> Brice Matthieussent (Traducteur)

ISBN : 2264027754
Éditeur : 10-18 (1999)


Note moyenne : 4.15/5 (sur 103 notes) Ajouter à mes livres
"Toutes les histoires sont des histoires d'amour", déclare Robert McLiam Wilson en exergue. Certes, l'amour mène le monde... et les héros de son roman par le bout du nez. Mais quoi, faudrait-il céder à la fureur ambiante et finir par poser des b... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Elphie, le 13 avril 2011

    Elphie
    Alors déjà, j'aime énormément la façon d'écrire de Robert McLiam Wilson. Son style est tout aussi percutant que l'histoire en elle-même. Je suis une adepte des phrases courtes mais qui marquent, alors autant dire que j'ai été servie là ! Pas de fioritures, il dit les choses telles qu'elles sont, et au diable les politesses, quand il faut être vulgaire, il n'hésite pas à l'être. J'ai aussi bien aimé le fait d'alterner entre la 1ère personne pour Jake et la 3ème pour tous les autres. On ressent plus facilement ses émotions et son état d'esprit. C'est peut-être ça aussi qui fait qu'on s'attache énormément à lui
    Les personnages sont vraiment brillants. Aucun n'est parfait, mais ils essayent tous de s'améliorer... chacun à sa façon, et ça ne marche pas à chaque fois, mais ils essayent quand même. C'est un autre point qui m'a particulièrement marqué dans le roman, c'est qu'on voit les personnages évoluer. Jake et Chuckie en tête. Et puis c'est tellement optimiste de savoir que c'est grâce à une fille qu'ils ont ainsi changer - enfin, surtout Chuckie. Et là encore, l'auteur a fait fort, car il a réussi à ne pas tomber dans la guimauve. du début à la fin, il arrive à être "juste" et surtout crédible dans les sentiments et pensées de ses personnages.
    Sur la 4ème de couverture de mon édition il est marqué "(...)on suit ses personnages qui ne savent jamais s'ils sont tragiques ou comiques".Et c'est tout à fait ça je trouve. A des moments on ne sait pas si on doit les plaindre pour ce qu'ils vivent ou bien les condamner pour ce qu'ils font ou ont fait.
    Eureka Street est vraiment une ode à Belfast. On suit ces personnages tous plus différents les uns que les autres mais qui ont tous un point commun : ils aiment Belfast. Malgré les bombes qui explosent, malgré le sort qui s'acharne contre eux, malgré l'horreur et la douleur qu'ils traversent tous les jours, ils aiment leur ville. Même Chuckie qui aurait pu se la couler douce outre-atlantique décide de revenir à Belfast. D'ailleurs, j'ai trouvé le chapitre 10 (celui consacré que à la ville et aux "histoires) vraiment beau... Surtout quand on lit celui qui vient après...
    Pendant tout le livre j'ai été partagée entre rires, espoir, larmes, horreur et consternation, mais en tournant la dernière page je me suis sentie plus - comment dire? - "légère". Oui c'est le mot. C'est comme si tout d'un coup on m'enlevait un poids, j'étais totalement euphorique! Je sais pas trop si vous arrivez à voir ce que je veux dire... Enfin bref, juste pour dire que j'ai eu un sourire béat aux lèvres pendant un très long moment Ce qui est plutôt surprenant en fait car la fin n'est pas idyllique que ça. Mais ça ne s'explique pas -on se sent juste...bien en fait.
    Je voulais détailler les passages qui m'avaient le plus marqués, mais je me rends compte que c'est impossible - ou alors il faudrait que je mette les 3/4 du livre!
    Eureka Street vient de monter au somment de mes livres préférés, et croyez-le ou non, mais rien que d'en parler ça me donne envie de le relire ^^
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par GabySensei, le 26 août 2011

