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EAN : 9782021487855
320 pages
Seuil (19/08/2021)
  Existe en édition audio
3.79/5   749 notes
Résumé :
« La porte du voyage sans retour » est le surnom donné à l’île de Gorée, d’où sont partis des millions d’Africains au temps de la traite des Noirs.
C’est dans ce qui est en 1750 une concession française qu’un jeune homme débarque, venu au Sénégal pour étudier la flore locale. Botaniste, il caresse le rêve d’établir une encyclopédie universelle du vivant, en un siècle où l’heure est aux Lumières. Lorsqu’il a vent de l’histoire d’une jeune Africaine promise à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (179) Voir plus Ajouter une critique
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Rentrée littéraire 2021 # 16

Cette exofiction très inspirée est centrée sur la personnalité du naturaliste Michel Adanson et plus particulièrement sur un épisode de sa vie : son exploration de 1749 à 1754 du Sénégal lorsqu'il aspirait à devenir membre de l'Académie royale des sciences de Paris. de ce voyage, il rapportera plus de 300 plantes vivaces qu'il acclimatera au Jardin du roi à Versailles ainsi que 33 espèces d'oiseaux ; puis rédigera une Histoire naturelle du Sénégal. Mais ce n'est pas la fiche wikipédia qui intéresse David Diop. Son récit s'envole vers la fiction en imaginant un compte-rendu secret et intime du voyage au Sénégal, reçu en héritage par la fille d'Adanson ( la botaniste Aglaé ) où il révèle être parti à la poursuite d'une jeune esclave en fuite et en être tombé éperdument amoureux.

Tout est réussi dans ce roman. A commencer par la confrontation des idéaux des Lumières à la réalité de l'esclavage. Les tribulations du tout jeune Adanson au Sénégal ont des accents voltairiens, notamment lorsqu'il dit «  il fallait donc que nous continuions à manger du sucre imprégné de leur sang », allusion nette au « c'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe » de l'épisode du Nègre du Surinam. Il découvre le Sénégal à hauteur d'homme, tous les sens en éveil, sans préjugé. Il juge utile d'apprendre le wolof pour échanger avec les autochtones car « leur langue est la clef qui m'a permis de comprendre que les Nègres ont cultivé d'autres richesses que celles que nous poursuivons juchés sur nos bateaux ». Aux côtés du prince Niak, seulement douze ans mais d'une formidable sagesse, il s'ouvre à l'autre, à l'universalisme et se découvre abolitionnisme ardent, comprenant que la supposée infériorité des Africains n'est qu'un leurre pour légitimer leur traite.

Le talent de conteur de David Diop fait le reste, entraînant le lecteur dans un roman d'aventures fort plaisant, porté par une plume vraiment superbe qui, sans plagier le style dix-huitièmiste, enveloppe de ses phrases amples et travaillées. On est très loin de la prose incandescente, hallucinée et poétique, tellurique même jusqu'à son oralité, de Frère d'âme. Ce changement m'a d'ailleurs surprise, me disant, que c'était certes très beau mais tout de même très classique, tant par la forme que le fond.

Et c'est là que David Diop s'extrait de ce faux classicisme avec le fabuleux personnage de Maram, l'esclave en fuite, qui a joué l'ensorcelante arlésienne durant une grande partie du roman. Et lorsqu'elle est là, son récit ( superbe mise en abyme ) illumine tout le roman, on comprend la passion amoureuse qui terrasse Adanson, Orphée à la poursuite de son Eurydice. A ses côtés, Adanson parvient à mettre de côté Descartes en acceptant les « rabs », l'esprit surnaturel animal de chaque être humain, en l'occurence l'incroyable boa noir et jaune de Maram par lequel sa vengeance s'abattra.

