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André Gide (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070360040
Éditeur : Gallimard (1972)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.77/5 (sur 679 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture - Ainsi les trois avions postaux de la Patagonie, du Chili et du Paraguay revenaient du sud, de l'ouest et du nord vers Buenos Aires. On y attendait leur chargement pour donner le départ, vers minuit, à l'avion d'Europe.
Trois pilotes, chacun à l'arrière d'un capot lourd comme un chaland, perdus dans la nuit, méditaient leur vol, et, vers la ville immense, descendraient lentement de leur ciel d'orage ou de paix, comme d'étranges paysan... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
Nastasia-B12 octobre 2015
  • Livres 4.00/5
Ce livre m'apparaît plus comme une nouvelle que comme un roman, mais peu importe les classifications et les critères qui s'y appliquent. de toute façon, cela ne retire ou n'ajoute en rien des qualités à un ouvrage.
Et justement, il est assez surprenant cet ouvrage, car on s'attendrait davantage à lire un commentaire émanant du pilote directement embarqué dans le cockpit, un peu comme dans Terre Des Hommes (que personnellement j'avais encore mieux aimé), or, pas du tout. Ce sont plutôt les personnes qui gravitent autour du monde de l'aviateur qui sont le coeur de l'ouvrage.
Le patron de l'aéropostale, par exemple, le véritable héros de ce livre, dont le portrait est réalisé tout en finesse, et qu'on ne saurait ni aimer ni détester. Il fait courir des risques aux pilotes pour sauver son bébé, l'aéropostale, mais il n'en a pas moins une profonde humanité et un quasi amour de ses pilotes. Il leur impose des cadences infernales non pas pour les briser, mais pour justement éviter des relâchements des équipes de maintenance. Il est intraitable avec les mécanos, mais il veut faire des exemples afin qu'aucune négligence ne vienne entraver la fiabilité.
Lu avec un regard du monde de l'entreprise actuel, cela peut faire grincer, car beaucoup d'entreprises font désormais trimer leurs équipes de la sorte et imposent de tels niveaux de stress sans qu'il y ait rien de louable derrière. La confusion est possible. Mais je ne pense pas qu'il faille comparer cela avec le temps des pionniers de l'aviation où l'objectif était tout autre : prouver que l'avion est fiable, rentable et a de l'avenir.
On entre aussi dans la psychologie du contrôleur ou de la femme du pilote et l'on vit par procuration un peu de l'envers du décor de l'aviateur, — de l'aviateur de cette époque-là —, une époque révolue à jamais certes, mais qui demeure un vibrant témoignage, à n'en pas douter.
En somme, un livre assez étonnant mais furieusement humain, dans tout ce que l'humain peu avoir de magnifique ou d'horrible, de magnanime ou de mesquin. À mettre entre toutes les mains, mais ce n'est là que mon avis pris dans les turbulences, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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Commenter    J’apprécie          1080
carre
carre07 juillet 2012
  • Livres 4.00/5
« Vol de nuit » est avant tout et surtout un magnifique hommage aux pionniers de l'aéropostale. St Ex raconte aussi le quotidien de ceux restés à terre, l'épouse qui tente d'apprivoiser peur et solitude, Rivière le patron, intransigeant, dur avec les équipes au sol, qui vit constamment dans l'angoisse de passer à côté d'une problème technique qui serait fatale à ces pilotes. Justement, l'un deux Fabien est en grande difficulté…
St Exupéry décrit de façon méthodique la tension de ces personnages, au fil de la nuit alors que l'inquiétude grandit. C'est en cela que le roman de St Ex est une réussite.
Le style est simple, direct, St Exupéry décrit les émotions avec une grande justesse, le choix de raconter « un vol de nuit » rajoute une intensité dramatique au texte. Un vrai plaisir de lecture. Grand classique, récompensé en 1931 par le Fémina.
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Sly
Sly24 décembre 2011
  • Livres 4.00/5
Ce livre tente de retranscrire ce qu'était le quotidien de ces aventuriers du ciel qui chaque jour risquaient leurs vies dans le seul but de faire parvenir à bon port votre courrier. Antoine de Saint-Saint-Saint-Exupéry ayant travaillé pour l'aéropostale, il est donc très bien placé pour nous en parler.
Il est facile de reconnaître le côté poète de l'écrivain dans les descriptions qu'il nous fait partager. J'ai trouvé la lecture très agréable, l'histoire très courte n'est composée d'aucunes fioritures inutiles. On va droit à l'essentiel.
