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> Alain Jumeau (Éditeur scientifique)
> Jean Echenoz (Auteur de la postface, du colophon, etc.)

ISBN : 2070403548
Éditeur : Gallimard (2000)


Note moyenne : 4/5 (sur 65 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" Continué the Master of Ballantrae avec une très grande admiration. Si quelque chose pouvait me déplaire dans ce livre, c'est sa perfection même. " (Julien Green)

" The Master of Ballantrae. Curieux livre, où tout est excellent... " (André Gide)
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Marple, le 09 juillet 2012

    Marple
    Récit d'aventures assez classique mais passionnant, 'Le Maître de Ballantrae' se lit aussi, et surtout, pour la formidable histoire de haine entre les 2 frères Durie, racontée par Mackellar, le fidèle intendant du domaine.
    Brillant, séduisant, mais aussi cruel et machiavélique, l'ainé, le Maître de Ballantrae tient son cadet pour responsable de ses nombreuses déconfitures et considère qu'il lui a volé la vie lui revenant de droit. Dès lors, il le persécute à coup d'injures, d'extorsions de fonds et autres manipulation de ses proches. Jusqu'à ce qu'il réagisse ! Et c'est là que le livre devient passionnant, combinant étude psychologique très fine et rebondissements extraordinaires...
    Car cette haine tenace traverse le temps et les continents, nous emmenant en Écosse, en Inde, aux États-Unis, sur les mers avec les pirates et dans les forêts avec les indiens,,, Lors de ces passages-là, on est vraiment dans un roman d'aventures, avec des personnages hauts en couleurs et des péripéties absolument irrealistes, et qui nous enchantent pourtant. Du coup, la lecture est très riche et nous tient en haleine tout du long.
    Si Mackellar n'est pas un conteur hors pair, il rend clairement compte des enjeux et de la personnalité des protagonistes. Et on se prend à aimer James l'honnête besogneux avec toute la tendresse qu'il a pour lui, ou à admirer Henry et son talent hors pair pour plaire à tout le monde ! Surtout, on se demande en permanence comment les 2 frères vont sortir de cette sombre impasse où ils se sont eux-mêmes enfermés/enferrés...
    C'est le 1er livre de Stevenson que je lis, et je vais certainement enchaîner avec ses romans plus connus : Jekyll/Hyde et L'île au trésor... Je vous encourage tous à faire de même !
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  • Par raton-liseur, le 16 juin 2014