Et c'est là que tout le roman se pare de modernité. Dans cette histoire d'amour aux accents fantastiques qui renverse les certitudes et fait écho à une autre histoire d'amour, celle d'un père pour sa fille. Ce carnet qu'il offre à sa fille est un magnifique cadeau car il va permettre à Aglaé de découvrir son père. Ce père qu'elle ne connaît que par ses absences ou son obsession à écrire une grande oeuvre encyclopédique ( jamais publiée, vaincue par Linné ) est désormais prêt à abattre les paravents dressés autour de lui dans une mise à nu sans pudeur, juste pour la laisser découvrir l'homme qu'il était depuis son initiation africaine à la violence et la souffrance de la porte du voyage sans retour. le plus beau des héritages.

Un excellent moment de lecture même si je n'ai pas autant vibré que pour le superbe et percutant Frère d'âme, un de mes gros coups de coeur de ces dernières années.
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Après «Frère d'âme», lauréat du prix Goncourt des lycéens en 2018, David Diop nous ouvre « La porte du voyage sans retour », surnom donné à l'île de Gorée, d'où partirent des millions d'esclaves africains au temps de la traite des Noirs.

Le récit débute cependant à Paris, en 1806, en compagnie d'Aglaé, dont le père, célèbre botaniste, vient de mourir. Héritant de nombreux objets hétéroclites, elle parvient à mettre la main sur des cahiers dissimulés par son père dans un meuble en acajou, révélant ce qu'il lui est véritablement arrivé lors de son périple au Sénégal. Parti y étudier la flore locale et rêvant de devenir mondialement connu en rédigeant sa grande encyclopédie universelle des plantes, il y trouvera surtout un amour impossible et beaucoup de souffrances…

Inspiré de la vie du botaniste Michel Adanson, « La porte du voyage sans retour » raconte l'histoire d'un homme tout d'abord intrigué par l'histoire du fantôme d'une jeune Africaine promise à l'esclavage, puis tombant éperdument amoureux de cette femme aussi mystérieuse qu'envoutante, pour finalement faire basculer cette quête sentimentale en une révolte contre le sort réservé aux Noirs. le tout emmené par des personnages hauts en couleur, du jeune Ndiak, qui sert de guide au botaniste, à Maram, qui incarne non seulement toute la beauté et l'exotisme de ce magnifique pays, mais également ses injustices et ses peines…

