> Maurice Rambaud (Traducteur)

ISBN : 2070393453
Éditeur : Gallimard (1995)


Note moyenne : 4.25/5 (sur 102 notes) Ajouter à mes livres
A Brooklyn, en 1947, Stingo, jeune écrivain venu du Sud, rencontre Sophie, jeune catholique polonaise rescapée des camps de la mort. A la relation de la rencontre du jeune homme avec l'amour, se superposent la narration du martyre de Sophie, l'évocation de l'univers con... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par steppe, le 28 avril 2012

    steppe
    Quelle densité dans la forme autant que dans le fond!!! Ce livre est d'une richesse inouïe.
    J'ai découvert William Styron avec "Les confessions de nat turner" et je savais que j'y reviendrai...
    Pour son style d'abord si dense et foisonneux. L'écriture, jamais pompeuse ni prétentieuse dénote pourtant une érudition de la part de l'auteur devant laquelle parfois, on se sent tout petit.
    C'est une lecture qui demande des efforts à plusieurs niveaux. Un bon dictionnaire et l'ami google m'ont été de précieux alliés. le vocabulaire est riche. de nombreuses références littéraires, historiques, musicales.... Bref, une plongée très complète dans une époque, une histoire....
    De nombreux thèmes sont ici abordés.
    L'écrivain en mal d'inspiration au début du roman, l'éveil de l'impulsion créatrice. Les doutes, l'angoisse de la page "jaune" (oui, William Styron écrivait sur du papier jaune!). L'exaltation des mots trouvés, enfin. de l'histoire qui se dessine. Les allusions au processus d'écriture qui lui auront permis de signer "Un lit de ténèbres" ou encore "Les confessions de nat turner". Car, oui, on navigue sans cesse,entre roman et autobiographie. Pour, à travers l'histoire de Sophie et Nathan, découvrir l'homme que fut William Styron.
    Mais surtout, justement, il y a Sophie, et Nathan. Et le narrateur qui, en contant leur histoire se pose en témoin d'une époque et d'un drame. L'autodestruction, la culpabilité, la toxicomanie, la folie, l'horreur d'Auschwitz, la perversion, le désespoir, la survivance. Et l'amitié comme l'amour, poussés à leur paroxysme. L'indulgence malsaine que l'on accorde à l'autre face à ses mauvais traitements parce que l'on se sent si coupable.... Si indigne de recevoir de l'amour. le pardon si facilement accordé.
    Et ici, il s'agit autant de la culpabilité de Sophie et de ce qu'elle a du faire pour survivre que de celle de William Styron qui, originaire du Sud des États-Unis, traîne l'esclavage des Noirs comme un atavisme honteux duquel il essaie désespérément de se libérer.
    Mais rien à faire, lui, autant que Sophie qui se sent responsable de l'antisémitisme paternel, se sent coupable des méfaits de ses ancêtres. Tous deux s'en défendent, essaient de rationaliser mais la culpabilité sans cesse les rattrape et les ronge.
    Le parallèle entre l'esclavage des Noirs et celui des déportés de la guerre est omniprésent et introduit une notion d'universalité et d'éternel recommencement qui nous glace le sang.
    Le personnage de Nathan introduit l'idée d'irresponsabilité. La notion du "bourreau" malade et donc excusable. Mais, et c'est bien là que tout se joue, Sophie aime Nathan et il l'aime aussi. Il devient le contrepied des tortionnaires de Sophie. Car ceux-là, elle ne les a pas aimés même si elle les a
    courtisés. Ceux-là, contrairement à Nathan, n'étaient pas "aimables".
    Beaucoup d'interrogations. Qui restent sans réponses. Comment, pourquoi l'homme est un jour capable du meilleur et soudain, devient expert pour faire subir aux siens le "mal absolu".
    William Styron, sans doute pour se rassurer lui-même nous dépeint toujours des dirigeants Allemands "anesthésiés", comme sous l'emprise d'une force plus puissante qu'eux qui les pousse à agir comme des automates, comme des pantins. Leur antisémitisme est bien réel mais ce qui les poussera à commettre l'odieux les dépassent. Toutefois, à aucun moment William Styron ne les excuse. Et comment le pourrait-on ?
    Une des forces du livre, ce qui nous fait basculer petit à petit dans l'horreur sans arriver à s'en éloigner, mais, honteusement en l'attendant presque, c'est la façon dont l'auteur joue avec le temps.
    Nous naviguons dans L Histoire au gré du récit de Sophie. Et les nombreuses digressions qui, parfois cassent un peu le rythme du récit, les retours en arrière agaçants, prennent tout leur sens lorsqu'on comprend où il a voulu nous mener.
    Nous mener par le bout du nez, car c'est bien ce qu'il fait tout au long de ces 900 pages.
    Au final, et malgré ce long billet, j'ai l'impression de ne pas avoir dit la moitié de ce qu'il y a à dire concernant ce "Choix de Sophie".
    J'ai pris le parti très rapidement en début de lecture et au vu de la complexité du livre de ne pas m'encombrer l'esprit en prenant des notes ou en notant des citations. Je voulais juste lire sans m'imposer plus de ruptures de rythme que celles voulues par l'auteur.
    Mais peut-être tout serait-il résumé par ce passage : " "Un jour je finirai par comprendre Auschwitz".
    Propos optimiste mais d'une absurdité débile. Personne ne comprendra jamais Auschwitz."
    Surtout si l'on admet que comprendre, c'est accepter. Mais Sophie, par son parcours, le récit de ses doutes, de ses regrets et de sa culpabilité a un peu éclairé L Histoire. Sans légitimer quoi que ce soit, elle nous oblige et William Styron à travers elle, à se demander inlassablement : " et moi, qu'aurais-je fait ?". le courage et la lâcheté intimement liés. L'atavisme comme croix à porter.
    L'amitié ou l'amour pour nous en délivrer. Oui, mais voilà...
    Ca ne suffit pas toujours....
    Une oeuvre forte, qui nous habite longtemps encore après avoir fermé le livre....



