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ISBN : 2070368246
Éditeur : Gallimard (1972)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 177 notes)
Résumé :
Nous sommes fin mai, en pleine retraite, en plein désastre. On sacrifie les équipages comme on jetterait des verres d'eau dans un incendie de forêt. Comment pèserait-on les risques quand tout s'écroule ?...
En trois semaines nous avons perdu dix-sept équipages sur vingt-trois. Nous avons fondu comme une cire... Nous savons bien que l'on ne peut faire autrement que de nous jeter dam le brasier, si même le geste est inutile. Nom sommes cinquante, pour toute la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
MarieC
28 octobre 2012
  • 5/ 5
Dans ce court texte, Saint-Exupéry synthétise son expérience de pilote militaire pendant la désastreuse campagne de 1940. Paru paru aux Etats-Unis (en français et en anglais) début 1942 a été autorisé par Vichy, puis interdit un an plus tard sur décision de l'occupant... L'essentiel du livre - également sous-titré "Mission sur Arras" raconte une expédition aérienne, hasardeuse, voire suicidaire, car les pilotes engagés n'ont plus aucune confiance en l'issue de la guerre ou en la pertinence des ordres donnés par la hiérachie militaire. La critique, assez virulente, ainsi que le récit du courage de ces hommes, mus par le patriotisme et le sens de l'honneur, permet par contre de comprendre la démarche de ceux qui, dans les mois qui suivent, vont reprendre le combat dans la clandestinité. le tout avec le souffle de Saint-Exupéry !
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brigittelascombe
17 mai 2012
  • 5/ 5
"Je combattrai pour la primauté de l'Homme sur l'individu-comme de l'universel sur le particulier" affirme l'aviateur, écrivain et humaniste, le Capitaine Antoine de Saint-Exupéry dans Pilote de guerre, l'un de ses plus beaux livres autobiographiques, dont j'ai la chance de posséder l'édition Gallimard 1942.
Pilote de guerre nous décrit "l'absurde de la mort" ("j'aimerais savoir pour qui je meurs"); l'absurdité de la guerre ("A quoi ça sert?") "l'absurdité des ordres" alors qu'en ces années 39-40 (où les chasseurs allemands tels des éperviers foncent sur leur proie), on les envoie en "mission sacrifiée" "chercher des renseignements dont personne n'a besoin";les pensées contradictoires lors du danger de mort (angoisse, mélancolie des souvenirs, jubilation d'être encore en vie); la relation de tendresse qui lie le pilote à son avion; "la rencontre avec soi-même".
Pilote de guerre est un témoignage fort de la fraternité qui lie les hommes dans l'amour,la colère et la haine. Il est d'ailleurs dédié au "compagnons de bord". Il y a Alias "qui ne méprise pas les fuyards",Dutertre qui lance un "ça s'aggrave au moment (in)opportun, Hochédé "qui subit le devoir", Guillaumet l'ami perdu.. Ils sont humains,terriblement humains et pourtant des héros qui se sacrifient au bénéfice d'une communauté.
Pilote de guerre parle d'expérience, mais aussi des principes philosophiques qui sont chers à Saint-Exupéry (dont l'errance existentielle a façonné l'oeuvre) qui croyait en la grandeur de l'Homme, dépassant son statut d'individu pour agir pour l'humanité ("qui suis-je si je ne participe pas?), un engagement existentialiste pour la liberté à rapprocher de Sartre, mais dont l'acte est le sacrifice vu comme un don de soi.
Pilote de guerre met en avant des valeurs fortes de respect,de liberté,d'amour fraternel,de solidarité,de spiritualité,de tolérance et de paix que l'on retrouve dans Lettre à un otage, Terre des hommes, le petit prince, Vol de nuit... que j'ai adoré.
Un livre toujours d'actualité en ces temps de crises!
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Gast
09 septembre 2010
  • 4/ 5
Au début, le style haché, presque hésitant du roman malgré une scène d'introduction maginfique, m'a quelque peu inquiété quant à sa suite ; mais un tel roman ne pouvait commencer autrement. Au delà du récit de guerre ; au delà de la peur d'un homme face au danger d'une guerre ; au delà d'une description acérée de la débâcle de 1940 ; au delà de tout cela, ce récit est avant tout la maturation de l'esprit d'un homme.
Cette transformation, va achever l'entrée de Saint-Exupéry narrateur dans l'age adulte, l'abandon des derniers lambeaux d'enfance qui s'accrochaient encore avec leurs illusions à l'homme qu'il était. Bref, ce récit montre un homme qui au coeur du plus grand désastre historique de son pays se découvre Homme et découvre les vraies valeurs qu'il veut défendre ; c'est le récit de la naissance d'un engagement qui mènera quatre ans plus tard l'auteur au sacrifice ultime à bord d'un P38.
Et de plus, rien que pour toutes les idées fausses sur la défaite de 1940 véhiculées par l'inconscient collectif, ce roman vaut aussi pour la démonstration qu'il fait du "sacrifice conscient" que fit la France face au nazisme, combattant malgré l'inéluctabilité du désastre afin de rendre honneur à ses valeurs face à une barbarie. Mais il démontre aussi la profonde absurdité d'un tel combat pourtant inévitable, voir même nécessaire. Car l'absurdité d'une lutte traduite par l'effondrement des rouages les plus élémentaires d'un pays alors que l'ennemi n'est pas encore là ne l'empêche finalement pas d'être nécessaire.
Un roman dense donc, complet et percutant... visionnaire même sur certains aspects ayant mené au désastre de 1940.
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sebbys
29 septembre 2012
Dans Pilote de guerre, on à affaire à une drôle de guerre. Il y a une rhétorique qui est créée. Il y a aussi un certain sens spirituel mis en place. On est face à la rhétorique de la guerre qui mènera plus tard à l'attente. Dans Pilote de guerre, on n'a pas l'idée de se battre, de se faire la guerre. Plusieurs thématiques se croisent d'ailleurs.
Il y a une vaine thématique de la peur. On trouve une attente mélancolique. Ensuite, la guerre perd dans le récit, elle devient absurde et drôle. La tuerie est commandée par les Instances Supérieures. Saint-Exupéry attend dans son avion et en profite pour écrire ses textes. Il a peur de la situation.
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TheBee
28 juin 2010
  • 4/ 5
Je me suis plongée avec passion et émerveillement dans ce témoignage romancé qui m'a donné envie d'en savoir plus sur les pionniers de l'aviation. Ces hommes qui risquaient leur vie à chaque vol m'ont laissé admirative et rêveuse...
Ce roman nous entraine au coeur de la seconde guerre mondiale et Saint-Exupéry ne cesse de d'enrager face à l'absurdité de la guerre et de sa mission. La mort est si proche et dénuée de sens, car mourir pour qui, pour quoi? Chaque seconde dans ce contexte est un appel à la vie, à l'humanité. L'homme, le pilote, d'ordinaire passionné, est en lutte contre un non-sens qui l'accable.
L'écriture en elle-même n'est pas exceptionnelle, mais le témoignage est poignant et riche. On en tire une vraie leçon de vie.
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Citations & extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
RoseTremiereRoseTremiere27 novembre 2016
Je comprends le sens de l'humilité. Elle n'est pas dénigrement de soi. Elle est le principe même de l'action.
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JcequejelisJcequejelis17 février 2012
Aucune circonstance ne réveille en nous un étranger dont nous n'aurions rien soupçonné. Vivre, c'est naître lentement. Il serait un peu trop aisé d'emprunter des âmes toutes faites !

