> BrigittE Hébert (Traducteur)
> Jean-Claude Colbus (Traducteur)

ISBN : 2742776877
Éditeur : Actes Sud (2008)


Note moyenne : 3.63/5 (sur 27 notes) Ajouter à mes livres
Au début des années 2000, dans un lycée allemand de la dernière chance, le jeu pervers de deux élèves s'est terminé dans un bain de sang. L'avocate à laquelle on confie l'affaire est bouleversée, tant elle a du mal à juger cet acte. Elle entreprend alors d'écrire l'hist... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par sentinelle, le 24 octobre 2008

    sentinelle
    Le jeu pervers de deux élèves du lycée privé Ernst-Bloch, lycée huppé situé à Bonn en Allemagne, trouve son épilogue dans un bain de sang. L'avocate à laquelle on confie l'affaire est bouleversée, tant elle a du mal à juger cet acte. Elle entreprend alors d'écrire l'histoire des trois protagonistes, leur rencontre, les prémices du jeu, son déroulement jusqu'à l'irruption de la violence.
    Les deux élèves en question se nomment Ada (quatorze ans) et Alev (dix-huit ans).
    Ada, dotée d'une intelligence supérieure mais dépourvue d'un physique avenant, n'est pas une adolescente comme les autres : froide, s'isolant volontairement des autres, elle se sent totalement indifférente au monde, indifférente à ses sentiments, n'hésitant pas à clamer l'équivalence de toutes choses : « Je peux faire ce que tu attends de moi comme je peux le refuser. Pour moi, les deux possibilités ont une valeur identique. » Alev, qui débarque au lycée un an après Ada, se fait très vite remarquer : sa séduction, son érudition, son assurance, son tempérament et son cynisme lui confèrent d'emblée une position dominante parmi ses pairs.
    Ada, qui trouve en Alev un partenaire à sa hauteur, tombe elle aussi rapidement sous son charme. Alev se rend vite compte de l'effet qu'il produit sur Ada, cette étrange fille sans qualités ni véritable identité. Lui non plus ne croit plus en rien, si ce n'est à la toute puissance de l'instinct du jeu. Et une manière de la mettre à l'épreuve est de se transformer en show master qui établit les règles du jeu des destins, une sorte de maître du jeu pervers et machiavélique qui n'hésitera pas à jeter son dévolu sur leur jeune professeur de sport, Smutek, réfugié polonais ambitieux. Ada et Alev, s'autoproclamant arrière-petits-enfants des nihilistes et de Nietzsche, sans oublier Smutek, telles sont les pièces d'un vaste échiquier où la domination, la manipulation, l'humiliation, le chantage, l'immoralité et la perversité se feront la part belle.
    Plusieurs références émaillent « La fille sans qualités ». Celles qui reviennent le plus souvent se réfèrent à Nietzsche ou à « L'homme sans qualités » de Robert Musil. N'étant pas férue de philosophie, je suis sans nul doute passer entre certaines mailles du filet tendu par Juli Zeh, qui nous livre là un roman aussi exigeant qu'interpellant, avec parfois ce sentiment de naviguer entre le film « Elephant » de Gus van Sant et le roman « Les liaisons dangereuses » de Choderlos de Laclos, mais il est aussi bien plus que cela. L'auteur dissèque les conséquences de la crise des valeurs et des grandes idées, l'absence de l'idéologie et la fin des idéaux de notre société contemporaine sur une certaine jeunesse en mal d'identité qui ne croit plus en rien, si ce n'est à l'instinct et au démon du jeu, « l'ultime forme possible d'existence et par conséquent l'ultime forme possible de bonheur », où la frontière entre le bien et le mal est des plus floues et des plus fragiles. Ce roman, qui n'évite pas toujours certaines lourdeurs et certaines envolées philosophiques, reste néanmoins magistral dans la démonstration. Il n'a donc pas usurpé le titre très convoité d'événement littéraire à sa parution.

    Lien : http://livresque-sentinelle.over-blog.com/article-24065858.html
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par sylvie, le 19 octobre 2010