    raton-liseur
    J'ai toujours eu du mal à imaginer que Stevenson avait pu écrire à la fois L'île au trésor et Dr Jekyll et Mr Hyde, deux romans dans des registres tellement différents. le Maître de Ballantrae, étrangement, semble réconcilier ces deux facettes d'un même écrivain. Il y est question d'une étude de personnages, en particulier le personnage éponyme, aventurier hâbleur, cruel beau parleur, et son frère, digne et conscient de ses devoirs, mesuré et droit. Un aîné flamboyant et un cadet terne, un seul titre, un seul domaine, et une seule cousine à épouser. Après avoir joué à pile ou face, au détriment de toute sagesse, qui rejoindrait la rébellion jacobite et qui demeurerait fidèle au roi en place (il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier…), l'aîné est porté disparu et le titre revient au cadet. Mais l'histoire connaîtra de nombreux rebondissements et le manoir de Durrisdeer sera le théâtre d'un affrontement à la violence contenue mais sans équivoque. Stevenson réussira dans la dernière partie du roman à nous emmener à l'aventure sur les terres hivernales d'Albany, sur les rives de l'Hudson.
    Etrange combinaison dans ce livre qui me paraît un peu fait de bric et de broc, et dont certains enchaînements me paraissent peu crédibles, mais permettent l'avancée de l'histoire dans le sens que veut lui donner Stevenson. Tant que le vieux père n'est pas mort, qu'est-ce qu'Henry dispute réellement à James ? Pas le titre, ou alors seulement celui de dauphin ; pas la gestion du domaine, qui n'intéresse pas l'aîné pour deux sous. D'accord, il a épousé la femme destinée à l'absent, mais ce même absent n'a jamais eu d'inclinaison pour cette chère cousine qu'on lui avait imposée. Bref, je ne comprends guère quels sont les griefs qui déclenchent une telle haine fraternelle, une haine qui ne peut s'éteindre que dans la tragédie, les dés en semblent jetés dès le début du roman.
    Et je ne parle pas des scènes finales qui sont d'un rocambolesque dignes des romans feuilletons qui ont fait les choux gras des journaux du XIXème siècle (Tiens, c'est l'époque à laquelle Stevenson écrit. Suis-je en train de dire qu'il écrit comme on le faisait à son époque ? Peut-être, mais dans ce cas c'est bien daté…). Invraisemblable, pas crédible pour deux sous, cela a gâché mon plaisir.
    Et avec ça, aucun personnage qui soit vraiment attachant, qui soit comme un point d'ancrage pour le lecteur dans cette histoire. le maître de Ballantrae, James, est d'un sadisme qui le rend odieux (je ne peux comprendre l'admiration de Miss Alison pour ce sinistre personnage que sa flamboyance ne rend pas plus sympathique à mes yeux.) ; son cadet, Henry, est terne et campé sur ses principes, un personnage mal-aimé mais qui ne cherche pas à se faire aimer non plus. Et le narrateur, Mackellar, régisseur du domaine, est trop servile et influençable pour susciter quelque sympathie. Une belle brochette de personnages plus antipathiques les uns que les autres pour compléter cette histoire peu crédible…
    Alors certes, Stevenson donne à lire une étude de caractère qui pourrait ne pas être dénuée d'intérêt. Les deux frères m'ont fait penser aux deux faces schizophrènes de Jekyll et Hyde, mais cette fois dédoublées dans deux personnages (dont les prénoms forment le nom d'un des amis de Stevenson, Henry James, drôle d'hommage à un ami, mais aussi peut-être une façon de montrer qu'ils sont les deux aspects d'une même personnalité). Les personnages évoluent aussi, il est bien vrai, et là où les frères semblaient si bien campés chacun dans leur camp, on voit la haine gagner celui qui se retranchait derrière les principes, et l'on voit peu à peu cette haine prendre le dessus sur toute autre forme de raisonnement, finissant par être le moteur de toute action, au-delà de toute raison ou toute rationalité.
    Mais non, malgré tout, cette œuvre ne m'aura pas convaincue. Je l'ai lue il y a quelques années, je viens de l'écouter. Mais rien n'y fait, je n'arrive pas à l'apprécier. Je m'aperçois que j'aime probablement des facettes de Stevenson moins connues, des œuvres qui ne sont pas sur le devant de la scène mais qui me parlent ou me touchent plus que celles considérées comme ses chefs-d'œuvre. Will du moulin, lu il y a peu m'avait beaucoup plu, il faut que je continue à creuser mon sillon dans les œuvres mineures de cet auteur, c'est là que semblent être les pépites.
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    • Livres 5.00/5
    Par Gwen21, le 29 septembre 2012

    Gwen21
    Challenge ABC 2012-2013
    1/26
    Le récit narre la terrifiante haine que se vouent deux frères, aristocrates écossais, pendant vingt ans, de 1745 à 1765.
    L'écriture est superbe, d'une facilité à lire déconcertante et très évocatrice. En l'espace d'un peu plus de 300 pages pour l'édition Folio, vous voyagez des landes écossaises aux Indes en passant par une traversée chaotique de l'océan Atlantique et par les paysages sauvages du Nouveau Monde dans une ambiance digne du "Dernier des Mohicans".
    L'aventure, nerf de la guerre de Stevenson, est au rendez-vous à chaque paragraphe et emmène le lecteur, témoin impuissant mais aimanté, dans une course folle vers un dénouement magistral qui vaut largement le meilleur des scénarios cinématographiques. D'ailleurs, difficile de ne pas évoquer pendant ma lecture les décors, les personnages et les effets spéciaux que j’emploierais si j'étais réalisatrice et si, par la seule force de mon imagination, je parvenais à transposer le récit en script.
    En synthèse : passionnant, dépaysant et séduisant.
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    • Livres 4.00/5
    Par EosMayonnaise, le 26 mars 2013

