ISBN : 2266043056
Éditeur : Pocket (1999)


Note moyenne : 3.4/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres

Au printemps de 1832, Flora, fille d’émigrés, née, élevée, mariée et devenue brutalement orpheline et veuve en Angleterre, arrive un beau jour à Jarnac pour y rouvrir Margelasse, le château de sa famille. Personn... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par claracambry, le 09 mars 2011

    claracambry
    1832, une jeune et belle veuve de la noblesse vient s'installer à Jarnac. Maître Nicolas Lomont, notaire trentenaire, en tombe éperdument amoureux. Des mois d'amitiés se succèdent offrant beaucoup tous les espoirs à Nicolas Lomont. Mais l'amour survient au hasard d'un bal et Flora de Margelasse s'éprend d'un métayer poète. De cette passion naitront le drame et le malheur. Trente ans ans plus tard, Nicolas Lomont écrit dans son journal cette histoire.
    Les histoires d'amour finissent mal en général… Et que dire de celles qui ne sont pas réciproques ! Ici, Françoise Sagan nous offre une histoire d'amour torturé et du romantisme. Et je ne m'attendais à lire cette auteure dans ce registre. Malgré une trame convenue : lui l'aime, elle non … pas de quoi fouetter un chat, me direz-vous, il y a la griffe Sagan. Et voilà, toute la différence !Ces petites phrases vives, envolées, pétillantes où elle s'amuse. Notre notaire Nicolas Lomont qui écrit dans son journal se surprend au fil des pages à rêver d'avoir des lecteurs. Son style devient plus limpide et il délaisse les conventions, la superficialité des personnages pour rendre compte des sentiments.
    La suite sur : http://fibromaman.blogspot.com/2011/03/francoise-sagan-un-orage-immobile.html

    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2011/03/francoise-sagan-un-orage-immo..
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    • Livres 4.00/5
    Par Estellecalim, le 17 mars 2012

    Estellecalim
    Sagan a choisi de raconter cette histoire du point de vue de Nicolas Lomont.
    Ayant atteint un âge vénérable, celui-ci décide de mettre par écrit l'histoire de Flora. Il ne s'agit toutefois pas d'un journal intime, mais d'un écrit qui sera potentiellement lu par un lecteur étranger et inconnu.
    Ce choix permet ensuite à l'auteur de placer des adresses au lecteur de manière régulière dans le récit, mais surtout de prendre des précautions à plusieurs reprises. Lomont s'excuse d'écrire si mal, se reproche de vouloir faire littéraire, de se préoccuper d'un lecteur qui n'existera sans doute jamais. Il veut aussi renoncer puis finalement poursuit son récit.
    Ces précautions permettent de justifier la dernière partie du roman, ou plutôt sa forme, car elle m'a semblé un peu précipitée, pour ne pas dire bâclée.
    J'aurais effectivement aimé avoir plus de détail, notamment sur ce qui précède cette conclusion tragique. Certes, on voit bien ce qui conduit tout le monde à cette fin, mais c'est tout de même un peu rapide, et je me suis demandé si Sagan n'exprimait pas son propre ressenti quand le narrateur dit qu'il n'en peut plus.

    Lien : http://lirerelire.blogspot.fr/2012/02/un-orage-immobile-de-francoise..
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    • Livres 3.00/5
    Par sandpic, le 15 décembre 2011

    sandpic
    Délicieux ! Fin, subtile
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 25 mars 2011

    [Incipit.]

    Si un lecteur découvre un jour ces pages - si quelque aveugle vanité d'auteur ou quelque aléa du destin m'empêche de les détruire - qu'il sache d'abord que c'est plus pour me le rappeler que pour le relater que j'entame le récit de l'été 1832 et des années qui suivirent. Qu'il sache surtout que je souhaite à ceux qui y participèrent, ceux qui furent les bourreaux, les victimes ou, comme moi, les impuissants témoins, que je ne leur souhaite qu'une chose : l'oubli. Un oubli définitif, un furieux oubli, un oubli de plomb aussi écrasant que le fut ce premier été, dans cette si douce province d'Aquitaine, au climat pourtant si tempéré.
    Je suis âgé, hors d'état d'aimer comme de l'être. Et l'on ne me croira pas si je prétends, comme tant d'hommes de mon âge, en être satisfait. Eh bien, on aura tort. Car dans quelques années, lorsqu'on enfouira ce qui aura été mon corps terrestre sous les cyprès du petit cimetière de Nersac, s'il se trouve alors, en même temps qu'une bonne âme pour pleurer ma mort, un esprit méchant pour s'en réjouir, celui-ci se réjouira pour rien. C'est à la fin d'un cadavre qu'il aura assisté. Il y a déjà trente ans que je suis mort. Il y a trente ans que je ne fais que survivre à ces étés brûlants.
    En 1832, j'avais trente ans. Je n'étais qu'un jeune homme âgé, et niais de surcroît, célibataire, héritier d'une des meilleures charges de notaire de la province, bon parti, voire bel homme, si l'on recherchait la santé plus que l'élégance ; je présentais aux regards des cheveux plantés bas sur un front de hauteur convenable, des yeux de chien de chasse que je voulais hautains, une bouche saine et un menton un peu galochard, tout cela porté par de larges épaules, un corps vigoureux, d'une vigueur qu'attestait un teint vermeil. Seul point d'orgueil pour moi : de longues mains aux doigts déliés et que les femmes disaient belles. Les femmes... enfin ce que j'en savais après quelques séjours d'étudiant à Paris, une longue et sotte passion pour une Circé de province, aujourd'hui déjà vieille, quelques passades avec des épouses déçues, et des regards condescendants vers les tendrons que j'étais censé épouser bientôt. La seule femme que j'eusse aimée vraiment s'appelait Élisa. Elle était chambrière de ma mère, mais après un an d'amours tremblantes, et malgré mes supplications, Élisa m'avait fui en même temps qu'un scandale qui n'aurait peut-être jamais éclaté. Élisa, et elle seule, m'avait un peu aimé, un peu déglacé sur les choses de l'amour. Mais fort peu. Le reste de mon existence ne m'avait dans ce domaine qu'affolé ou frustré - sort que je croyais partager avec tous les célibataires provinciaux de mon âge, de mon milieu et de mon époque.
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