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EAN : 9782072886249
Éditeur : Gallimard (05/03/2020)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 222 notes)
Résumé :
Au plus froid de l’hiver, Vassia adore par-dessus tout écouter, avec ses frères et sa sœur, les contes de Dounia, la vieille servante. Et plus particulièrement celui de Gel, ou Morozko, le démon aux yeux bleus, le roi de l’hiver. Mais, pour Vassia, ces histoires sont bien plus que cela. En effet, elle est la seule de la fratrie à voir les esprits protecteurs de la maison, à entendre l’appel insistant des sombres forces nichées au plus profond de la forêt. Ce qui n’e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (91) Voir plus Ajouter une critique
CasusBelli
  05 juin 2020
Le titre d'abord, certaines critiques ensuite dont, et surtout celle d'Oliv, m'ont dirigé vers cette lecture, il y a des signes parfois qui font que l'on sait qu'on finira par lire un livre, et puis disons le, j'ai aussi trouvé la couverture vraiment belle.
Je m'attendais à de la littérature "fantasy", et j'ai été surpris de lire en fait un conte fantastique inspiré du folklore et de la mythologie slave, en cela je vais faire confiance à Oliv.
J'ai beaucoup apprécié cette ambiance Russe médiévale, les gens du peuple, les humbles, superstitieux par nature vont être majoritairement représentés dans cette histoire qui s'apparente donc à un conte.
Le poids, le carcan devrais-je dire, de la religion est mis en relief, en opposition avec ce qui va faire la trame principale de l'histoire, à savoir le monde invisible des esprits.
Vous apprendrez un peu de russe, l'auteur utilisant beaucoup de termes à bon escient, ce qui va donner une touche dépaysante très agréable, vous saurez ce qu'est un "domovoï" ;) (un lexique est proposé en fin de livre).
C'est une histoire qui va nous instruire à différents niveaux, sur les plans culturels, mythologiques et historiques, même si l'auteur admet dans ses notes avoir pris quelques libertés sur ce point.
Pour conclure j'ai bien aimé, et ce, même si je pense que cette histoire pourrait être classée en littérature jeunesse car l'héroïne est bien jeune ma foi, il lui arrive beaucoup de misères aussi.
Un livre facile à lire, plutôt très soft en terme de violence, à noter l'absence de guerrier invincible et impitoyable, ici la subtilité et l'imagination triomphent ;)
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Yendare
  15 janvier 2021
Je ne connais strictement rien à l'histoire de la Russie sauf sur la période du XXe siècle dans les limites de ce que j'ai appris à l'école donc autant dire très peu de chose. le folklore Russe m'est lui aussi tout aussi inconnu. C'est donc avec beaucoup de curiosité que je me suis plongé dans ce premier tome qui me faisait de l'oeil depuis un moment maintenant notamment grâce à sa très belle couverture.
Cette lecture fut une belle découverte, je me suis laissé tranquillement porter par l'histoire qui se met doucement en place durant tout une première partie de l'histoire où je me demandais vers quel horizon l'auteure allait nous emmener, le début d'intrigue est lent, nous découvrons la vie de famille dans un village de Russie à l'orée d'une forêt, une vie rude, rural dans le froid et la neige mais heureusement les esprits protecteurs du foyer sont la fournissent leur aide profitant des offrandes que lui fait la famille. La petite Vassia, dont la mère est morte quelques heures après la naissance à la capacité de voir ces dernières, on suit cette dernière grandir quand on sait qu'une menace se rapproche et menace la vie de toute ce village. L'ambiance devient de plus en plus sombre au fil de la lecture alors que l'étau se resserre sur la famille, que le danger grandit. La jeune fille fera grâce à ses dons de son mieux pour protéger les siens et ne manquera pas de courage pour ce faire.
