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ISBN : B01CUWVYIM
Éditeur : Gallimard (2015)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 531 notes)
Résumé :
"Nous habitons une planète errante." Saint-Exupéry, qui vient d'être nommé pilote de ligne, découvre, admire, médite notre planète. Assurant désormais le courrier entre Toulouse et Dakar, il hérite d'une vaste responsabilité à l'égard des hommes, mais surtout de lui-même et de son rapport au monde. Tout en goûtant "la pulpe amère des nuits de vol", il apprend à habiter la planète et... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
Nastasia-B08 novembre 2012
  • Livres 5.00/5
Je me souviens encore le trouble et l'embarras qui furent les miens lorsqu'un jour mon directeur de thèse, avec un coin de regard malicieux, me demanda, sous ses petits airs naïfs et anodins : " Qu'est-ce qu'une théorie ? "
N'était-ce point ce par quoi j'aurais dû commencer toutes mes réflexions avant que d'essayer de les tester, ces théories, voire d'en créer de nouvelles ? Il me fallut pas mal de temps et d'échauffements cérébraux pour parvenir à définir en moins de dix mots et autrement que par des exemples ce que l'on entend communément par " théorie ".
Avec les années, je la définis de plus en plus simplement. Personnellement, je considère une théorie comme l'expression d'une certaine vision du monde, une représentation du monde. En ce sens, pour moi, un essai est une théorie. D'ailleurs, Darwin n'a pas écrit autre chose pour exprimer, ce que l'on appelle maintenant sa " théorie ".
Pourquoi ce long laïus à propos d'un livre de Saint-Ex ? Tout simplement parce que selon moi, ce livre est probablement la plus belle expression des conceptions de l'auteur, sa vision de la vie, de l'humanité, de la planète. En somme, la " théorie " d'Antoine de Saint-Exupéry.
De l'autobiographie baignée dans un halo d'histoires plus ou moins vraies, plus ou moins féériques, tout acquises au dieu aéropostale. Un lyrisme des espaces doué d'une fibre humaniste très développée, un relent d'optimisme derrière chaque montagne, une allégorie sous chaque fable, la plus belle étant peut-être celle de l'orange dans le désert, le symbole de l'espoir, quand le savoir et la science ont échoué, reste ce menu trésor, naturel, tout simple, brillant comme le soleil, rond comme la petite terre des hommes.
Un petit livre admirable, superbement écrit, tout en caresses, tout en légèreté, sur le dos des nuages. Un sublime morceau de littérature française, du moins c'est ma théorie, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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gouelan
gouelan10 septembre 2015
  • Livres 5.00/5
Un homme vole dans l'immensité du ciel, parmi les étoiles, le vent, au-dessus de la mer, du sable, et découvrant ainsi les hommes, jusque dans les déserts, jusque dans leurs secrets.
Certains ont oublié d'être des hommes, ils se sont endormis, au fond de leurs cités ouvrières, ou roulés en boule dans une vie confortable de petit bourgeois, ou encore privés de leur liberté et soumis à l'esclavage. Si on les secouait pour les réveiller, on trouverait en eux le paysan oublié, déraciné, l'astronome, le musicien ou le poète évanoui, l'homme rendu libre de ses gestes, sentant à nouveau le besoin d'être un homme parmi les hommes, créant des liens, oubliant la haine, la différence, car, en vérité, il n'y en a pas. Nous formons tous « l'équipage d'un même navire » voguant sur la même planète.
Terre des hommes est un voyage au coeur de la vérité profonde des hommes, cherchant à découvrir leur trésor, les guidant vers leur mission essentielle, celle de faire un travail d'homme avec des soucis d'homme, de remplir son rôle d'homme, même pour le plus effacé d'entre nous. C'est un vol de jour, un vol de nuit, en contact avec le vent, les étoiles, la mer, le sable. Nous sommes des moissonneurs de la terre, cherchant notre vérité dans les étoiles ou au plus profond du désert, ou en pleine tempête, quand le dénuement et le désespoir nous dévoilent notre face restée dans l'ombre, le vrai visage de l'homme.
C'est un voyage agréable, où l'on retrouve bien l'esprit du Petit prince, de sa poésie et de sa douceur.
