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Note moyenne 3.79 /5 (sur 229 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Hervé Bellec est né en 1955. Après avoir été musicien, patron de bar, il est aujourd'hui professeur d'histoire-géographie dans un lycée de Brest. La nuit blanche lui a valu le prix Edouard et Tristan Corbière. Il a publié des romans, un livre de souvenirs, et de nombreuses nouvelles qui ont le plus souvent pour théâtre les quartiers de Brest, ou encore la Bretagne intérieure. Garce d'étoile est son premier livre, dans lequel il raconte son périple de Brest à Compostelle.

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Entretien avec Hervé Bellec à propos de son recueil Je hais les dimanches


Je hais les dimanches est un recueil de 52 chroniques consacrées à autant de dimanches. Ces chroniques ont-elles été écrites sur le vif chaque dimanche, ou bien certaines ont-elles été écrites avec plus de recul ?

Au tout départ, je les écrivais en effet le dimanche matin mais très vite, j`ai commencé à les rédiger dans la semaine précédente pour pouvoir les poster assez tôt le matin. Il m`est arrivé d`en avoir deux ou trois d`avance.



Ces chroniques ont d`abord été publiées sur le réseau social Facebook. Que retenez-vous de cette expérience ? Est-ce que cela change quelque chose dans l`écriture de savoir que les textes vont être très rapidement commentés et critiqués ? Avez-vous été surpris des réactions de vos lecteurs ?

Facebook est aujourd`hui un moyen de communication populaire même si l`on y trouve beaucoup de n`importe quoi. L`avantage, c`est bien sûr les réactions à chaud. On entre dans l`ère de l`immédiateté. Si les commentaires me déplaisent pour leur vulgarité ou leur méchanceté (c`est arrivé !), j`élimine sans état d`âme. Mais dans la plupart des cas, c`est l`humour qui domine ainsi qu`une forme de complicité qui peu à peu se tisse avec des « amis » fidèles que je ne connais pas.



Avez-vous réécrit – ou été tenté de réécrire — certains textes pour la publication du recueil de ces chroniques ?

Je voulais bien sûr une version éditée. Un livre, pour moi, c`est d`abord et avant tout du papier. Non, je n`ai pas réécrit, je tenais à garder la presque spontanéité de l`exercice. Quelques changements de tournures ici et là mais c`est tout.



Aucun texte ne fait plus de deux pages. Vous étiez-vous imposé quelques contraintes pour l`écriture de ces 52 chroniques ? Souhaitiez-vous impérativement faire court ?

Oui, c`était le but du jeu. Ce qui m`obligeait à élaguer mon texte et finalement le rendre plus fluide, plus lisible. 3 000 signes, c`est lu en 3 minutes, c`est-à-dire le temps d`une chanson à la radio.



Parler de vos dimanches est l`occasion pour vous de parler de bien d`autres choses : des gens ou des artistes que vous aimez, de certains souvenirs chers à votre coeur. Avec le recul, que pensez-vous de cet exercice dominical ? Vous a-t-il permis d`exprimer des choses que vous n`auriez pas été amené à exprimer autrement ?

Ce n`est pas nouveau dans ma démarche d`écriture. J`écris depuis plus de 20 ans, toujours sur la crête entre la fiction et la réalité, je joue un peu avec cette ambiguïté. Disons qu`il s`agit d`une vraie-fausse autobiographie. Je ne voudrais pas me comparer avec Annie Ernaux qui pour moi est un des auteurs les plus importants du moment, mais je crois avoir été non influencé mais au moins décomplexé par rapport à cette façon de raconter le quotidien.



Si le titre de votre recueil est emprunté à la chanson de Charles Aznavour "Je hais les dimanches", vos chroniques ne montrent pas une haine débordante pour ce jour. Finalement, les yeux dans les yeux, quel est votre rapport avec ce jour si particulier dans la semaine ?

Cette chanson d`Aznavour est franchement démoralisante. le dimanche est une ponctuation essentielle dans la vie de nos sociétés. Chacun sait qu`il y a de jolis dimanches et des dimanches barbants mais l`imaginaire collectif retient surtout que le dimanche est veille de lundi, de retour à la pension, au turbin, et qu`on le veuille ou non, il y aura toujours une interro de maths le lendemain matin. C`est la condition humaine.