    EosMayonnaise
    Etudié en deuxième année de fac, la prof arrive en classe et nous présenté le livre ainsi:
    "(soupir) Bon, ce semestre on va étudier The Master of Ballantrae (oui, effectivement, comme je m'y suis encore prise à la dernière minute, je l'ai lu en français pour ne pas perdre de temps et être sûre d'avoir tout compris...). Je vous préviens, c'est pas un livre passionnant, mais on va faire avec..."
    Merci pour cette merveilleuse entrée en matière. Il faut dire que ça ne m'a pas vraiment aidé à ouvrir le bouquin. Mais au final, j'ai trouvé l'histoire très intéressante et pleine de rebondissements. Un très beau récit d'aventure sur fond d'héritage avec ces deux frères au caractère opposé qui n'ont jamais été capables de s'entendre.
    A lire donc. Quoique comme j'ai pu le constater encore une fois, écouter les avis extérieurs n'aide pas forcément.
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    • Livres 5.00/5
    Par Titine75, le 26 février 2013

    Titine75
    « Le Maître de Ballantrae » s'ouvre sur l'Écosse de 1745, un pays divisé entre le roi George, protestant, et Charles Edouard Stuart, catholique. Les Durie de Durrisdeer et de Ballantrae sont une famille puissante, Lord Durisdeer a deux fils : James, Maître de Ballantrae, et son cadet Henry. Tout oppose les deux frères. James est un libertin, un joueur, un manipulateur et un grand séducteur. Henry est l'honnêteté incarnée, la droiture sous un aspect austère. Au moment du conflit de 1745, Le Maître de Ballantrae est supposé soutenir le roi George et rester au domaine tandis que son cadet devrait partir en guerre aux côtés des Stuart. Mais le Maître est un homme d'action et il joue son destin à pile ou face. C'est lui qui part sur le champ de bataille. Il est présumé mort après la défaite de Culloden. Henry prend alors le titre de Lord Durrisdeer, gère le domaine et épouse l'orpheline qui était promise à James. Il paiera tout cela extrêmement cher lorsque Le Maître de Ballantrae réapparaîtra.
    Autant vous le dire d'entrée, « Le Maître de Ballantrae » est un chef-d'œuvre. Les différentes inspirations de Robert Louis Stevenson y sont présentes. « Le Maître de Ballantrae » est un roman d'aventures à l'image de « L'île au trésor ». L'intrigue nous entraîne sur les champs de bataille, un bateau pirate, en Amérique, en Inde, dans une forêt sauvage où le Maître a caché un formidable trésor. Mais ce livre est également plus psychologique. L'affrontement entre les deux frères n'est pas sans évoquer « L'étrange cas du docteur Jekyll et M. Hyde ». L'opposition entre le bien et le mal, bien marquée au début, tend à s'atténuer au fur et à mesure. Dès le départ, on sent que le falot Henry ne fera jamais le poids face au charisme du Maître. Même mort, il reste le préféré de tous. Henry, droit et généreux, pêche par excès de timidité et de modestie. La dévotion imméritée portée au Maître finit par l'obséder. La haine le ronge petit à petit. Face à lui, le Maître apparaît comme le mal incarné, voire le diable puisqu'il ressuscite à plusieurs reprises. Mais il finit par séduire M. Mackellar, narrateur-régisseur et seul ami d'Henry. Il faut dire que le Maître a un charme et un panache insensés. Plusieurs fois, il joue sa vie à pile ou face car pour lui il s'agit du « meilleur moyen de manifester son mépris de la raison« . La détestation, la jalousie, la volonté de détruire l'autre amènent les deux frères à un terrible affrontement final.
    Robert Louis Stevenson livre là un récit haletant, enlevé et brillant. « Le Maître de Ballantrae » se dévore, les péripéties des deux frères sont captivantes. On tient là du grand art, une perfection littéraire. Inutile de vous préciser que je vous conseille de le lire de toute urgence !

