> BrigittE Hébert (Traducteur)
> Jean-Claude Colbus (Traducteur)

ISBN : 9782742792191
Éditeur : Actes Sud (2010)


Note moyenne : 2.69/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
Nous sommes en 2057 et tout est propre. Pour le bien et la santé de tous, l'Etat a instauré La Méthode qui exige de la population qu'elle se conforme à toute une série de règles préventives en vue de l'intérêt général. A travers l'histoire de Mia, une jeune biologiste q... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 1.00/5
    Par bibliame, le 09 avril 2011

    bibliame
    Une idée de base originale, un scénario qui tient la route jusqu'à la moitié du livre : dans une société où la bonne santé est de rigueur et ou nul ne peut y déroger, le respect de la vie des autres est également primordial. C'est pourquoi Mortiz Holl a été emprisonné pour répondre du crime qu'il a commis. Mais seule sa soeur sera toujours convaincue de son innocence que lui même ne pourra jamais prouver puisqu'il met fin à ses jours.
    Cette disparition et cette injustice donne un coup de déprime à Mia, qui du coup, ne se soumet plus aux contraintes sportive, alimentaire, hygiénique, infectiologique rendues obligatoires par la Méthode. Devant en répondre devant un tribunal institué à cet effet, maître Lutz Rosentreter, son avocat commis d'office, se prend d'affection pour cette jeune biologiste complétement perdue et décide de la sortir de ce tunnel sans fond dans lequel elle s'enferme de plus en plus. Afin de la retirer de ce circuit qui ne peut que l'amener à sa perte - et ainsi se sauver lui-même de son histoire personnelle, il apporte la preuve scientifique de l'innocence de Moritz, preuve qui révèle également le manque de fiabilité de la Méthode, ce que cette dernière ne peut absolument pas laisser éclater au grand jour, de peur qu'une foule humaine, qu'il serait alors incapable de contrôler se rue sur cette opportunité pour contourner les règles instituées par la Méthode et mettre fin ainsi à son existence.
    Jusque là, le récit est cohérent - en le replaçant dans son époque, c'est à dire en 2057, et dans son histoire. Après, j'ai eu beaucoup de mal à adhérer au scénario. Je suis allée jusqu'au bout car je pensais que la fin relèverait la deuxième moitié du livre, mais j'ai trouvé l'histoire beaucoup trop alambiquée et la fin inadaptée à ce type de récit .
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    • Livres 3.00/5
    Par Zora-la-Rousse, le 16 janvier 2011

    Zora-la-Rousse
    Un roman d'anticipation sur une société, pas si éloignée dans le temps de la nôtre, une société régie par la Méthode, une nouvelle forme de dictature dont l'idéologie n'est pas incarnée par une personne mais un concept : la Santé.
    La soumission de l'homme, du groupe pour le respect d'un principe unique : la santé pour tous, le sacrifice du bien-être individuel sur l'autel du bien-être collectif, le corps prévalant sur l'esprit, la victoire de la Raison.
    Mia, une scientifique, pragmatique, sportive, ne répond plus aux obligations sanitaires imposées ; sa vie vient de basculer suite au suicide de son frère, accusé de viol et de meurtre. Mais Mia croit en l'innocence de ce frère emblématique, d'une croyance intuitive et viscérale. Jusqu'alors, croire, c'était accepter les dogmes établis par la raison pour le bien de tous. Mais « Croire et savoir sont si proches qu'il est possible de les confondre ». Ne vient-elle pas de remettre en cause les fondements même de sa vie ? Elle ignorait encore jusqu'à peu qu'elle en avait une, en marge du collectif.
    Le doute, l'innommable, fera de Mia, aux yeux des « autres » une coupable, une terroriste. Une martyre ?
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    • Livres 4.00/5
    Par celinemoreno, le 10 octobre 2010

    celinemoreno
    A mi chemin entre 1984 et son avant gardiste Big Brother et la serie pour ados "Uglies" de Scott Westerfeld, on trouve le dernier roman de Juli Zeh. Parachuté en 2057 (finalement c'est pas si loin que ça...ma fille est née en 2009 comme l'héroïne), on émerge dans une société où l"hygiène est érigée en doctrine. Plus de contact physique, une hygiène de vie irréprochable et des rencontres en fonction de la compatibilité biologique sont devenus le quotidien de tous. le tout sous le regard bienveilant de la Méthode, nouveau gourvernement qui se drape de bienveilance pour se prévenir de tout accusation de dictature, La revolution gronde...
    Un très bon livre d'anticipation.
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    • Livres 3.00/5
    Par kathel, le 09 mars 2011

