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> Roger Caillois (Traducteur)

ISBN : 2070328295
Éditeur : Gallimard (1994)


Note moyenne : 4.4/5 (sur 80 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« Tout philosophe a deux philosophies, la sienne et celle de Spinoza », a écrit Henri Bergson. L'Éthique est l'oeuvre fondamentale de Spinoza (1632-1677) qu'il a achevée peu de temps avant sa mort.
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par colimasson, le 24 juin 2013

    colimasson
    L'ethique de Spinoza est une belle construction philosophique et si c'est en cet honneur qu'on le connaît principalement, ce n'est pas en vertu de cette qualité que j'aimerais lui rendre hommage. Spinoza est peut-être un philosophe accompli –et davantage encore un logicien- mais il me semble surtout certain qu'il est un homme digne de notre admiration.

    Son Ethique ne m'intéresse pas particulièrement pour la rigueur de ses démonstrations. Sa construction est curieuse et donne l'impression de feuilleter un ouvrage de sciences mathématiques, axiomes, démonstrations, corollaires, scolies et lemmes en furie. Hélas, comme tout ouvrage scientifique, ses limites transparaissent dès lors qu'on remet en question le moindre axiome innocent. Exemple de l'un parmi tant d'autres : « D'une cause déterminée donnée, suit nécessairement un effet, et au contraire, s'il n'y a nulle cause déterminée, il est impossible qu'un effet s'ensuive ». le même scepticisme a déjà pu nous faire passer de la géométrie euclidienne à d'autres géométries non linéaires et on comprend bien que dans le domaine des sciences, aucune valeur sûre ne peut être affirmée. C'est pour cette raison que je suis passée d'une proposition à une autre avec peut-être un peu plus de légèreté que toute lecture conscience de L'ethique aurait exigé. Et pourtant… je pense être aussi convaincue que l'exégète le plus minutieux de l'œuvre de Spinoza.

    Les lourdeurs de style de L'ethique (surcharge du texte en répétitions, tournures redondantes) sont aussi ses meilleurs atouts. Il faut rappeler que Spinoza a appris le latin plutôt tardivement et que le manque de fluidité de son écriture à cet égard est parfaitement compréhensible. D'une part, les répétitions sont nombreuses et donnent l'impression d'une écriture mécanique qu'on imaginerait presque cartésienne –avant de comprendre que ce n'est (heureusement ?) pas le cas. Les tournures de ses phrases sont parfois lourdes mais évitent tout risque de malentendu. La répétition a du bon et permet aux concepts et aux idées de se faire une place de choix dans notre esprit. La décomposition du texte en axiomes, propositions et autres démonstrations semble d'autre part peu attrayante mais cette forme permet en réalité la concision et débarrasse l'auteur comme le lecteur de toute tentation de laisser s'échapper un fragment de passion.

    Et pourtant… Malgré sa volonté d'être un ouvrage purement rationnel, L'ethique laisse apercevoir l'âme d'un homme si passionné qu'il a cherché à tuer la fougue et l'immodération par la passion de la raison. Ainsi, Spinoza classe les sentiments, les actes et –plus grossièrement- les hommes en deux catégories, selon qu'ils sont dominés par l'une ou par l'autre de ces qualités : la passion/passivité ou l'action/activité. La démonstration est bien sûr extrêmement rigoureuse et je ne prétendrais pas la résumer, car elle constitue l'ouvrage même en tant qu'aucune proposition ne peut être ôtée sans ébranler la totalité de son édifice. Plusieurs concepts nécessitent toutefois d'être évoqués. Ainsi une nouvelle définition de Dieu, envisagé comme le Tout que nous pourrions également appeler Nature (faut-il rappeler que Spinoza a eu le courage de penser ceci au 17e siècle dans un contexte religieux particulièrement féroce ?), un Dieu qui ne serait plus un être désirant formé à notre image mais un Dieu prouvant sa puissance et sa perfection par le seul fait d'être. Aucune meilleure définition pour traduire ce concept n'aurait pu être donnée que la suivante : « Dieu est cause immanente, mais non transitive, de toutes choses » -et on admire encore la concision. Cet être parfait ne manque de rien. Il ne désire donc rien, et n'attend rien de nous. Branle-bas de combat dans le milieu religieux traditionnel : avec ce modèle, les églises ne valent plus rien. Qui de s'indigner : où se dirige-t-on si la morale n'existe plus ? ; qui de s'enthousiasmer : aurait-on enfin découvert la véritable liberté ? C'est en fait ici que la distinction se joue entre deux catégories d'hommes : ceux qui se croient maîtres d'eux-mêmes, et ceux qui se savent soumis à une nécessité qui les dépasse –mais infinie et si parfaite qu'elle ne se remarque pas.

