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ISBN : 2081285894
Éditeur : Flammarion (2014)


Note moyenne : 4.02/5 (sur 2338 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Une des grandes grèves du siècle dernier racontée par un journaliste de génie qui en a fait un réquisitoire, un formidable ” J’accuse ” contre le capital, le roman de la lutte des classes et de la misère ouvrière. Un livre de nuit, de violence et de sang, mais qui débou... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 16 mars 2013

    LydiaB
    Treizième volume des Rougon-Macquart, Germinal met en scène Etienne Lantier, fils de Gervaise Macquart et d'Auguste Lantier. Jeune machiniste, il est licencié pour ses prises de position politiques. Il se rend alors à Montsou, bien décidé à se faire embaucher par la Compagnie des Mines. Très vite, il se démarque de ses collègues. La misère sociale le bouleverse, de même que l'exploitation des patrons envers les pauvres gens. Chassez le naturel, il revient au galop, et Etienne ne peut s'empêcher de devenir un fervent militant. Au-delà de toutes ces querelles intestines, il fait la connaissance de Catherine Maheu, fille de la famille qui le loge. Cependant, celle-ci est convoitée par un autre mineur, Antoine Chaval. Etienne va alors devoir faire face à un double combat, et le mot n'est pas trop fort, vous le verrez en lisant cette oeuvre magistrale. D'un côté, il se bat pour ses idées, notamment lorsque la Compagnie des Mines baisse les salaires. de l'autre, il lutte pour conquérir le coeur de sa belle. Une lutte acharnée, sans merci...

    Etienne, Catherine ou Chaval représente une catégorie sociale mise en avant par Zola. Ces pauvres gens subissent de plein fouet une magistrale crise économique. Ils tentent d'améliorer leurs conditions... Roman résolument moderne n'est-ce-pas ?

    Comme à son habitude, l'auteur s'est documenté pour écrire ce roman. Il est allé au plus près des grévistes d'Anzin, dans le Nord de la France, grève considérable regroupant plus de 10 000 employés du 21 février au 17 avril 1884. Il est descendu dans la mine. SI le roman reste résolument noir, le titre laisse apercevoir un espoir, un avenir meilleur, un renouveau. D'ailleurs, la fin est sans équivoque : "Maintenant, en plein ciel, le soleil d'avril rayonnait dans sa gloire, échauffant la terre qui enfantait. du flanc nourricier jaillissait la vie, les bourgeons crevaient en feuilles vertes, les champs tressaillaient de la poussée des herbes. de toutes parts, des graines se gonflaient, s'allongeaient, gerçaient la plaine, travaillées d'un besoin de chaleur et de lumière. Un débordement de sève coulait avec des voix chuchotantes, le bruit des germes s'épandait en un grand baiser. Encore, encore, de plus en plus distinctement, comme s'ils se fussent rapprochés du sol, les camarades tapaient. Aux rayons enflammés de l'astre, par cette matinée de jeunesse, c'était de cette rumeur que la campagne était grosse. Des hommes poussaient, une armée noire, vengeresse, qui germait lentement dans les sillons, grandissant pour les récoltes du siècle futur, et dont la germination allait faire bientôt éclater la terre."

    Si le monde de la mine vous intéresse, je vous conseille également l'excellent livre, plus récent puisque paru en 1939, de Richard Llewellyn, Qu'elle était verte ma vallée ! Souvent comparé au roman de Zola, il met en avant non seulement les affres des mineurs irlandais du Pays de Galles mais également toute une dimension psychologique prenant en compte les sentiments de chacun, ce que l'on ne trouve pas assez à mon goût, dans ce roman de Zola. Ceci dit, j'aime tellement cet auteur que je lui passe aisément ce dernier point.

    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-du-xixe-si%C3%A8cl..
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    • Livres 2.00/5
    Par isajulia, le 10 février 2015

