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> Brice Matthieussent (Traducteur)

ISBN : 2264027754
Éditeur : 10-18 (1999)


Note moyenne : 4.24/5 (sur 265 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans un Belfast livré aux menaces terroristes, les habitants d'Eureka Street tentent de vivre vaille que vaille. Chuckie le gros protestant multiplie les combines pour faire fortune, tandis que Jake le catho, ancien dur au coeur d'artichaut, cumule les ruptures. Autour ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 09 juin 2013

    lehane-fan
    Traduction littérale d'Eureka street : à lire de toute urgence !
    Une bande de potes désoeuvrés et paumés dans un Belfast laminé par le chômage et balafré par les conflits religieux , voilà le propos cyniquement lucide d'un auteur natif de cette ville arborant presque ironiquement comme emblème un trèfle à quatre feuilles pourtant bien loin d'apporter joie , bonheur , prospérité et U2 puissamment beuglé , le corps et l'âme noyés sous des flots ininterrompus de Guinness , à chaque union protestant / catholique , assez rare il est vrai...
    A part Sunday Bloody Sunday , je vois pas...
    Trois héros récurrents dans ce petit bijou d'humour désabusé .
    Jake le catholique et Chuckie le protestant . A priori , rien en commun mais les à priori , hein , ça vaut ce que ça vaut...Deux adultes célibataires presque trentenaires , aussi paumés et blasés qu'ils sont intimement liés par une amitié certes chaotique mais toujours bien ancrée .
    Petits boulots qu'ils s'ingénient à perdre dans les plus brefs délais , beuveries , filles d'un soir quand soir il y a , beuveries , lamentables et pathétiques larcins , beuveries...
    Les jours , mois , années se suivent sans véritable changement notoire ni quelque espoir futur que ce soit . Jusqu'au jour où...
    Autre élément central incontournable , ce Belfast en crise que McLiam Wilson chérit pourtant tant . Renaud , tu te calmes !
    Une description au cordeau de cette principale ville d'Irlande du Nord souffrant de mille maux , le terrorisme n'étant pas le moindre .
    Deux stratosphériques glandeurs en puissance dans une ville susceptible de filer le bourdon à un mormon dépressif , rien de ragoûtant au menu serait-on tenter de croire .
    Et là je m'inscris en faux votre honneur ! Des mecs attachants au possible , oublier les seconds couteaux serait leur faire injure , à la verve corrosive et acerbe , moi je dis benco ! Auquel je rajouterai Nesquik et Poulain , injonction du CSA oblige...
    La plume de McLiam Wilson , tour à tour ironique , douloureuse et désenchantée , est malgré tout un véritable hymne au bonheur ! Chaque réplique fait mouche . L'auteur n'en fait jamais des caisses . Toujours sur le fil , il ne verse jamais dans la démonstration et contrebalance talentueusement un morne quotidien par un incroyable sens de la répartie ! Sorte de Tontons Flingueurs irlandais à la verve jouissive qui laisseraient à penser qu'aussi désespérée qu'une situation puisse être , il reste encore et toujours l'espoir...
    Eureka street : lu et fortement conseillé par Archimède ! A lire dans sa baignoire , comme de bien entendu , beaucoup plus pratique que sous la douche...
    4,5/5
    http://www.youtube.com/watch?v=k¤££¤26De Guinness 28¤££¤
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    • Livres 4.00/5
    Par tynn, le 12 mai 2014

    tynn
    Belfast années 90.
    Ville lasse, plate, grise et taguée de sigles vindicatifs d'appartenance catholique ou protestante. Une paix molle s'est installée mais le conflit reste dans les gènes, telle une gangrène impossible à enrayer: les frondes républicaine et unioniste restent larvées et la ségrégation religieuse est une position politique. L'extrémisme est présent dans les deux camps, le quotidien des habitants est une lutte insidieuse, et L'IRA fait encore sauter des bombes...
    "Les irlandais tuent des irlandais pour libérer des irlandais ": ubuesque!
    Le catholique Jake, mélancolique et pacifiste, rongé de solitude et de peines de coeur côtoie le bon gros Chuckie, protestant débonnaire, pas très futé mais surdoué pour les combines financières. Autour d'eux, le chaudron nord irlandais où bouillonnent des extrémistes, des pacifistes, des idéalistes, des flics belliqueux, des femmes éreintées par la détresse et la pauvreté, des gamins des rues vindicatifs et sans enfance...
    Dans les quartiers populaires, les hommes tuent leur vie médiocre en buvant des litres de bière dans des pubs nauséabonds, enfumés et crasseux. Les soirées sont des gigantesques beuveries à insultes et coups de poings car l'irlandais est par nature dissipé, bagarreur, querelleur, qu'il soit catholique ou protestant.
    Toute attitude pacifique est rejetée, déconsidérée, toute tentative de conciliation au coin d'un pub s'apparente à de la traitrise.
    Une vision de l'intérieur, impressionnante de réaliste, de fatalisme et de violence (il faut parfois s'accrocher). Tout cela en mode narratif ironique, humoristique, sarcastique et désabusé. Un grand écart permanent entre bouffonnerie et terrorisme. Et un très beau message de foi en un avenir possible.
    Et Belfast, la ville, est le fil conducteur: on croit voir les rues grises et pavées de misère, les quartiers de briques rouges, le plafond bas du ciel, les hurlements de poivrots, les injures en gaélique.
    Je conseille, je conseille...meilleur livre sur l'imbroglio politico-terroriste de l'Irlande du Nord que j'ai pu lire...
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    • Livres 5.00/5
    Par joedi, le 23 février 2014