Le personnage le plus marquant est Rivière qui tente de tout mettre en oeuvre afin que ces pilotes est le plus de chance de rester en vie pour leur mission. Il n'épargne aucune erreur et la punie très sévèrement lorsque cela arrive. le moindre relâchement de sa part pouvant entraîner le démarrage d'un engrenage qui conduit inévitablement vers la mise en danger de ses pilotes. C'est lui qui leur insuffle le courage quand il leur manque, lui qui leur transmet ses valeurs.
L'auteur nous délivre ici un hommage a tous ces hommes qui n'ont pas hésité à mettre en balance leur vie afin d'accomplir quelque chose qui pour eux était d'une importance plus grande. Il n'y a pas a douter que de nos jours de tels hommes sont devenus très rares.
Inutile de vous dire donc que j'ai apprécié cette lecture qui m'a fait découvrir un peu plus une page d'histoire.
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BrunoA
BrunoA14 avril 2013
  • Livres 4.00/5
Vol de nuit fut le livre qui fit connaître Saint Exupéry dans les années trente.
Moins un roman qu'une longue nouvelle, ce livre est un magnifique hommage aux pilotes de ce temps, ceux qui partaient à l'aventure à chaque décollage et qui allaient se mesurer physiquement aux éléments.
C'est un très beau témoignage de l'Aéropostale qui, dans les années trente, avait un parfum d'aventures.
On y vit les conditions de l'époque et on approche un peu ces héros anonymes qui, aujourd'hui encore, font rêver.
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johaylex
johaylex22 juillet 2012
  • Livres 4.00/5
En subissant les aléas de la nature, il n'est pas impossible que l'homme ait eu conscience de ces forces immanentes qui parfois le brisent. Puis, étendu par le vent, sans doute a-t-il contemplé le ciel, et en a saisi sa radicale transcendance. Jaloux des oiseaux qui s'arrachaient de sa poussière, il a voulu battre des ailes pour ramener le ciel à sa hauteur ou s'élever à la sienne.
Si mon propos presque banal se fait plus mythologique qu'historique, c'est que mon ignorance des faits est oblitérée par le Mot, qui se façonne, qui se forge, pour enfin flotter dans les airs. Tel est le destin physique du Mot: il vole et parfois emporte sur son onde l'esprit de ceux qui peinent à le lire.
Dans "vol de nuit", Antoine de Saint-Exupéry nous invite à partager, presque en mortels découvrant les dieux, un instant de l'aventure de l'Aéropostale. Et son Mot, son Verbe, sa Phrase, semble fuselé(e) comme un avion de son temps: il vole, fragile, en fuyant la tempête et l'émotion attendues.
Rivière, pivot de cette aventure, se bat pour que les avions de l'aéropostale d'Amérique du Sud volent même la nuit en dépit des dangers qui, s'ils sont périlleux de jour, deviennent assassins une fois le soleil couché: la cordillère des Andes, même sans ailes, est presque aussi élevée que les avions, et les cyclones demeurent imprévisibles.
Le drame, voire le tragique, affleure donc à chaque vol...
On ne peut s'empêcher de penser aux Héros grecs, partagés entre le désir d'une vie quotidienne simple mais vite oubliée et le désir de gloire qui donnera la postérité mythique aussi sûrement que la mort.
En lisant ce "vol de nuit", je n'ai pu m'empêcher de penser à Albert Camus et sa pièce "les justes", tant l'apothéose finale de Kalyalev est semblable à celle du pilote Fabien.
C'est qu'Antoine de Saint-Exupéry en jardinier de la phrase a retiré autant que possible le mot de trop, "less is more" comme disait Browning. Il en découle une dignité dans l'émotion qui met son lecteur à l'abri de la facilité. La répugnance de Saint-Ex' à violenter ses paragraphes avec de l'émotion violente - et il aurait pu s'en servir, le roman étant gros de drames - fait apparaître ce dont une certaine littérature, même classique, même exceptionnelle, manque parfois: de la grandeur.
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Citations & extraits (82) Voir plus Ajouter une citation
JcequejelisJcequejelis31 mai 2012
... Puis, comme rien ne vacillait, ni ne vibrait, ni ne tremblait, et que demeuraient fixes son gyroscope, son altimètre et le régime du moteur, il s'étira un peu, appuya sa nuque au cuir du siège, et commença cette profonde méditation du vol où l'on savoure une espérance inexplicable.

