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ISBN : 2070360210
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 4.01/5 (sur 399 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Nous habitons une planète errante." Saint-Exupéry, qui vient d'être nommé pilote de ligne, découvre, admire, médite notre planète. Assurant désormais le courrier entre Toulouse et Dakar, il hérite d'une vaste responsabilit&#... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 08 novembre 2012

    Nastasia-B
    Je me souviens encore le trouble et l'embarras qui furent les miens lorsqu'un jour mon directeur de thèse, avec un coin de regard malicieux, me demanda, sous ses petits airs naïfs et anodins : " Qu'est-ce qu'une théorie ? "
    N'était-ce point ce par quoi j'aurais dû commencer toutes mes réflexions avant que d'essayer de les tester, ces théories, voire d'en créer de nouvelles ? Il me fallut pas mal de temps et d'échauffements cérébraux pour parvenir à définir en moins de dix mots et autrement que par des exemples ce que l'on entend communément par " théorie ".
    Avec les années, je la définis de plus en plus simplement. Personnellement, je considère une théorie comme l'expression d'une certaine vision du monde, une représentation du monde. En ce sens, pour moi, un essai est une théorie. D'ailleurs, Darwin n'a pas écrit autre chose pour exprimer, ce que l'on appelle maintenant sa " théorie ".
    Pourquoi ce long laïus à propos d'un livre de Saint-Ex ? Tout simplement parce que selon moi, ce livre est probablement la plus belle expression des conceptions de l'auteur, sa vision de la vie, de l'humanité, de la planète. En somme, la " théorie " d'Antoine de Saint-Exupéry.
    De l'autobiographie baignée dans un halo d'histoires plus ou moins vraies, plus ou moins féériques, tout acquises au dieu aéropostale. Un lyrisme des espaces doué d'une fibre humaniste très développée, un relent d'optimisme derrière chaque montagne, une allégorie sous chaque fable, la plus belle étant peut-être celle de l'orange dans le désert, le symbole de l'espoir, quand le savoir et la science ont échoué, reste ce menu trésor, naturel, tout simple, brillant comme le soleil, rond comme la petite Terre des hommes.
    Un petit livre admirable, superbement écrit, tout en caresses, tout en légèreté, sur le dos des nuages. Un sublime morceau de littérature française, du moins c'est ma théorie, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par Myriam3, le 11 octobre 2014

    Myriam3
    Je vole. le moteur ronronne dans un bruit assourdissant autour de moi mais mon casque en cuir m'isole. Lentement mon avion pénètre dans une nappe de nuages, un cumulus dont les flancs reflètent la lumière de mon avion et je baigne dans un monde brumeux et chatoyant, le ronflement du moteur s'efface, peu à peu, au profit de ce rêve qui peu à peu se fend, se dissipe. Mer frippée et jaune du désert ou lignes blanches sur le film bleu de l'Atlantique. le ciel sombre aussi, qui se confond à la terre et parsemé de milliers d'étoiles tout autour de moi. Parfois, volant au-dessus de ces immensités aux habitations éparses, je repense aux jardins de mon enfance dans lesquels je ne retrouverais plus ces mondes d'aventures si réels alors.
    Quand je ne vole pas, je rencontre des hommes, des Maures dont un me menace calmement de me tuer, un jour, et des esclaves loin de leurs villes et leur famille. J'écoute aussi mes compagnons, Guillaumet qui a survécu dans les Andes, ou bien je retrouve la pluie terne de Toulouse sur le tram qui m'emporte vers mon nouveau vol.
    Merci Saint-Ex pour ce voyage!
    Lu dans le cadre du challenge ABC 2014-2015, 4/26
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    • Livres 5.00/5
    Par frandj, le 23 février 2015

    frandj
    L’appellation Terre des Hommes - d’après le nom d’une ONG que je connais bien - m’était familière. Mais je n’avais pas encore eu l’occasion de lire le livre éponyme, écrit par Saint-Exupéry. J’en connaissais grosso modo le sujet, et je craignais peut-être un étalage excessif d’héroïsme. J’avais notamment en tête l’incroyable aventure de l’aviateur H. Guillaumet dans les Andes, et son fameux commentaire (que certains peuvent juger grandiloquent): « Ce que j’ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait ».
    En réalité, "Terre des hommes" m’est apparu comme une très jolie collection de récits basés sur les souvenirs personnels de l’auteur, en tant que pilote. Quand Saint-Exupéry volait (donc à partir de 1926), notre planète n’était pas "quadrillée" comme elle l’est maintenant; les vastes territoires survolés par les petits avions de l’Aéropostale restaient partiellement incontrôlés ou mal connus, au Sahara ou dans les Andes par exemple. Les pilotes devaient parfois jouer leur vie à pile ou face, et assumer stoïquement les aléas de leur vol. De l’héroïsme, il y en a dans ce livre, et c’est bien compréhensible. Mais on chercherait en vain de l’emphase, témoignant d’un orgueil qui pourrait indisposer le lecteur. L'auteur évoque sans insister ses problèmes techniques rencontrés pendant ses vols et ne cache pas les risques inhérents à son métier: les intempéries, par exemple ces courants descendants qui peuvent conduire au crash en montagne; et les atterrissages en catastrophe, avec le risque d’être pris en otage (ou... massacré) par des nomades insoumis. Saint-Exupéry raconte sobrement une aventure dans le désert de Libye où il a bien failli laisser sa peau, un peu comme Guillaumet. Surtout, l’auteur nous donne en cadeau sa connaissance de notre planète - fruit de son ouverture au monde - mais aussi sa poésie et sa discrète fantaisie. Et il a aussi de l’humour (je pense notamment au délicieux passage du livre où le jeune voyageur intrépide retrouve à la maison la vieille servante sédentaire).
    En quelques années, il a accumulé infiniment plus d’expériences extraordinaires que la plupart des individus pendant toute leur vie. Au hasard de son inspiration, il nous raconte dans son livre ses face-à-face avec la nature sauvage et pas toujours hostile, ses confrontations avec des hommes de toute culture (et parfois très dangereux), les situations singulières qui lui ont permis de ressentir intensément son appartenance à la terre des hommes. Les protagonistes principaux de son texte sont d’abord les pilotes et les personnes remarquables rencontrées dans toute contrée, mais aussi le ciel étoilé, le désert si vaste, la mer immense, les montagnes gigantesques... L’auteur nous fait bien toucher du doigt la diversité de notre planète et en même temps toute la richesse de l'humanité.
    Me voici maintenant convaincu que "Terre des hommes" est un grand livre, porteur d’un beau et sobre message, plus encore que de "bons sentiments". On sent que ce livre porte déjà en germe toutes les beautés du "Petit Prince".
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    • Livres 5.00/5
    Par araucaria, le 23 avril 2012