J'ai beaucoup apprécié la découverte de tout ce folklore Russe, la découverte de conte tel que celui de Morozko, la montée en puissance de l'intrigue avec une cette ambiance de plus en plus sombre, dramatique qui se met en place lors de la lecture jusqu'à une fin de tome que j'ai trouvé plutôt réussi. J'ai trouvé les personnages très bien traités et tous très intéressants à suivre à commencer par Vassia qui est un personnage attachant, indépendante, prêtes à tout pour protéger ses proches. Son père, dur mais plein d'amour pour sa fille qu'il ne veut pas voir grandir, la grand-mère Dounia qui tente le plus longtemps possible de préserver sa petite fille de tout ce monde invisible des dieux et des esprits. Les personnages du prêtes Konstantin ou encore Anna la belle-mère de Vassia sont eux aussi très intéressant et bien traité. La profonde terreur notamment ressentie par Anna qui a elle aussi la capacité de voir les esprits protecteurs et se croit folle explique toutes ses réactions lors de ce tome. Si le personnage est horrible envers Vassia tout au long de la lecture je l'ai trouvé aussi d'un côté très humain toutes ses actions étant fondé sur sa peur et le désir de protéger sa fille.
J'ai beaucoup aimé aussi l'utilisation par l'auteure de plusieurs mots Russes qui facilite l'immersion dans ce roman dépaysant et finalement toute l'ambiance générale qui se dégage de l'intrigue. Par ailleurs ce premier tome pourrait se suffire à lui-même avec un début et une vraie fin. Je suis du coup vraiment curieux de voir ce que proposera l'auteure par la suite et vais vite me pencher sur les deux autres tomes car la saison correspond à merveille je trouve pour lire cette trilogie.
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Oliv
  01 mars 2019
Avant de lire "L'Ours et le Rossignol", j'étais partagé entre des sentiments contradictoires. D'une part, une certaine impatience à l'idée de découvrir un roman se déroulant dans un contexte russe médiéval (sachant que, si l'on s'en tient aux romans disponibles en langue française, les auteurs s'y étant aventurés doivent pouvoir se compter sur les doigts d'une main). D'autre part, mon instinct de lecteur aguerri avait fait se déclencher plusieurs alarmes : un premier roman d'une jeune auteure américaine, une héroïne adolescente au caractère rebelle, le premier tome d'une trilogie... Quelques critiques rassurantes de blogueurs en qui j'ai toute confiance ont eu raison de mes hésitations. En fin de compte, j'ai bien fait de me lancer dans l'aventure, et malgré mes réticences envers le format trilogie, je lirai certainement les prochains tomes lorsqu'ils seront parus.
D'une certaine manière, l'héroïne de "L'Ours et le Rossignol" est un personnage archétypal de conte russe : son prénom évoque à la fois la Princesse-Grenouille (Vassia est d'ailleurs comparée à une grenouille par ses frères et soeurs) et Vassilissa-la-très-belle qui, comme notre héroïne, est élevée par un père veuf et, lorsque celui-ci se remarie, se retrouve brimée par sa belle-mère. Katherine Arden a eu la bonne idée de donner à cette belle-mère un rôle un peu plus complexe que celui de simple méchante : comme Vassia, Anna a le don de voir les créatures surnaturelles qui demeurent invisibles au commun des mortels... sauf que, fervente chrétienne, elle rejette ces visions qu'elle assimile à des manifestations démoniaques, la faisant passer pour folle. Cette différence entre les deux femmes illustre l'ambivalence des esprits du paganisme russe qui, selon les circonstances, peuvent amener la paix et l'équilibre ou le chaos et la destruction. La roussalka et le liéchi, le vodianoï et le domovoï, Baba Yaga et Morozko... Tous apparaissent dans ces pages, en personne ou mentionnés au détour d'une histoire narrée devant le poêle. Ces figures traditionnelles des contes et du folklore russes sont tellement attendues qu'on se sentirait floué si elles étaient absentes ! En revanche, j'ai été plus surpris d'y rencontrer des personnages historiques : les grands-princes Ivan Ier et Ivan II de Moscou, saint Serge de Radonège, le futur Dimitri Donskoï... Autant d'éléments indiquant que nous sommes au milieu du 14ème siècle. À cette époque, la Russie était encore sous le joug mongol (les princes versaient un tribut au khan de la Horde d'Or) mais elle allait bientôt entamer le processus qui la mènerait à l'indépendance. Ce choix de placer l'intrigue dans un tel contexte m'a beaucoup plu, mais quitte à faire appel à de grands noms de l'histoire russe, j'aurais préféré que ceux-ci soient davantage exploités. Peut-être le seront-ils dans les tomes suivants ? J'imagine déjà une réécriture de la bataille de Koulikovo avec des créatures mythiques luttant aux côtés des Russes pour bouter les Tatars hors du pays !