    isajulia
    Ah! Germinal... J'ai bien cru que je n'arriverai jamais au bout de ce foutu bouquin, et pourtant j'adore Zola!
    Je n'avais déjà pas trop aimé Etienne Lantier enfant quand j'ai lu l'Assommoir mais là, je crois qu'avec Germinal j'ai décroché la timbale de l'antipathie vis à vis d'un personnage. Il ne m'a peut-être pas autant insupportée que la Bovary mais ça s'est joué à peu choses.
    Ouvrier licencié pour avoir giflé son ancien employeur, c'est sans le sou et crevant la faim qu'Etienne Lantier débarque dans le nord de la France, à Montsou, où se trouvent des mines dans lesquelles il espère se faire embauché. Pris sous l'aile de Maheu, un des mineurs, il va réussir à obtenir un emploi au sein de la mine. Travaillant dans des conditions effroyables et rêvant d'un monde plus juste, Etienne va pousser les mineurs à la grève lorsque la compagnie des mines va mettre en place une baisse des salaires pour anticiper la crise économique, c'est alors qu'une lutte sans merci entre patrons et travailleurs va s'ouvrir...
    L'essence même de l'intrigue est excellente, le roman est si réaliste qu'à chaque page c'est noir, poisseux et je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir de la peine pour cette communauté de travailleurs qui subit des horreurs pour n'avoir pas grand chose et qui vont se retrouver quasiment six pieds sous terre pour avoir suivi un idéaliste dans son délire. Alors je suis d'accord sur le fait que la grève n'aura peut-être pas servi à rien, qu'elle aura certainement ouvert les yeux des mineurs à la fin du roman mais dans un sens il sont bien obligés de retourner au charbon si ils veulent se relever des dégâts que cette rébellion a infligé à leurs familles. C'est cette facette d'Etienne Lantier qui m'a déplu au plus haut point, le bougre veut bien faire mais par fierté il continue de s'enfoncer dans sa connerie en entraînant tout le monde dans sa chute. C'est plus que louable de vouloir s'élever au-dessus de sa condition initiale mais ici dans le roman Etienne est le personnage lourd par excellence, buté sur ses positions sans accepter le compromis, il m'a souvent bien agacée. C'est dommage car j'ai aimé tout le reste du roman, comme d'habitude je suis certaine de trouver mon bonheur dans un Zola, tout est tellement réaliste et bien décrit que j'ai l'impression d'y être. Comme je le disait, seul gros bémol pour moi : ce Etienne Lantier, bête à bouffer du foin et qui en plus s'en sort, je crois qu'à mes yeux ça a vraiment été le coup de grâce!
    Souvent imposée comme lecture à l'école, je comprends pourquoi notre cher Emile jouit d'une réputation d'auteur de classiques bien chiant car Germinal n'est vraiment pas le meilleur des Rougon-Macquart, heureusement il y a le reste de la saga pour rattraper le tir.
    A lire par curiosité pour se faire sa propre opinion!
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    • Livres 3.00/5
    Par lecassin, le 28 novembre 2013

    lecassin
    « Germinal » où quand Zola fait du Zola
    Publié en 1885, « Germinal » est le treizième volume de la série « Les Rougon-Macquart », une « Histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire ».
    On voit ici débarquer à Montsou, dans le Nord, le jeune Étienne Lantier - fils de Gervaise Macquart et de son amant Lantier - fraîchement renvoyé de son travail pour avoir giflé son employeur.
    C'est la crise. La Compagnie des mines décide de baisser les salaires (tiens donc ! La méthode été déjà connue)…Déjà miséreux parmi les miséreux, les mineurs ne tarderont pas à se laisser convaincre par Lantier de se mettre en grève, face à une direction intransigeante dans son refus de négocier avec le personnel.
    Germinal, c'est le récit circonstancié d'une grande grève dans le milieu du charbon telle qu'à pu la vivre Zola dans son travail préparatoire à la rédaction de ce sombre treizième volume ; lui qui suivit de près celle d'Anzin au printemps 1884.
    C'est aussi, pour moi, le plus noir des «Rougon-Macquart », pire que « L'assommoir »…Un roman où Zola fait du Zola en ceci que plus que dans beaucoup de ses romans, le trait me paraît épais, exagéré, caricatural ; dans ce milieu noir par nature qu'est le charbonnage.
    Bref, on l'aura compris : ce Zola là n'est pas mon préféré… dans la forme. Malgré tout, sur le fond, le coté documentaire au sujet de la gestion de conflit de l'époque est saisissant. le combat « syndical » de Lantier édifiant, jusqu'à dans sa démesure. Un combat complexifié par la relation quasi-amoureuse Lantier/Catherine qui ne peut que projeter l'un contre l'autre Lantier et Chaval, un ouvrier vaniteux et brutal, amant de Catherine, quand il prendra fait et cause pour les patrons contre la grève.
    Et puis Souvarine…
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    • Livres 4.00/5
    Par colimasson, le 24 avril 2012