    sylvie
    C'est un roman qui marque.
    Il est extrêmement ambitieux et, en se voulant démonstratif, pose beaucoup de questions qui nous chatouillent en tant qu'habitants d'un monde occidental désorienté.
    Les enfants qu'il met en scène sont d'aujourd'hui, les nôtres aussi...
    Ce livre parle de la difficulté de transmettre une idée du bien et du mal à des enfants que nous voulons adapter à un monde cynique et violent. Il évoque les conséquences désastreuses que peut provoquer un monde où tout vaut tout, c'est à dire rien, et qui met en scène le vide et l'absurde en déversant sa profusion à tous les étages...
    J'ai trouvé ce texte difficile à lire, sa construction impeccable et implacable est un peu désespérante et assez usante tant elle crée un malaise.
    Nous sommes irrésistiblement fascinés par le chemin scabreux qu'ont choisi d'emprunter les deux adolescents. En même temps, sans en avoir l'air, cet ouvrage pose de bonnes et grandes questions, et c'est courageux.
    Comment dénouer le juste et l'injuste, le bon et le mauvais, le bien et le mal dans nos démocraties occidentales qui génèrent de petits monstres en détresse, clinquants et pleins d'éducation, regorgeant de moyens de s'exprimer et de s'épanouir, mais que la profusion écoeure.
    Ici, on découvre deux « prototypes » des plus doués d'entre eux : Ada, 14ans et Alev, 18 ans. Ils semblent étouffés par le vide qui troue leurs ventres et leurs têtes et qui n'est que le miroir de l'absurdité du monde dans lequel ils vivent.
    Ils sont en quête d'identité et de sens pour leur petite vie blessée, mais comment et de quoi se nourrir quand on a décidé que tout se vaut? Comment se sentir vivant quand il faut se blinder au point de refuser toute émotion .
    Pour se sentir vivre, il ne leur reste que le jeu, mais un jeu dont ils font les règles et dont ils veulent se rendre maîtres. En quête de savoir et de vérité, les voilà devenus monstrueux pour vérifier une théorie du jeu qui réglerait son compte à toute morale ou moralité.
    Ce sera pervers et violent : manipulation, chantage et humiliation seront au rendez-vous.
    La justice prononce un jugement plein de non sens mais qui se tient...
    La narratrice de cette histoire est la juge en charge de cette affaire. Elle a du mal à trancher et à identifier les culpabilités, tant son arsenal juridique semble être devenu obsolète.
    La fin du procès met à vif l'absurdité de notre époque sans âme, où des valeurs simples comme le respect de soi et de l'autre et la reconnaissance de l'intégrité physique et morale semblent avoir volé en éclat.
    La fin est poignante, deux des protagonistes qui se sont sortis du jeu pervers par la naissance de l'amour s'en vont vers les restes d'un monde révolu - l'ex-allemagne de l'est - et s'y piègent ...
    des liens sur le blog

    Lien : http://sylvie-lectures.blogspot.com/2007/11/la-fille-sans-qualits-ju..
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    • Livres 5.00/5
    Par bvb09, le 23 octobre 2011

    bvb09
    Des personnages hors du commun dans une vie de tous les jours. J'ai été souvent pris à contre-pied, agréablement. le livre ne tombe pas dans l'excès... alors que certains évémnements le sont. Mlle Zeh est une magicienne. Ce livre doit faire partie de mon top 10 de la littérature contemporaine qu j'ai lue.
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par bvb09, le 23 octobre 2011

    bvb09
    Des personnages hors du commun dans une vie de tous les jours. J'ai été souvent pris à contre-pied, agréablement. le livre ne tombe pas dans l'excès... alors que certains évémnements le sont. Mlle Zeh est une magicienne. Ce livre doit faire partie de mon top 10 de la littérature contemporaine qu j'ai lue.
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    • Livres 5.00/5
    Par cathgalloy, le 04 octobre 2011

    cathgalloy
    surprenant, choquant, une morale déroutante
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Citations et extraits

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  • Par sylvie, le 10 décembre 2007

    "Le pragmatisme remplace pour nous tout ce qu’offraient autrefois les grandes idées et les religions, ce qui faisait croire à la paix, aux droits de l’homme et à la démocratie. Le pragmatisme nous empêche de devenir des criminels ou nous y incite quand c’est nécessaire. Il légitime la persistance de la justice, de la famille et du travail, il nous rend gentils et recommande de soigner son apparence. Après nous être libérés de toute contrainte, nous n’avons plus qu’un seul mentor : le pragmatisme. Tu verras : nous qui sommes vidés de tout, il ne nous manque rien !”

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  • Par Alice5, le 06 février 2012

    Et si la Bible, la Constitution et le Code Pénal n'avaient jamais été davantage à leurs yeux qu'un mode d'emploi, un ensemble de règles pour jeux de société ? Si la politique, l'amour et l'économie n'étaient pour qu'eux une compétition ?
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  • Par darkan, le 24 décembre 2007

    La fifférence entre un original et un faux, c'est que le faux fait plus vrai.
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Vidéo de Juli Zeh

Remarquée en France lors de la parution de La Fille sans qualités, Juli Zeh est un auteur accompli en Allemagne. Tout en terminant une thèse de droit, elle est naturellement devenue écrivain, sans pour autant se détourner des combats qui lui sont chers en tant que juriste et que citoyenne. Et son écriture reflète largement ce parcours. Juli Zeh doit à sa formation juridique une grande précision dans le maniement des mots et des questionnements d'envergure qui la poussent à aborder dans ses romans les thèmes des libertés individuelles, de la morale et des dérives de la société. Metropolis est donc allé à la rencontre de cette jeune femme passionnée dont le dernier roman, Corpus Delicti, paraîtra en France pour la rentrée littéraire.








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