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ISBN : 2070368246
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 115 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Nous sommes fin mai, en pleine retraite, en plein désastre. On sacrifie les équipages comme on jetterait des verres d'eau dans un incendie de forêt. Comment pèserait-on les risques quand tout s'écroule ?...
En trois semaines nous avons perdu dix-sept équipages su... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 17 mai 2012

    brigittelascombe
    "Je combattrai pour la primauté de l'Homme sur l'individu-comme de l'universel sur le particulier" affirme l'aviateur, écrivain et humaniste, le Capitaine Antoine de Saint-Exupéry dans pilote de guerre, l'un de ses plus beaux livres autobiographiques, dont j'ai la chance de posséder l'édition Gallimard 1942.
    pilote de guerre nous décrit "l'absurde de la mort" ("j'aimerais savoir pour qui je meurs"); l'absurdité de la guerre ("A quoi ça sert?") "l'absurdité des ordres" alors qu'en ces années 39-40 (où les chasseurs allemands tels des éperviers foncent sur leur proie), on les envoie en "mission sacrifiée" "chercher des renseignements dont personne n'a besoin";les pensées contradictoires lors du danger de mort (angoisse, mélancolie des souvenirs, jubilation d'être encore en vie); la relation de tendresse qui lie le pilote à son avion; "la rencontre avec soi-même".
    pilote de guerre est un témoignage fort de la fraternité qui lie les hommes dans l'amour,la colère et la haine. Il est d'ailleurs dédié au "compagnons de bord". Il y a Alias "qui ne méprise pas les fuyards",Dutertre qui lance un "ça s'aggrave au moment (in)opportun, Hochédé "qui subit le devoir", Guillaumet l'ami perdu.. Ils sont humains,terriblement humains et pourtant des héros qui se sacrifient au bénéfice d'une communauté.
    pilote de guerre parle d'expérience, mais aussi des principes philosophiques qui sont chers à Saint-Exupéry (dont l'errance existentielle a façonné l'oeuvre) qui croyait en la grandeur de l'Homme, dépassant son statut d'individu pour agir pour l'humanité ("qui suis-je si je ne participe pas?), un engagement existentialiste pour la liberté à rapprocher de Sartre, mais dont l'acte est le sacrifice vu comme un don de soi.
    pilote de guerre met en avant des valeurs fortes de respect,de liberté,d'amour fraternel,de solidarité,de spiritualité,de tolérance et de paix que l'on retrouve dans Lettre à un otage, Terre des hommes, Le Petit Prince, Vol de nuit... que j'ai adoré.
    Un livre toujours d'actualité en ces temps de crises!
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    • Livres 4.00/5
    Par Gast, le 09 septembre 2010

    Gast
    Au début, le style haché, presque hésitant du roman malgré une scène d'introduction maginfique, m'a quelque peu inquiété quant à sa suite ; mais un tel roman ne pouvait commencer autrement. Au delà du récit de guerre ; au delà de la peur d'un homme face au danger d'une guerre ; au delà d'une description acérée de la débâcle de 1940 ; au delà de tout cela, ce récit est avant tout la maturation de l'esprit d'un homme.
    Cette transformation, va achever l'entrée de Saint-Exupéry narrateur dans l'age adulte, l'abandon des derniers lambeaux d'enfance qui s'accrochaient encore avec leurs illusions à l'homme qu'il était. Bref, ce récit montre un homme qui au coeur du plus grand désastre historique de son pays se découvre Homme et découvre les vraies valeurs qu'il veut défendre ; c'est le récit de la naissance d'un engagement qui mènera quatre ans plus tard l'auteur au sacrifice ultime à bord d'un P38.
    Et de plus, rien que pour toutes les idées fausses sur la défaite de 1940 véhiculées par l'inconscient collectif, ce roman vaut aussi pour la démonstration qu'il fait du "sacrifice conscient" que fit la France face au nazisme, combattant malgré l'inéluctabilité du désastre afin de rendre honneur à ses valeurs face à une barbarie. Mais il démontre aussi la profonde absurdité d'un tel combat pourtant inévitable, voir même nécessaire. Car l'absurdité d'une lutte traduite par l'effondrement des rouages les plus élémentaires d'un pays alors que l'ennemi n'est pas encore là ne l'empêche finalement pas d'être nécessaire.
    Un roman dense donc, complet et percutant... visionnaire même sur certains aspects ayant mené au désastre de 1940.
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  • Par sebbys, le 29 septembre 2012

    sebbys
    Dans Pilote de guerre, on à affaire à une drôle de guerre. Il y a une rhétorique qui est créée. Il y a aussi un certain sens spirituel mis en place. On est face à la rhétorique de la guerre qui mènera plus tard à l'attente. Dans Pilote de guerre, on n'a pas l'idée de se battre, de se faire la guerre. Plusieurs thématiques se croisent d'ailleurs.
    Il y a une vaine thématique de la peur. On trouve une attente mélancolique. Ensuite, la guerre perd dans le récit, elle devient absurde et drôle. La tuerie est commandée par les Instances Supérieures. Saint-Exupéry attend dans son avion et en profite pour écrire ses textes. Il a peur de la situation.
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    • Livres 5.00/5
    Par MarieC, le 28 octobre 2012