    colimasson
    La crise économique, la misère, les grèves, les mines… Abordant des sujets a priori lourds, qui nécessitent une entière disposition de l'esprit, ce Germinal fait craindre de retrouver le désespoir d'une situation qui ressemble, à certains égards, à celle d'aujourd'hui. Ajoutons à cela un discours politique et social qui nous paraîtra encore plus obscur que celui que l'on entend déjà au quotidien, du fait d'un ancrage fort dans un passé qui nécessite d'être contextualisé, et l'appréhension est à son comble. La barrière temporelle peut effrayer, à juste cause.
    A cette première crainte vient s'ajouter le fait que Germinalest le 13e roman de la série des Rougon-Macquart, écrite par Zola entre 1871 et 1893. Je ne le savais pas avant d'entamer ma lecture, mais je me suis rendue compte assez rapidement que je m'embarquais dans un milieu dans lequel les personnages avaient déjà pris leurs aises depuis un petit moment… L'arbre généalogique des Rougon-Macquart est dense, et il ne faut pas sauter trois lignes des premiers chapitres sous peine de perdre le fil des liens qui unissent (ou séparent, d'ailleurs, le plus souvent) les familles et les individus. A condition de tolérer cette impression première d'être enseveli sous un flot de données civiles, Germinal constitue une lecture autonome, au même titre, peut-être, que les autres romans de la série.
    Dans Germinal, le point de départ est constitué par Etienne Lantier. Parce qu'il se retrouve au chômage, il décide de partir dans le nord de la France. Là-bas, il se fait embaucher dans les mines de Montsou. La mécanique est huilée, mais les conditions de travail sont réputées pour être effroyables. Pas assez, toutefois, pour y mourir, ce qui est peut-être le pire. On se contente d'y agoniser, parfois jusqu'à un âge très avancé, alors que la vieillesse frappe à peine la quarantaine atteinte.
    En dehors du travail aux mines, Etienne fait la connaissance de la famille des Maheu. Il s'éprend de la jeune fille, Catherine, brutalisée au travail mais aussi dans la vie privée (si tant est que cette notion ait un sens dans le contexte) par Chaval, un époux brutal et manipulateur. Pour ne pas semer la discorde dans la vie et l'esprit de Catherine, Etienne se fait discret sur ses sentiments, et la vie continue, jusqu'au jour où la Compagnie des Mines décrète une baisse de salaire... Vilaine bête qui vient saboter le rouage d'un système mis en place et accepté depuis longtemps, Etienne fait prendre conscience aux ouvriers de l'injustice de la situation. Pour lutter contre, il unit les exploités et les pousse à faire la grève, leur transmettant par là le germe (nous y venons…) de son rêve d'une société qui reconnaisse enfin les droits primordiaux des travailleurs. le seul espoir, c'est celui-ci. Les ouvriers qui suivent le mouvement, enthousiastes à leurs débuts, ne restent pas dupes très longtemps des illusions que nourrit Etienne. Ils déchantent rapidement, réalisant que la grève ne mène à rien. S'ils continuent toutefois à la mener jusqu'à ce que la situation devienne vraiment catastrophique, ce sont pour les mêmes raisons qui les avaient jusque là forcés à l'immobilisme et à l'esclavage. La grève, au lieu de permettre aux ouvriers d'accéder à un statut plus digne, détruit leurs dernières forces. Après Etienne, le paysage n'est plus qu'un vaste champ d'os… Aucune nouvelle disposition n'aura été prise par le patronat pour améliorer le sort de ses ouvriers. Toutefois, derrière cet apparent immobilisme, les mentalités de tous, exploitants comme exploités, ne pourront plus se défaire des idées qu'Etienne aura essayé de mettre en place.