    joedi
    À la lecture d'Eureka street, je découvre un grand écrivain, il m'a emmenée dans sa ville, il raconte sans pudeur aucune, avec humour et émotion, la vie quotidienne de ces habitants d'une capitale secouée par les attentats.
    Je découvre Belfast, les habitants d'Eureka street qui tentent de vivre vaille que vaille, Chuckie le gros protestant qui multiplie les combines pour faire fortune, Jake, le catho, ancien dur au cœur d'artichaut qui cumule les ruptures sentimentales. Je les accompagne, avec leurs amis, dans leurs beuveries, dans leurs recherches de petits boulots vite abandonnés, dans le train de la Paix avec Jake..., j'assiste impuissante à l'éclatement d'une bombe dans une sandwicherie ..., j'admire la fraternité qui les unit.
    J'aurais beaucoup à dire mais je résume tous mes non-dits par : à lire !
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    • Livres 5.00/5
    Par Elphie, le 13 avril 2011

    Elphie
    Alors déjà, j'aime énormément la façon d'écrire de Robert McLiam Wilson. Son style est tout aussi percutant que l'histoire en elle-même. Je suis une adepte des phrases courtes mais qui marquent, alors autant dire que j'ai été servie là ! Pas de fioritures, il dit les choses telles qu'elles sont, et au diable les politesses, quand il faut être vulgaire, il n'hésite pas à l'être. J'ai aussi bien aimé le fait d'alterner entre la 1ère personne pour Jake et la 3ème pour tous les autres. On ressent plus facilement ses émotions et son état d'esprit. C'est peut-être ça aussi qui fait qu'on s'attache énormément à lui
    Les personnages sont vraiment brillants. Aucun n'est parfait, mais ils essayent tous de s'améliorer... chacun à sa façon, et ça ne marche pas à chaque fois, mais ils essayent quand même. C'est un autre point qui m'a particulièrement marqué dans le roman, c'est qu'on voit les personnages évoluer. Jake et Chuckie en tête. Et puis c'est tellement optimiste de savoir que c'est grâce à une fille qu'ils ont ainsi changer - enfin, surtout Chuckie. Et là encore, l'auteur a fait fort, car il a réussi à ne pas tomber dans la guimauve. du début à la fin, il arrive à être "juste" et surtout crédible dans les sentiments et pensées de ses personnages.
    Sur la 4ème de couverture de mon édition il est marqué "(...)on suit ses personnages qui ne savent jamais s'ils sont tragiques ou comiques".Et c'est tout à fait ça je trouve. A des moments on ne sait pas si on doit les plaindre pour ce qu'ils vivent ou bien les condamner pour ce qu'ils font ou ont fait.
    Eureka Street est vraiment une ode à Belfast. On suit ces personnages tous plus différents les uns que les autres mais qui ont tous un point commun : ils aiment Belfast. Malgré les bombes qui explosent, malgré le sort qui s'acharne contre eux, malgré l'horreur et la douleur qu'ils traversent tous les jours, ils aiment leur ville. Même Chuckie qui aurait pu se la couler douce outre-atlantique décide de revenir à Belfast. D'ailleurs, j'ai trouvé le chapitre 10 (celui consacré que à la ville et aux "histoires) vraiment beau... Surtout quand on lit celui qui vient après...
    Pendant tout le livre j'ai été partagée entre rires, espoir, larmes, horreur et consternation, mais en tournant la dernière page je me suis sentie plus - comment dire? - "légère". Oui c'est le mot. C'est comme si tout d'un coup on m'enlevait un poids, j'étais totalement euphorique! Je sais pas trop si vous arrivez à voir ce que je veux dire... Enfin bref, juste pour dire que j'ai eu un sourire béat aux lèvres pendant un très long moment Ce qui est plutôt surprenant en fait car la fin n'est pas idyllique que ça. Mais ça ne s'explique pas -on se sent juste...bien en fait.
    Je voulais détailler les passages qui m'avaient le plus marqués, mais je me rends compte que c'est impossible - ou alors il faudrait que je mette les 3/4 du livre!
    Eureka Street vient de monter au somment de mes livres préférés, et croyez-le ou non, mais rien que d'en parler ça me donne envie de le relire ^^
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    • Livres 5.00/5
    Par HannibalLectrice, le 11 avril 2014