De très jolis dessins illustrent chaque chronique. Pouvez-vous nous parler de David Cren, l`auteur de ces illustrations ? Comment avez-vous été amenés à collaborer pour ce livre ?

On ne se connaissait pas. L`éditeur nous a fait nous rencontrer. David est beaucoup plus jeune que moi et apporte un autre regard à mes historiettes. J`axe ces chroniques sur le détail mais lui n`a pas vu les mêmes détails. C`est cela qui m`a plu.



Vous avez continué à écrire des chroniques de vos dimanches après la parution du livre. Comptez-vous continuer ainsi pour une nouvelle année de chroniques ?

Oui, c`est déjà reparti après une pause de trois mois d`hiver. Ce format me convient, je n`ai pas la disponibilité pour m`attaquer à une oeuvre plus conséquente et tant que l`exercice continue à m`exciter, je ne vois aucune raison d`arrêter.




Hervé Bellec et ses lectures.


Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire

Sur la route de Jack Kerouac.



Quel est l`auteur qui vous a donné envie d`arrêter d`écrire (par ses qualités exceptionnelles…) ?

Voyage au bout de la nuit de Céline, bien sûr.



Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Marcel Pagnol, je devais avoir 13 ou 14 ans.



Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Peut-être Des souris et des hommes, de John Steinbeck. Je pleure à chaque fois.



Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

Ulysse de James Joyce.



Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Demande à la poussière de John Fante.



Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?

Je n`ose pas répondre.



Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

« On écrit avec la tête, pas avec le coeur ! » Gustave Flaubert qui veut sans doute dire que l`écriture est avant tout question de technique.



Et en ce moment que lisez-vous ?

Un reportage écrit sur la tournée des Rolling Stones (je suis fan) en 1972. STP : A travers l`Amérique avec les Rolling Stones de Robert Greenfield.



Découvrez Je hais les dimanches de Hervé Bellec aux éditions Dialogues :



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Vidéo de

https://www.editions-dialogues.fr/livre/K-B/ Rencontre avec Hervé Bellec et Alain Goutal qui nous présentent leur livre "K.B. Kreiz-Breizh, voyage au c?ur de la Bretagne" aux éditions Dialogues. Questions posées par Élise le Fourn. Réalisation : Ronan Loup.

Podcasts (1)


Citations et extraits (61) Voir plus Ajouter une citation
Ladybirdy   22 mars 2020
Lulu tout simplement de Hervé Bellec
Le confort, c’est en soi qu’on le trouve, pas dans les hôtels. Le confort, c’est la paix de l’âme. Tout le reste n’est qu’artifice et mensonges.
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iris29   22 mars 2020
Lulu tout simplement de Hervé Bellec
S'isoler, se retirer du monde, sarcler ses poireaux, fuir les IKEA, les Carrefour, les Auchan, les H&M, les Leclerc, les McDo, Burger King, Amazon, Google, Facebook et toute la clique, échapper au journal télévisé de 20 heures et aux Instagram de la voisine d'en face, c'était une façon aussi respectable qu'une autre d'envisager son existence.
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LaBiblidOnee   13 janvier 2021
Les sirènes du Transsibérien : Voyage à Vladivostok de Hervé Bellec
Le train semble maintenant glisser plus qu'il ne roule. On n'entend plus le tchak, tchak familier des roues qui rencontrent les interstices des rails ni même le moindre choc d'aiguillage. Seule une rumeur sourde résonne comme une mélopée lointaine ne faisant qu'amplifier la torpeur générale du convoi. Le transsibérien est un traineau tiré au petit trot par un couple de rennes qui traversent les steppes de l'Ichim sur des chaussons de velours pour ne pas éveiller le moindre soupçon. Un train passe, non ce n'est qu'un rêve, un mirage.
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LaBiblidOnee   15 janvier 2021
Les sirènes du Transsibérien : Voyage à Vladivostok de Hervé Bellec
La neige était tassée, le sable était lui-même gelé et, me croirez-vous ou non, une sirène enfoncée dans le sol jusqu'à la taille m'offrait sans façon ses deux beaux seins mûrs. Je me suis approché doucement. Ses lèvres dessinaient un sourire qui ne voulait pas dire son nom. Je lui ai demandé comment elle s'appelait. Elle a répondu Yulia, ou Tanya, ou encore Ludmilla, je ne sais plus trop. Tout au long de ce voyage, je n'avais rencontré que des sirènes, alors une de plus ou de moins...