    « Les hommes, donc, se trompent en ce qu'ils pensent être libres ; et cette opinion consiste uniquement pour eux à être conscients de leurs actions et ignorants des causes par lesquelles ils sont déterminés. L'idée de leur liberté c'est donc qu'ils ne connaissent aucune cause à leurs actions. »

    La liberté n'existe donc pas absolument, si ce n'est en théorie. En pratique, il s'agit seulement de s'en approcher par la vertu –ce qu'on appellerait aussi l'intelligence- et qui consiste à se détacher de ses propres sensations pour analyser les causes de chaque effet de façon rationnelle, selon les propositions avancées par Spinoza. Encore une fois, il s'agit d'être convaincu par son système, et si on ne l'est par la remise en cause (toute rationnelle) de ses axiomes, on peut l'être par l'assentiment instinctif, c'est-à-dire par la passion, ce qui est alors contraire à l'idéologie de Spinoza. Mais peut-être faut-il en passer par là ?

    Lire L'ethique procure une grande joie ou, comme la définit son auteur : « le passage de l'homme d'une moindre à une plus grande perfection ». On se sent devenir meilleur par une abnégation raisonnée des sentiments –aussi bien des bons que des mauvais- qui, contrairement à la croyance commune, ne serait pas la traduction d'un esprit désenchanté mais au contraire la vision d'un homme perpétuellement en transe, inclus dans le monde jusqu'à sa moindre parcelle insignifiante, ne vivant plus exclusivement pour lui-même mais pour participer à la perfection originelle de l'essence du monde. Cela s'appelle la béatitude, et elle n'est pas une joie car une fois atteinte, elle est la perfection même :

    « La béatitude n'est pas la récompense de la vertu, mais la vertu elle-même ; et nous n'en éprouvons pas de la joie parce que nous réprimons nos penchants ; au contraire, c'est parce que nous en éprouvons de la joie que nous pouvons réprimer nos penchants. »

    Pour mieux comprendre cette idée de l'Être absolu, infini et parfait dont nous ne serions que des parties, je me suis représentée le rapport de notre Être avec nos cellules : notre pensée (notre intellect) serait l'essence, notre organisme serait le monde, et les différents constituants de notre organisme (cellules, liquides, os…) seraient les différents constituants du monde (êtres vivants, charpente géographique…). L'analogie fonctionne : notre corps est donné, parfait dans son existence même. A l'intérieur de lui se produisent des mécanismes qui, bien qu'imprévisibles et pouvant se manifester sous des formes différentes, ne sont en réalité jamais libres. On comprend enfin que, la perfection étant donnée dans son origine, elle n'empêche pas la réalisation du mal, qui pourrait être les affections ou maladies par lesquelles l'organisme se laisse envahir. L'analogie a bien sûr ses limites. Avec cet exemple, les maladies peuvent perturber jusqu'à l'intellect, ce qui signifierait que l'essence peut perdre sa perfection -ce que Spinoza n'admet pas. Encore : nos connaissances nous permettent de penser que les maladies ont souvent une origine externe (sauf peut-être dans le cas du cancer), ce qui signifierait que Dieu peut être influé par des causes qui ne dépendent pas de lui –or Dieu est parfait et rien de plus grand ne pourrait le perturber d'une façon ou d'une autre. Mais cette contradiction est peut-être, aussi, une ouverture intéressante de L'ethique qui permettrait de considérer ce livre génial comme l'explication d'un phénomène imbriqué dans un maillon de matriochkas. Encore, cette explication signifierait que tout est lié et qu'il n'est pas irraisonnable de se sentir alarmé par des évènements qui se produisent même loin de soi –ce qu'on appelle le stress dans l'organisme peut être nommé angoisse dans le monde.