    kathel
    Après la sensation éprouvée à la lecture de Au nord du monde, suivie de celle presque égale procurée par La balade de Lila K, j'avais repéré ce titre d'une jeune auteure allemande qui semblait promettre aussi une évasion dans une formidable dystopie. Voici les faits : en 2057, Mia Holl est jugée pour avoir omis de se soumettre aux contrôles d'hygiène en vigueur et négligé son corps en ne pratiquant pas les exercices de sport imposés. le juge est toutefois compréhensif, Mia vient de perdre son frère Moritz d'une manière dramatique, mais comme les faits se reproduisent, elle est soupçonnée d'appartenir à un groupe subversif nommé Droit à la Maladie. Il faut dire que fumer une cigarette ou oublier son vélo d'appartement est déjà considéré comme très louche !
    Le postulat de départ de ce livre ne manque pas d'intérêt, mais, car il y a un mais qui se profile depuis le début de ce billet, mais donc, le traitement du sujet ne m'a pas entièrement convaincue. La construction ne m'a pas semblée bien longtemps originale et le tout m'a paru un peu mou et sans vraiment d'action. Plutôt que de développer les conséquences d'une telle doctrine imposée sur les individus, il s'agit plutôt pour les personnages de manier des concepts philosophiques, en particulier dans les discussions qui opposent Mia au juge et aussi à Kramer, un journaliste très attaché à la défense de la Méthode, doctrine hygiéniste en vigueur. Les autres personnages comme les voisines ou les autres protagonistes du procès n'ont guère de consistance, avec une exception pour la Fiancée Idéale, représentant en quelque sorte le frère décédé de Mia et bien souvent la voix du bon sens. Je reste donc un peu perplexe et pas tout à fait séduite après la lecture de ce texte plus proche d'une pièce de théâtre que d'un roman par son style assez plat et factuel… Intéressant mais pour des lecteurs plus férus que moi de philosophie.

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-juli-zeh-corpus-delicti-..
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  • Par emeralda, le 08 octobre 2010

    emeralda
    Un format atypique, une belle couverture futuriste qui dénote un peu chez les éditions Actes Sud plus habituée a la sobriété et un auteur peu connu chez nous, voilà les premières impressions que l'on a en découvrant ce titre de Juli Zeh.
    En allant un peu plus loin, on découvre un récit ou le futur de l'humanité n'est pas si noir en apparence. Enfin, il est plutôt aceptise au maximum.
    Cela m'a fait pensé a un autre livre lu cette année : "les assoiffées". Cette réalité potentielle bien que peu réalisable interpelle.
    Le récit n'est pas linéaire, mais il en va de même de la douleur que peu ressentir Mia.
    A trop vouloir tout contrôler, on finit par ne plus vivre véritablement. On ne ressent plus les choses. On les accomplit mécaniquement. On est devenu une machine et toute trace d'imperfection humaine s'en trouve gommée. Quelle horreur ! Quel ennui ! Mia est ballotée. Elle ne sait plus ce qui est bien ou pas. Elle n'aspire qu'à une seule chose : la paix.
    Mais que faire contre un système qui broie tout sur son passage ? La raison au détriment du reste, de l'essence même de la vie ?
    Un roman étrange, lointain et pourtant si proche. La santé au cœur de tout, mais sans âme. La vie vaut-elle encore d'être vécue ? Peut-décliner ce cadeau ? D'autres questions encore sont laissées en suspent et interpellent le lecteur jusqu'à la dernière page car rien n'est jamais tout blanc ou tout noir et tel est pris qui croyait prendre.