À travers les révélations post-mortem de ce vieux botaniste, David Diop livre non seulement l'héritage d'un père incompris à sa fille, mais surtout une histoire d'amour aussi merveilleuse que tragique, ainsi qu'une dénonciation de l'exploitation coloniale et de la traite des noirs. le tout porté par la superbe plume de David Diop et parfumé par les splendeurs de l'Afrique, mélangeant croyances, proverbes, folklore et coutumes, allant même jusqu'à donner des allures de conte à cette bouleversante aventure africaine…
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À partir de l'histoire de Michel Adanson, un botaniste français né en 1727 et mort en 1806, David Diop m'a ramené sur ses terres d'Afrique dévastées des années durant par le juteux trafic d'êtres humains : l'esclavage.
Michel Adanson, passionné par les plantes rêvait de publier un chef-d'oeuvre encyclopédique consacré à la botanique, son orbe universel.
S'il n'y parvint pas, c'est Aglaé, sa fille qui découvre enfin ses cahiers après avoir cherché patiemment dans tout ce que son père lui a légué après sa mort. Elle débute la lecture d'un texte passionnant qui va me tenir en haleine jusqu'au bout.
Michel Adanson, à 23 ans, quitte Paris pour l'île de Saint-Louis du Sénégal, persuadé que les habitants, là-bas, nous sont inférieurs, comme cela est incrusté dans les mentalités de l'époque. Malgré ces idées préconçues, le père d'Aglaé apprend le wolof et peut ainsi communiquer de plus en plus avec celles et ceux que l'on nomme les Nègres. C'est ainsi que, dans le village de Sor, Baba Seck, le chef, lui conte l'histoire de « la revenante » qui n'est autre que sa nièce, Maram Seck, enlevée sur le chemin de l'île Saint-Louis. Serait-elle encore vivante ? Serait-elle sur l'île de Gorée, La porte du voyage sans retour, comme on la nomme hélas très justement ?
Décidé à connaître la vérité, Michel Adanson, sans négliger ses recherches sur les plantes locales, décide de partir à la recherche de cette jeune femme. Ndiak (15 ans) l'accompagne. Estoupan de la Brüe, le Directeur générale de la Concession, donne son accord et lui attribue six hommes armés pour escorte, plus deux porteurs.
Dans cette partie de l'Afrique occidentale où la Compagnie du Roi gagne trois à quatre millions de livres grâce au commerce des esclaves, Michel Adanson découvre que les petits rois locaux favorisent cela et organisent même les razzias.
Grâce aux notes prises par le botaniste, David Diop produit un roman passionnant, une plongée dans le Sénégal de la fin du XVIIIe siècle, sa nature luxuriante, sa faune, ses villages, ses coutumes. Je me retrouve même au coeur d'une fête de mariage au cours de ce voyage au sud de Saint-Louis.
Un peu plus tard, Michel Adanson, très malade, est sauvé par une sorcière, une guérisseuse qui… je vous laisse découvrir. J'apprends toutes les vicissitudes de ces hommes issus de la noblesse française mais aussi comment sont traitées les femmes qui refusent de se soumettre au bon vouloir des chefs locaux n'hésitant pas à pactiser avec ceux qui organisent le trafic d'esclaves.
La rencontre avec Maram, l'amour fou de Michel Adanson pour cette jeune femme qui se confie à lui sont des moments très forts de ce livre. Comme elle est passionnée par les plantes, ils communiquent d'autant plus facilement.
David Diop, toujours grâce aux cahiers de Michel Adanson, me fait bien comprendre l'importance de ce rab, ce génie gardien si important pour Maram qui le matérialise avec une immense peau de serpent boa.
La fin de l'histoire est tendue, terriblement angoissante mais tellement révélatrice de l'esprit de ces Européens trafiquants d'esclaves sur cette île de Gorée de sinistre mémoire.
Comme dans Frère d'âme, une lecture qui m'avait déjà passionné, j'ai plongé complètement dans ce récit après avoir été un peu désorienté au début. Pourtant déjà, l'auteur donnait de nombreux indices précieux sur cet homme qui, jusqu'à la fin de sa vie, ne pourra jamais oublier Maram, son amour fou qu'il croira même reconnaître des années plus tard sur un tableau représentant une Négresse d'origine wolof dont le modèle venait des Antilles. Mais, pour qui vient de lire La porte du voyage sans retour, livre faisant partie de la sélection pour le Prix des Lecteurs de 2 Rives 2022, cela ne paraît pas si étonnant…