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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    Sophie's choice
    Traduction : Maurice Rambaud
    S'il est un point commun aux grands écrivains sudistes américains, qu'il s'agisse de William Faulkner ou de Thomas Wolfe, pour ne citer que ces deux-là, c'est leur rapport tout à fait singulier avec le Temps. La paresse à la fois moelleuse et sauvage dont ils enveloppent leurs romans, cette indolence qu'ils exsudent avec la force d'un mirage destiné à leurrer le lecteur, font en général de leurs textes de longs, très longs fleuves semés d'écueils et de fleurs déracinées que l'on redescend ou remonte avec passion ou exaspération mais jamais dans l'indifférence.
    "Le Choix de Sophie", qui présente des épisodes autobiographiques (la figure du père du narrateur, les démêlés de ce dernier chez McGraw-Hill, le récit des ses déboires amoureux et sexuels ...), a bien quelques longueurs. Mais elles s'expliquent en partie par l'effort de réflexion auquel se soumet l'auteur - et auquel, bon gré mal gré, il contraint son lecteur.
    Alors que, pour des raisons pratiques - il vient d'hériter d'une somme rondelette et espère pouvoir se consacrer ainsi pendant de longs mois à l'écriture du roman qu'il ambitionne - Stingo, le jeune narrateur de 22 ans, emménage dans le "Palais Rose" de Yetta Zimmermann, il est témoin d'une scène de ménage particulièrement odieuse entre deux de ses co-locataires : Nathan Landau et Sophie Zavistowska. A l'issue de cette scène, Nathan plante là la malheureuse et quitte la pension.
    Mais le lendemain, il est de retour et, peu à peu, en apprenant à mieux connaître l'un comme l'autre de ses nouveaux amis, Stingo comprend que ces deux-là sont unis pour le meilleur comme pour le pire.
    Lorsque, selon le mot d'un autre co-locataire de Yetta, Morris Fink, Nathan se transforme en "golem", c'est avec une cruauté inouïe qu'il reproche à Sophie, la Polonaise, la catholique, la non-juive, l'Aryenne, d'avoir survécu à l'enfer d'Auschwitz. Pourtant, ainsi que le lecteur commence à le pressentir très tôt dans le roman, il eût sans doute mieux valu pour la jeune femme qu'elle mourût là-bas, près des crématoires nazis.
    Avec une intégrité qui en a certainement gêné plus d'un à la sortie du livre, Styron passe au crible des sentiments aussi dérangeants que la culpabilité, le masochisme, la passivité morale et intellectuelle. Mais surtout, il nous pose - et nous impose peu à peu - une question bien lourde : "Qu'eussiez-vous fait, vous ?" Et bien entendu, il expédie dans les cordes tous ceux qui, parce qu'ils appartiennent à telle religion ou à telle ethnie, décrètent, du haut de leurs certitudes bien-pensantes : "Moi, je serais mort plutôt que de ... ou que de ... Moi, j'aurais été un juste. Moi, j'aurais agi noblement, sans un seul regret, sans une seule hésitation."
    Si Styron ne cherche en aucune manière à excuser (encore moins à justifier) les horreurs et les lâchetés de la Drôle de guerre en Europe, son anticonformisme quasi viscéral l'empêche en parallèle d'admettre les jugements a posteriori portés par ceux qui y survécurent et plus encore par ceux qui jugèrent et tranchèrent sans jamais avoir connu d'Auschwitz ou de Birkenau autre chose que leur nom.
    Un grand roman, qui ouvrait la voie aux "Bienveillantes" de Jonathan Littell
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 13 avril 2011