    Pas très ragoûtante cette histoire ? Elle laisse craindre les pires développements théoriques sur des sujets politiques et sociaux dans lesquels on craint de s'étouffer. D'ailleurs, Zola lui-même semblait parfois avoir du mal à se retrouver parmi ses références (une ou deux confusions de théories politiques dans le roman) mais son talent consiste à démontrer son point de vue personnel en l'élaborant sur toute la longueur du roman, de façon à ce qu'il apparaisse en filigrane derrière toute la structure du récit. Aucune allusion sociale ou politique de l'écrivain ne sera directement faite dans le texte, mis à part lorsqu'elles seront placées naturellement dans le discours des personnages. Grâce à cet ensemble de propos fictifs, de situations et de caractères, le point de vue de Zola se retrouve totalement synthétisé à la fin de la lecture de Germinal sans qu'il n'ait jamais eu besoin de partir dans des développements théoriques alambiqués.
    Place nous est donc laissée libre pour le déploiement d'une écriture singulière qui s'attarde à décrire les conséquences sociales de la crise économique. Loin d'une froideur théorique, tout est organique chez Zola : la mine de Montsou, monstre avide, engloutit les hommes sans prendre le temps de les digérer. Ceux-ci sont recrachés, abasourdis, le corps vidé de toute matière leur permettant de penser. Leur carrière se devine sous les séquelles gardées par leur corps suite au travail éreintant. La seule joie, le seul étourdissement, sont fournis par la copulation frénétique qui n'a d'autant plus rien à voir avec le plaisir qu'elle perpétue au contraire le crime d'une vie misérable, faisant voir le jour à de nouveaux futurs mendiants qui se lamenteront toute une vie pour pichenette.
    L'intérêt d'une écriture aussi organique est de rendre la thèse politique et sociale plus réaliste. Trop souvent coupée de cette réalité primaire, on aurait pu craindre qu'elle ne s'incarne sous des propos froids et distants. Dans Germinal, au contraire, elle se rapproche de la vie des hommes-bestiaux de Montsou. Tout est brutalité et cruauté parmi les pauvres, tandis que les propriétaires se laissent dériver au gré des toiles délicates et veloutées des fauteuils de leurs grands salons. Au moins, les mineurs, à travers leur grève, parviendront-ils à semer leurs propres terreurs dans les vies minutieusement réglées de leurs dirigeants. le germe, encore et toujours… Malgré cette propagation des sentiments, Zola s'attarde peu sur la psychologie de ses personnages. Etienne et Catherine échappent, dans une certaine mesure, à ce jugement, mais les autres personnages du livre ne se décrivent pas par la puissance de leurs doutes ou de leurs affres existentiels. Normal : ils ont d'autres chats à fouetter. Pris dans le mouvement politique, ils se distinguent en actes et en paroles, et cette description suffit à faire d'eux des personnages cohérents, éloignés de tout stéréotype.
    D'une austérité formelle, Germinal ne se laisse pas aborder facilement. Impression plutôt injustifiée. En effet, si Zola s'attarde peu sur l'individu, s'il livre souvent un point de vue distancié pas toujours évident à suivre pour le lecteur d'aujourd'hui, il parvient toutefois à animer son récit d'une écriture vivante et singulière. Doué aussi pour retranscrire l'atmosphère pouilleuse des mines de Montsou, entre mort et renouvellement infini des générations, Zola bâtit au fil des pages la description d'un système vorace qui survit par la destruction modérée de ses composants. L'horreur surgit d'un univers purement pragmatique. Ainsi, Germinal convainc par la force de ses idées et charme par la description d'un monde dont le réalisme si terre-à-terre finit par prendre des allures de conte macabre.


