> Maurice Rambaud (Traducteur)

ISBN : 2070393453
Éditeur : Gallimard (1995)


Note moyenne : 4.23/5 (sur 84 notes) Ajouter à mes livres
A Brooklyn, en 1947, Stingo, jeune écrivain venu du Sud, rencontre Sophie, jeune catholique polonaise rescapée des camps de la mort. A la relation de la rencontre du jeune homme avec l'amour, se superposent la narration du martyre de Sophie, l'évocation de l'univers con... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    Sophie's choice
    Traduction : Maurice Rambaud
    S'il est un point commun aux grands écrivains sudistes américains, qu'il s'agisse de William Faulkner ou de Thomas Wolfe, pour ne citer que ces deux-là, c'est leur rapport tout à fait singulier avec le Temps. La paresse à la fois moelleuse et sauvage dont ils enveloppent leurs romans, cette indolence qu'ils exsudent avec la force d'un mirage destiné à leurrer le lecteur, font en général de leurs textes de longs, très longs fleuves semés d'écueils et de fleurs déracinées que l'on redescend ou remonte avec passion ou exaspération mais jamais dans l'indifférence.
    "Le Choix de Sophie", qui présente des épisodes autobiographiques (la figure du père du narrateur, les démêlés de ce dernier chez McGraw-Hill, le récit des ses déboires amoureux et sexuels ...), a bien quelques longueurs. Mais elles s'expliquent en partie par l'effort de réflexion auquel se soumet l'auteur - et auquel, bon gré mal gré, il contraint son lecteur.
    Alors que, pour des raisons pratiques - il vient d'hériter d'une somme rondelette et espère pouvoir se consacrer ainsi pendant de longs mois à l'écriture du roman qu'il ambitionne - Stingo, le jeune narrateur de 22 ans, emménage dans le "Palais Rose" de Yetta Zimmermann, il est témoin d'une scène de ménage particulièrement odieuse entre deux de ses co-locataires : Nathan Landau et Sophie Zavistowska. A l'issue de cette scène, Nathan plante là la malheureuse et quitte la pension.
    Mais le lendemain, il est de retour et, peu à peu, en apprenant à mieux connaître l'un comme l'autre de ses nouveaux amis, Stingo comprend que ces deux-là sont unis pour le meilleur comme pour le pire.
    Lorsque, selon le mot d'un autre co-locataire de Yetta, Morris Fink, Nathan se transforme en "golem", c'est avec une cruauté inouïe qu'il reproche à Sophie, la Polonaise, la catholique, la non-juive, l'Aryenne, d'avoir survécu à l'enfer d'Auschwitz. Pourtant, ainsi que le lecteur commence à le pressentir très tôt dans le roman, il eût sans doute mieux valu pour la jeune femme qu'elle mourût là-bas, près des crématoires nazis.
    Avec une intégrité qui en a certainement gêné plus d'un à la sortie du livre, Styron passe au crible des sentiments aussi dérangeants que la culpabilité, le masochisme, la passivité morale et intellectuelle. Mais surtout, il nous pose - et nous impose peu à peu - une question bien lourde : "Qu'eussiez-vous fait, vous ?" Et bien entendu, il expédie dans les cordes tous ceux qui, parce qu'ils appartiennent à telle religion ou à telle ethnie, décrètent, du haut de leurs certitudes bien-pensantes : "Moi, je serais mort plutôt que de ... ou que de ... Moi, j'aurais été un juste. Moi, j'aurais agi noblement, sans un seul regret, sans une seule hésitation."
    Si Styron ne cherche en aucune manière à excuser (encore moins à justifier) les horreurs et les lâchetés de la Drôle de guerre en Europe, son anticonformisme quasi viscéral l'empêche en parallèle d'admettre les jugements a posteriori portés par ceux qui y survécurent et plus encore par ceux qui jugèrent et tranchèrent sans jamais avoir connu d'Auschwitz ou de Birkenau autre chose que leur nom.
    Un grand roman, qui ouvrait la voie aux "Bienveillantes" de Jonathan Littell
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 13 avril 2011

