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> Maurice Rambaud (Traducteur)

ISBN : 2070393453
Éditeur : Gallimard (1995)


Note moyenne : 4.28/5 (sur 307 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
A Brooklyn, en 1947, Stingo, jeune écrivain venu du Sud, rencontre Sophie, jeune catholique polonaise rescapée des camps de la mort. A la relation de la rencontre du jeune homme avec l'amour, se superposent la narration du martyre de Sophie, l'évocation de l'univers con... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par darkmoon, le 17 février 2014

    darkmoon
    Un très grand (et gros) roman, dans lequel j'avoue avoir eu quelques difficultés à entrer, mais dépassant les premiers chapitres l'histoire devient très prenante.
    Stingo, débarquant à Brooklyn de son Sud natal, est un être en quête d'identité. Engoncé dans sa jeunesse, il se cherche, tant professionnellement que socialement et sexuellement. Et c'est durant cet été 1947 qu'il rencontre Sophie et Nathan.
    Le couple Sophie/Nathan est excentrique, débridé, insoumis. Sophie est une jeune femme entièrement soumise à son ami violent. Au fil des pages, Sophie se dévoile, ment, rétablit les vérités, encore et encore, jusqu'à raconter l'indicible. Parallèlement, Nathan devient de plus en plus incontrôlable, tantôt sombre, jaloux et violent, tantôt extrêmement amoureux. Stingo va donc peu à peu découvrir les secrets les plus profonds de ce couple, mais également ceux, intimes et personnels, qui se cachent derrière l'homme et la femme de ce duo à la symbiose un peu désespérée, bancale et irrationnelle.
    Sophie/Stingo est le binôme socle du roman, par le biais duquel le récit du passé de Sophie se fait, Stingo ayant le rôle de confident. Elle lui raconte son passé en Pologne.
    Stingo et Nathan ont une relation ambiguë, mêlée d'amour et de haine, d'admiration et de rejet. Nathan est un être exquis, dont l'humour et l'intelligence sont hors du commun, mais parfois il adopte une attitude étrange, ce qui ne laisse pas d'inquiéter Stingo. Il s'en prend régulièrement à ses origines Sudistes, le traitant avec mépris et l'accablant pour des faits historiques dont il n'est pas responsable. Sophie n'est souvent que la spectatrice de leurs parfois très longues joutes verbales.
    Et enfin Stingo/Sophie/Nathan : relation triangulaire où chacun des protagonistes court lentement à sa perte.
    Il est finalement très rare que le repos et la sérénité animent les trois personnages en même temps, puisqu'ils sont tous tenaillés par le doute, le tourment, le remords et la culpabilité, et ce pour des raisons bien différentes. Leurs malaises s'interfèrent en permanence, de façon très juste, dans une atmosphère délétère et souvent malsaine.
    Ce « choix », que Sophie s'est résolue à faire un jour, est le fil conducteur du roman. Mais autour de ce drame gravitent d'autres drames, qui donnent de l'ampleur à ce grand roman de la perdition et du malheur. En effet, "Le choix de sophie" est construit sur la superposition de trois thèmes. le premier est le récit fortement autobiographique de Stingo, de ses tribulations professionnelles, amoureuses, sexuelles. le deuxième est la relation amoureuse passionnelle, merveilleuse, violente et destructrice de Nathan et Sophie dont Stingo est l'observateur. C'est une nouvelle approche bien conduite du thème tant de fois exploré de "l'amour à la mort". le troisième thème est bien sur le passé concentrationnaire de Sophie, de sa lutte pour survivre et toute son horreur, avec le choix entre la vie et la mort d'un de ses deux enfants et le remord destructeur qu'implique un tel acte.
    Styron nous livre une synthèse brillante. L'enchainement des trois thèmes fait que ce roman est exceptionnel. Oser mélanger des frustrations sexuelles de jeunesse et Auschwitz ! Et le réussir... le culot de Styron n'a d'égal que son talent pour construire ce roman essentiel et l'écrire d'une plume fluide et agréable. Un livre inoubliable!
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    • Livres 5.00/5
    Par steppe, le 28 avril 2012