    La pensée de L'ethique provoque beaucoup de joie et rapproche de la vertu spinoziste en tant qu'elle apprend à raisonner, nous apaisant et nous rapprochant de la Béatitude. Toutefois, les moyens pour nous conduire à cet état sont extrêmement paradoxaux et on a parfois l'impression qu'il faut abolir la vie, dans la diversité de son expression et dans le tumulte de ses expériences, pour vivre parfaitement. C'est ce que Nietzsche aussi a remarqué, qui écrit dans Par-delà le bien et le mal :

    « […] tous ces ermites par nécessité, qu'ils s'appellent Spinoza ou Giordano Bruno- finissent par devenir, ne fût-ce que dans une mascarade intellectuelle, et peut-être à leur insu, des empoisonneurs raffinés et avides de vengeance. (Qu'on aille donc une fois au fond de L'éthique et de la théologie de Spinoza !) […] »

    Il faut se rappeler en effet que Spinoza, à cause d'idées qui ne convenaient ni à son époque, ni à son territoire de résidence, s'est trouvé exclu et rejeté par ses semblables alors qu'il était encore très jeune. En mettant au point un attirail rationnel poussé jusqu'au plus haut niveau, L'ethique pourrait être pensé comme le moyen utilisé par Spinoza pour lutter contre la haine ressentie à l'égard de ceux qui l'ont rejeté, car la haine est « la tristesse accompagnée de l'idée d'une cause extérieure ». Ainsi, en construisant un système qui classe les hommes sur différentes échelles de la vertu, et en se faisant de fait, implicitement, l'homme placé sur le plus haut échelon –les autres continuant à patauger dans un marasme sans fond-, Spinoza réussit à transformer sa tristesse en joie par l'usage de la raison, ce qui lui fait écrire qu'il s'agit du plus grand bien.

    « Agir par vertu absolument n'est rien d'autre en nous qu'agir, vivre, conserver son être (ces trois mots signifient la même chose) sous la conduite de la Raison, d'après le principe qu'il faut chercher l'utile qui nous est propre. »

    Et dans cette œuvre remplie de joie, Spinoza aurait fini par être conduit par l'Amour, cette « joie accompagnée de l'idée d'une cause extérieure », et qui se traduit par l'existence géniale de son Ethique. Dans un sens, Spinoza n'a pas tort : tout est nécessaire, et ce qui peut nous apparaître immédiatement comme un mal indiscutable (la haine de la majorité de ses semblables pour l'auteur) peut en fait être une possibilité donnée à la vertu de s'exprimer par l'usage de la raison. Quant à la nécessité de la publication de L'ethique, on ne la recherchera pas, comme on ne recherche plus la nécessité de ce qui est devenu parfait.

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-l-ethique-1677-de-baruch-spi..
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    • Livres 5.00/5
    Par vincentf, le 08 décembre 2012

