très dur et très touchant.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par fran6h, le 07 avril 2011

    fran6h
    Le contexte du livre est connu, la guerre de 14-18 racontée par un jeune soldat allemand. Mais ce livre n'est pas qu'un livre sur la guerre. C'est essentiellement un livre sur l'homme et sur ce qu'il est capable de faire de plus stupide : la guerre.
    On y découvre la préparation mentale des soldats (l'autoritarisme des officiers), puis l'horreur des tranchées, la permission, le sort réservé aux prisonniers ennemis, la tranchée de nouveau la mort donnée, l'hôpital, les soins et le retour à la tranchée.
    Mais on y découvre aussi et surtout avec force un sentiment humain : la camaraderie.
    Dans un monde sans passé, le narrateur prend peu à peu conscience de l'absurdité de la situation. le moment de la permission avec le retour chez sa mère, le fait basculer dans cette prise de conscience. Son retour dans la tranchée et l'assassinat du soldat français qui mourra lentement près de lui en est l'apogée.
    La camaraderie est bien traitée dans ce monde déshumanisé ... peu à peu Les Camarades disparaissent et la guerre bientôt se termine. Comment reprendre le cours d'une vie "normale" Après ça ?
    Ce livre est excellent, non seulement il fait un récit réaliste des horreurs de la guerre, mais il pousse loin l'interrogation sur l'humanité. Pour reprendre une expression chère à Hemingway, on voit bien dans ce livre "la génération sacrifiée".
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Gast, le 03 mars 2011

    Gast
    Livre dont je connaissais le titre plus que l'auteur, plus que le récit même, comme si ce titre, à lui seul résumait l'absurdité de cette guerre de tranchées où les soldats tombaient en grappes pour quelques mètres de boue. Récit de guerre certes, mais surtout récit de l'impact de la guerre sur toute une génération qui, cela apparaît clairement dans les désordres psychologiques décrits par l'auteur, donnera les corps francs spartakistes et nazis ; une génération sacrifiée qui à force de ne voir que l'horreur de la guerre n'a pu concevoir la vie autrement que par le combat et la guerre.
    In fine, il n'est pas étonnant que cette guerre, brisant les peuples dans son horreur absurde, ait accouchée d'une redite plus horrible encore que fut al seconde guerre mondiale. Au delà d'une dénonciation de l'absurde de la première guerre mondiale, Remarque démontre malgré lui via ce texte que la violence engendre la violence en transformant les hommes en machines à tuer ; et que rien n'est plus difficile que de revenir parmi les vivants Après avoir vécu l'enfer, comme la permission du héro et son décalage face à la réalité quotidienne des civils le démontre si bien.
    Un sacré cri de désespoir, pas étonnant qu'il soit devenu une référence du pacifisme, car le meilleur moyen de dénoncer la guerre, c'est de la montrer crue, dans toute son horreur.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)

> voir toutes (13)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Woland, le 10 octobre 2010

    [...] ... Le bombardement a cessé, je me tourne vers l'entonnoir et je fais signe aux autres. Ils sortent et ôtent leurs masques. Nous saisissons le blessé, l'un de nous tenant son bras éclissé. Ainsi nous détalons aussi vite que nous pouvons, non sans trébucher.

    Le cimetière est un champ de ruines. Cercueils et cadavres sont dispersés partout. C'est comme si les morts avaient été tués une seconde fois. Mais chacun de ceux qui ont été mis ainsi en pièces a sauvé la vie de l'un de nous.

    La clôture du cimetière est détruite ; les rails du chemin de fer de campagne qui passe à côté sont arrachés et ils se dressent en l'air tout cintrés. Devant nous, il y a quelqu'un d'étendu. Nous nous arrêtons ; seul Kropp continue de marcher avec le blessé.

    Celui qui gît sur le sol est une recrue. Sa hanche est inondée de sang caillé. Il est si épuisé que je saisis mon bidon, dans lequel j'ai du thé au rhum. Kat arrête ma main et se penche sur le soldat : "Où as-tu été touché, camarade ?"

    Il remue les yeux. Il est trop faible pour répondre. Nous coupons son pantalon avec précaution. Il gémit. "Du calme, du calme, ça va aller mieux ..."

    S'il a été touché au ventre, il ne faut pas qu'il boive. Il n'a pas vomi, c'est de bon augure. Nous mettons sa hanche à nu. C'est une bouillie de chair, avec des esquilles d'os. L'articulation est atteinte. Ce garçon ne pourra plus jamais marcher.

    Je lui frotte les tempes de mon doigt mouillé, et je lui donne un coup à boire. Ses yeux s'animent. Alors seulement nous nous apercevons que son bras saigne aussi. Kat étale autant qu'il peut deux paquets de pansements afin de recouvrir la plaie. Je cherche de l'étoffe pour l'enrouler tout autour, sans trop serrer. Nous n'avons plus rien. Alors, je relève la jambe de pantalon du blessé pour faire une bande avec un morceau de son caleçon, mais il n'en a pas ; je le regarde attentivement, c'est le blondin de tout à l'heure. [Pour la première fois au feu, il avait eu une crise de panique et n'avait pu retenir ses fonctions naturelles. Le narrateur l'avait invité à se débarrasser de son sous-vêtement.] Cependant, Kat a trouvé, dans les poches d'un mort, d'autres paquets de pansements que nous appliquons sur la blessure avec précaution. Je dis au jeune homme, qui nous regarde fixement : "Nous allons maintenant chercher une civière." Alors, il ouvre la bouche et murmure : "Restez ici." Kat dit : "Nous revenons tout de suite ; nous allons te chercher un brancard."