    steppe
    Quelle densité dans la forme autant que dans le fond!!! Ce livre est d'une richesse inouïe.
    J'ai découvert William Styron avec "Les confessions de nat turner" et je savais que j'y reviendrai...
    Pour son style d'abord si dense et foisonneux. L'écriture, jamais pompeuse ni prétentieuse dénote pourtant une érudition de la part de l'auteur devant laquelle parfois, on se sent tout petit.
    C'est une lecture qui demande des efforts à plusieurs niveaux. Un bon dictionnaire et l'ami google m'ont été de précieux alliés. le vocabulaire est riche. de nombreuses références littéraires, historiques, musicales.... Bref, une plongée très complète dans une époque, une histoire....
    De nombreux thèmes sont ici abordés.
    L'écrivain en mal d'inspiration au début du roman, l'éveil de l'impulsion créatrice. Les doutes, l'angoisse de la page "jaune" (oui, William Styron écrivait sur du papier jaune!). L'exaltation des mots trouvés, enfin. de l'histoire qui se dessine. Les allusions au processus d'écriture qui lui auront permis de signer "Un lit de ténèbres" ou encore "Les confessions de nat turner". Car, oui, on navigue sans cesse,entre roman et autobiographie. Pour, à travers l'histoire de Sophie et Nathan, découvrir l'homme que fut William Styron.
    Mais surtout, justement, il y a Sophie, et Nathan. Et le narrateur qui, en contant leur histoire se pose en témoin d'une époque et d'un drame. L'autodestruction, la culpabilité, la toxicomanie, la folie, l'horreur d'Auschwitz, la perversion, le désespoir, la survivance. Et l'amitié comme l'amour, poussés à leur paroxysme. L'indulgence malsaine que l'on accorde à l'autre face à ses mauvais traitements parce que l'on se sent si coupable.... Si indigne de recevoir de l'amour. le pardon si facilement accordé.
    Et ici, il s'agit autant de la culpabilité de Sophie et de ce qu'elle a du faire pour survivre que de celle de William Styron qui, originaire du Sud des États-Unis, traîne l'esclavage des Noirs comme un atavisme honteux duquel il essaie désespérément de se libérer.
    Mais rien à faire, lui, autant que Sophie qui se sent responsable de l'antisémitisme paternel, se sent coupable des méfaits de ses ancêtres. Tous deux s'en défendent, essaient de rationaliser mais la culpabilité sans cesse les rattrape et les ronge.
    Le parallèle entre l'esclavage des Noirs et celui des déportés de la guerre est omniprésent et introduit une notion d'universalité et d'éternel recommencement qui nous glace le sang.
    Le personnage de Nathan introduit l'idée d'irresponsabilité. La notion du "bourreau" malade et donc excusable. Mais, et c'est bien là que tout se joue, Sophie aime Nathan et il l'aime aussi. Il devient le contrepied des tortionnaires de Sophie. Car ceux-là, elle ne les a pas aimés même si elle les a
    courtisés. Ceux-là, contrairement à Nathan, n'étaient pas "aimables".
    Beaucoup d'interrogations. Qui restent sans réponses. Comment, pourquoi l'homme est un jour capable du meilleur et soudain, devient expert pour faire subir aux siens le "mal absolu".
    William Styron, sans doute pour se rassurer lui-même nous dépeint toujours des dirigeants Allemands "anesthésiés", comme sous l'emprise d'une force plus puissante qu'eux qui les pousse à agir comme des automates, comme des pantins. Leur antisémitisme est bien réel mais ce qui les poussera à commettre l'odieux les dépassent. Toutefois, à aucun moment William Styron ne les excuse. Et comment le pourrait-on ?
    Une des forces du livre, ce qui nous fait basculer petit à petit dans l'horreur sans arriver à s'en éloigner, mais, honteusement en l'attendant presque, c'est la façon dont l'auteur joue avec le temps.
    Nous naviguons dans L Histoire au gré du récit de Sophie. Et les nombreuses digressions qui, parfois cassent un peu le rythme du récit, les retours en arrière agaçants, prennent tout leur sens lorsqu'on comprend où il a voulu nous mener.
    Nous mener par le bout du nez, car c'est bien ce qu'il fait tout au long de ces 900 pages.
    Au final, et malgré ce long billet, j'ai l'impression de ne pas avoir dit la moitié de ce qu'il y a à dire concernant ce "Choix de Sophie".
    J'ai pris le parti très rapidement en début de lecture et au vu de la complexité du livre de ne pas m'encombrer l'esprit en prenant des notes ou en notant des citations. Je voulais juste lire sans m'imposer plus de ruptures de rythme que celles voulues par l'auteur.
    Mais peut-être tout serait-il résumé par ce passage : " "Un jour je finirai par comprendre Auschwitz".
    Propos optimiste mais d'une absurdité débile. Personne ne comprendra jamais Auschwitz."
    Surtout si l'on admet que comprendre, c'est accepter. Mais Sophie, par son parcours, le récit de ses doutes, de ses regrets et de sa culpabilité a un peu éclairé L Histoire. Sans légitimer quoi que ce soit, elle nous oblige et William Styron à travers elle, à se demander inlassablement : " et moi, qu'aurais-je fait ?". le courage et la lâcheté intimement liés. L'atavisme comme croix à porter.
    L'amitié ou l'amour pour nous en délivrer. Oui, mais voilà...
    Ca ne suffit pas toujours....
    Une oeuvre forte, qui nous habite longtemps encore après avoir fermé le livre....