    Lien : http://espace-temps-libre.blogspot.com/2010/10/corpus-delicti-un-pro..
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Citations et extraits

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  • Par NadinePestourie, le 05 janvier 2011

    Je retire toute confiance à une société composée d'êtres humains, mais fondée sur la peur de l'humain. Je retire toute confiance à une civilisation qui a trahi l'esprit au profit du corps. Je retire toute confiance à un corps qui n'est pas ma chair et mon sang, mais censé incarner l'idée que la collectivité se fait d'un corps normal. Je retire toute confiance à une normalité qui se définit elle-même comme la santé. Je retire toute confiance à une santé qui se définit elle-même comme la normalité. Je retire toute confiance à un système de domination qui se fonde sur des pétitions de principe. Je retire toute confiance à une sécurité qui prétend apporter une réponse définitive en taisant soigneusement les termes de la question. (...) Je retire toute confiance à un système juridique dont les succès sont subordonnés à un contrôle permanent du citoyen. Je retire toute confiance à un peuple convaincu que la transparence totale de la vie privée n'est préjudiciable qu'à ceux qui ont quelque chose à cacher. (...) Je retire toute confiance à une politique dont la popularité repose exclusivement sur la promesse d'une vie dénuée de risque. Je retire toute confiance à une science qui affirme que le libre arbitre n'existe pas. Je retire toute confiance à un amour qui se considère comme le produit d'un processus d'optimisation immunologique. Je retire toute confiance à des parents pour qui une cabane dans un arbre n'est qu'un "risque de chute" et un animal domestique un "risque de contamination".
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  • Par kathel, le 09 mars 2011

    Le bras gauche de Kramer pend négligemment sur le dossier du fauteuil. Dans la main droite, il fait tourner un verre d’eau dont il observe de temps à autre l’intérieur comme s’il pouvait lire l’avenir dans le liquide cristallin.
    - Les membres du DAM, enchaîne-t-il, ne sont pas des aliénés. NI même de marginaux, des ratés ou des défavorisés. Nous avons affaire à des gens normaux, doués d’une intelligence normale. Le DAM n’est pas une forme de criminalité organisée, c’est un réseau. Les ennemis de la Méthode entretienne entre eux des liens très lâches, ce qui les rend bien plus dangereux. Cette structure aléatoire et chaotique fait que le mouvement dans son ensemble est quasiment inattaquable.
    - ça fait froid dans le dos, dit Würmer. Comment des courants aussi irrationnels peuvent-ils se développer dans une société guidée par la raison ? On se croirait en plein XXe siècle.
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  • Par NadinePestourie, le 05 janvier 2011

    Regardez un peu les livres d'histoire. Vous verrez ce que ça veut dire, tous ces gens qui chérissent leurs maladies. Il y a seulement cinquante ans, les enfants exhibaient fièrement leurs genoux écorchés. Quand les adultes se cassaient la jambe, ils se dessinaient mutuellement des petits coeurs sur leurs plâtres. Tout le monde se plaignait de rhume des foins, de douleurs lombaires, de problèmes digestifs... mais, en fait, on ne voulait qu'une seule chose : éveiller une compassion injustifiée. Les bobos en tout genre passaient pour des sujets de conversation sérieux. Aller chez le médecin devenait un sport national. La maladie passait aux yeux des gens pour la preuve de leur existence, comme s'ils avaient été incapables de sentir leur corps tant qu'ils n'avaient mal nulle part. Durant des siècles, on a vénéré la faiblesse ; elle était même au coeur d'une religion universelle. On s'agenouillait devant l'image d'un masochiste squelettique et barbu coiffé d'un rouleau de barbelés, le visage dégoulinant de sang. La fierté des malades, la sainteté des malades, l'égoïsme des malades : voilà les maux qui rongeaient les gens de l'intérieur
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  • Par sentinelle, le 14 février 2011

    On ne choisit pas la place qu'on occupe dans sa vie. On se contente d'apporter les planches. Ce sont les autres qui les assemblent pour bâtir l'espace où vous aurez à vivre votre vie.
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  • Par sentinelle, le 14 février 2011

    Un Etat légitime est comparable à une chaussure qu'on ne sent pas tant qu'elle ne serre pas trop.
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Remarquée en France lors de la parution de La Fille sans qualités, Juli Zeh est un auteur accompli en Allemagne. Tout en terminant une thèse de droit, elle est naturellement devenue écrivain, sans pour autant se détourner des combats qui lui sont chers en tant que juriste et que citoyenne. Et son écriture reflète largement ce parcours. Juli Zeh doit à sa formation juridique une grande précision dans le maniement des mots et des questionnements d'envergure qui la poussent à aborder dans ses romans les thèmes des libertés individuelles, de la morale et des dérives de la société. Metropolis est donc allé à la rencontre de cette jeune femme passionnée dont le dernier roman, Corpus Delicti, paraîtra en France pour la rentrée littéraire.








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