    cicou45
    Excellent roman de Willian Styron qui, bien qu'il traite d'un thème qui a déjà été abordé des centaines de fois dans des romans, à savoir la période historique de la Seconde Guerre mondiale, est vu ici d'une manière différente. le narrateur est un jeune auteur, Stingo, qui se sent étrangement attiré par ses voisins du dessus, Nathan Landau et Sophie Zawistowska, qui, il s'en doute révèlent tous deux leur lot de secrets. Bien que celui de Sophie est assez lourd à porter puisqu'elle est une polonaise rescapée d'un camp de concentration, celui de Nathan ne sera que difficilement décelable puisque ce dernier est en réalité un schizophrène, jaloux, et menteur et que même sa femme l'ignore. Sophie, elle se livrera à Stingo et lui confiera ses souffrances et notamment la plus dure qu'elle ait due à subir. En effet, au cours de sa captivité, dans une tentative désespérée, elle a tenté en vain de séduire un SS allemand afin de sauver la vie de son fils qui est blond aux yeux bleus et pourrait facilement s'introduire dans la société allemande. L'histoire de Sophie est dramatique au-delà de l'imaginable puisqu'elle ne saura jamais ce qu'il est advenu de son fils.
    Livre dur mais l'écriture de Styron est remarquable et celui-ci mérite d'être lu. À découvrir !
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  • Par MIOP, le 09 février 2012

    MIOP
    Brooklyn, en 1947, Stingo, jeune écrivain venu du Sud, rencontre Sophie, jeune catholique polonaise rescapée des camps de la mort. A la relation de la rencontre du jeune homme avec l'amour, se superposent la narration du martyre de Sophie, l'évocation de l'univers concentrationnaire et de l'holocauste nazi. Les deux veines, autobiographique et historique, irriguent en profondeur ce roman et fusionnent en une émouvante parabole sur l'omniprésence du Mal, symbolisé par l'horreur nazie, mais aussi par l'esclavage et le racisme brutal ou larvé de la société américaine, l'intolérance à tous les degrés, la férocité de la lutte de l'homme pour la vie ou la survie la plus élémentaire.
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  • Par Aela, le 08 février 2011

    Aela
    Le livre a été écrit en 1979 et rapidement adapté au cinéma où l'on a pu apprécier l'interprétation remarquable de Meryl Streep. Roman reconnu comme l'oeuvre majeure de William Styron.
    Le personnage principal, Stingo, est un écrivain en herbe qui travaille chez un éditeur new-yorkais. Il va sympathiser avec Sophie qui lui raconte son passé de de Polonaise arrêtée et déportée pendant la guerre. Elle-même vit une relation passionnelle et à la limite du sado-masochisme avec Nathan, intellectuel juif qui reproche à sa compagne d'avoir survécu à l'holocauste. le narrateur fuira avec Sophie en Virginie pour la protéger de son amant-persécuteur. Sophie au cours de cette fuite révélera son secret: à son arrivée au camp, un médecin l'a obligée de choisir entre son fils et sa fille celui qu'elle voulait sauver. Elle a choisi son fils...Sophie repartira ensuite vers son compagnon et le dénouement sera tragique.
    C'est un roman sur l'identité du mal: le mal qui apparaît dans la Pologne sacrifiée et dans le Sud esclavagiste, Styron étant un écrivain sudiste.
    Une oeuvre forte, poignante et qu'on ne peut oublier.
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    • Livres 5.00/5
    Par Beatrice64, le 11 mars 2011