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Une révélation frappe Michel Adanson le 26 janvier 1806, très exactement, six mois, sept jours et neuf heures avant le début de sa mort : « L'essentiel est de figurer dans la mémoire d'Aglaé (sa fille) tel qu'en lui-même, et non pas aussi immatériel qu'un fantôme de savant ». S'il a passé sa vie à décrire minutieusement près de cent mille « existences » de plantes, de coquillages, d'animaux de toutes espèces au détriment de la sienne, il parvient donc, à la fin de sa vie, non sans difficulté à achever la rédaction de ses souvenirs d'Afrique, espérant ainsi montrer à sa fille l'homme qu'il est.
Car s'il a fait ce voyage au Sénégal pour découvrir des plantes, il y a rencontré des hommes…
Après le décès de son père, ce père qu'elle a aimé mais terriblement absent, occupé par la rédaction de son « Orbe universel », son chef d'oeuvre encyclopédique, Aglaé va découvrir dans ces carnets le vrai visage de son père et combien ces années de jeunesse passées au Sénégal ont été un tournant dans sa vie.
Inspiré par les vrais carnets de voyage de Michel Adanson, David Diop relate comment ce jeune botaniste, vers 1750, envoyé par l'académie royale des sciences, est parti explorer le Sénégal pour explorer la flore locale, et a découvert un peuple, une langue le Wolof qu'il a apprise, et l'horreur de l'esclavage.
À travers ce récit, l'auteur nous permet de découvrir cette période pré-coloniale où le Sénégal est partagé en plusieurs royaumes qui se font la guerre et où, pour commercer et se déplacer il faut négocier avec les rois qui sont en place. Michel Adanson bénéficiera de la présence au cours de son périple d'un jeune homme, Ndiak, véritable sésame lui permettant de déambuler à l'intérieur du Sénégal, celui-ci lui ayant été fourni par le roi du Waalo. de même, les routes ou les voies de chemin de fer sont encore inexistantes et les déplacements difficiles et risqués. Adanson s'en apercevra, au cours de la recherche de cette Africaine, Maram, poursuite, qui le mènera du Nord au Sud du pays jusqu'à l'île de Gorée. Cette île était le lieu d'embarquement des Africains captifs sur les navires négriers et connue comme « la porte du voyage sans retour ».
C'est avec beaucoup d'émotion et de plaisir que j'ai voyagé aux côtés de ce botaniste, sujet au mal de mer, accompagné de Ndiak, deux porteurs de ses malles et de six guerriers du royaume de Waloo armés, qui a préféré rallonger sa progression en passant par les terres plutôt que par la mer.
J'ai été particulièrement sensible au raisonnement de Michel Adanson et à sa démonstration de l'égalité de tous les hommes, quelle que soit leur couleur.
Quant à l'évocation du mythe d'Orphée et d'Eurydice mis en parallèle avec l'extrême violence et la terrible souffrance de Michel et Maram, ces deux êtres qui vont se rejoindre, s'aimer puis se perdre, elle est on ne peut plus adéquate à la situation.
La porte du voyage sans retour, est un roman envoûtant qui se lit comme un livre d'aventures tout en étant extrêmement riche historiquement et humainement.
Si le roman débute par l'histoire d'une transmission entre un père et sa fille, c'est également un superbe plaidoyer que David Diop livre en faveur de ceux qu'on désignait sous le terme de Nègres, selon la terminologie de l'époque, ce mot entaché d'infamie aujourd'hui, mais qu'il emploie pour rester fidèle au personnage et au contexte historique. Avec le naturaliste Adanson, nous découvrons et ne pouvons que nous indigner de découvrir ces Nègres, hommes, femmes ou enfants considérés comme des marchandises, capturés et transportés de l'autre côté de l'océan, dans d'horribles souffrances.
J'avais beaucoup apprécié le précédent roman de David Diop, Frères d'âme, prix Goncourt des Lycéens 2018 et de l'international Booker Price 2021, qui était le récit de tirailleurs sénégalais dans les tranchées durant la guerre de 14-18 et je me suis à nouveau délectée avec La porte du voyage sans retour, surnom donné à l'île de Gorée, d'où sont partis des millions d'Africains au temps de la traite des Noirs.

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Au milieu du XVIIIe siècle, le naturaliste Michel Andanson choisit, pour ses explorations, de se rendre dans une région d'Afrique alors encore très mal connue des Européens : le Sénégal. Il y passa cinq ans, comme modeste commis de la Compagnie des Indes, et en ramena quantité d'observations géographiques et ethnologiques, ainsi que d'importantes collections botaniques et ornithologiques. Ruiné par l'insuccès de ses publications à son retour de voyage, il élabora avec Jussieu une nouvelle méthode de classification des végétaux, et se lança dans un gigantesque projet d'encyclopédie, qui ne fut jamais publiée. Il mourut dans le dénuement, léguant à sa fille Aglaé sa passion pour les plantes et une montagne de manuscrits. Et aussi - mais là c'est l'imagination de David Diop qui prend le relais -, des carnets relatant une version beaucoup plus intime de son expérience sénégalaise.