    Lien : http://plaisirsacultiver.wordpress.com
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Citations et extraits

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  • Par gill, le 01 octobre 2013

    Dans son héritage écossais, Stevenson n'avait pas trouvé seulement les scrupules puritains, mais aussi le goût des évasions. Il n'est que de suivre sa carrière dans l'attachant récit qu'en a donné Jean-Marie Carré pour voir que, dès sa jeunesse orageuse, il avait été un rebelle et un bohème avant de devenir un nomade.
    Il n'ignorait rien des âpres réalités et il avait exploré bien des bas-fonds quand il vint s'établir, en 1887, sur les bords du lac Saragnac, dans le nord de l'état de New-York, à l'ouest du lac Champlain.
    Il avait alors 37 ans et aurait pu dire déjà ce qu'il devait confesser plus tard à Marcel Schwob :
    "Je suis pour six dixièmes artiste et pour quatre dixièmes aventurier".....
    (extrait de la préface signée René Lalou et apposée en début de l'ouvrage paru aux éditions "Stock" en 1946)
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  • Par Gwen21, le 29 septembre 2012

    Personnellement, j'étais déjà vieux ; je n'avais pas eu de jeunesse ; je n'étais pas fait pour les plaisirs du monde, je n'avais pas beaucoup de liens d'affection ; ça ne valait même pas la peine de tirer à pile ou face avec une piécette d'argent pour savoir si je serais noyé ici et maintenant dans l'Atlantique, ou si je durerais encore quelques années, pour mourir de maladie, dans mon lit, peut-être aussi affreusement, sans personne à côté de moi.
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  • Par Gwen21, le 29 septembre 2012

    Peu importe l'origine de l'animosité du comte ; mais comme il avait la ferme intention de se venger, sans aucun risque pour lui-même, il n'en dit rien au baron. C'est en effet le premier principe de la vengeance : une haine avouée est une haine impuissante.

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  • Par TheBookFetish, le 18 décembre 2013

    Le capitaine n'avait aucun soupçon des parages où nous avions été chassés; il ignorait parfaitement son métier, et ne savait faire autre chose qu'invoquer la sainte Vierge: excellente pratique, certes, mais qui n'est pas tout le talent du marin.

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  • Par Ciryaher, le 26 novembre 2013

    J'étais au lit, tout éveillé, lorsque je l'entendis monter l'escalier en titubant et en chantant. Mylord n'avait pas le don musical : son frère possédait toutes les grâces de la famille; aussi quand je parle de chanter, il faut entendre une sorte de mélopée élevée, intermédiaire à la diction et au chant. Il sort quelque chose d'analogue de la bouche des enfants qui n'ont pas encore appris à se contraindre; venant d'un homme mûr, cela produisait un effet bizarre. Il ouvrit la porte avec des précautions bruyantes; jeta un coup d'oeil à l'intérieur, en abritant de la main sa bougie; crut que je dormais; entra, déposa son bougeoir sur la table, et ôta son chapeau. Je le voyais en plein; une vive surexcitation fiévreuse brouillait ses veines, et il restait à sourire devant la bougie d'une façon contrainte. Puis il leva le bras, claqua des doigts, et se mit à se déshabiller. Ce faisant, il oublia ma présence, et reprit sa chanson; et alors je compris les paroles. C'étaient celles d'une vieille complainte, "Les Deux Corbeaux", infiniment répétée :
    Et sur ses os dénudés
    Le vent soufflera pour jamais
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Stevenson - le pirate intérieur .
Magnifiquement mis en images par René Follet, cette biographie de Robert Louis Stevenson, se présente comme le roman d'une vie irriguée par la littérature, nourrie de rêves et de cauchemars, d'un écrivain singulier, à mi-chemin entre naturalisme et impressionnisme, qui a su donner ses lettres de noblesse au fantastique comme au carnet de voyage. http://www.dupuis.com/catalogue/FR/al/35978/stevenson_le_pirate_interieur.html








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