    HannibalLectrice
    4ième de couverture

    "Eureka street entremêle, avec une virtuosité digne de ses maîtres Hugo et Dickens, les destins d'une ribambelle d'habitants de Belfast qui tentent de suivivre dans une ville où la menace terroriste est permanente. Il y a Chuckie, le gros protestant paumé qui devient millionnaire en brassant des affaires aussi légales qu'extravagantes. Il y a sa chère mère qui découvre sur le tard, au grand désespoir de son fils, le bonheur saphique. Il y Jake le catho, dont les filles brisent systématiquement le coeur. Il y a Roche, le gavroche des rues de Belfast. Il y a Aoirghe, la fanatique républicaine au caractère impossible. Et aussi Max, l'Américaine qui voulait fuir à Belfast violence yankee. Robert McLiam Wilson est prodigieux de drôlerie et d'humanité quand il suit à la trace ses personnages qui ne savent jamais s'ils sont tragiques ou comiques. Eureka street est un grand livre et son auteur un formidable écrivain. Belfast peut lui dresser une statue."

    Mon avis

    Une lecture faite en dilettante, en dilettante car lu de nombreuses critiques dithyrambiques, en prenant tout mon temps, car voilà le genre de livre qui se lit avec parcimonie pour en déguster toutes les saveurs. Merci, grand merci à vous M. McLiam Wilson, cela faisait longtemps qu'un livre ne m'avait pas donné autant à réflexion.
    Votre écriture ne fut pas sans me rappeler (un peu) celle de Kinky Friedman, vos personnages à la fois drôles, bouleversants, attachants, vivants au jour le jour, survivants même car qui pour ne pas se rappeler Belfast et ses horreurs? Une belle leçon d'amour, de tolérance et de respect que vous avez écrit là, toutes ses valeurs sont ressenties à chaque page, une histoire écrite avec vos tripes, votre coeur....
    Un très grand moment de lecture, une nouvelle fan amoureuse vient de voir le jour.
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Citations et extraits

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  • Par wellibus2, le 20 novembre 2014

    .....Peggy Lurgan comprenait Chuckie Lurgan mieux que personne. Comme personne n'en avait réellement envie. Elle connaissait l'étendue illimitée de la honte et de la peur prolétarienne de la chair de sa chair. Elle savait comment cette petite ville où ils vivaient pouvait se dilater ou se contracter à volonté, pour les livrer à un sentiment de claustrophobie ou d'agoraphobie, au gré des circonstances paranoïaques.
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  • Par wellibus2, le 19 novembre 2014

    .....La surface de la ville palpite de ces citoyens vivants. Mais sa terre est richement semée de ses morts innombrables. La ville est un entrepôt de récits, d'histoires. Au temps présent, au passé ou au futur. La ville est un roman.

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  • Par wellibus2, le 18 novembre 2014

    .....Car il avait vu son père deux ans plus tôt, ivre mort dans un bar de dockers qui ne fermait jamais. L'espace d'un instant , il avait envisagé de lui adresser la parole et de l'éteindre virilement au milieu de la rangée des tabourets minables. Mais il ne le fit pas. Le visage de son père rayonnait du bronzage sans soleil des poivrots à plein temps. Cet homme habitait le pays que tous les alcooliques irlandais habitaient. Et Chuckie n'avait aucune envie d'y aller faire un tour.
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  • Par wellibus2, le 20 novembre 2014

    .....Ainsi marcha Chuckie, presque sur la pointe des pieds, comme une autruche bouffie, enjambant à chaque pas les fils tendus par sa peur.

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  • Par wellibus2, le 17 novembre 2014

    .....C'est le problème quand on ment . Si on ne vous croit pas , vous vous méprisez ; et si on vous croit, vous méprisez l'autre .

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Vidéo de Robert McLiam  Wilson

Extrait de "La douleur de Manfred" de Robert McLiam Wilson. Lecture et images par Mike Noel.








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