Le roman a beau être vendu comme de la fantasy adulte, compte tenu de la jeunesse du personnage principal j'avais quelques appréhensions... Lesquelles n'avaient pas lieu d'être. La naïveté, la mièvrerie n'ont pas leur place dans cette Russie septentrionale, couverte de forêts impénétrables, où l'hiver semble ne jamais prendre fin et où les conditions de vie sont particulièrement rudes. Certes Vassia est rétive aux conventions, indépendante, en décalage avec les hommes et les autres femmes de son entourage, mais elle n'est pas l'une de ces trop nombreuses héroïnes de romans historiques affublées d'une mentalité d'Occidentale actuelle. En tant que petite-fille d'une femme-cygne et arrière-petite-fille du roi des mers, elle est liée au monde surnaturel, aux esprits de la forêt... On évite ainsi un anachronique discours féministe : si Vassia refuse de se voir imposer un mari, ce n'est pas tant parce que de telles pratiques sont injustes, mais parce qu'elle perdrait ainsi sa liberté d'aller et venir seule dans la nature, et qu'elle serait séparée de ces esprits qu'elle comprend mieux que quiconque. J'avoue néanmoins avoir frémi d'horreur en voyant Konstantin, le jeune et beau prêtre récemment arrivé au village, développer une attirance contrariée pour Vassia... Fort heureusement, la romance nous sera épargnée. Ouf !
Il n'y a pas grand-chose à dire sur le style d'écriture de Katherine Arden : ça manque peut-être un peu de personnalité, mais c'est tout à fait satisfaisant, d'autant plus qu'il s'agit d'un premier roman. D'ailleurs les quelques maladresses sur lesquelles j'ai buté m'ont paru relever de la traduction. Connaissant bien le sujet de la Russie médiévale, j'étais à l'affût d'éventuelles erreurs, approximations ou anachronismes, qui sont finalement rares[*]. On ne peut pas dire que j'ai dévoré ce roman, je l'ai lu assez lentement, petits bouts par petits bouts, mais j'étais à chaque fois impatient de reprendre ma lecture pour replonger dans l'ambiance si particulière de Lesnaïa Zemlia, ce petit village russe perdu dans la forêt. En fait, "L'Ours et le Rossignol" vaut plus pour son atmosphère que pour son intrigue. Pendant la majeure partie du récit (grosso modo, les deux premières parties sur les trois qu'il comporte), on suit l'évolution des différents personnages, Vassia en premier lieu, sans trop savoir où l'auteure compte nous amener. Tout s'éclaircit dans les derniers chapitres, qui laissent davantage de place à l'action, la menace latente est enfin identifiée et on frôle à cette occasion l'un des pires clichés de la fantasy : le réveil d'une force maléfique pluriséculaire... une affaire qui a le bon goût d'être promptement réglée. Comme il s'agit d'une trilogie, j'espère qu'on continuera sur cette lancée et qu'on ne tombera pas dans la facilité de la quête héroïque pour sauver le monde, menée par une jeune fille dotée de pouvoirs extraordinaires... Katherine Arden a su éviter cet écueil dans ce premier tome, je lui fais donc confiance pour la suite !