Ressuscitant le botaniste sous les traits d'un jeune homme ouvert et curieux, que ses explorations amènent à remettre peu à peu en cause les préjugés raciaux de ses semblables, au fur et à mesure qu'il se familiarise avec la langue, les traditions et les croyances, enfin le rapport au monde des Sénégalais, l'auteur nous entraîne dans un fascinant et dépaysant récit d'aventures, bientôt tendu par le mystère d'une disparition et d'une quête. Car, nous voilà bientôt sur les traces d'une jeune Africaine, évadée aux abords de l'île de Gorée, alors que, promise à l'esclavage, elle devait, comme des millions d'autres au temps de la traite des Noirs, y franchir « la porte du voyage sans retour ». Fasciné par la légende qui s'est aussitôt emparée du destin de cette fille devenue héroïne pour les uns, gibier pour les autres, notre narrateur laisse un temps de côté la flore pour s'intéresser à cette Maram, sans se douter que les développements romanesques de cette aventure le marqueront à jamais.


Romanesque, l'histoire de Michel et de Maram l'est absolument. C'est en vérité pour n'en revêtir qu'avec plus de force une dimension résolument symbolique et éminemment poétique. Ce jeune Français, qui, animé par l'esprit des Lumières, s'avère capable de raisonner à contre-courant des préjugés de son époque pour apprendre à connaître et à respecter un autre mode de rapport au monde, et qui, pourtant, échoue, comme Orphée, à sauver Eurydice de la mort et des Enfers, et, de retour en France, s'empresse d'oublier le changement de mentalité entamé lors de son voyage pour épouser à nouveau sans réserve les plus purs principes matérialistes, illustre tristement ce que les liens entre l'Europe et l'Afrique auraient pu devenir, loin de toute relation d'assujettissement, si l'appât du gain avait cessé un temps de les dénaturer.


Finalement rattrapé par l'inanité de ses ambitions et de ses tentatives encyclopédiques de maîtriser le monde, le personnage principal prend conscience, sur le tard, de ses erreurs et de ses ambiguïtés. Trop tard, hélas, pour les victimes de l'esclavage, et pour le mal et la souffrance terriblement infligés. Mais pour mettre en mots, transmettre la mémoire, et, peut-être, espérer, un jour, un avenir plus humain entre Afrique et Occident.