    cicou45
    Excellent roman de Willian Styron qui, bien qu'il traite d'un thème qui a déjà été abordé des centaines de fois dans des romans, à savoir la période historique de la Seconde Guerre mondiale, est vu ici d'une manière différente. le narrateur est un jeune auteur, Stingo, qui se sent étrangement attiré par ses voisins du dessus, Nathan Landau et Sophie Zawistowska, qui, il s'en doute révèlent tous deux leur lot de secrets. Bien que celui de Sophie est assez lourd à porter puisqu'elle est une polonaise rescapée d'un camp de concentration, celui de Nathan ne sera que difficilement décelable puisque ce dernier est en réalité un schizophrène, jaloux, et menteur et que même sa femme l'ignore. Sophie, elle se livrera à Stingo et lui confiera ses souffrances et notamment la plus dure qu'elle ait due à subir. En effet, au cours de sa captivité, dans une tentative désespérée, elle a tenté en vain de séduire un SS allemand afin de sauver la vie de son fils qui est blond aux yeux bleus et pourrait facilement s'introduire dans la société allemande. L'histoire de Sophie est dramatique au-delà de l'imaginable puisqu'elle ne saura jamais ce qu'il est advenu de son fils.
    Livre dur mais l'écriture de Styron est remarquable et celui-ci mérite d'être lu. À découvrir !
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  • Par Aela, le 08 février 2011

    Aela
    Le livre a été écrit en 1979 et rapidement adapté au cinéma où l'on a pu apprécier l'interprétation remarquable de Meryl Streep. Roman reconnu comme l'oeuvre majeure de William Styron.
    Le personnage principal, Stingo, est un écrivain en herbe qui travaille chez un éditeur new-yorkais. Il va sympathiser avec Sophie qui lui raconte son passé de de Polonaise arrêtée et déportée pendant la guerre. Elle-même vit une relation passionnelle et à la limite du sado-masochisme avec Nathan, intellectuel juif qui reproche à sa compagne d'avoir survécu à l'holocauste. le narrateur fuira avec Sophie en Virginie pour la protéger de son amant-persécuteur. Sophie au cours de cette fuite révélera son secret: à son arrivée au camp, un médecin l'a obligée de choisir entre son fils et sa fille celui qu'elle voulait sauver. Elle a choisi son fils...Sophie repartira ensuite vers son compagnon et le dénouement sera tragique.
    C'est un roman sur l'identité du mal: le mal qui apparaît dans la Pologne sacrifiée et dans le Sud esclavagiste, Styron étant un écrivain sudiste.
    Une oeuvre forte, poignante et qu'on ne peut oublier.
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    • Livres 5.00/5
    Par patouche, le 14 juillet 2010

