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EAN : 9782228902649
280 pages
Éditeur : Payot et Rivages (06/02/2008)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 5 notes)
Résumé :

La globalisation, ce n'est pas la mondialisation. La mondialisation, ce sont des flux, des mouvements. Elle existe au moins depuis la fin du XIXe siècle, où les échanges se sont intensifiés et l'économie s'est internationalisée. La globalisation, elle, est un phénomène récent et à [origine d'une mutation radicale, certes économique et financière, mais aussi et surtout humaine : l'intégration... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Enroute
  11 septembre 2016
Marc Abélès différencie la mondialisation, phénomène d'accroissement des échanges commerciaux à l'échelle mondiale telle qu'il s'est déjà produit à la Belle époque, de la globalisation, mondialisation particulière qui ajoute la constitution d'un marché unique des capitaux à l'échelle mondiale. La globalisation serait née au cours des années 70 après que les entreprises américaines se sont rendues compte que l'augmentation des salaires n'ajoutait plus de valeur ajoutée aux produits, mais contribuait seulement à créer de l'inflation. La fin du fordisme et la mise en place d'un modèle de développement économique plus flexible jouant sur l'horizontalité du management et la production éclatée, le toyotisme, n'a pu être possible que par la facilitation des échanges de capitaux. Celle-ci redistribue les centres de pouvoirs et en particuliers ceux que représentaient les Etats. Pour devenir véritable mondiale, ce phénomène d'expansion n'attendait que la fin des protectionnismes, abolis à la suite de la chute de l'URSS, et l'expansion au tiers-monde, rendue possible par les forts endettements de ces pays à la suite des chocs pétroliers des années 70 auprès des banques occidentales. Selon Abélès cependant, globalisation ne signifie pas homogénéisation à l'échelle mondiale, mais plutôt accroissement des interactions.
Ainsi, si l'on a coutume de croire que l'anthropologue ne s'attache qu'à l'étude des sociétés locales et exotiques, on néglige l'étude des savants des interactions et des interconnexions qui constitue le coeur du métier d'anthropologue. Celui-ci est amené à relever les changements de l'imaginaire politique des populations qui s'associent de moins en moins à l'univers fermé de l'Etat-nation et se projettent au contraire de plus en plus dans un concept plus généralisant qu'il reste encore à définir précisément. Les anthropologues croient cependant percevoir les prémisses de la fin de l'Etat laïque qui ne concevait l'idéal citoyen que dans le pouvoir civil, du fait de la génération d'attentes messianiques créées par l'angoisse de la fin de l'ancien-monde sous les effets de la globalisation.
Un autre aspect manifeste de la globalisation est l'accroissement stupéfiant de la violence interethniques dans les vingt dernières années du XXème siècle, lié à l'augmentation des inégalités et l'accaparement du pouvoir par des majorités de plus en plus hégémoniques face aux minorités perçues comme menaçantes, mais également lié aux chocs produits par la pression exercée par les organismes internationaux (FMI, banque mondiale, Etats-Unis) pour obtenir une adaptation des économies du tiers-monde à la nouvelle économie globale. Les migrations engendrées obligent à redéfinir le sens de la société civile, entre citoyenneté, nationalité et ethnie, d'autant que de nouveaux acteurs participent de plus en plus aux décisions internationales. Les ONG prennent en effet en charge des aspects sociaux que les Etats ne sont pas en mesure de prendre en charge et qu'ils ne cherchent peut-être même pas à résoudre. Elles ne sont pas démocratiques et, comme les entreprises, sont soumises aux lois de l'économie. Acteurs aux contours flous, leur rôle s'ancre pourtant dans la nouvelle organisation du monde qui ne fait que commencer de se mettre en place.
Plutôt que d'exposer un point de vue sur la globalisation, l'auteur a choisi de faire la synthèse d'un grand nombre de travaux. La très riche bibliographie et la vitesse du discours de l'auteur font ainsi du livre une sorte de thésaurus dans lequel on peut puiser des pistes de réflexion. le tableau est cependant sombre et tend à insinuer l'idée, par l'absence d'opinions positives sur les effets de la globalisation, que ceux-ci sont exclusivement négatifs.
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polarjazz
  18 juin 2017
C'est un essai assez dense sur la globalisation des échanges marchands et non marchands, sur la captation du capital financier dans les pays occidentaux et la dépendance des plus faibles aux lobbys du Nord.