Exceptées des silhouettes trop lointaines pour être menaçantes, j'étais seul sur cette plage. Personne ne pouvait m'empêcher de m'agenouiller au pied de cette sirène pour y boire à ses tétons la sève chaude qui coulait de la pierre. Personne ne pouvait m'empêcher de creuser le corset de neige qui lui enserrait la taille. Le froid ne m'effrayait plus et je n'avais nul besoin de gants.

(...) Puis j'abandonnais la sirène sur la plage de Vladivostok et, de plus en plus confiant et léger, j'avançais à grands pas sur l'océan de glace.

(...) Le chant des sirène se mêlait désormais à celui des baleines qui filaient sous la banquise.
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iris29   19 mars 2020
Lulu tout simplement de Hervé Bellec
J'étais un marin breton égaré au beau milieu d'un continent.
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jeunejane   28 mars 2020
Lulu tout simplement de Hervé Bellec
SDF, j'ai horreur de ce mot. D'ailleurs, c'est pas un mot, c'est un sigle, une insulte, un crachat, un truc administratif pour nous caser dans un de leurs fichiers qu'on n'ouvre jamais. Appelle-moi clocharde, fille de la rue, vagabonde, nomade ou tout ce que tu voudras mais s'il te plaît, pas SDF.
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iris29   21 mars 2020
Lulu tout simplement de Hervé Bellec
C'est ainsi à chaque fois que le cerveau a du mal à réagir, à comprendre ce qui lui arrive, c'est le ventre qui encaisse, tout le monde sait ça. Tantôt, ce sont les papillons qui virevoltent joyeusement à travers les intestins, tantôt ce sont de grosses araignées toutes velues qui grimpent aux parois abdominales.
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iris29   21 mars 2020
Lulu tout simplement de Hervé Bellec
- La musique est un don de Dieu.

- Tais-toi Ludivine ! Personne ne m'a donné le don de quoi que ce soit. La musique, c'est des heures et des heures de travail, des répétitions à n'en plus finir, des moments de découragement et de dégoût, tu ne peux pas t'imaginer.
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mgeffroy   07 janvier 2008
La nuit blanche de Hervé Bellec
Gwenn, pilleuse d'épaves, allait à la marée glaner sur le sable jaune des vieux morceaux de bois blanchis et rongés par le sel, mille fois poncés par le ressac, en ramassait un, examinait sa forme à la lumière hivernale. On se foutait d'elle, qui vidait ses poches pleines de cailloux bizarres et de débris de verre tintinnabulant dans ses mains. Elle encombrait la table de la cuisine de pieuvres de bois mort alors qu'on prenait l'apéro au retour de la plage. Imaginez le tableau, des os de goélands, c'était cradingue, elle nous les mettait sous le nez, et les plumes avec, ça schlinguait la marée et c'était Bysance


Oh, petite fille de la mer, ma sirène aux cheveux d'or, aux yeux trempés dans le ciel défiant le Grand Astre, obstinée, espiègle, ma sœur des après-midi d'été, quand je te vois arpenter la grève blanche à marée basse, penchée sur le sable, ma complice des tapages nocturnes et des danses barbares, je viens te dire adieu.
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TREMAOUEZAN   08 septembre 2015
Garce d'étoile de Hervé Bellec
Oh ! s'il te plaît, Marie-Caroline ! tais-toi ! ferme ta sale petite bouche en cul de poule ! Le vieux pull-over tout raccomodé de Lulu a cent fois plus de valeur que la dentelle qui couvre ta prétendue vertu ! Tu es laide, Marie-Caroline ! Laide et vulgaire. Et j'ai mal pour toutes les Lulu du monde. J'ai mal pour le bon Dieu Lui-même.
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