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Myriam3
Myriam311 octobre 2014
  • Livres 5.00/5
Je vole. le moteur ronronne dans un bruit assourdissant autour de moi mais mon casque en cuir m'isole. Lentement mon avion pénètre dans une nappe de nuages, un cumulus dont les flancs reflètent la lumière de mon avion et je baigne dans un monde brumeux et chatoyant, le ronflement du moteur s'efface, peu à peu, au profit de ce rêve qui peu à peu se fend, se dissipe. Mer frippée et jaune du désert ou lignes blanches sur le film bleu de l'Atlantique. le ciel sombre aussi, qui se confond à la terre et parsemé de milliers d'étoiles tout autour de moi. Parfois, volant au-dessus de ces immensités aux habitations éparses, je repense aux jardins de mon enfance dans lesquels je ne retrouverais plus ces mondes d'aventures si réels alors.
Quand je ne vole pas, je rencontre des hommes, des Maures dont un me menace calmement de me tuer, un jour, et des esclaves loin de leurs villes et leur famille. J'écoute aussi mes compagnons, Guillaumet qui a survécu dans les Andes, ou bien je retrouve la pluie terne de Toulouse sur le tram qui m'emporte vers mon nouveau vol.
Merci Saint-Ex pour ce voyage!
Lu dans le cadre du challenge ABC 2014-2015, 4/26
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Levant
Levant02 août 2015
  • Livres 4.00/5
Terre des hommes. 180 pages aux éditions Folio. Si on apprécie un tel ouvrage au poids on le méprisera. Si on l'apprécie à sa densité on l'honorera.
A consommer comme un bon vieux whisky, en plaisir égoïste, par petites gorgées entrecoupées de pauses silencieuses. Les arômes alléchants entêtent d'abord, puis le palais reçoit le coup de chaleur de la force alcoolique. Enfin, en le mâchant comme s'il était solide, viendront les saveurs. Elles déploieront alors toute leur complexité.
Pas une phrase creuse dans ce concentré d'humanité. Il ne faut pas hésiter à revenir sur l'une d'elle quand les yeux auront couru plus vite que l'appropriation de sa substance par l'esprit. Car il y a des formulations qui, faisant usage d'un langage d'une totale abstraction, n'auront de signification dans l'esprit du lecteur que par l'interprétation qu'il s'en fera. C'est le propre des oeuvres contemporaines, ayant pris de la distance avec le figuratif, que de promouvoir le ressenti suggéré au détriment de l'imagé.
Saint-Exupéry, c'est une force de pensée philosophique prise entre le sable et les étoiles. Il est frappant de constater le nombre incalculable de fois avec lequel ces deux éléments reviennent dans ses pages.
Mais l'eau est noire. Il n'aime pas la mer. Prémonition pour celui qui s'y abîmera en 1944 ?
Voler n'est pas un but pour lui. C'est le moyen de s'affranchir de la pesanteur d'un corps, de se placer entre la petitesse de l'humanité engoncée dans ses contingences matérielles et la grandeur de l'univers au mystère insondable.
Le capital philosophique des ouvrages de Saint-Exupéry est suscité par les anecdotes autobiographiques de son auteur au travers d'une vie riche en aventures. C'est le cas de Terre des hommes. S'il fallait souligner un passage dans cette prospérité littéraire, la perdition dans le désert libyen a trouvé grâce à mes yeux avec la description de l'assèchement du corps par le manque d'eau. Saint-Exupéry y fait entorse à sa pudeur et se dévoile plus qu'à tout autre moment. N'est-il pas alors dans l'état d'esprit de celui qui vit ces derniers instants. Sans angoisse.
Point de texte anodin dans l'oeuvre de cet auteur. Tout est prétexte à réflexion sur la condition humaine. Thème cher à Saint-Exupéry et au coeur duquel Terre des hommes trouve bonne place.
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araucaria
araucaria23 avril 2012
  • Livres 5.00/5
Livre superbe. Grande réflexion sur l'aventure des hommes, sur leur humanité.
Enorme coup de coeur pour cette oeuvre qui est un grand classique.
Lien : http://araucaria.20six.fr/
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Citations & extraits (230) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B23 août 2013
Il est deux cents millions d'hommes, en Europe, qui n'ont point de sens et voudraient naître. L'industrie les a arrachés au langage des lignées paysannes et les a enfermés dans ces ghettos énormes qui ressemblent à des gares de triage encombrées de rames de wagons noirs. Du fond des cités ouvrières, ils voudraient être réveillés.
