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ISBN : 2371270997
Éditeur : La Cheminante (05/10/2017)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Récit à la première personne, Et ma langue se mit à danser est un carnet de voyage intérieur explorant des questions fondamentales : l'enfance et l'exil , la honte et le silence , ce qui empêche de grandir mais aussi ce qui permet de croître.
La perte d'une langue et la réinvention d'une autre offrent un voyage qui glisse du pays natal, au pays(age) intérieur, en passant par plusieurs non-lieux imaginaires. Sur le parcours, Ysiaka Anam exhume les mandats oub... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
cannelle124
  03 mars 2018
J'ai découvert avec ce premier roman de Ysiaka Anam un petit bijou à la fois intimiste, poétique et imagé, mais qui illustre avec profondeur l'exil et la perte de la langue maternelle, ainsi que la difficulté de vivre avec son « africanité » pour l'enfant de migrant.
La poésie se retrouve dans l'utilisation par l'auteur de métaphores, de construction de certains mots ou au contraire d'une utilisation de la langue qui permet de « sentir » le contenu de la phrase (mon ressenti assez difficile à expliquer) … le choix de passer par des contes pour imager certains concepts (la perte de la langue maternelle illustrée par la perte de la langue organe) participe aussi à cette atmosphère poétique. Cependant on ressent aussi une certaine frustration, une douleur, des peurs, dans le rythme de certaines phrases, hachées, coupées, reprises différemment … certains sentiments sont plus durs à exprimer, à extérioriser …
Sans pour autant révéler le contenu de l'ouvrage, on peut dire qu'à la fin de celui-ci, la narratrice – exilée très jeune en France - est arrivée à un tournant de sa vie qui lui permet enfin de commencer à s'affirmer en tant que « femme africaine » et surtout de comprendre que l'écriture va être son espoir, sa « petite pousse verte dans le désert ». Ce livre en est finalement le résultat de cette découverte. Elle y a « recousu » les « morceaux de tissu » éparpillés de sa vie, les réunissant ensemble comme dans le plan d'un patchwork, pour en obtenir une étude homogène et plus claire de son parcours.
On y découvre la petite fille « noire-paillasse » qu'elle aura tenté de cacher sous des tonnes de vêtements imaginaires par honte : honte du regard que les autres posaient sur elle à l'école, honte du regard qu'elle-même posait sur sa famille, et par contre-coup honte d'elle-même, de son corps de femme qu'elle juge maladroit, de sa couleur … mais surtout honte de perdre son appartenance à l'Afrique, sa culture, mais surtout sa langue maternelle …. Pour se protéger elle va refuser de « jouer » avec les autres, elle va rester « à côté » de la société sans laisser la porte ouverte … Apprendre, vivre, travailler … mais ne laisser personne avoir la possibilité de découvrir ce qu'elle cache, cette petite fille « noire-paillasse » de son enfance ... Ce roman est en quelque sorte une autothérapie pour apprendre à vivre « Avec » et non plus « A côté » de cette enfant, et des autres …
« Recoudre » les épisodes de sa vie est aussi le moyen de mieux comprendre les silences familiaux et leur cause. Car la langue, la communication, s'était aussi perdue dans sa famille. Ses parents ont aussi porté en eux leurs douleurs. Petit à petit, par ses rencontres, au travail, ailleurs, c'est reconstruire une appartenance à une « communauté noire » où chacun a certes des parcours différents, des difficultés, mais partage une couleur, l'accepter … finir par s'accepter aussi en tant que femme et non comme une enfant maladroite … C'est « se recoudre » soi-même, se reconstruire … un long cheminement …
On dit que lorsqu'on perd sa langue maternelle, lorsqu'on oublie ses racines, on perd une façon d'exprimer ses sentiments, des nuances, des expressions, des images propres à son origine …. Mais il en reste finalement peut-être toujours quelque chose …. Des rythmes, des couleurs, la poésie que l'on met dans ses textes … Je pense que l'auteur a trouvé dans ce roman SA langue propre, un mélange entre la langue de son pays d'accueil et les « échos » de sa langue maternelle … et elle est magnifique.