    GabySensei
    Voici l'histoire de deux jeunes garçons dans le Belfast des années 80.
    Le premier a l'infortune de ne tomber amoureux que de femmes qui finissent par lui briser le cœur. Mais il ne veux pas se résigner et se jette toujours dans de nouvelles aventures en espérant enfin trouver l'âme sœur.
    Son ami quant à lui en a assez de vivre dans la misère et décide de se lancer à corps perdu dans le capitalisme. Il deviendra millionnaire en quelques mois en enfumant tout le monde ainsi que le permet notre beau système économique.
    McLiam Wilson sait aborder des sujets graves et complexes en gardant une grande légèreté. Son style simple nous fait entrer tout de suite dans l'histoire et une fois commencé il vous sera bien difficile de décrocher de ce livre qui est un véritable chef-d'œuvre!
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par AliceW, le 21 mai 2012

    AliceW
    Belfast, Irlande du Nord.
    Nous sommes bien loin de l'Irlande verte, des collines à perte de vue, des photos touristiques et de son patrimoine celtique. Nous sommes dans une Irlande où la tension est palpable, les conflits permanents, à coup de bombes et cocktails qui font craquer Belfast l'explosive.
    Jake est catholique, non pas qu'il soit spécialement convaincu par le sujet, plutôt une affaire de tradition familiale dirons-nous. Il cherche à se défaire de son profil de bagarreur, et préfère travailler dans le bâtiment plutôt que continuer son job consistant à saisir les endettés. Moins culpabilisant.
    Chuckie est pour sa part protestant, le seul de la bande. Un balourd qui guette l'idée qui fera de lui son propre patron. Il trouve un filon efficace, entre escroqueries extravagantes et ficelles ultra capitalistes, qui le fait rapidement millionnaire.
    Jake et Chuckie sont potes de tous les instants et compagnons de troquets à toute heure, inséparables malgré leurs appartenances religieuses divergentes. Car même si les croyances ne régissent pas leurs vies, Belfast brûle des convictions de ses habitants.
    Pour Jake et Chuckie, la trentaine pleine de questionnements et de réflexions, c'est l'heure du bilan. Ils cherchent parfois leurs réponses dans des histoires de coeur. Chuckie rencontre Max, une américaine qui saura lui donner des ailes et qui considère Belfast bien plus tranquille que Brooklyn. Moins convaincant pour Jake qui a le don de s'engouffrer dans les pires histoires, ce qui n'arrange pas son coeur d'artichaut.
    Un portrait saisissant de Belfast, brut, émouvant et politique, où les murs délabrés sont taggés de sigles en tout genre et où l'après-midi se termine au pub.
    Jake et Chuckie, mais aussi Aoirghe, catholique aux idéaux républicains, Roche, genre de Gavroche irlandais, Peggy, la mère pas si banale de Chuckie, et bien d'autres. On s'attache à chacun d'entre eux et il devient bien difficile de refermer le livre.
    Des vies qui se croisent sous la plume de Robert McLiam Wilson, sans misérabilisme mais avec beaucoup d'humour et une certaine acidité.
    Une lecture que je ne saurais que trop vous recommander.

    Lien : http://casentlebook.blogspot.fr/
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 15 décembre 2011

    carre
    A travers le portrait de Belfastiens trentenaires, catholiques ou protestants, Mc Liam Wilson, lui -même Irlandais, nous raconte avec humour et émotion la vie au quotidien dans la capitale secouée par les attentats et les meurtres.Entre Jake le protestant qui vient de perdre sa compagne et qui se lit d'amitié avec le jeune Roche, le gros Chukhie le catholique qui devient millionnaire, amoureux d'une jeune américaine et qui découvre l'homosexualité de sa mère ou encore la révoltée Saoirse c'est une Belfast dévastée mais au combien vivante que nous décrit Mc Liam Wilson. Malgré la terreur des attentats la vie reprend le dessus et c'est avec beaucoup de drôlerie et d'amour que l'auteur mène son récit Avec malice et amour surtout pour cette ville. Un roman dont on quitte les personnages avec tristesse. Une réussite.
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    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, le 30 mai 2008

    Bunee
    Palpitations de Belfast, de ses habitants, au long de rues plus ou moins feuillues, plus ou moins prolétaires.
    Bande de copains catholiques et protestants au delà du conflit. Des histoires différentes, touchantes, drôles, ubuesques, qui s'entremêlent.