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    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 26 juillet 2014

    LiliGalipette
    Stingo, auteur en mal d'écriture, a vingt-deux ans quand il rencontre Sophie, Polonaise catholique rescapée des camps nazis qui parle peu de son passé. Mais pour Stingo, elle va lever le voile qui recouvre l'horreur. « Il y a beaucoup d'antisémitisme en Pologne, ce qui fait que moi, j'ai affreusement honte et de multiples façons, comme toi, Stingo, quand tu éprouves cette misère en pensant aux gens de couleur du Sud. » (p. 151) Sophie essaie de réapprendre à vivre à New York, mais le passé refuse de larguer les amarres. Alourdie de remords et de cauchemars, la belle jeune femme ne peut oublier ce qu'elle a fait pour survivre. « Quel joli petit chef-d'œuvre de ruse as-tu bien pu inventer pour parvenir, toi, à sauver ta peau pendant que les autres s'évanouissaient en fumée ? As-tu triché, fermé les yeux, offert ton joli petit cul ? » (p. 382) Victime comme tant de déportés de la culpabilité du survivant, Sophie porte en elle une double honte, celle de n'être pas morte et celle d'avoir dû choisir qui devait vivre. « Laisser quelqu'un mourir sans un au revoir, sans un adieu, sans un seul mot de réconfort ou de sympathie, c'est ce qui est horrible à supporter. » (p. 163) À mesure qu'elle confie son histoire à Stingo, les révélations se font plus terribles et avoir survécu se révèle être un traumatisme pire que toutes les avanies endurées au camp.
    Le choix de sophie parle de racisme, de haine, d'intolérance et de ce que tout cela fait faire aux hommes. Mais il y a parfois un océan entre ce qu'une part d'humanité peut faire et ce qu'une autre part d'humanité peut comprendre. « Ici, en Amérique, les gens, en dépit de toutes les révélations, des photographies, des actualités, paraissaient encore ne pas savoir, sinon de la façon la plus vague, la plus superficielle, Buchenwald, Dachau, Auschwitz – rien d'autre que des d'absurdes slogans. » (p. 263) Portée par un style ample, cette histoire est bouleversante et entraîne le lecteur aux confins du désespoir, de là où on ne revient pas.
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    • Livres 4.00/5
    Par viou1108, le 17 août 2012

