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> Brice Matthieussent (Traducteur)

ISBN : 2264027754
Éditeur : 10-18 (1999)


Note moyenne : 4.22/5 (sur 282 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans un Belfast livré aux menaces terroristes, les habitants d'Eureka Street tentent de vivre vaille que vaille. Chuckie le gros protestant multiplie les combines pour faire fortune, tandis que Jake le catho, ancien dur au coeur d'artichaut, cumule les ruptures. Autour ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 09 juin 2013

    lehane-fan
    Traduction littérale d'Eureka Street : à lire de toute urgence !
    Une bande de potes désoeuvrés et paumés dans un Belfast laminé par le chômage et balafré par les conflits religieux , voilà le propos cyniquement lucide d'un auteur natif de cette ville arborant presque ironiquement comme emblème un trèfle à quatre feuilles pourtant bien loin d'apporter joie , bonheur , prospérité et U2 puissamment beuglé , le corps et l'âme noyés sous des flots ininterrompus de Guinness , à chaque union protestant / catholique , assez rare il est vrai...
    A part Sunday Bloody Sunday , je vois pas...
    Trois héros récurrents dans ce petit bijou d'humour désabusé .
    Jake le catholique et Chuckie le protestant . A priori , rien en commun mais les à priori , hein , ça vaut ce que ça vaut...Deux adultes célibataires presque trentenaires , aussi paumés et blasés qu'ils sont intimement liés par une amitié certes chaotique mais toujours bien ancrée .
    Petits boulots qu'ils s'ingénient à perdre dans les plus brefs délais , beuveries , filles d'un soir quand soir il y a , beuveries , lamentables et pathétiques larcins , beuveries...
    Les jours , mois , années se suivent sans véritable changement notoire ni quelque espoir futur que ce soit . Jusqu'au jour où...
    Autre élément central incontournable , ce Belfast en crise que McLiam Wilson chérit pourtant tant . Renaud , tu te calmes !
    Une description au cordeau de cette principale ville d'Irlande du Nord souffrant de mille maux , le terrorisme n'étant pas le moindre .
    Deux stratosphériques glandeurs en puissance dans une ville susceptible de filer le bourdon à un mormon dépressif , rien de ragoûtant au menu serait-on tenter de croire .
    Et là je m'inscris en faux votre honneur ! Des mecs attachants au possible , oublier les seconds couteaux serait leur faire injure , à la verve corrosive et acerbe , moi je dis benco ! Auquel je rajouterai Nesquik et Poulain , injonction du CSA oblige...
    La plume de McLiam Wilson , tour à tour ironique , douloureuse et désenchantée , est malgré tout un véritable hymne au bonheur ! Chaque réplique fait mouche . L'auteur n'en fait jamais des caisses . Toujours sur le fil , il ne verse jamais dans la démonstration et contrebalance talentueusement un morne quotidien par un incroyable sens de la répartie ! Sorte de Tontons Flingueurs irlandais à la verve jouissive qui laisseraient à penser qu'aussi désespérée qu'une situation puisse être , il reste encore et toujours l'espoir...
    Eureka Street : lu et fortement conseillé par Archimède ! A lire dans sa baignoire , comme de bien entendu , beaucoup plus pratique que sous la douche...
    4,5/5
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    • Livres 4.00/5
    Par tynn, le 12 mai 2014

    tynn
    Belfast années 90.
    Ville lasse, plate, grise et taguée de sigles vindicatifs d'appartenance catholique ou protestante. Une paix molle s'est installée mais le conflit reste dans les gènes, telle une gangrène impossible à enrayer: les frondes républicaine et unioniste restent larvées et la ségrégation religieuse est une position politique. L'extrémisme est présent dans les deux camps, le quotidien des habitants est une lutte insidieuse, et L'IRA fait encore sauter des bombes...
    "Les irlandais tuent des irlandais pour libérer des irlandais ": ubuesque!
    Le catholique Jake, mélancolique et pacifiste, rongé de solitude et de peines de coeur côtoie le bon gros Chuckie, protestant débonnaire, pas très futé mais surdoué pour les combines financières. Autour d'eux, le chaudron nord irlandais où bouillonnent des extrémistes, des pacifistes, des idéalistes, des flics belliqueux, des femmes éreintées par la détresse et la pauvreté, des gamins des rues vindicatifs et sans enfance...
    Dans les quartiers populaires, les hommes tuent leur vie médiocre en buvant des litres de bière dans des pubs nauséabonds, enfumés et crasseux. Les soirées sont des gigantesques beuveries à insultes et coups de poings car l'irlandais est par nature dissipé, bagarreur, querelleur, qu'il soit catholique ou protestant.
    Toute attitude pacifique est rejetée, déconsidérée, toute tentative de conciliation au coin d'un pub s'apparente à de la traitrise.
    Une vision de l'intérieur, impressionnante de réaliste, de fatalisme et de violence (il faut parfois s'accrocher). Tout cela en mode narratif ironique, humoristique, sarcastique et désabusé. Un grand écart permanent entre bouffonnerie et terrorisme. Et un très beau message de foi en un avenir possible.
    Et Belfast, la ville, est le fil conducteur: on croit voir les rues grises et pavées de misère, les quartiers de briques rouges, le plafond bas du ciel, les hurlements de poivrots, les injures en gaélique.
    Je conseille, je conseille...meilleur livre sur l'imbroglio politico-terroriste de l'Irlande du Nord que j'ai pu lire...
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    • Livres 4.00/5
    Par Coriolis, le 06 janvier 2015