Il en est d'autres, pris dans l'engrenage de tous les métiers, auxquels sont interdites les joies du pionnier, les joies religieuses, les joies du savant. On a cru que pour les grandir il suffisait de les vêtir, de les nourrir, de répondre à tous leurs besoins. Et l'on a peu à peu fondé en eux le petit bourgeois de Courteline, le politicien de village, le technicien fermé à la vie intérieure. Si on les instruit bien, on ne les cultive plus. Il se forme une piètre opinion sur la culture celui qui croit qu'elle repose sur la mémoire de formules. Un mauvais élève du cours de Spéciales en sait plus long sur la nature et sur les lois que Descartes et Pascal. Est-il capable des mêmes démarches de l'esprit ?
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aouatef79aouatef7929 avril 2015
L ' eau ! Eau tu n ' as ni gout , ni couleur , ni arome , on ne peut pas te definir , on te goute , sans te connaitre . Tu n ' es pas necessaire à la vie : tu es la vie . Tu nous pénètres d ' un plaisir qui ne s ' explique point par les sens . Avec toi rentrent en nous tous les pouvoirs auxquels nous avions renoncé . Par ta grace , s ' ouvrent en nous toutes les sources taries de notre coeur .
Tu es la plus grande richesse qui soit au monde , et tu es aussi la plus delicate , toi si pure au ventre de la terre . On peut mourir sur une source d ' eau magnésienne . On peut mourir à deux pas d ' un lac d ' eau salée . On peut mourir malgré deux litres de rosée qui retiennent en suspens quelques sels .Tu n ' acceptes point de mélange , tu ne supportes point d ' alteration , tu es une ombrageuse divinité.....
Mais tu répands en nous un bonheur infiniment simple .
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Myriam3Myriam312 octobre 2014
Que reste-t-il lorsque, devenu homme, on vit sous d'autres lois, du parc plein d'ombre de l'enfance, magique, glacé, brûlant, dont maintenant, lorsque l'on y revient, on longe avec une sorte de désespoir, de l'extérieur, le petit mur de pierres grises, s'étonnant de trouver fermée dans une enceinte aussi étroite, une province dont on avait fait cet infini on ne rentrera jamais plus, car c'est dans le jeu, et non dans le parc, qu'il faudrait rentrer.
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MoglugMoglug27 mars 2016
Ce message émanait du représentant de l’Etat, à l’aéroport de Casablanca ; Et je lus : « Monsieur Saint-Exupéry, je me vois obligé de demander, pour vous, sanction à Paris, vous avez viré trop près des hangars au départ de Casablanca. » Il était vrai que j’avais viré trop près des hangars. Il était vrai aussi que cet homme faisait son métier en se fâchant. J’eusse subit ce reproche avec humilité dans un bureau d’aéroport. Mais il nous joignait là où il n’avait pas à nous joindre. Il détonnait parmi ces trop rares étoiles, ce lit de brume, ce goût menaçant de la mer. Nous tenions en main nos destinées, celle du courrier et celle de notre navire, nous avions bien du mal à gouverner pour vivre, et cet homme-là purgeait contre nous sa petite rancune. Mais, loin d’être irrités nous éprouvâmes, Néri et moi, une vaste et soudaine jubilation. Ici, nous étions les maîtres, il nous le faisait découvrir. Il n’avait donc pas vu, à nos manches, ce caporal, que nous étions passés capitaines ? Il nous dérangeait dans notre songe, quand nous faisions gravement les cent pas de la Grande Ourse au Sagittaire, quand la seule affaire à notre échelle, et qui pût nous préoccuper, était cette trahison de la lune…
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Michel33Michel3314 septembre 2015
Adieu, vous que j'aimais. Ce n'est point ma faute si le corps humain ne peut résister trois jours sans boire. Je ne me croyais pas prisonnier des fontaines. Je ne me soupçonnais pas une aussi courte autonomie. On croit que l'homme peut s'en aller droit devant lui. On croit que l'homme est libre... On ne voit pas la corde qui le rattache au puits, qui le rattache, comme un cordon ombilical, au ventre de la terre. S'il fait un pas de plus, il meurt.
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Videos de Antoine de Saint-Exupéry (135) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antoine de Saint-Exupéry
Antoine de Saint-Exupéry parle...New York 1941 Extraits de l'enregistrement, pour Jean Renoir, d'un projet de film, d'après "Terre des Hommes".
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