    viou1108
    J'ai commencé ce pavé à partir d'un malentendu. J'avais lu quelque part qu'il y était question, comme l'indique le titre, du choix horrible imposé à Sophie à son arrivée à Auschwitz : l'officier allemand responsable du triage des prisonniers l'oblige à désigner celui de ses deux enfants qui va survivre, l'autre étant envoyé à la chambre à gaz.
    Vu le thème annoncé et la taille du roman, j'ai longtemps hésité à m'y lancer, me demandant comment l'auteur pourrait bien « meubler » 900 pages avec ce sujet.
    En réalité, la relation de ce choix intervient assez tard dans le roman, et occupe (en tout cas explicitement) relativement peu de place. Mais il éclaire (enfin, le terme est mal choisi pour des choses aussi sinistres) a posteriori le comportement et la culpabilité sans nom qui ronge Sophie.
    Et donc, pour prendre les choses au commencement, se présente à nous Stingo, jeune narrateur fraîchement débarqué de sa Virginie natale à New York. Nous sommes en 1947, Stingo vient de terminer des études littéraires et se rêve en grand écrivain, marchant dans les traces de Faulkner et consorts. Après avoir quitté un premier job alimentaire dans une maison d'édition minable, il s'installe à Brooklyn, dans une pension et un quartier presqu'exclusivement juifs. Il y fera la connaissance du couple formé par Sophie, Polonaise catholique rescapée d'Auschwitz, et Nathan, issu d'une famille juive américaine aisée.
    Le roman raconte l'amitié naissante entre Stingo et le couple, et au gré des confidences de Sophie à Stingo, les horreurs que celle-ci a vécues en Europe, son arrivée aux Etats-Unis à l'état d'épave humaine, sa rencontre avec Nathan, et la relation destructrice qu'elle entretient avec celui-ci. Car si Sophie est d'un tempérament doux et désespéré mais stable, Nathan, lui, peut tour à tour se montrer parfait gentleman mais aussi parfait salaud, violent, odieux, paranoïaque, allant jusqu'à reprocher à Sophie d'avoir survécu (Nathan ou le monde à l'envers : quand un Juif devient celui qui persécute).
    La description du système des camps de concentration et l'Holocauste offrent l'occasion de nombreuses réflexions philosophiques, sociologiques, psychologiques, sur le Bien et le Mal (ce Mal absolu que seuls les humains peuvent générer), sur la culpabilité et l'innocence, sur le « qu'aurais-je fait à sa place ? », sur le « pourquoi moi ? », et sur l'absurdité des choses qui fait se demander à Stingo si, et pourquoi, au moment même où Sophie arrivait à Auschwitz, lui n'était pas tranquillement assis sur un banc à lire de la poésie.
    Qu'on se rassure, le roman n'est pas toujours plombé par ces événements tragiques. Comme pour nous permettre de respirer dans cette atmosphère oppressante, l'auteur nous fait suivre aussi les mésaventures et fantasmes amoureux (attention crudités ) du puceau Stingo (qui fait preuve de beaucoup d'auto-dérision), complètement bleu de l'inaccessible Sophie, et qui ne fera que des rencontres au final décevantes (mais hilarantes pour le lecteur. Je soupçonne l'auteur d'avoir pris un malin plaisir à ne mettre sur la route de notre frustré de service que des filles « compliquées »). A tel point qu'à plusieurs reprises Stingo sera tenté de rentrer auprès de son père dans son Sud tranquille et monotone.
    Les allusions à ce fameux Sud permettent aussi d'évoquer l'esclavage, réminiscence de la guerre de Sécession, et les oppositions Nord/Sud, Noirs/Blancs. le roman a été écrit en 1979, à une époque où ces sujets étaient peut-être encore plus sensibles qu'aujourd'hui ? En tout cas le thème est cher à Styron puisque l'auteur/narrateur fait presqu'explicitement référence à un autre de ses livres, « Les confessions de Nat Turner ».
    Le choix de sophie est une œuvre monumentale, de longue haleine, qui ne se lit ni facilement ni rapidement. Mieux vaut être au calme avec du temps devant soi pour digérer tout ce mal et cette violence.
    Mais j'ai trouvé cela remarquablement bien écrit (amateurs de phrases courtes s'abstenir), ce qui n'est pas si courant, intéressant pour qui s'intéresse à l'Histoire. Mention spéciale aux analyses psychologiques très fines des personnages et de leurs interactions (Sophie et Nathan, Sophie et Höss), qui les rendent inoubliables.
    Pour moi, ce fut un grand moment de littérature. J'ignore ce que vaut le film qui en a été tiré.
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    • Livres 5.00/5
    Par fran6h, le 04 février 2014