    patouche
    Destin tragique que celui de sophie.
    Survivante de l'enfer d'Auschwitz pour tomber dans celui de New-York .
    Livre sur la difficulté de réapprendre à vivre après avoir connu l'enfer des camps de concentration .
    Un livre très dur , tragique , émouvant ....enfin tout les ingrédients d'un bon livre .
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Citations et extraits

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  • Par Piling, le 02 octobre 2010

    Explicit :
    I had abominable dreams – which seemed to be a compendium of all the tales of Edgar Allan Poe : myself being split in twain by monstruous mechanisms, drowned in a whirling vortex of mud, being immured in stone and, most fearsomely, buried alive. All night long I had the sensation of helplessness, speechlessness, an inability to move or cry against the inexorable weight of earth as it was flung in thud-thud-thuding rhythm against my rigidly paralyzed, supine body, a living cadaver being prepared for burial in the sands of Egypt. The desert was bitterly cold.

    When I awoke it was early morning. I lay looking straight up at the blue-green sky with its translucent shawl of mist; like a tiny orb or crystal, solitary and serene, Venus shone through the haze above the quiet ocean. I heard children chattering nearby. I stirred. 'Izzy, he's awake!''G'wan, yah mutha's mustache!''Fuuuck you!' Blessing my resurrection, I realized that the children had covered me with sand, protectively, and that I lay as safe as a mummy beneath this fine, envelopping overcoat. It was then in my mind I inscribed the words : 'Neath cold sand I dreamed of death/but woke at dawn to see/in glory, the bright, the morning star.

    This was not judgment day– only morning. Morning : excellent and fair.
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  • Par Aela, le 08 février 2011

    Then there was an even more sinister revelation. For the first time since the night of my arrival at Yetta's house over a month before, I began to see seeping out of Nathan, almost like some visible poisonous exudate, his latent capacity for rage and disorder. And I also began gradually to understand how the turmoil that was grinding them to pieces had double origins, deriving perhaps equally from the black and tormented underside of Nathan's nature and from the relieshed reality of Sophie's immediate past, trailing its horrible smoke - as if from the very chimneys of Auschwitz - of anguish, confusion, self-deception and, above all, guilt...
    Puis vint une révélation plus sinistre encore. Pour la première fois depuis la nuit de mon arrivée chez Yetta, plus d'un mois auparavant, je commençai à voir poindre chez Nathan, presque à la manière d'un suintement vénéneux et visible à l'oeil nu, une propension secrète à la fureur et à l'incohérence. Et je compris aussi peu à peu que le tourment qui les broyait tous deux avait une double origine, procédant peut-être tout autant de la noirceur torturée, sous-jacente au tempérament de Nathan, que des réalités inaltérables du passé récent de Sophie, qui traînait encore derrière lui son horrible fumée - comme crachée par les cheminées même d'Auscwitz - d'angoisse, de confusion, d'illusion et surtout, de culpabilité.
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  • Par steppe, le 26 avril 2012

    "Laisse ton amour ruisseler sur tout ce qui vit."...

    ....Car en fait Auschwitz ne vint-il pas bloquer le flot de cet amour titanesque, comme une fatale embolie bloque le flot sanguin de l'humanité ? Ou encore altérer totalement la nature de l'amour, au point de réduire à une absurdité l'idée qu'il est concevable d'aimer une fourmi, ou une salamandre, une vipère, un crapaud, une tarentule, un virus de la rage - ou même des choses belles et bénies - dans un monde qui a toléré que soit érigé le noir édifice d'Auschwitz ? Je ne sais.
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  • Par csapin, le 22 mars 2011