[*]
Marina est la fille d'Ivan Kalita, et Anna est la fille d'un des fils d'Ivan Kalita, pourtant il est dit que les deux femmes ont le même grand-père. La Horde mongole a accumulé des richesses au cours de trois siècles de pillages, alors qu'elle n'a pénétré en Russie qu'un siècle plus tôt. Il y a des moines à Kiev depuis cinq siècles, alors qu'en réalité le christianisme n'y a remplacé le paganisme que depuis trois siècles et demi. L'un des personnages est comparé à un ours de Sibérie, sauf que la Sibérie n'existe pas encore : les Russes n'exploreront et ne conquerront les régions au-delà de l'Oural que deux siècles plus tard.
Enfin, le travail d'Aurélien Police est toujours de qualité et cette couverture est esthétiquement très réussie, mais ça m'embête d'y reconnaître la cathédrale Saint-Basile alors que celle-ci sera bâtie au 16ème siècle et qu'elle ne prendra son aspect actuel que bien plus tard... C'est un peu comme si on illustrait un roman sur la guerre de Cent Ans avec la silhouette du château de Chambord. Mais comme c'est russe, ça va, personne n'y verra rien !
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thimiroi
  03 janvier 2020
Un roman qui réenchante le monde et enchante ses lecteurs.
Premier tome d'une trilogie, L'Ours et le Rossignol est un roman de fantasy original, car il est inspiré de contes russes et se déroule dans une région septentrionale de la Russie médiévale, une contrée sauvage dont les habitants subissent des hivers particulièrement cruels.
Vassia, l'héroïne du roman, est une jeune fille capable de voir et de parler avec les esprits qui vivent à côté des humains, esprits inoffensifs ou même protecteurs pourvu que l'on croie en eux et qu'on leur fasse quelques offrandes...
Mais la venue d'une belle-mère et d'un prêtre rigides, pour qui tous ces esprits sont des créatures infernales, détourne les villageois de leurs anciennes croyances ; les esprits protecteurs s'affaiblissent et deviennent incapables de s'opposer à l'irruption de créatures maléfiques…
L'Ours et le Rossignol ressuscite avec bonheur le folklore mythologique russe et dénonce l'intolérance religieuse de ceux qui ont fondé l'instauration du christianisme non sur l'amour du prochain et la charité, mais sur la peur d'un châtiment éternel.
C'est aussi un beau récit d'apprentissage mettant en scène une héroïne particulièrement attachante, proche de la nature, indépendante, sensible et prête à donner sa vie pour les siens.
Ajoutons enfin qu'après une première partie un peu statique, le roman connaît une belle progression dramatique.
Après un début aussi réussi, on lira donc très volontiers le second tome de la trilogie déjà paru, La Fille dans la tour.
Challenge multi-auteures SFFF 2020
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boudicca
  13 septembre 2019
Pour le premier tome de sa trilogie, Katherine Arden a choisi de s'inspirer de la culture russe dont elle nous fait découvrir une partie de l'histoire et du folklore. Un choix audacieux, surtout pour un premier roman, mais qui s'avère payant puisque « L'ours et le rossignol » nous livre une très belle histoire qui ne séduit pas seulement par le dépaysement qu'il procure mais aussi par de nombreux autres aspects. le roman met en scène la fille d'un petit seigneur russe vivant dans un territoire reculé où le confort est assez sommaire. Cet environnement, que d'aucun jugerait trop hostile, fait le bonheur de la petite Vassia qui, en dépit des restrictions habituellement imposées à son genre, passe son temps à vagabonder dans la forêt sous le regard bienveillant de son père et de ses frères aînés, amusés par l'espièglerie et la témérité de la benjamine. L'arrivée d'une nouvelle femme dans le foyer et du prêtre charismatique qui voyage dans son sillage va toutefois venir perturber le quotidien de la maisonnée et remettre en question la liberté dont jouissait jusqu'à présent la jeune fille. Car celle-ci et sa belle-mère partagent visiblement le même secret, celui de pouvoir voir les créatures légendaires habituellement invisibles aux yeux des mortels dont ils peuplent (avec plus ou moins de discrétion) les maisons, les lacs ou les forêts. Seulement si la petite Vassia semble faire peu de cas de son don et ne voit aucun mal à communiquer avec les créatures qui croisent sa route, sa belle-mère, fervente chrétienne, y voit le signe du diable et est bien décidée à les faire disparaître en imposant une piété irréprochable à tous les membres de la communauté. Autrefois considéré avec bienveillance, le comportement de la jeune fille se met alors à susciter l'agacement, puis la défiance de ses congénères, alors même qu'elle devient parallèlement l'enjeu d'un conflit opposant de puissantes et anciennes divinités.
