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ISBN : 207278011X
Éditeur : Gallimard (23/08/2018)

Note moyenne : 5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
"Je suis quelqu’un qui a vu un enfant un jour, un nourrisson qui a disparu. Je suis quelqu’un qui connaît un secret. Probablement que je le sais depuis longtemps, parce que ça ne me détruit pas d’apprendre son existence. Je suis choquée, par contre, que mon père en dise le nom à haute voix : "le fils de l’Autre !" Personne ne l’a jamais fait, nommer l’innommable". Un secret hante les membres d’une famille éclatée entre la France et le Sénégal. Mais un jour de juin, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Caffeinsospeso
  24 août 2018
Quand Penda reçoit une lettre de son ancien amant lui signifiant qu'il veut la voir, pour une nouvelle promesse, l'épisode le plus douloureux de sa vie resurgit dans le quotidien de cette femme.
Au même moment, Estelle, la plus rêveuse de ces quatre filles, revient à la maison et semble engager dans sa chambre un combat délirant et silencieux contre une Vérité pas encore complètement dévoilée.
"Je suis quelqu'un" est l'histoire de deux femmes, mère et fille, à la fois proches et lointaines, qui essaient, le temps d'un été, de se définir par rapport à un passé dense et trompeur.
Un passé qui s'enracine dans une ville loin de Paris, entre privilèges perdus et soupçons de sorcellerie. Mais ce roman est aussi l'histoire de Mansour, Petit Cousin Fragile, qui retourne au Sénégal à la recherche des traces invisibles de sa mère, et de Dialika, Cousine de Coeur, dont le destin oscille entre Italie et France.
Un livre fort, poétique et réel, passionnant et onirique qui est aussi le récit d'une génération entre deux continents, d'une poignée de jeunes qui cherchent leur identité à la fois dans L Histoire, à la fois dans leur propre famille.
"Je suis quelqu'un" est un roman puissant à lire et à aimer avec la même force avec laquelle il a été écrit par Aminata Aidara.
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mathildes
  04 novembre 2018
le premier roman d'Aminata Aidara est une pépite arrivée tout droit dans nos mains.
Il faut ouvrir son coeur et plonger dans l'histoire sans retenue, sans questions. Tout y est fort et puissant, l'écriture, les mots...
Cette écriture semble "parler à notre âme" directement, elle pourrait donner parfois l'impression d'être difficile à aborder, mais une fois intégrée, une fois que nous laissons aller, elle nous plonge dans la tête et dans le corps d'Estelle, Penda, Eric etc. Chaque personnage a bien sa voix et il est beau de voir comme l'auteure nous les donne à lire sans retenue.
De voir comme un secret si lourd prend une forme et un poids bien différent chez chaque personne. de constater l'impact des non dits dans une famille. On s'attache à chacun, on les suit, ces êtres malmenés par la vie, avec des fêlures comme des failles dans la terre... qu'ils sont beaux et forts!
Par ce livre on entre aussi dans cette confrontation de sociétés, de cultures. Comme vit-on avec deux cultures différentes? quelle équilibre peut-on trouver? ou retrouver quand on change de pays?
les références sont nombreuses et belles, le livre (nous) ouvre!
C'est d'une richesse infinie.

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critiques presse (1)
LeMonde   28 septembre 2018
Au Sénégal, en France, où qu’ils vivent, les protagonistes de « Je suis quelqu’un » se cherchent des origines – et se retrouvent. Un beau premier roman.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   07 septembre 2018
Être un fils de harkis a été pour moi un stigmate. Tes grands-parents l’avaient prédit, ils m’ont donc donné un prénom à consonance judéo-chrétienne. Mais ça n’a servi à rien. J’ai eu la haine de moi-même. La rage contre eux. J’ai mis énormément de temps à accepter qu’ils avaient été bourreaux et victimes à la fois. Énormément de temps. Penser à eux de cette façon m’a aidé à me reconstruire. Autrement, je n’aurais pas pu. C’est pour nous extirper de leur silence que je t’écris, et si je pouvais je te parlerais. Ils ne m’ont jamais expliqué pourquoi ils ont choisi de s’engager ni ce qu’ils ont ressenti lors des massacres des leurs, alors qu’ils étaient à l’abri, en France. Nos vies ont été sacrifiées par les non-dits. Ce réel indicible nous a privés de mots pour d’autres vérités : même des vérités banales ne pouvaient plus être prononcées !
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rkhettaouirkhettaoui   07 septembre 2018
Essayer d’avoir un air détaché face à toutes les injustices qui ont empoisonné mes origines n’a pas de sens ! Je le faisais et ça ne marchait pas. De toute façon la société me jettera à la figure ce que je ne voulais pas voir, savoir, concevoir ! Elle m’appellera négrillon, mangeur de bananes, chimpanzé. C’est pour cela que je devrai me cultiver : pour faire face aux insultes racistes et à tout ça. Ou je suis trop dramatique ? Quand je fréquentais encore les autres, je m’étais aperçu que parmi tout ce qu’ils disaient de moi, peut-être une seule chose était vraie : mon vieux m’a entraîné à la mélancolie. J’ai une librairie à la maison, maîtresse de mes succès sur scène, mais je sais bien ce que ça signifie d’être forgé par des regards d’agonie ancienne, par le tintement de couverts et par le crissement de pages au milieu du silence.
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rkhettaouirkhettaoui   07 septembre 2018
Aujourd’hui, comme depuis des mois, des années même, je suis penché sur l’étude des Humains : les écritures comme unique preuve de ce qui a été. Des livres pour seuls vrais amis. Voilà, à la fin de cette missive, je te donne l’encre coulant entre mes doigts, les yeux fragiles aux cils collés – emprisonnés. Être lucide c’est être proche de la pierre, tu sais ? Je choisis donc l’ignorance d’une feuille accrochée à l’arbre puis tournoyant au-dessus de tout. La voici devant moi. Je la regarde voltiger derrière la fenêtre de ce grenier. Seul – dans l’étude des autres, je suis ton unique preuve, Penda, au-delà de moi – je ne te vois pas, je ne te sens pas. C’est comme si tu n’existais pas.
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rkhettaouirkhettaoui   07 septembre 2018
L’argent pour se nourrir, elle le trouve toujours. Et pourtant, après huit ans de vie underground, quelque chose commence à grincer dans la cage thoracique des certitudes. On dirait qu’une valve a sauté : sa respiration s’est faite pénible, presque un râle rouillé demandant d’être dissous et dispersé dans l’air, en quelque chose de plus imprécis et léger. Peu d’amis savent qu’une chambre vide l’attend toujours chez sa mère. Parfois, elle l’oublie elle-même. Pourtant, elle y dort à l’occasion : quand l’hiver est trop rude, après avoir subi une expulsion ou si les problèmes dans les squats se multiplient.
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rkhettaouirkhettaoui   07 septembre 2018
Quand je leur disais « Je suis français », ça les faisait rire. On était d’une autre catégorie, tu vois ? Parfois, les flics changeaient de discours, ils nous disaient de ne pas traîner avec les « racailles », avec les enfants d’immigrés. Il fallait faire attention à ne pas basculer de l’autre côté, au risque de perdre notre « francité ». Diviser pour mieux régner. La France nous a rendu l’emblème de ce dicton. C’est pour cela que j’ai écrit un livre sur le choix naïf d’un jeune fils de harkis d’entrer dans la police.
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