    On ne peut pas savoir s'il a compris. Derrière nous, il gémit comme un enfant : "Ne me quittez pas." Kat se retourne et dit tout bas : "Ne vaudrait-il pas mieux simplement prendre un révolver pour que tout soit fini ?" ... [...]
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (12 votes positifs)
  • Par Woland, le 10 octobre 2010

    [...] L'horreur du front disparaît lorsque nous lui tournons le dos ; nous faisons à son sujet des plaisanteries ignobles et féroces. Lorsque quelqu'un meurt, nous disons qu'il a fermé son cul et c'est ainsi que nous parlons de tout. Cela nous empêche de devenir fous. Tant que nous le prenons de cette façon, nous sommes capables de résister.

    Mais nous n'oublions pas ! Ce que disent les journaux de guerre au sujet du magnifique humour des troupes, qui s'occupent d'organiser des danses, à peine sont-elles sorties de la zone du bombardement, n'est que stupidité. Si nous agissons ainsi, ce n'est pas parce que nous avons de l'humour mais nous avons de l'humour parce que, autrement, nous crèverions. Du reste, nous serons bientôt à bout de nos ressources et notre humour devient chaque mois plus amer.

    Et, je le sais, tout ce qui maintenant, tant que nous sommes en guerre, s'enfonce en nous comme des pierres, se ranimera après la guerre et alors seulement commencera l'explication, - à la vie, à la mort.

    Les jours, les semaines, les années de front ressusciteront à leur heure et nos camarades morts reviendront alors et marcheront avec nous. Nos têtes seront lucides, nous aurons un but et ainsi nous marcherons avec, à côté de nous, nos camarades morts et, derrière nous, les années du front : nous marcherons ... contre qui ? contre qui ? ... [...]
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par Patsy_Stone, le 20 février 2010

    Si nous étions rentrés chez nous en mil neuf cent seize, par la douleur et la force de ce que nous avions vécu, nous aurions déchaîné une tempête. Si maintenant nous revenons dans nos foyers, nous sommes las, déprimés, vidés, sans racine et sans espoirs. Nous ne pourrons plus reprendre le dessus.
    On ne nous comprendra pas non plus, car devant nous croît une génération qui, il est vrai, a passé ces années·là en commun avec nous, mais qui avait déjà un foyer et une profession et qui, maintenant, reviendra dans ses anciennes positions, où elle oubliera la guerre; et, derrière nous, croît une génération semblable à ce que nous étions autrefois, qui nous sera étrangère et nous écartera.
    Nous sommes inutiles à nous-mêmes. Nous grandirons; quelques-uns s'adapteront; d'autres se résigneront et beaucoup seront absolument désemparés; les années s'écouleront et, finalement, nous succomberons.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par Patsy_Stone, le 20 février 2010

    Il tomba en octobre mil neuf cent dix-huit par une journée qui fut si tranquille sur tout le front que le communiqué se borna à signaler qu'à l'ouest il n'y avait rien de nouveau.
    Il était tombé la tête en avant, étendu sur le sol, comme s'il dormait. Lorsqu'on le retourna, on vit qu'il n'avait pas dû souffrir longtemps. Son visage était calme et exprimait comme un contentement de ce que cela s'était ainsi terminé.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (11 votes positifs)
  • Par cequejelis, le 20 novembre 2011

    Une partie de notre être, au premier grondement des obus, s'est brusquement vue ramenée à des milliers d'années en arrière. C'est l'instinct de la bête qui s'éveille en nous, qui nous guide et nous protège. Il n'est pas conscient, il est beaucoup plus rapide, beaucoup plus sûr et infaillible que la conscience claire : on ne peut pas expliquer ce phénomène. Voici qu'on marche sans penser à rien et soudain on se trouve couché dans un creux de terrain et l'on voit au-dessus de soi se disperser des éclats d'obus, mais on ne peut pas se rappeler avoir entendu arriver l'obus, ni avoir songé à se jeter par terre. Si l'on avait attendu de le faire, l'on ne serait plus maintenant qu'un peu de chair çà et là répandu. C'est cet autre élément, ce flair perspicace qui nous a projetés à terre et qui nous a sauvés sans qu'on sache comment. Si ce n'était pas cela, il y a déjà longtemps que, des Flandres aux Vosges, il ne subsisterait plus un seul homme.

    Quand nous parlons, nous ne sommes que de vulgaires soldats, maussades ou de bonne humeur et, quand nous arrivons dans la zone où commence le front, nous sommes devenus des hommes-bêtes.

    Le Livre de Poche n° 197 p. 45.

    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)









Acheter sur Amazon

Faire découvrir A l'Ouest rien de nouveau par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (292)

> voir plus

Quiz