    MarieC
    Dans ce court texte, Saint-Exupéry synthétise son expérience de pilote militaire pendant la désastreuse campagne de 1940. Paru paru aux Etats-Unis (en français et en anglais) début 1942 a été autorisé par Vichy, puis interdit un an plus tard sur décision de l'occupant... L'essentiel du livre - également sous-titré "Mission sur Arras" raconte une expédition aérienne, hasardeuse, voire suicidaire, car les pilotes engagés n'ont plus aucune confiance en l'issue de la guerre ou en la pertinence des ordres donnés par la hiérachie militaire. La critique, assez virulente, ainsi que le récit du courage de ces hommes, mus par le patriotisme et le sens de l'honneur, permet par contre de comprendre la démarche de ceux qui, dans les mois qui suivent, vont reprendre le combat dans la clandestinité. le tout avec le souffle de Saint-Exupéry !
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    • Livres 4.00/5
    Par TheBee, le 28 juin 2010

    TheBee
    Je me suis plongée avec passion et émerveillement dans ce témoignage romancé qui m'a donné envie d'en savoir plus sur les pionniers de l'aviation. Ces hommes qui risquaient leur vie à chaque vol m'ont laissé admirative et rêveuse...
    Ce roman nous entraine au coeur de la seconde guerre mondiale et Saint-Exupéry ne cesse de d'enrager face à l'absurdité de la guerre et de sa mission. La mort est si proche et dénuée de sens, car mourir pour qui, pour quoi? Chaque seconde dans ce contexte est un appel à la vie, à l'humanité. L'homme, le pilote, d'ordinaire passionné, est en lutte contre un non-sens qui l'accable.
    L'écriture en elle-même n'est pas exceptionnelle, mais le témoignage est poignant et riche. On en tire une vraie leçon de vie.
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Citations et extraits

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  • Par Jcequejelis, le 17 février 2012

    Aucune circonstance ne réveille en nous un étranger dont nous n'aurions rien soupçonné. Vivre, c'est naître lentement. Il serait un peu trop aisé d'emprunter des âmes toutes faites !

    Une illumination soudaine semble parfois faire bifurquer une destinée. Mais l'illumination n'est que la vision soudaine, par l'Esprit, d'une route lentement préparée. J'ai appris lentement la grammaire. On m'a exercé à la syntaxe. On a éveillé mes sentiments. Et voilà brusquement qu'un poème me frappe au cœur.

    Certes je ne ressens pour l'instant aucun amour, mais si, ce soir, quelque chose m'est révélé, c'est que j'aurai pesamment apporté mes pierres à l'invisible construction. Je prépare une fête. Je n'aurai pas le droit de parler d'apparition soudaine, en moi, d'un autre que moi, puisque cet autre moi, je le bâtis.

    Je n'ai rien à attendre de l'aventure de guerre, sinon cette lente préparation. Elle paiera plus tard, comme la grammaire.

    [Le Livre de Poche n° 21 p. 67]
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  • Par Jcequejelis, le 16 février 2012

    Un village au cours d'une guerre , n'est pas un nœud de traditions. Aux mains de l'ennemi il n'est plus qu'un nid à rats. Tout change de sens. Ainsi tels arbres de trois cents ans, abritaient votre vieille maison de famille. Mais ils gênent le champ de tir d'un lieutenant de vingt-trois ans. Il expédie donc une quinzaine d'hommes anéantir, chez vous l'œuvre du temps. Il consomme, pour une action de dix minutes, trois cents ans de patience et de soleil, trois cents années de religion de la maison, et de fiançailles sous les ombrages du parc.

    [Le Livre de Poche n° 21 p. 90]
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  • Par Paojito, le 29 juillet 2014

    Il n'était rien ce matin qu'une armée démantibulée, et une foule en vrac. Mais une foule en vrac, s'il est une seule conscience où déjà elle se noue, n'est plus en vrac. Les pierres du chantier ne sont en vrac qu'en apparence, s'il est, perdu dans le chantier, un homme, serait-il seul, qui pense cathédrale.

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  • Par Jcequejelis, le 18 février 2012

    J'ai vu des batteuse abandonnées. Des faucheuses-lieuses abandonnées. Dans les fossés des routes, des voitures en panne abandonnées. Des villages abandonnés. Telle fontaine d'un village vide laissait couler l'eau. L'eau pure se changeait en mare, elle qui avait tant coûté de soins aux hommes. Tout à coup une absurde image me vient. Celle des horloges en panne. De toutes les horloges en panne. Horloges des églises de village. Horloges de gare. Pendules de cheminée des maisons vides. Et, dans cette devanture d'horloger enfui, cet ossuaire de pendules mortes. La guerre… on ne remonte plus les pendules. On ne ramasse plus les betteraves. On ne répare plus les wagons. Et l'eau, qui était captée pour la soif ou pour le blanchissage des belles dentelles du dimanche des villageoises, se répand en mare devant l'église. Et l'on meurt en été…

    [Le Livre de Poche n° 21 - p.10-11]
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  • Par diborde, le 17 septembre 2009

    " J'aurai marché comme un aveugle que ses paumes ont conduit vers le feu. Il ne saurait pas le décrire et cependant il l'a trouvé. Ainsi, peut-être, se montrera ce qu'il convient de protéger, ce qui ne se voit point, mais dure, à la façon d'une braise, sous la cendre des nuits de village.

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小鴿子的一千零一頁 Mille et une pages avec le Pigeonnier- 《Vol de nuit》de Antoine de Saint-Exupéry
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