    Beatrice64
    New-York, 1947. Fraîchement débarqué à Brooklyn depuis son Sud natal, le jeune Stingo veut devenir écrivain. Il fait la connaissance de son couple de voisin, l'éxubérant Nathan et sa très belle compagne, Sophie, une jeune polonaise rescapée d'Auschwitz. Il en tombe amoureux, une amitié très forte le lie à Nathan. le prenant pour confident, Sophie se met à raconter à Stingo les souvenirs de son passage dans l'enfer nazi, allant de plus en plus loin dans l'indicible, jusqu'à l'ultime secret qu'elle n'a confié à personne et dont elle ne peut se délivrer. Comment tout cela a-t-il pu être possible ? Peut-on raconter, mettre en fiction Auschwitz ? N'y a t-il que le mal partout ? Que veut dire le choix fait par Sophie ? Peut-on parler de choix ? Un livre qui vous emporte de plus en plus, de plus en plus loin, de plus en plus vite, troublant, bouleversant, et qui, c'est sûr, restera de manière indélébile dans ma mémoire.
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Citations et extraits

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  • Par Piling, le 02 octobre 2010

    Explicit :
    I had abominable dreams – which seemed to be a compendium of all the tales of Edgar Allan Poe : myself being split in twain by monstruous mechanisms, drowned in a whirling vortex of mud, being immured in stone and, most fearsomely, buried alive. All night long I had the sensation of helplessness, speechlessness, an inability to move or cry against the inexorable weight of earth as it was flung in thud-thud-thuding rhythm against my rigidly paralyzed, supine body, a living cadaver being prepared for burial in the sands of Egypt. The desert was bitterly cold.

    When I awoke it was early morning. I lay looking straight up at the blue-green sky with its translucent shawl of mist; like a tiny orb or crystal, solitary and serene, Venus shone through the haze above the quiet ocean. I heard children chattering nearby. I stirred. 'Izzy, he's awake!''G'wan, yah mutha's mustache!''Fuuuck you!' Blessing my resurrection, I realized that the children had covered me with sand, protectively, and that I lay as safe as a mummy beneath this fine, envelopping overcoat. It was then in my mind I inscribed the words : 'Neath cold sand I dreamed of death/but woke at dawn to see/in glory, the bright, the morning star.

    This was not judgment day– only morning. Morning : excellent and fair.
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  • Par Aela, le 08 février 2011

    Then there was an even more sinister revelation. For the first time since the night of my arrival at Yetta's house over a month before, I began to see seeping out of Nathan, almost like some visible poisonous exudate, his latent capacity for rage and disorder. And I also began gradually to understand how the turmoil that was grinding them to pieces had double origins, deriving perhaps equally from the black and tormented underside of Nathan's nature and from the relieshed reality of Sophie's immediate past, trailing its horrible smoke - as if from the very chimneys of Auschwitz - of anguish, confusion, self-deception and, above all, guilt...
    Puis vint une révélation plus sinistre encore. Pour la première fois depuis la nuit de mon arrivée chez Yetta, plus d'un mois auparavant, je commençai à voir poindre chez Nathan, presque à la manière d'un suintement vénéneux et visible à l'oeil nu, une propension secrète à la fureur et à l'incohérence. Et je compris aussi peu à peu que le tourment qui les broyait tous deux avait une double origine, procédant peut-être tout autant de la noirceur torturée, sous-jacente au tempérament de Nathan, que des réalités inaltérables du passé récent de Sophie, qui traînait encore derrière lui son horrible fumée - comme crachée par les cheminées même d'Auscwitz - d'angoisse, de confusion, d'illusion et surtout, de culpabilité.
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  • Par csapin, le 22 mars 2011