    vincentf
    A la fois rigueur et joie, la pensée de Spinoza séduit l'esprit autant que le corps, qu'elle ne sépare presque pas, tout se trouvant rassemblé par Dieu, en Dieu, c'est-à-dire en la Nature. Il n'y a, pour Spinoza, qu'une substance, qu'un être, c'est Dieu, et ce Dieu est indivisible, donc partout. Il est la Nature. Nous sommes une partie de Dieu, nous sommes même Dieu lui-même, puisqu'il est indivisible. Malheureusement, nous ne sommes pas spontanément conscients de cette adéquation entre notre corps (Dieu perçu sous le point de vue de l'étendue), notre esprit et Dieu, parce que nous sommes affectés de mille façons par l'extérieur et que nous sommes souvent passifs, pénétrés de tristesse et non de joie. le travail de l'esprit consistera donc toujours à chercher la joie, l'action, la pensée adéquate qui correspond à la vérité de la Nature. Son désir sera de se conserver, d'être utile à lui-même, c'est-à-dire, toujours, à Dieu. N'est moral que ce qui est utile à ma conservation. Ce qui me plaît dans L'éthique de Spinoza, même si ses démonstration m'échappent parfois, c'est que c'est une éthique du désir et non du devoir, une quête de joie et non du "bien", défini simplement par l'utile. C'est qui m'est utile est bien, et non le contraire. Bien sûr, Spinoza surestime l'entendement humain, mais il le désencombre des vieux modes de penser qui le corsetaient.
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    • Livres 5.00/5
    Par fx131, le 05 avril 2014

    fx131
    L'un des ouvrages fondamentaux de la philosophie. Spinoza c'est la liberté par l'esprit. Loin des considérations de nombre de philosophes plus ou moins pertinents , il s'advére que son discours , sa vision du monde et de dieu fédére un large public . Certes à l'époque l'on imagine ce que cette vision a pu lui apporter comme problémes graves. Sa vision , sa perception de Dieu rejoint celle d'Einstein , pour qui également la vision de Dieu ne pouvait étre ce que les religions en font , bien au contraire. Spinoza , on le comprend ici , était un homme simple , qui avait la volonté , le besoin de penser. Certes parfois une certaine urgence se ressent dans l'écriture de Spinoza. Pour lui comme ce livre le démontre , la pensée était comme l'air , vitale. Il fut l'un des précurseurs de ce courant de pensée qui s'opposait au dogmatisme religieux , qui le fuyait , préférant et de trés loin , une vision réaliste de la vie. Il est vrai que cet ouvrage n'est pas facile d'approche , il faut avoir la volonté et le besoin de découvrir la pensée de ce grand homme. Il est vrai qu'il faut y revenir plusieurs fois pour réelement prendre la mesure de ces mots si forts , si nécessaire, tellement la somme de savoir que l'on retire de cet ouvrage est colossale. L'on dis souvent que chaque livre attend son lecteur jusqu'a l'age ou celui - ci pourra enfin profiter pleinement de ces pages , et avec Spinoza c'est un peu le cas . Et dans cet ouvrage , qui est la piéce maitresse de sa vision , c'est une leçon de vie , de liberté que l'on rencontre . Liberté par la raison , liberté par la pensée , cet ouvrage peut se lire a tout les instants de la vie. L'on aura toujours quelque chose a y trouver. Fondamental pour une meilleure connaissance de la vie.
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    • Livres 5.00/5
    Par Mariol, le 25 février 2012

    Mariol
    Ce livre, je l'ai lu plusieurs fois. A deux reprises dans une édition de poche en en sentant la puissance sans bien en comprendre la portée. Cela tenait pour partie à la traduction de Roland Caillois, pas toujours systématique. Ma vie a été bouleversée par la traduction de Robert Misrahi. Pour dire les choses sans y réfléchir 107 ans, je crois que j'y ai trouvé la joie que procure : (1) le fait de ne pas vivre en s'imaginant au centre du monde – le monde qui nous entoure est plus intéressant que soi (si tant est qu'on puisse se penser hors du reste) et Spinoza offre « une vie hors de soi » passionnante ; (2) le fait de ne pas percevoir le monde à travers une interprétation finaliste – les choses sont par nécessité et non par conformité à une fin. Enfin, Spinoza fournit des catégories bien précises pour penser correctement des choses un peu obsédantes (Dieu). Mention spéciale : une pensée émancipée du dualisme corps-esprit. Ça a l'air un peu académique mais c'est une avancée anthropologique cruciale qui n'a pas fini de transformer le monde. Nous sommes un corps, c'est-à-dire de la matière organisée, y compris dans les aspects qui nous paraissent les plus immatériels (la pensée). Je recommande spécialement ce livre aux personnes dépressives, il soulage énormément et apporte un cadre suffisamment cohérent pour vivre joyeux.
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    • Livres 5.00/5
    Par GuillaumeTM, le 29 mars 2013