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critiques presse (8)
Telerama
04 octobre 2022
C’est dans cette parenthèse biographique de cinq ans que s’est glissé David Diop, l’auteur de Frère d’âme, pour faire de Michel Adanson le héros et le narrateur de ce grave et remarquable roman, qui s’offre à lire comme le manuscrit, tenu secret jusqu’à sa mort par l’homme de sciences et destiné à sa fille, dans lequel il coucha le récit de cette expédition.
Lire la critique sur le site : Telerama
LaPresse
25 octobre 2021
La narration touffue sert une intrigue à première vue peu complexe, mais qui parvient à maintenir son souffle au fil des pages. En puisant dans la vie de ce botaniste ayant réellement existé au siècle des Lumières, tout en l’agrémentant d’une touche d’irrationalité, David Diop (Frère d’âme) ne signe pas de révolution, mais démontre avec force comment hommes et femmes peuvent réaliser la leur.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaCroix
15 octobre 2021
Avec ses romans subtils, élégants et puissants, son style très travaillé, son plaidoyer pour la complexité et la nuance, David Diop avance à contre-courant dans une époque, happée par la schématisation agressive, les polémiques spectaculaires, les invectives blessantes.
Lire la critique sur le site : LaCroix
FocusLeVif
13 octobre 2021
David Diop signe un splendide hommage aux victimes du commerce triangulaire, envolée picaresque au style tenu.
Lire la critique sur le site : FocusLeVif
NonFiction
11 octobre 2021
Inspiré du voyage au Sénégal d’un botaniste français, ce roman historique et d’aventures dévoile les points aveugles des Lumières sur l’esclavage.
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LaTribuneDeGeneve
31 août 2021
Moins brutal dans ses descriptions graphiques que le premier, ce deuxième roman aux accents quasi philosophiques cogne en profondeur.
Lire la critique sur le site : LaTribuneDeGeneve
LesInrocks
26 août 2021
Inspiré de la vie du botaniste Michel Adanson, “La Porte du voyage sans retour” est un livre magnifique sur la passion amoureuse. Comment la quête d’une femme permet à un homme de se révolter contre l’esclavage.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
Actualitte
25 juin 2021
David Diop signe un roman éblouissant, évocation puissante d’un royaume où la parole est reine, odyssée bouleversante de deux êtres qui ne cessent de se rejoindre, de s’aimer et de se perdre, transmission d’un héritage d’un père à sa fille, destinataire ultime des carnets qui relatent ce voyage caché.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (386) Voir plus Ajouter une citation
Je suis donc parti au Sénégal à la recherche des plantes, des fleurs, des coquillages et des arbres qu’aucun autre savant européen n’avait décrits jusqu’alors, et j’y ai rencontré des souffrances. Les habitants du Sénégal ne nous sont pas moins inconnus que la nature qui les environne. Pourtant nous croyons les connaître assez pour prétendre qu’ils nous sont naturellement inférieurs. Est-ce parce qu’ils nous ont paru pauvres la première fois que nous les avons rencontrés, il y a bientôt trois siècles de cela ? Est-ce parce qu’ils n’ont pas éprouvé la nécessité comme nous de construire des palis de pierre résistant au flot des générations qui passent ? Pouvons-nous les juger inférieurs parce qu’ils n’ont pas construit des bateaux transatlantiques ? Il se peut que ces raisons expliquent que nous ne les estimions pas nos égaux, mais chacune d’entre elles est fausse.
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Malgré tous les subterfuges que j’avais inventés pour l’oblitérer, la souffrance éprouvée sur le ponton de Gorée, après notre brève échappée au-delà de la porte du voyage sans retour, Maram et moi, me revenait intacte. Je compris alors que la peinture et la musique ont le pouvoir de nous révéler à nous-même notre humanité secrète. Grâce à l’art, nous arrivons parfois à entrouvrir une porte dérobée donnant sur la part la plus obscure de notre être, aussi noire que le fond d’un cachot. Et, une fois cette porte grande ouverte, les recoins de notre âme sont si bien éclairés par la lumière qu’elle laisse passer, qu’aucun mensonge sur nous-même ne trouve plus la moindre parcelle d’ombre où se réfugier, comme lorsque brille un soleil d’Afrique à son zénith.
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Les palais, les châteaux, les cathédrales dont nous nous glorifions en Europe sont le tribut payé aux riches par des centaines de générations de pauvres gens dont personne ne s’est soucié de conserver les masures.
Les monuments historiques des Nègres du Sénégal se trouvent dans leurs récits, leurs bons mots, leurs contes, transmis d’une génération à l’autre par leurs historiens-chanteurs, les griots. Les paroles des griots, qui peuvent être aussi ciselées que les plus belles pierres de nos palais, sont leurs monuments d’éternité monarchique.
(pages 54-55)
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Si j’en avais eu le loisir et l’envie, et surtout s’il (Estoupan de la Brüe, Directeur général de la Concession) m’y avait encouragé par son ouverture d’esprit, j’aurais alors ajouté à mon petit exposé agricole que les milliers de Nègres que la Concession du Sénégal envoyait aux Amériques auraient été mieux employés à cultiver les terres arables d’Afrique. La canne à sucre poussait sans peine au Sénégal et le sucre dont avait tant besoin la France aurait pu en provenir plus avantageusement que des Antilles.
(pages 233-234)
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L’année même de son mariage, il avait commencé à calculer le temps vertigineux nécessaire à l'achèvement de son encyclopédie universelle. Prévoyant, selon une « estimation haute », que s'il mourait à soixante-quinze ans, il lui resterait trente-trois ans et que, à raison de quinze heures de travail par jour en moyenne, cela ferait cent quatre-vingt mille six cent soixante-quinze heures de temps utile. Il avait vécu dès lors comme si chaque minute d'attention qu’il accordait à son épouse et à sa fille l'arrachait à un labeur qui n'aboutirait jamais à cause d'elles.
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Métaphorique, l'écriture de David Diop nous offre une vision personnelle et sensible de l'exil.
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