Et maintenant, au cœur de la nuit, comme un veilleur, il découvre que la nuit montre l'homme : ces appels, ces lumières, cette inquiétude. Cette simple étoile dans l'ombre : l'isolement d'une maison. L'une s'éteint : c'est une maison qui se ferme sur son amour.

Ou sur son ennui. C'est une maison qui cesse de faire son signal au reste du monde. Ils ne savent pas ce qu'ils espèrent ces paysans accoudés à la table devant leur lampe : ils ne savent pas que leur désir porte si loin, dans la grande nuit qui les enferme. Mais Fabien le découvre quand il vient de mille kilomètres et sent des lames de fond profondes soulever et descendre l'avion qui respire, quand il a traversé dix orages, comme des pays de guerre, et, entre eux, des clairières de lune, et quand il gagne ces lumières, l'une après l'autre, avec le sentiment de vaincre. Ces hommes croient que leur lampe luit pour l'humble table, mais à quatre-vingt kilomètres d'eux, on est déjà touché par l'appel de cette lumière, comme s'ils la balançaient désespérés, d'une île déserte, devant la mer.

426 - [Folio n° 4, p. 22-23]
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PetitebijouPetitebijou06 mai 2011
Sans avoir à lutter, il serrait les mains sur les commandes. Quelque chose se préparait qu'il ne comprenait pas. Il bandait ses muscles, telle une bête qui va sauter, mais il ne voyait rien qui ne fût calme. Oui, calme, mais chargé d'un étrange pouvoir. Puis tout s'est aiguisé. Ces arêtes, ces pics, tout devenait aigu : on les sentait pénétrer, comme des étraves, le vent dur. Et puis il lui sembla qu'elles viraient et dérivaient autour de lui, à la façon de navires géants qui s'installent pour le combat. Et puis il y eut, mêlée à l'air, une poussière : elle montait, flottant doucement, comme un voile, le long des neiges. Alors, pour chercher une issue en cas de retraite nécessaire, il se retourna et trembla : toute la Cordillère, en arrière, semblait fermenter.
"Je suis perdu."
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zorazurzorazur15 mars 2012
"Il s'agit de les rendre éternels". Où avait-il lu cela ? "Ce que vous poursuivez en vous-même meurt". Il revit un temple au dieu du soleil des anciens Incas du Pérou. Ces pierres droites sur la montagne. Que resterait-il, sans elles, d'une civilisation puissante, qui pesait, du poids de ses pierres, sur l'homme d'aujourd'hui, comme un remords ? Au nom de quelle dureté, ou de quel étrange amour, le conducteur des peuples d'autrefois, contraignant ses foules à tirer ce temple sur la montagne, leur imposa-t-il de dresser leur éternité ? Rivière revit comme un songe les foules des petites villes, qui tournent le soir autour de leurs kiosques à musique. "Cette sorte de bonheur, ce harnais, pensa-t-il". Le conducteur de peuples d'autrefois, s'il n'eut peut-être pas pitié de la souffrance de l'homme, eut pitié, immensément, de sa mort. Non de sa mort individuelle, mais pitié de l'espace qu'efface la mer de sable. Et il menait son peuple dresser au moins des pierres que n'ensevelirait pas le désert.
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AelaAela20 mai 2011
En face de Rivière se dressait, non la femme de Fabien, mais un autre sens de la vie. Rivière ne pouvait qu'écouter, que plaindre cette petite voix, ce chant tellement triste, mais ennemi. Car ni l'action, ni le bonheur individuel n'admettent le partage: ils sont en conflit. Cette femme parlait elle aussi au nom d'un monde absolu et de ses devoirs et de ses droits. Celui d'une clarté de lampe sur la table du soir, d'une patrie d'espoirs, de tendresses, de souvenirs. Elle esigeait son bien et elle avait raison.
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luciolerlucioler23 juin 2011
Fabien erre sur la splendeur d'une mer de nuages, la nuit, mais plus bas c'est l'éternité. Il est perdu parmi des constellations qu'il habite seul. Il tient encore le monde dans ses mains et contre sa poitrine la balance. Il serre dans son volant le poids de la richesse humaine, et promène désespéré, d'une étoile à l'autre, l'inutile trésor qu'il faudra bien rendre.
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Videos de Antoine de Saint-Exupéry (135) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antoine de Saint-Exupéry
Antoine de Saint-Exupéry parle...New York 1941 Extraits de l'enregistrement, pour Jean Renoir, d'un projet de film, d'après "Terre des Hommes".
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