    GuillaumeTM
    Voici l'œuvre principale de Spinoza (celui qu'on surnomme souvent comme le philosophe de la joie), qui sera publié pour la première fois après sa mort. Ecrit dans une langue austère, pas toujours très agréable, se servant comme Descartes de la logique mathématique pour étayer ses thèses, l'auteur donne de la symbolique de Dieu une tout autre image, bien loin de celle dont ses contemporains étaient habitués. Ce qui lui valut pas mal d'animosités et même une agression à coup de poignard.
    Pour Spinoza, Dieu c'est la nature (panthéisme) et tout est dans la nature y compris les êtres humains, donc tout est en Dieu. Il rejette également en bloc l'idée selon laquelle Dieu aurait une pensée et existerait sous un anthropomorphisme humain. Il dit aussi que "le désir est l'essence même de l'homme, en tant que conçue comme déterminée de quelque façon à faire quelque chose". Assurément l'un des plus importants et plus grands philosophes avec Nietzsche.
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Citations et extraits

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  • Par mickbu, le 20 juillet 2014

    "Plus nous connaissons les choses singulières, plus nous connaissons "Dieu"".

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  • Par colimasson, le 29 janvier 2014

    Cette Tristesse qu’accompagne l’idée de notre faiblesse s’appelle Humilité. Au contraire, la Joie qui naît de la considération de nous-même se nomme Amour-propre ou Satisfaction intérieure.
    Et comme cette joie se renouvelle toutes les fois que l’homme considère ses propres vertus, autrement dit sa puissance d’agir, chacun est donc naturellement avide de raconter ses actions et de faire étalage des forces de son corps et de son âme, et voilà pourquoi les hommes se rendent insupportables les uns pour les autres.
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  • Par colimasson, le 12 octobre 2013

    L’homme n’est pas un empire dans un empire : partie infime de la Nature totale, il dépend des autres parties. Dans son ignorance des causes véritables, il se croit libre. Il est pourtant rarement la cause adéquate de ses actes et dans la mesure où il n’en est que la cause inadéquate, dans la mesure où le monde l’envahit et le rend comme étranger à lui-même, à sa nature véritable, il est passif, c’est-à-dire encore passionné.

    -Introduction-
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  • Par colimasson, le 30 juin 2013

    Le véritable cogito spinoziste […] ce n’est pas le moi qui pense, mais la position de la totalité de l’être, de Dieu être intelligible et intelligibilité de l’être. Quand nous disons que la substance est en soi et est conçue par soi, aucun aspect ne dépend de l’autre, mais la pensée révèle l’être qui est en soi. Elle le révèle parce qu’elle est comme la transparence de l’être. La pensée est attribut de Dieu, est donc Dieu, mais elle n’est pas attribut de l’homme qui n’est, lui, qu’un mode –un entendement- de cette pensée divine, ou mieux : de cette pensée qui est Dieu. Il n’y a pas d’individu qui pense, mais des hommes qui participent de la pensée qui est Dieu.

    -Introduction-
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  • Par colimasson, le 27 janvier 2014

    Enfin, de cette nature de l’homme et de l’inconstance de son jugement, de ce que l’homme juge souvent des choses d’après son seul sentiment, et que les choses qu’il croit faire pour éprouver de la joie ou de la tristesse –et c’est pourquoi […] il s’efforce de les faire se produire ou de les écarter- ne sont souvent qu’imaginaires (pour ne rien dire d’ailleurs des autres causes d’incertitude que nous avons montrées dans la seconde partie) : à partir de toutes ces raisons, nous concevons facilement que l’homme peut souvent être l’auteur tant de sa tristesse que de sa joie, autrement dit qu’il est affecté tant d’une tristesse que d’une joie qu’accompagne l’idée de lui-même comme cause.
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