Une illumination soudaine semble parfois faire bifurquer une destinée. Mais l'illumination n'est que la vision soudaine, par l'Esprit, d'une route lentement préparée. J'ai appris lentement la grammaire. On m'a exercé à la syntaxe. On a éveillé mes sentiments. Et voilà brusquement qu'un poème me frappe au cœur.

Certes je ne ressens pour l'instant aucun amour, mais si, ce soir, quelque chose m'est révélé, c'est que j'aurai pesamment apporté mes pierres à l'invisible construction. Je prépare une fête. Je n'aurai pas le droit de parler d'apparition soudaine, en moi, d'un autre que moi, puisque cet autre moi, je le bâtis.

Je n'ai rien à attendre de l'aventure de guerre, sinon cette lente préparation. Elle paiera plus tard, comme la grammaire.

201 - [Le Livre de poche n° 21, p. 67]
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JcequejelisJcequejelis18 février 2012
J'ai vu des batteuse abandonnées. Des faucheuses-lieuses abandonnées. Dans les fossés des routes, des voitures en panne abandonnées. Des villages abandonnés. Telle fontaine d'un village vide laissait couler l'eau. L'eau pure se changeait en mare, elle qui avait tant coûté de soins aux hommes. Tout à coup une absurde image me vient. Celle des horloges en panne. De toutes les horloges en panne. Horloges des églises de village. Horloges de gare. Pendules de cheminée des maisons vides. Et, dans cette devanture d'horloger enfui, cet ossuaire de pendules mortes. La guerre… on ne remonte plus les pendules. On ne ramasse plus les betteraves. On ne répare plus les wagons. Et l'eau, qui était captée pour la soif ou pour le blanchissage des belles dentelles du dimanche des villageoises, se répand en mare devant l'église. Et l'on meurt en été…

204 - [Le Livre de Poche n° 21, p.10-11]
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LaFronde1963LaFronde196309 septembre 2015
Après neuf mois de guerre, nous n"avons pas encore réussi à faire adapter,par les industries dont elles dépendent, les mitrailleuses et les commandes au climat de la haute altitude.
....
Nous vivons dans le ventre aveugle d'une administration. Une administration est une machine. Plus une administration est perfectionnée, plus elle élimine l'arbitraire humain. Dans une administration parfaite, où l'homme joue un rôle d'engrenage,la paresse, la malhonnêteté, l'injustice n'ont plus l"occasion de sévir.
Mais de même que la machine est bâtie pour administrer une succession de mouvements prévus une fois pour toute, de même l'administration ne crée point non plus. Elle gère.Elle applique telle sanction à telle faute, telle solution à tel problème. Une administration n'est point conçue pour résoudre des problèmes neufs ... Mais dans une administration, conçue pour parer aux inconvénients de l'arbitraire humain, les engrenages refusent l'intervention de l'homme.

Folio 824 pages 76-77
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JcequejelisJcequejelis16 février 2012
Un village au cours d'une guerre , n'est pas un nœud de traditions. Aux mains de l'ennemi il n'est plus qu'un nid à rats. Tout change de sens. Ainsi tels arbres de trois cents ans, abritaient votre vieille maison de famille. Mais ils gênent le champ de tir d'un lieutenant de vingt-trois ans. Il expédie donc une quinzaine d'hommes anéantir, chez vous l'œuvre du temps. Il consomme, pour une action de dix minutes, trois cents ans de patience et de soleil, trois cents années de religion de la maison, et de fiançailles sous les ombrages du parc.

198 - [Le Livre de Poche n° 21, p. 90]
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Videos de Antoine de Saint-Exupéry (135) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antoine de Saint-Exupéry
Antoine de Saint-Exupéry parle...New York 1941 Extraits de l'enregistrement, pour Jean Renoir, d'un projet de film, d'après "Terre des Hommes".
>Histoire de l'Europe depuis 1918>Histoire militaire 2de guerre>Résistance (Deuxième guerre mondiale : 1939-1945) (41)
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