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ISBN : 2371270997
Éditeur : La Cheminante (05/10/2017)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Récit à la première personne, Et ma langue se mit à danser est un carnet de voyage intérieur explorant des questions fondamentales : l'enfance et l'exil , la honte et le silence , ce qui empêche de grandir mais aussi ce qui permet de croître.
La perte d'une langue et la réinvention d'une autre offrent un voyage qui glisse du pays natal, au pays(age) intérieur, en passant par plusieurs non-lieux imaginaires. Sur le parcours, Ysiaka Anam exhume les mandats oub... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
fleya
  09 octobre 2018
Et ma langue se mit à danser est un roman poignant par son thème évoquant les difficultés de la migration rencontrées chez une petite fille devenue adulte.
C'est d'abord la sublime couverture qui a attiré mon oeil et a poussé ma curiosité pour choisir ce roman durant la dernière masse critique.
Y la narratrice présente son exile avec des mots simples mais percutants! Si elle a perdu sa langue natale, elle maitrise avec justesse la langue française en nous ouvrant les yeux sur les peines qu'un enfant différent de ses camarades peut subir.
Je ne sais si Y représente Ysiaka Anam comme si c'était une autobiographie, mais si c'est bien le cas, je pense que c'est LE livre d'une vie, de SA vie. Il est nécessaire, tout comme une thérapie qui aide à crever l'abcès. Y a gardé trop longtemps le silence, sa langue s'étant perdue, elle a trouvé un bon moyen pour s'exprimer et extérioriser ses hontes, ses peurs et sa colère.
J'ai eu diverses réactions face à cette lecture, d'abord de la peine face à cette enfance vu du côté des migrants, de la curiosité aussi sur une vie que je suis loin de côtoyer par ma propre histoire, mais également de la colère! Tout d'abord envers Y, qui ne fait que d'avoir "honte" de sa couleur, là où elle devrait avoir de la fierté, honte de sa famille, honte de tout! Elle a tellement honte de sa propre personne qu'à certains moments, j'avais l'impression qu'elle en devenait "raciste" envers sa peau noire!
Puis la colère se tournait vers mes propres ancêtres et ma propre peau blanche pour tous les dégâts qu'elle a certainement occasionné...
J'ai repensé à mes propres hontes en étant petite... c'est là où je me dis qu'il est difficile de juger ce roman! Car il sort des tripes! En parcourant les mots d'Ysiaka, on suit un fil conducteur qui petit à petit en rejoint d'autres pour tisser un beau tableau d'acceptation de soi
Quoi de mieux que d'avoir choisi la Cheminante comme maison d'édition pour parler de son propre cheminement.
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cannelle124
  03 mars 2018
J'ai découvert avec ce premier roman de Ysiaka Anam un petit bijou à la fois intimiste, poétique et imagé, mais qui illustre avec profondeur l'exil et la perte de la langue maternelle, ainsi que la difficulté de vivre avec son « africanité » pour l'enfant de migrant.
La poésie se retrouve dans l'utilisation par l'auteur de métaphores, de construction de certains mots ou au contraire d'une utilisation de la langue qui permet de « sentir » le contenu de la phrase (mon ressenti assez difficile à expliquer) … le choix de passer par des contes pour imager certains concepts (la perte de la langue maternelle illustrée par la perte de la langue organe) participe aussi à cette atmosphère poétique. Cependant on ressent aussi une certaine frustration, une douleur, des peurs, dans le rythme de certaines phrases, hachées, coupées, reprises différemment … certains sentiments sont plus durs à exprimer, à extérioriser …
Sans pour autant révéler le contenu de l'ouvrage, on peut dire qu'à la fin de celui-ci, la narratrice – exilée très jeune en France - est arrivée à un tournant de sa vie qui lui permet enfin de commencer à s'affirmer en tant que « femme africaine » et surtout de comprendre que l'écriture va être son espoir, sa « petite pousse verte dans le désert ». Ce livre en est finalement le résultat de cette découverte. Elle y a « recousu » les « morceaux de tissu » éparpillés de sa vie, les réunissant ensemble comme dans le plan d'un patchwork, pour en obtenir une étude homogène et plus claire de son parcours.
On y découvre la petite fille « noire-paillasse » qu'elle aura tenté de cacher sous des tonnes de vêtements imaginaires par honte : honte du regard que les autres posaient sur elle à l'école, honte du regard qu'elle-même posait sur sa famille, et par contre-coup honte d'elle-même, de son corps de femme qu'elle juge maladroit, de sa couleur … mais surtout honte de perdre son appartenance à l'Afrique, sa culture, mais surtout sa langue maternelle …. Pour se protéger elle va refuser de « jouer » avec les autres, elle va rester « à côté » de la société sans laisser la porte ouverte … Apprendre, vivre, travailler … mais ne laisser personne avoir la possibilité de découvrir ce qu'elle cache, cette petite fille « noire-paillasse » de son enfance ... Ce roman est en quelque sorte une autothérapie pour apprendre à vivre « Avec » et non plus « A côté » de cette enfant, et des autres …
« Recoudre » les épisodes de sa vie est aussi le moyen de mieux comprendre les silences familiaux et leur cause. Car la langue, la communication, s'était aussi perdue dans sa famille. Ses parents ont aussi porté en eux leurs douleurs. Petit à petit, par ses rencontres, au travail, ailleurs, c'est reconstruire une appartenance à une « communauté noire » où chacun a certes des parcours différents, des difficultés, mais partage une couleur, l'accepter … finir par s'accepter aussi en tant que femme et non comme une enfant maladroite … C'est « se recoudre » soi-même, se reconstruire … un long cheminement …
On dit que lorsqu'on perd sa langue maternelle, lorsqu'on oublie ses racines, on perd une façon d'exprimer ses sentiments, des nuances, des expressions, des images propres à son origine …. Mais il en reste finalement peut-être toujours quelque chose …. Des rythmes, des couleurs, la poésie que l'on met dans ses textes … Je pense que l'auteur a trouvé dans ce roman SA langue propre, un mélange entre la langue de son pays d'accueil et les « échos » de sa langue maternelle … et elle est magnifique.