    En premier lieu, il y avait ce somptueux élan d'énergie créatrice, cet abandon naïf qui me permis en un laps de temps si bref de coucher sur le papier les cinquante ou soixante premières pages de mon livre. Jamais je n'ai été capable d'écrire vite, ni avec facilité, et cette fois ne fit pas exception, car, comme d'habitude, j'étais contraint de chercher, avec quelle gaucherie, le mot juste et suais sur les rythmes et les nuances de notre langue certes fastueuse, mais inhumaine et inflexible : néanmoins, soulevé par une étrange et intrépide assurance, je griffonais avec allégresse, tandis que les personnages que j'avais ébauchés semblaient peu à peu s'animer d'une vie propre et que la lourde atmosphère estivale du Tidewater se parait d'une réalité aveuglante et quasi tactile, à croire que sous mes yeux se déroulait un film, un film d'une étrange couleur tridimensionnelle. Comme je la chéris maintenant cette image de moi en cette époque lointaine, moi courbé sur mon pupitre dans cette chambre d'un rose radieux, me chuchotant mélodieusement (comme je le fais encore) les tournures et les phrases jaillies de mon imagination, les testant sur mes lèvres à l'instar d'un versificateur fanatique, sans cesser de goûter la joie suprême de savoir sur le fruit de ce labeur heureux, quelles que fussent ses faiblesses, serait la plus terrifiante, la plus importante de toutes les entreprises dues à l'imagination de l'homme - Le Roman. Le Roman béni. Le Roman sacré. Le Roman Tout-Puissant. Oh, Stingo, comme je t'envie lors de ces lointains après-midi de l'Ere du Premier Roman (si longtemps avant l'âge mûr et les eaux mortes et croupissantes de la stérilité, le dégoût lugubre de toute fiction, et la débâcle de l'ego et de l'ambition) alors que des pulsions immortelles dictaient le moindre de tes tirets et des tes points-virgules, et que tu vouais la foi d'un enfant à la beauté que tu te sentais destiné à faire jaillir.
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  • Par csapin, le 22 mars 2011

    Quand j'étais toute petite fille à Cracovie et très pieuse je m'amusais souvent toute seule à un jeu que j'appelais "la forme de Dieu". Et je voyais quelque chose de si beau - un nuage ou une flamme ou la pente verte d'une montagne ou la façon dont la lumière emplissait le ciel - et j'essayais de découvrir dedans la forme de Dieu, comme si Dieu pouvait vraiment prendre la forme de ce que je regardais et vivait dedans et que moi j'étais capable de Le voir dedans. Et ce jour-là pendant que par la fenêtre je regardais ces bois incroyables qui dévalaient jusqu'à la rivière et le ciel si clair au-dessus, eh bien, je me suis oubliée et pendant quelques instants je me suis crue redevenue petite fille et je me suis mise à essayer de voir la forme de Dieu dans ces choses. Il y avait une merveilleuse odeur de fumée dans l'air et j'ai vu de la fumée monter très loin au-dessus des bois et c'est là-dedans que j'ai vu la forme de Dieu. Mais à ce moment-là il m'est revenu à l'esprit ce que je savais vraiment, ce qui était vraiment la vérité : que Dieu m'a abandonnée une fois de plus, abandonné pour toujours. Il me semblait que je pouvais véritablement Le voir partir, me tourner le dos comme une espèce d'immense bête fauve et s'enfuir avec un grand bruit à travers les feuilles. Mon Dieu ! Stingo, de Lui je ne voyais que ça, cet énorme dos, qui s'enfuyait au milieu des arbres.
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  • Par Piling, le 21 juillet 2010

    Incipit :
    In those days cheap apartments were almost impossible ti find in Manhattan, so I had to move to Brooklyn.
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Seul le silence de RJ Ellory - Bande-annonce
Joseph a douze ans lorsquil découvre dans son village de Géorgie le corps dune fillette assassinée. Une des premières victimes dune longue série de crimes. Des années plus tard, alors que laffaire semble enfin élucidée, Joseph sinstalle à New York. Mais, de nouveau, les meurtres denfants se multiplient Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante. Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, RJ Ellory évoque autant William Styron que Truman Capote, par la puissance de son écriture et la complexité des émotions quil met en jeu.








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