    Roman urbain truffé de personnages et de schémas de vie, sombrement truculent, drôle et désespérément humain. Description ironique des troubles, des attentats et de toute l'absurdité de cette situation
    (...)
    http://lelabo.blogspot.com/2007/07/robert-mcliam-wilson-eureka-street.html
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Citations et extraits

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  • Par juliem, le 20 décembre 2011

    A la maison, j'ai pris une douche, ignoré mon chat, mis mon costume et filé droit vers le supermarché. La fille qui avait le béguin pour moi y serait peut-être et je ne trouvais pas mieux. Je savais que j'étais triste, prêt à faire des courses dont je n'avais pas besoin pour retrouver une adolescente que je n'allais même pas draguer. J'étais triste, mais heureux ainsi.
    J'ai racheté des champignons. Je n'arrivais pas à trouver autre chose. La fille qui avait le béguin pour moi n'était pas là. Mais je suis tombé amoureux. J'ai été servi par un gamin de dix-sept ans à l'ahurissante tignasse rousse et à l'acné invraisemblable, inégalable. C'était évidemment sa première semaine de boulot. Et il ne faisait rien correctement. Il marmonnait des paroles inaudibles et tout son visage rougissait au-dessus de son col de chemise. Il rougissait à la caisse, il rougissait devant les bananes, les baguettes et le fromage frais. Il rougissait infiniment plus que ma petite serveuse. Je ne crois pas qu'il rougissait à cause d'une quelconque passion pour moi. Quand il a tourné sa tête de rouquin, j'ai aperçu le sonotone niché juste derrière l'oreille, juste sous les cheveux. Ce gamin rougissait tout bonnement parce qu'il se considérait comme une mauvaise idée, une erreur colossale. Ça m'a donné envie d'embrasser son gros cou. Ça m’a donné envie de mourir d'amour.
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  • Par mariech, le 21 juin 2011

    Vous avez vu les drapeaux , les inscriptions sur les murs et les fleurs sur le pavé. Voici une ville où les gens sont prêts à tuer pour quelques bouts de chiffon colorés. Telle sont les habitudes de deux populations dotées de différences nationales et religieuses remontant à quatre ou huit siècles.
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  • Par Carotte, le 06 avril 2011

    Elle se promenait et achetait des jupes depuis si longtemps qu'elle en avait oublié de déjeuner. (...) Elle s'arrêta à la porte pour laisser passer un beau jeune homme à l'air canaille, en costume vert. (...) Elle se retourna pour lui dire merci et cessa d'exister.
    La plus grande partie d'un des présentoirs en verre explosa vers elle.Bien que fragmentés avant d'atteindre Rosemary, les morceaux de verre et de métal furent bien assez gros pour la tuer sur le coup.
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  • Par dflasse, le 15 janvier 2009

    Le problème avec le mensonge, c’est que si on vous croit, vous méprisez l’autre. Si on ne vous croit pas, vous vous méprisez.
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  • Par Rabastan, le 25 septembre 2011

    Je désirais parler de Racine et de Flaubert avec cette fille, mais elle appréciait apparemment le baratin macho.
    "Tu as déjà lu Rousseau ?" lui ais-je demandé tristement.
    Nous avons parlé un moment. Elle s’appelait Rachel. Elle me plaisait infiniment. Je serais volontiers mort pour ce genre de fille et puis mon cœur débordait tandis que mon esprit restait vide. J'étais nerveux comme un gamin de dix-sept ans, mais elle semblait impressionnée, elle semblait convaincue.
    J'ai failli plaindre Rachel. Elle ne nous méritait vraiment pas, moi et ma douleur. Mais je ne voulais pas qu'elle cesse de me parler. Je ne voulais pas qu'elle s'en aille. Après Sarah, Mary, Aoirghe et les autres, je me tenais en bien piètre estime et la mauvaise opinion qu'elles avaient de moi sapait ma propre fierté. Pareille unanimité emportait la conviction et je me sentais plus que susceptible. Si jamais Rachel me disait une chose trop gentille, j'étais prêt à lui lécher la main et à aller ramasser du petit bois pour elle.
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