    En premier lieu, il y avait ce somptueux élan d'énergie créatrice, cet abandon naïf qui me permis en un laps de temps si bref de coucher sur le papier les cinquante ou soixante premières pages de mon livre. Jamais je n'ai été capable d'écrire vite, ni avec facilité, et cette fois ne fit pas exception, car, comme d'habitude, j'étais contraint de chercher, avec quelle gaucherie, le mot juste et suais sur les rythmes et les nuances de notre langue certes fastueuse, mais inhumaine et inflexible : néanmoins, soulevé par une étrange et intrépide assurance, je griffonais avec allégresse, tandis que les personnages que j'avais ébauchés semblaient peu à peu s'animer d'une vie propre et que la lourde atmosphère estivale du Tidewater se parait d'une réalité aveuglante et quasi tactile, à croire que sous mes yeux se déroulait un film, un film d'une étrange couleur tridimensionnelle. Comme je la chéris maintenant cette image de moi en cette époque lointaine, moi courbé sur mon pupitre dans cette chambre d'un rose radieux, me chuchotant mélodieusement (comme je le fais encore) les tournures et les phrases jaillies de mon imagination, les testant sur mes lèvres à l'instar d'un versificateur fanatique, sans cesser de goûter la joie suprême de savoir sur le fruit de ce labeur heureux, quelles que fussent ses faiblesses, serait la plus terrifiante, la plus importante de toutes les entreprises dues à l'imagination de l'homme - Le Roman. Le Roman béni. Le Roman sacré. Le Roman Tout-Puissant. Oh, Stingo, comme je t'envie lors de ces lointains après-midi de l'Ere du Premier Roman (si longtemps avant l'âge mûr et les eaux mortes et croupissantes de la stérilité, le dégoût lugubre de toute fiction, et la débâcle de l'ego et de l'ambition) alors que des pulsions immortelles dictaient le moindre de tes tirets et des tes points-virgules, et que tu vouais la foi d'un enfant à la beauté que tu te sentais destiné à faire jaillir.
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  • Par csapin, le 22 mars 2011

    Quand j'étais toute petite fille à Cracovie et très pieuse je m'amusais souvent toute seule à un jeu que j'appelais "la forme de Dieu". Et je voyais quelque chose de si beau - un nuage ou une flamme ou la pente verte d'une montagne ou la façon dont la lumière emplissait le ciel - et j'essayais de découvrir dedans la forme de Dieu, comme si Dieu pouvait vraiment prendre la forme de ce que je regardais et vivait dedans et que moi j'étais capable de Le voir dedans. Et ce jour-là pendant que par la fenêtre je regardais ces bois incroyables qui dévalaient jusqu'à la rivière et le ciel si clair au-dessus, eh bien, je me suis oubliée et pendant quelques instants je me suis crue redevenue petite fille et je me suis mise à essayer de voir la forme de Dieu dans ces choses. Il y avait une merveilleuse odeur de fumée dans l'air et j'ai vu de la fumée monter très loin au-dessus des bois et c'est là-dedans que j'ai vu la forme de Dieu. Mais à ce moment-là il m'est revenu à l'esprit ce que je savais vraiment, ce qui était vraiment la vérité : que Dieu m'a abandonnée une fois de plus, abandonné pour toujours. Il me semblait que je pouvais véritablement Le voir partir, me tourner le dos comme une espèce d'immense bête fauve et s'enfuir avec un grand bruit à travers les feuilles. Mon Dieu ! Stingo, de Lui je ne voyais que ça, cet énorme dos, qui s'enfuyait au milieu des arbres.
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Seul le silence de RJ Ellory - Bande-annonce
Joseph a douze ans lorsquil découvre dans son village de Géorgie le corps dune fillette assassinée. Une des premières victimes dune longue série de crimes. Des années plus tard, alors que laffaire semble enfin élucidée, Joseph sinstalle à New York. Mais, de nouveau, les meurtres denfants se multiplient Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante. Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, RJ Ellory évoque autant William Styron que Truman Capote, par la puissance de son écriture et la complexité des émotions quil met en jeu.








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