Le roman met en scène une Russie médiévale fantasmée qui ne manque pas de susciter la curiosité du lecteur. Si l'essentiel de l'intrigue se déroule sur les terres reculées du père de l'héroïne, l'auteur nous livre également quelques aperçus de la cour de Moscou et de ses intrigues. On y découvre une société très hiérarchisée, reposant sur le modèle féodale et dans laquelle la religion chrétienne occupe une place de plus en plus importante. On assiste alors à l'émergence de personnalités charismatiques qui adoptent la posture de missionnaires luttant pour faire disparaître les anciennes pratiques et imposer le dieu chrétien en lieu et place des divinités autrefois vénérées. C'est un véritable choc des cultures que nous dépeint Katherine Arden, et le roman fait à ce sujet beaucoup penser à l'ouvrage d'Andrus Kivirahk, « L'homme qui savait la langue des serpents », qui dépeignait lui aussi la montée du christianisme dans une Estonie empreinte de magie. Dans les deux cas, le choix de l'Europe de l'Est comme décor permet aux auteurs de mettre en scène un bestiaire qui change de l'ordinaire. le roman met ainsi en lumière des créatures moins impressionnantes que les traditionnels dragons, licornes et compagnie, puisqu'ils appartiennent davantage au « Petit peuple », ces divinités à priori insignifiantes censées peupler les maisons, les écuries ou les forêts et auxquelles les gens du commun adressent leurs offrandes. Domovoï, roussalka, vazila (esprit des chevaux), banick (esprit des bains), roi de l'hiver et son frère, liéchi… : voilà un petit panel des créatures rencontrées au fil des pages, et ce pour le grand plaisir du lecteur à qui est ainsi fourni l'occasion de se familiariser avec le folklore russe et ses particularités. Cet aspect fait d'ailleurs beaucoup penser à une autre oeuvre parue récemment en France, la série « La cour d'Onyx » dans laquelle l'autrice Marie Brennan met elle aussi en scène un bestiaire du même type, inspiré cette fois du folklore anglais.
Si le dépaysement procuré par le cadre russe contribue indéniablement au charme du roman, il ne s'agit pas de sa seule qualité, loin de là. Quoique relativement simple, l'intrigue est ainsi très bien pensée et surtout bien construite, se dotant peu à peu des allures de conte (la magnifique couverture signée Aurélien Police illustre d'ailleurs parfaitement cet aspect). Ainsi, en dépit d'un rythme relativement lent et de nombreux passages mettant en scène le quotidien tout à fait ordinaire de la famille de Vassia, le roman ne souffre d'aucune longueur ni d'aucun moment de flottement qui feraient retomber l'intérêt du lecteur. On découvre au contraire avec beaucoup de curiosité la vie de cette petite communauté, avec ses joies et ses drames, ses habitudes et ses bouleversements. le surnaturel occupe dans un premier temps une place très limitée dans l'intrigue, avant de prendre davantage d'importance au fur et à mesure du récit, jusqu'à atteindre son paroxysme lors d'un final impressionnant. L'un des plus grands atouts du roman réside cela dit dans la qualité de ses personnages, à commencer par l'héroïne elle-même. Difficile en effet de ne pas se prendre d'affection pour cette petite fille curieuse et aventureuse confrontée aux carcans imposés par la religion et la société patriarcale dans laquelle elle a grandi. Les autres personnages ne sont pas en reste et, si tous sont loin d'être attachants, chacun d'entre eux bénéficient néanmoins d'une personnalité soignée et nuancée. C'est le cas notamment du prêtre nouvellement arrivé dans la communauté, un personnage qui n'a rien de l'archétype du fanatique décérébré et cruel trop souvent mis en scène et qui ne manque pas de susciter la curiosité du lecteur, à défaut de sa sympathie. Les autres membres de l'entourage de Vassia sont un peu moins présents mais tous sont suffisamment bien caractérisés pour qu'on s'y attache sans mal.