    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-germinal-1885-d-emile-zola-1..
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    • Livres 5.00/5
    Par cmpf, le 09 octobre 2014

    cmpf
    Inspiré par la grande grève des mineurs d'Anzin, cette fiction s'accorde tout à fait au projet de présenter la société du Second Empire.
    Héros issu de la famille : Etienne Lantier, fils de Gervaise et de son premier compagnon. Ses deux frères, Claude et Jacques seront au centre de deux volumes, L'oeuvre et La bête humaine comme Nana l'a été dans le titre éponyme. Il a été apprenti de Goulet, l'amoureux malheureux de Gervaise sa mère. Puis il est parti à Lille où il est devenu mécanicien. le livre commence en 1867, Étienne a 21 ans.
    Au début du roman, il erre sans travail dans le Nord après une altercation avec son chef. Un concours de circonstance le fait embaucher à la mine. Il pense d'abord ne pas y rester, mais l'injustice des conditions de vie des mineurs le pousse à rester pour lutter. C'est un ouvrier qui a cherché par ses lectures à s'élever. Malheureusement il n'a pas bien assimilé selon Zola ces lectures faites sans méthodes et seul. Il se lie plus ou moins avec Souvarine un émigré russe pour lequel il n'y a pas de moyen terme, il faut tout détruire pour tout reconstruire. Il correspond aussi avec Pluchart son contremaitre quand il était mécanicien qui dirige la section du Nord de l'Internationale.
    Parallèlement il s'est lié avec Maheu et sa famille. Les mineurs travaillent en équipe, plusieurs hommes qui attaquent la veine et des femmes et enfants qui acheminent par des wagonnets le charbon jusqu'aux cages qui le remontent. Dans l'équipe auquel il appartient se trouve le père Maheu sa fille Catherine et son fils Jeanlin. Mais aussi Chaval qui s'est vite aperçu de l'intérêt mutuel que se portent Etienne et Catherine et décide de faire de cette dernière sa bonne amie. Car les femmes n'ont pas grand-chose à dire en la matière bien que cela décide de toute leur vie. le premier qui les possède dès l'adolescence a un droit de propriété sur elles. Elles ne se révoltent pas, c'est la vie. Celui-là ou un autre, elles savent que de toute façon leur vie sera dure et que n'être pas battues sera déjà un grand bonheur. C'est pourtant le cas de la Maheude qui est bien tombée et qui n'a pour seul problème si l'on peut dire, de faire vivre sa famille avec un revenu limité. Revenu qui diminuera encore car son fils ainé ayant fait deux enfants à la fille d'une voisine doit enfin l'épouser, puis c'est Catherine qui doit aller vivre avec son amant, défection que la Maheude ne lui pardonnera pas bien qu'elle n'ait guère eu le choix. Il reste encore 5 enfants qui avant de rapporter coûtent à nourrir.
    Étienne encouragera les mineurs à la grève, leur suggérera la création d'une caisse de solidarité, qui d'ailleurs inquiète les propriétaires de la mine, et les fera adhérer à l'internationale socialiste qui vient d'être créée.
    Autres personnages le directeur de la mine monsieur Hennebeau qui rejeté et trompé par sa femme en vient à envier les mineurs qui s'aiment librement, les Grégoire qui vivent de leurs rentes placées dans la mine et s'estiment les bienfaiteurs des mineurs dont ils ne comprendront pas la grève.
    Comme Son excellence Eugène Rougon, Germinal se termine ainsi qu'il a commencé, Etienne marche sur la route cette fois pour quitter la mine et rejoindre à Paris Pluchart. Mais arrivé de nuit il repart dans le soleil.
    C'est fort, c'est prenant. Je ne sais si tout est conforme à la réalité, n'étant pas du tout familière de cet univers. Et de toute façon je ne me permettrais pas d'émettre des réticences puisque les mineurs eux-mêmes ont jugé bon de venir scander Germinal, Germinal à l'enterrement de Zola. Nul doute qu'ils se sont sentis représentés, eux qui passaient tant de temps dans l'affreuse obscurité de la terre.
    Quant au caractère d'Étienne, je l'ai trouvé très travaillé, écartelé qu'il est entre sa solidarité avec les mineurs, lui qui vient d'un autre univers et aurait pu tenter sa chance ailleurs et son envie d'y échapper par l'engagement politique, dont ses lectures lui fait ont entrevoir la possibilité.
    Challenge pavés 2014-2015
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Citations et extraits

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  • Par sarahorchani, le 26 août 2015

    Elle continua de sa voix molle, expliquant la dette fatale, timide d'abord, bientôt élargie et dévorante. On payait régulièrement pendant des quinzaines. Mais, un jour, on se mettait en retard, et c'était fini, ça ne se rattrapait jamais plus. Le trou se creusait, les hommes se degoutaient du travail, qui ne leur permettait seulement pas de s' acquitter. Va te faire fiche! On était dans le pétrin jusqu'à la mort.
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  • Par sarahorchani, le 25 août 2015

    Qu allaient ils devenir, si Maigrat s' entêtait à leur couper le crédit, et si les bourgeois de la Piolaine ne lui donnaient pas cent sous? Quand les hommes et la fille reviendraient de la fosse, il faudrait pourtant manger, car on n avait pas encore inventé de vivre sans manger, malheureusement.

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  • Par sarahorchani, le 24 août 2015

    Alors, Étienne, brusquement se decida.Peut-etre avait-il cru revoir les yeux clairs de Catherine, là-haut, à l entrée du coron.Peut être était ce plutôt un vent de révolte; qui venait de Voreux.Il ne savait pas, il voulait redescendre dans la mine pour souffrir et se battre, il songeait violemment à ces gens dont parlait Bonnemort, à ce dieu repu et accroupi, auquel dix mille affamés donnaient leur chair, sans le connaître.
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  • Par sarahorchani, le 26 août 2015

    Ils ne donnaient jamais d'argent, jamais! pas dix sous, pas deux sous, car c était un fait connu, dès qu'un pauvre avait deux sous, il les buvait.

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  • Par sarahorchani, le 25 août 2015

    Elle était habituée aux rages de la petite, elle avait à huit ans,des ruses tendres de femme, pour la calmer et la distraire.

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