Il y aurait encore tant à dire tellement ce petit ouvrage est riche de contenus.
Merci aux Editions La Cheminante et à Babelio Masse Critique pour cette belle découverte. Un auteur à suivre …
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belaval
  03 octobre 2018
Petit livre poétique. Une trentenaire revient sur son enfance au moment où, à cinq ans, elle quitte l'Afrique de l'ouest pour la France. Peu à peu elle va prendre conscience de sa négritude; honte et intranquillité et surtout perte progressive de sa langue maternelle. Jolie rencontre entre l'Africaine et l'Haïtien, sur fond de malentendu:"nos chemins n'avaient définitivement pas été les mêmes, l'histoire de nos migrations ne se rencontraient à aucun endroit"
Court mais profond notamment dans le rapport à la langue.
Merci à la Cheminante et à la masse critique.
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Adeyessel
  01 mars 2018
C'est l'histoire de Z, une jeune femme qui arrive en France alors qu'elle est encore une gamine. Elle raconte trente ans plus tard dans un joli récit à la première personne son parcours, son rapport aux autres et ce qu'elle a perdu au fil des années c'est-à-dire sa langue maternelle.
Un beau récit autour des questions de l'identité, de la quête de soi, de la rencontre avec l'autre.
Le récit est joliment construit mais trop impersonnel, pas assez habité pour happer la lectrice que je suis. J'en garde un goût d'inachevé. Mais ça reste tout de même une belle découverte.
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FloReader
  14 août 2018
A la manière d'une thérapie, le récit prend la forme d'une exploration pour dérouler un traumatisme qui relie indissociablement l'enfant à l'adulte : la perte de la langue maternelle. Organisés autour d'un alphabet réinvesti, mais dans le désordre, de courts chapitres questionnent les expériences vécues par la narratrice : la couleur, la découverte de la différence, la relation entre l'adulte qu'elle est en train de devenir et la petite fille qui survit en elle, avec ses stratégies pour affronter le réel, l'immigration des parents et leur plongée dans un silence qui fait que les enfants en « perdent leur langue ». Certains empruntent au genre du conte, permettant à la narratrice de s'ouvrir à la réalisation qu'elle détient ses expériences en partage avec bien des autres, la menant ainsi à l'universalité de son vécu distinct. L'apprentissage de son humanité, en somme.
L'auteur met au service des sentiments décrits une écriture économe, parfois trébuchante, à l'image de ce corps d'enfant gauche dont elle ne se départ jamais tout à fait. On se dit qu'on pourrait facilement mettre ce livre entre les mains d'enfants tout autant que d'adultes. Il faut entendre l'auteur parler de son travail et de sa vie pour mesurer combien il s'agit là du choix profond d'un écrivain, qui accorde sa langue retrouvée au récit même de sa perte et de sa quête. Et l'on se prend à rêver du prochain livre et de ce que nous réserve cette langue qui a apprit à danser.
Lien : http://www.lacheminante.fr/p..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
AdeyesselAdeyessel   01 mars 2018
Je garde cette place jamais-tout-à-fait-dedans.
Elle devient le fil rouge des différents métiers que j'exerce au fil des années: une fonction de passeur pour les autres.
Toujours dedans-dehors.
J'en fais la ligne de force de nombreux de mes engagements.
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Caro44Caro44   01 mars 2018
Les choses qu’on n’a pas eu conscience de perdre sont sans doute celles qui prennent le plus de place.
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FloReaderFloReader   14 août 2018
[…] j'ai le sentiment confus que leur histoire qui m'apparaît si lointaine et parfois si peu consistante, cogne en vrai chaque soir à ma porte quand l'obscurité vient. Que ces hommes et ces femmes, du fond des souterrains où ils sont enterrés, frappent le sol au-dessous de moi, venant imprimer des oscillations imperceptibles à mes pas. Et me porter dans une danse qui ne m'appartient pas tout à fait.
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cannelle124cannelle124   03 mars 2018
Mais cette identité, quand même, il faut la porter comme la vraie, derrière les vêtements mis juste pour faire bonne impression. Cette identité à ne pas oublier pour ne pas les laisser l'écraser en nous, l'assimiler, la génocider encore une fois.
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cannelle124cannelle124   03 mars 2018
Entre deux langues.
La "maternelle", qui au fil des années commence progressivement à m'échapper.
Et la seconde, que je précise, nuance, explore toujours plus au gré du temps, et des mots posés sur des feuilles, sans cesse.
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