    Coriolis
    Catholiques et protestants se disputent avec hargne une terre dévastée et gorgée de sang. Déchirée par des années de conflits, la ville de Belfast est réduite à l'état de charnier. le terrorisme est devenu un lieu commun. Émeutes, attentats et tueries rythment le quotidien des habitants. Dans ce climat de haine et d'intolérance, un groupe d'amis tente de vivre subissant de plein fouet le chaos quotidien. Tous ont la trentaine, âge où la maturité vient doucement frapper à votre porte. Âge où cultiver l'insouciance de la jeunesse n'est plus de mise. Âge où il est raisonnable de devenir enfin raisonnable. de petits boulots en histoires d'amour ratées, ils glissent sur la vie sans parvenir véritablement à s'y arrimer. Parmi eux, Chuckie Lurgan , archétype du loser attachant : protestant, célibataire, sans emploi, il boit et maîtrise l'art de la procrastination. Chuckie vit sous le même toit que sa mère dans une maison chétive d' Eureka Street. Son meilleur ami, Jake Jackson partage les mêmes maux : catholique, célibataire tombant amoureux en un battement de cils, n'arrivant pas pour autant à « conclure » et exerçant un travail terriblement détestable. Jake gagne sa vie en récupérant appareils électroménagers et meubles impayés chez des particuliers pris à la gorge. Aaaaah l'exquise satisfaction d'avoir accompli une bonne action envers son prochain et d'avoir ponctué sa journée de myriades de petites bontés...Ou pas! Que dire de plus sur lui ? Sa Sarah l'a quitté il y a peu et le seul être qui partage son morne appartement est un chat qui l'abhorre encore plus que Jake ne le déteste!
    Robert McLiam Wilson nous promène dans ces quartiers populaires de Belfast où l'on suit avec plaisir les pérégrinations de ces sympathiques paumés : leurs plans drague pas toujours heureux , leurs combines pour gagner de l'argent , leurs réflexions sur la vie, les femmes et leur pays dévasté. On se prend d'affection pour ces funambules maladroits cherchant à trouver leur équilibre entre blessures de l'enfance, rires entre copains, quête identitaire, poursuite d'un idéal et amours contrariées. On les voit progresser, trébucher, tomber, se relever, s'engluer sur la toile de cette existence misérable dans laquelle ils se débattent. Fébrile, on attend l'issue. le moment où l'on saura si les protagonistes iront, oui ou non, vers un devenir heureux, vers leur voie, vers cet « eurêka » qui leur est propre. Eureka Street est incontestablement un roman qui fourmille d'émotions et de sensations. La vie déborde de chaque page et emporte le lecteur en pleine Irlande blessée. Tour à tour, ému, souriant, au bord des larmes, pantelant, éclatant de rire, on ne peut qu'être vaincu par le style séduisant, addictif et original de l'auteur. Eureka Street , c'est aussi un livre que l'on quitte à regrets comme un de ses moments de convivialité entre amis que l'on aimerait voir s'éterniser. Une poignée d'heures privilégiées où la liesse et la confidence sont de mises. Un de ces interludes agréables où le temps des réjouissances, à peine arrivé, est déjà terni par l'idée d'une séparation future.
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    • Livres 5.00/5
    Par joedi, le 23 février 2014

    joedi
    À la lecture d'Eureka street, je découvre un grand écrivain, il m'a emmenée dans sa ville, il raconte sans pudeur aucune, avec humour et émotion, la vie quotidienne de ces habitants d'une capitale secouée par les attentats.
    Je découvre Belfast, les habitants d'Eureka street qui tentent de vivre vaille que vaille, Chuckie le gros protestant qui multiplie les combines pour faire fortune, Jake, le catho, ancien dur au cœur d'artichaut qui cumule les ruptures sentimentales. Je les accompagne, avec leurs amis, dans leurs beuveries, dans leurs recherches de petits boulots vite abandonnés, dans le train de la Paix avec Jake..., j'assiste impuissante à l'éclatement d'une bombe dans une sandwicherie ..., j'admire la fraternité qui les unit.
    J'aurais beaucoup à dire mais je résume tous mes non-dits par : à lire !
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    • Livres 3.00/5
    Par Vianna, le 22 janvier 2015

    Vianna
    La lecture d’Eureka Street résonne étrangement après l’attentat de Charlie.
    Sorti en 1995, ce roman se déroule à Belfast, ville natale de l’auteur. La paix n’est pas encore conclue entre catholiques nationalistes et protestants unionistes. Et la ville, personnage à part entière, est meurtrie par les attentats , les assassinats, les émeutes. La violence fait partie du quotidien, elle marque au fer rouge l’identité de la ville.
    Pourtant il faut bien vivre. Jake et Chukie, deux trentenaires respectivement catholique pour l’un, protestant pour l’autre, et néanmoins amis, tentent chacun à leur manière de construire une vie . Ils semblent tous deux évoluer dans une relative insouciance, quelque peu désenchantés. Difficile pour moi de cerner ces personnages aux facettes multiples .
    Robert Mc Liam est un auteur singulier : son écriture extrêmement créative et originale, allie à la fois l’humour et le désespoir, et nous, lecteurs naviguons à vue, ballotés entre le grave et le fantasque.
    Eureka Street est un hommage émouvant de l'auteur à sa ville:
    "La tendresse est un mot bien pâle pour désigner ce que je ressens envers cette ville. Je pense au conglomérat des corps de ma ville. Une pleine Belfastée de colonnes vertébrales, de reins, de cœurs, de foies et de poumons. Parfois, ce fragile rassemblement d'organes me submerge et m'enivre de tendresse. Ils paraissent tellement peu assassinables et, parce que je pense à eux, ils m'appartiennent."
    Il faudra que je le relise…
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Vidéo de Robert McLiam  Wilson

Extrait de "La douleur de Manfred" de Robert McLiam Wilson. Lecture et images par Mike Noel.








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