Ce 8 juin 1942, Berg s'en va à l'école communale de la rue du Moulin-des-Prés à Paris. Il a onze ans. Sur le chemin, rue de la Butte-aux-Cailles, il s'arrête à l'épicerie tenue par les parents de Beck. Ensemble ils ont l'habitude ... > voir plus
Si tu le vois consacrer son temps au classement de ses papiers, de ses écrits, si tu le vois dater et ranger d'anciennes photographies de famille, et s'il le fait de la manière la plus consciencieuse possible, de la manière la plus précise possible, alors il y a lieu de s'inquiéter : dans sa volonté de faire survivre qulque chose et de laisser quelque chose et de laisser quelques signes, il faut simplement voir la présence de la mort qu'inconsciemment peut-être il a appelée.
Un rire provoqué par un rêve, ce moment de bonheur malgré soi, c'est exactement le contraire d'un enfant qui pleure seul. L'enfant qui pleure seul pleure seulement pour lui. Lorsqu'un enfant se fait mal, en tombant par exemple, souvent il retient ses larmes. Il se relève et court chercher un être rassurant pour pleurer enfin et épancher son chagrin. Cet enfnat on peut le consoler. Il est venu pour ça. Mais l'enfant qui pleure pour lui, pour lui seul, il n'a personne pour le consoler. Il ne compte sur personne. C'est ce que je redoute le plus. Venant d'un enfant, c'est un acte que j'ai toujours ressenti comme proche d'un suicide, comme quand on se suicide sans laisser un mot. Un enfant ne laisse pas de mot. Il ne laisse que son souvenir. Il n'y a que les adultes qui, quelquefois, laissent un mot.