Il y aurait encore tant à dire tellement ce petit ouvrage est riche de contenus.
Merci aux Editions La Cheminante et à Babelio Masse Critique pour cette belle découverte. Un auteur à suivre …
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Adeyessel
  01 mars 2018
C'est l'histoire de Z, une jeune femme qui arrive en France alors qu'elle est encore une gamine. Elle raconte trente ans plus tard dans un joli récit à la première personne son parcours, son rapport aux autres et ce qu'elle a perdu au fil des années c'est-à-dire sa langue maternelle.
Un beau récit autour des questions de l'identité, de la quête de soi, de la rencontre avec l'autre.
Le récit est joliment construit mais trop impersonnel, pas assez habité pour happer la lectrice que je suis. J'en garde un goût d'inachevé. Mais ça reste tout de même une belle découverte.
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Caro44
  01 mars 2018
Une petite fille née en Afrique, arrive en France avec ses parents. Elle y découvre un pays, une langue, une couleur de peau, et prend conscience alors de ses différences.
Adulte, elle relate ici l'expérience personnelle du déracinement, de la perte et en même temps de la découverte, d'un autre pays, d'une autre culture, d'une autre langue.
On y sent les moments de flottements entre les deux rives, une petite fille puis une jeune femme comme à la croisée des chemins, ou plutôt comme sur un pont, sans savoir quelle rive choisir, quelle rive est accueillante, quelle part des deux rives peut-être accepter et faire sienne.
La langue est le symbole de cette errance identitaire, les langues plutôt, la langue maternelle dont il ne reste que peu de place, la langue d'adoption qu'elle a fait sienne. Langue qui traduit la culture, le pays avec son climat, ses modes de pensée, qui véhicule l'identité.
Si j'ai aimé le sujet, l'exil abordé sous l'angle de la langue, j'ai trouvé le récit un peu trop désincarné à mon goût, la lecture est jolie et on sent tout le poids de l'exil, des exils, du déracinement et de cette langue qui est vécue comme une attache ou comme une entrave. Mais j'aurais aimé en savoir plus sur cette personne, sur son pays d'origine, même son prénom, pour m'y attacher à mon tour.
Lien : https://mesmotsmeslivres.wor..
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Alice_vn
  05 mars 2018
Petit roman ou long poème, ce livre explore la perte de repères liée au déracinement.
Un petit bijou que je suis très contente d'avoir pu decrouvrir dans le cadre d'une masse critique
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
AdeyesselAdeyessel   01 mars 2018
Je garde cette place jamais-tout-à-fait-dedans.
Elle devient le fil rouge des différents métiers que j'exerce au fil des années: une fonction de passeur pour les autres.
Toujours dedans-dehors.
J'en fais la ligne de force de nombreux de mes engagements.
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Caro44Caro44   01 mars 2018
Les choses qu’on n’a pas eu conscience de perdre sont sans doute celles qui prennent le plus de place.
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cannelle124cannelle124   03 mars 2018
Mais cette identité, quand même, il faut la porter comme la vraie, derrière les vêtements mis juste pour faire bonne impression. Cette identité à ne pas oublier pour ne pas les laisser l'écraser en nous, l'assimiler, la génocider encore une fois.
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cannelle124cannelle124   03 mars 2018
Entre deux langues.
La "maternelle", qui au fil des années commence progressivement à m'échapper.
Et la seconde, que je précise, nuance, explore toujours plus au gré du temps, et des mots posés sur des feuilles, sans cesse.
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cannelle124cannelle124   03 mars 2018
J'avais oublié, presque, je crois, à quel point cette couleur me colle à la peau.
A quel point elle a pu créer mal-aise, dans ce temps de l'enfance où différence peut vite sonner comme difformité.
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