    fran6h
    Le mal et la culpabilité au coeur d'un récit bouleversant !
    1947, Stingo, le narrateur, jeune écrivain fraichement débarqué du Sud à New-York, se lie d'amitié avec un couple étonnant : Nathan et Sophie. Dans ce New-York de la fin des années 40, nous suivons ce trio, tantôt flamboyant et tantôt pitoyable, entre alcool, désir sexuel frénétique et violence. Subjugué par la beauté de Sophie, Stingo recueillera peu à peu ses confidences. Sophie se livre, délivre au compte- goutte son passé, son histoire, ses mensonges, ses contradictions. L'enfance à Cracovie, la jeunesse à Varsovie, l'enfer à Auschwitz ...
    Et si Sophie n'était parvenue à sortir d'un enfer que pour entrer dans un autre enfer ?
    Loin du récit linéaire, l'auteur nous livre peu à peu des éléments, qui s'ils semblent épars, s'assemblent par la suite : le passé esclavagiste du Sud, l'antisémitisme viscéral en Pologne, la déshumanisation des êtres dans les camps, la religion, l'homme, l'amour, le sexe ... Grâce à une construction magistrale et sur un rythme effréné, le lecteur est à la fois porté par le texte et conduit dans les derniers retranchements de la pensée sur lui-même. Grandiose assurément.
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Citations et extraits

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  • Par Aethys, le 02 août 2012

    [...]Quand au reste, il n'y a aucune raison de le mettre en doute ; sa mère, la maladie et la mort de sa mère, l'épisode de la viande passée en fraude, son arrestation par les Allemands suivie peu après par sa déportation à Auschwitz. Pourquoi , dans ce cas, passa-t-elle sous silence certains éléments et détails qu'en logique, n'importe qui se serait attendu à la voir inclure dans son récit ? Fatigue et dépression cette nuit-là, sans doute. Puis, par la suite, peut-être, une multiplicité d'autres raisons, mais le mot "remords", je m'en rendis compte cet été-là, revenait de façon obsédante dans son vocabulaire, et il est maintenant clair à mes yeux que c'était un effroyable sentiment de culpabilité qui, le plus souvent, la poussait à entreprendre les impitoyables bilans auxquels elle soumettait son passé. J'en vins aussi à comprendre qu'elle avait tendance à voir l'histoire de son passé récent à travers un filtre de mépris masochiste - phénomène nullement rare, semble-t-il parmi ceux qui comme elle avaient subi cette épreuve particulière. Simone Weil écrit au sujet de ce type de souffrance : "Le malheur marque l'âme jusque dans ses tréfonds avec le mépris, le dégoût et même la haine de soi qu'en toute logique devrait susciter le crime, mais qu'il ne suscite pas vraiment."[...]
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  • Par Piling, le 02 octobre 2010

    Explicit :
    I had abominable dreams – which seemed to be a compendium of all the tales of Edgar Allan Poe : myself being split in twain by monstruous mechanisms, drowned in a whirling vortex of mud, being immured in stone and, most fearsomely, buried alive. All night long I had the sensation of helplessness, speechlessness, an inability to move or cry against the inexorable weight of earth as it was flung in thud-thud-thuding rhythm against my rigidly paralyzed, supine body, a living cadaver being prepared for burial in the sands of Egypt. The desert was bitterly cold.

    When I awoke it was early morning. I lay looking straight up at the blue-green sky with its translucent shawl of mist; like a tiny orb or crystal, solitary and serene, Venus shone through the haze above the quiet ocean. I heard children chattering nearby. I stirred. 'Izzy, he's awake!''G'wan, yah mutha's mustache!''Fuuuck you!' Blessing my resurrection, I realized that the children had covered me with sand, protectively, and that I lay as safe as a mummy beneath this fine, envelopping overcoat. It was then in my mind I inscribed the words : 'Neath cold sand I dreamed of death/but woke at dawn to see/in glory, the bright, the morning star.