    araucaria
    Livre superbe. Grande réflexion sur l'aventure des hommes, sur leur humanité.
    Enorme coup de coeur pour cette oeuvre qui est un grand classique.

    Lien : http://araucaria.20six.fr/

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    • Livres 5.00/5
    Par zhivago, le 27 avril 2011

    zhivago
    Pas vraiment un roman: simplement un livre, où l'auteur nous fait part de sa vision de la vie et de son sens, illustré par des histoires (inventées ou non, c'est sans importance). J'ai relu ce livre récemment et j'ai été étonné de constater à quel point il m'avait influencé et m'avais mis sur des pistes de réflexions qui ont façonné ce que je suis devenu. Ma citation préférée est : "Être un homme, c'est sentir, en posant sa pierre qu'on contribue à bâtir le monde" . Quel beau plaidoyer pour la simple décence. le mot clé est "sentir", plutôt que "savoir". Tout est dans nos intentions, dans quel esprit nous agissons.
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Citations et extraits

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  • Par Nastasia-B, le 23 août 2013

    Il est deux cents millions d'hommes, en Europe, qui n'ont point de sens et voudraient naître. L'industrie les a arrachés au langage des lignées paysannes et les a enfermés dans ces ghettos énormes qui ressemblent à des gares de triage encombrées de rames de wagons noirs. Du fond des cités ouvrières, ils voudraient être réveillés.
    Il en est d'autres, pris dans l'engrenage de tous les métiers, auxquels sont interdites les joies du pionnier, les joies religieuses, les joies du savant. On a cru que pour les grandir il suffisait de les vêtir, de les nourrir, de répondre à tous leurs besoins. Et l'on a peu à peu fondé en eux le petit bourgeois de Courteline, le politicien de village, le technicien fermé à la vie intérieure. Si on les instruit bien, on ne les cultive plus. Il se forme une piètre opinion sur la culture celui qui croit qu'elle repose sur la mémoire de formules. Un mauvais élève du cours de Spéciales en sait plus long sur la nature et sur les lois que Descartes et Pascal. Est-il capable des mêmes démarches de l'esprit ?
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  • Par Myriam3, le 11 octobre 2014

    J'arpentais un sable infiniment vierge. J'étais le premier à faire ruisseler, d'une main dans l'autre, comme un or précieux, cette poussière de coquillages. Le premier à troubler ce silence. Sur cette sorte de banquise polaire qui, de toute éternité, n'avait pas formé un seul brin d'herbe, j'étais comme une semence apportée par les vents, le premier témoignage de la vie. [...] je collectionnai mes trouvailles à la cadence d'une pierre environ par hectare. Toujours cet aspect de lave pétrie. Toujours cette dureté de diamant noir. Et j'assistai ainsi, dans un raccourci saisissant, du haut de mon pluviomètre à étoiles, à cette lente averse de feu.
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  • Par Myriam3, le 12 octobre 2014

    Que reste-t-il lorsque, devenu homme, on vit sous d'autres lois, du parc plein d'ombre de l'enfance, magique, glacé, brûlant, dont maintenant, lorsque l'on y revient, on longe avec une sorte de désespoir, de l'extérieur, le petit mur de pierres grises, s'étonnant de trouver fermée dans une enceinte aussi étroite, une province dont on avait fait cet infini on ne rentrera jamais plus, car c'est dans le jeu, et non dans le parc, qu'il faudrait rentrer.
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  • Par leluez, le 10 janvier 2013

    L’usage d’un instrument savant n’a pas fait de toi un technicien sec. Il me semble qu’ils confondent but et moyen ceux qui s’effraient par trop de nos progrès techniques. Quiconque lutte dans l’unique espoir de biens matériels, en effet, ne récolte rien qui vaille de vivre. Mais la machine n’est pas un but. L’avion n’est pas un but c’est un outil. Un outil comme la charrue.
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  • Par leluez, le 11 janvier 2013

    Heureux les pays du Nord auxquels les saisons composent, l’été, une légende de neige, l’hiver, une légende de soleil, tristes tropiques où dans l’étuve rien ne change beaucoup, mais heureux aussi ce Sahara où le jour et la nuit balancent si simplement les hommes d’une espérance à l’autre.

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