On y apprend le pouvoir et la grande mobilité des capitaux financiers et la marchandisation de l'être humain. La banalisation a transformé le rapport à la production de biens et de services jusque dans l'organisation des entreprises. L'auteur souligne que la globalisation a entraîné de fait une réduction de l'interventionnisme étatique et une flexibilité accrue du marché du travail. Les entreprises cherchant à baisser les coûts de production en délocalisant dans les pays émergents.
Les acteurs de cette mondialisation sont les firmes et les banques multinationales.
Il est question aussi de la marchandisation de produits culturels entraînant une uniformisation du monde (Mac-do et Disney). Ce qui n'est pas totalement le cas, dans les faits du fait de l'interventionnisme de la société civile.
La globalisation a créée de nouveaux acteurs institutionnels tels que l'Europe, l'Aléna, l'Asean, le FMI, la Banque mondiale. Ils doivent aussi composer avec les ONG de plus en plus présentes.
Elle a aussi occasionné de nombreux progrès et innovations dans les nouvelles technologiques, en informatique, en médecine et dans le même temps a accentué la compétition et aggravé les inégalités.
En conclusion, Cet essai pose plusieurs questions : Est-ce que la modernité va provoquer une nouvelle forme de gouvernance ? Est-ce la fin de l'Etat-Nation et des frontières (quid de l'identité et de la citoyenneté) ? Est-ce la naissance d'un nouvel ordre mondial avec l'apparition de la société civile ?
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
polarjazzpolarjazz   28 mai 2017
Ce qui caractérise l'époque actuelle, c'est l'extraordinaire diversification des formes culturelles, inséparables des dynamiques migratoires, de l'existence de diasporas intercontinentales, de l'intensification de déplacements professionnels et touristiques. Dans ces conditions, l'image d'une planète en voie d'homogénéisation et d'occidentalisation se trouve contredite par les faits. Ce qui se dessine, c'est plutôt le nouveau visage de sociétés où les frontières se brouillent entre l'authentique, le traditionnel, et les apports culturels issus de civilisations lointaines, mais qui circulent d'un bout à l'autre de la planète.
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EnrouteEnroute   11 septembre 2016
McDonald's et Disney sont devenus les symboles de cet impérialisme qui contribue à uniformiser les expressions culturelles. [Disney :] même propension à rationaliser le processus de production, à maximiser les profits et à diffuser auprès de millions de clients, par-delà toute frontière territoriale, non pas des repas, mais des images qui façonnent l'imaginaire de populations aux enracinements les plus divers.
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EnrouteEnroute   11 septembre 2016
Dans un monde en mouvement où les migrations sont susceptibles de renverser les majorités existantes [...] on ne s'étonnera donc pas de constater à quel point les vingt dernières années ont été propices à a floraison des conflits ethniques, alors qu'on nous prédisait un après-guerre froide où le capitalisme trouverait sa pleine réalisation sous le signe de la paix et de la fin de l'histoire.
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EnrouteEnroute   11 septembre 2016
On a vu ainsi se développer une élite cosmopolite de cadres supérieurs travaillant pour des multinationales, traitant entre les grandes capitales du monde et acceptant d'autant mieux cette forme de déterritorialisation qu'elle s'accompagne de hauts salaires et de perspectives de carrières très attrayantes. Il n'en reste pas moins qu'une grande partie de la population migrante est constituée de travailleurs manuels, ouvriers du bâtiment, travailleurs saisonniers, chauffeurs de taxi, etc. Beaucoup d'entre eux sont des illégaux qui ont l'espoir d'obtenir à terme un document qui officialisera enfin leur présence sur le territoire d'accueil.
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EnrouteEnroute   11 septembre 2016
S'impose ainsi l'idée d'une anthropologie axée sur les frictions, les assemblages, les irruptions - sur les processus et les interactions, jouant de l'immersion et du déplacement ; bref une anthropologie ouverte et critique, prête à affronter lucidement les nouveaux désordres du monde.
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Videos de Marc Abélès (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marc Abélès
De Mai 68 aux Gilets jaunes, carnets d'un anthropologue sur les barricades… Marc Abélès est anthropologue, directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, directeur de recherche CNRS et titulaire de la chaire Anthropologie globale du luxe. Voilà quarante ans qu'il étudie les lieux de pouvoir, du Parlement européen à la Silicon Valley, en passant par le pays du luxe, dans le cadre d'une "observation participante". Cette fois, il passe de l'autre côté des barricades et signe "Carnets d'un anthropologue : de Mai 68 aux Gilets jaunes" (Odile Jacob, 2020), un essai sur l'esprit de révolte.
La Grande table Idées d'Olivia Gesbert – émission du 14 février 2020 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
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