    This was not judgment day– only morning. Morning : excellent and fair.
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  • Par Gwordia, le 22 mars 2011

    En premier lieu, il y avait ce somptueux élan d'énergie créatrice, cet abandon naïf qui me permis en un laps de temps si bref de coucher sur le papier les cinquante ou soixante premières pages de mon livre. Jamais je n'ai été capable d'écrire vite, ni avec facilité, et cette fois ne fit pas exception, car, comme d'habitude, j'étais contraint de chercher, avec quelle gaucherie, le mot juste et suais sur les rythmes et les nuances de notre langue certes fastueuse, mais inhumaine et inflexible : néanmoins, soulevé par une étrange et intrépide assurance, je griffonais avec allégresse, tandis que les personnages que j'avais ébauchés semblaient peu à peu s'animer d'une vie propre et que la lourde atmosphère estivale du Tidewater se parait d'une réalité aveuglante et quasi tactile, à croire que sous mes yeux se déroulait un film, un film d'une étrange couleur tridimensionnelle. Comme je la chéris maintenant cette image de moi en cette époque lointaine, moi courbé sur mon pupitre dans cette chambre d'un rose radieux, me chuchotant mélodieusement (comme je le fais encore) les tournures et les phrases jaillies de mon imagination, les testant sur mes lèvres à l'instar d'un versificateur fanatique, sans cesser de goûter la joie suprême de savoir sur le fruit de ce labeur heureux, quelles que fussent ses faiblesses, serait la plus terrifiante, la plus importante de toutes les entreprises dues à l'imagination de l'homme - Le Roman. Le Roman béni. Le Roman sacré. Le Roman Tout-Puissant. Oh, Stingo, comme je t'envie lors de ces lointains après-midi de l'Ere du Premier Roman (si longtemps avant l'âge mûr et les eaux mortes et croupissantes de la stérilité, le dégoût lugubre de toute fiction, et la débâcle de l'ego et de l'ambition) alors que des pulsions immortelles dictaient le moindre de tes tirets et des tes points-virgules, et que tu vouais la foi d'un enfant à la beauté que tu te sentais destiné à faire jaillir.
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  • Par darkmoon, le 17 février 2014

    Someday I will understand Auschwitz. This was a brave statement but innocently absurd. No one will ever understand Auschwitz… Auschwitz itself remains inexplicable. The most profound statement yet made about Auschwitz was not a statement at all, but a response.
    The query: "At Auschwitz, tell me, where was God?"
    And the answer: "Where was man?”
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  • Par Gwordia, le 22 mars 2011

    Quand j'étais toute petite fille à Cracovie et très pieuse je m'amusais souvent toute seule à un jeu que j'appelais "la forme de Dieu". Et je voyais quelque chose de si beau - un nuage ou une flamme ou la pente verte d'une montagne ou la façon dont la lumière emplissait le ciel - et j'essayais de découvrir dedans la forme de Dieu, comme si Dieu pouvait vraiment prendre la forme de ce que je regardais et vivait dedans et que moi j'étais capable de Le voir dedans. Et ce jour-là pendant que par la fenêtre je regardais ces bois incroyables qui dévalaient jusqu'à la rivière et le ciel si clair au-dessus, eh bien, je me suis oubliée et pendant quelques instants je me suis crue redevenue petite fille et je me suis mise à essayer de voir la forme de Dieu dans ces choses. Il y avait une merveilleuse odeur de fumée dans l'air et j'ai vu de la fumée monter très loin au-dessus des bois et c'est là-dedans que j'ai vu la forme de Dieu. Mais à ce moment-là il m'est revenu à l'esprit ce que je savais vraiment, ce qui était vraiment la vérité : que Dieu m'a abandonnée une fois de plus, abandonné pour toujours. Il me semblait que je pouvais véritablement Le voir partir, me tourner le dos comme une espèce d'immense bête fauve et s'enfuir avec un grand bruit à travers les feuilles. Mon Dieu ! Stingo, de Lui je ne voyais que ça, cet énorme dos, qui s'enfuyait au milieu des arbres.
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Seul le silence de RJ Ellory - Bande-annonce
Joseph a douze ans lorsquil découvre dans son village de Géorgie le corps dune fillette assassinée. Une des premières victimes dune longue série de crimes. Des années plus tard, alors que laffaire semble enfin élucidée, Joseph sinstalle à New York. Mais, de nouveau, les meurtres denfants se multiplient Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante. Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, RJ Ellory évoque autant William Styron que Truman Capote, par la puissance de son écriture et la complexité des émotions quil met en jeu.








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