Katherine Arden frappe fort avec ce premier roman qui nous fait voyager à travers le folklore russe aux côtés d'une petite héroïne touchante de sincérité et d'innocence. Un joli conte à découvrir ! A noter que, si le roman se suffit parfaitement à lui-même, celui-ci s'inscrit dans une série de plusieurs tomes dont le second, « La fille dans la tour », est paru en août dernier (la chronique arrive d'ici peu).
Lien : https://lebibliocosme.fr/201..
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critiques presse (1)
Elbakin.net   18 janvier 2019
Le lecteur se retrouve vraiment plongé au cœur de ce petit village médiéval et nul doute que vous sentirez le froid vous saisir les extrémités en ouvrant votre exemplaire ou bien en allumant votre liseuse ! The Bear and the Nightingale représente sans aucun doute l’une des bonnes surprises de ce premier semestre 2017 pourtant comme toujours riches en sorties, des deux côté de l’Atlantique d’ailleurs
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
TatooaTatooa   14 août 2020
- Je vais à l'église, père. Anna Ivanovna n'est pas ma mère et sa folie n'est pas mon affaire. Tout comme mon âme ne vous appartient pas. Et il me semble que nous nous débrouillions très bien avant votre venue, parce que si on priait moins, on pleurait moins également.
(Vassia au père Konstantin).
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JustAWordJustAWord   22 janvier 2019
Toute ma vie, on m’a dit “Viens” et “Va”. On me dit comment je dois vivre et on me dit comment je dois mourir. Je dois être la servante d’un homme et sa jument pour ses plaisirs, ou me cacher derrière des murs et abandonner ma chair à un dieu froid et silencieux. Je préférerais encore me jeter dans la gueule des enfers, si c’était de ma propre volonté. Je préfère mourir demain dans la forêt plutôt que vivre cent ans de la vie qui m’a été choisie.
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BoutonBouton   22 février 2020
Elles étaient devenues amies en d'étranges circonstances. La roussalka avait volé un garçon du village. Vassia, voyant le garçon s'enfoncer en gargouillant et l'ombre de doigts verts, avait plongé dans le lac. Même si ce n'était qu'un enfant, elle brûlait de la force de sa propre mortalité et pouvait affronter n'importe quelle roussalka. Elle avait attrapé le garçon et l'avait ramené à la surface. Ils avaient rejoint la berge, le garçon, contusionné et recrachant de l'eau, regardant Vassia avec autant de gratitude que de terreur. Il s'était arraché à elle et avait fui vers le village à l'instant où il avait senti la terre feme sous ses pieds.
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MahaultMotsMahaultMots   14 mars 2019
– (…) Il y a tout un monde prêt à recevoir un homme de Dieu et vous avez déjà bu l’eau de Tsargrad et vu le soleil sur la mer. Moi …

Il sentit la panique monter de nouveau en elle, alors il s’avança et lui prit le bras.

– Du calme. Ne sois pas bête ; tu te fais peur toute seule.

Elle rit encore. – Vous avez raison. Je suis idiote. Je suis née pour être en cage , après tout : maisonnée ou couvent, qu’y a-t-il d’autre ?
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YuyineYuyine   28 janvier 2019
Les paysages resplendissants de février avaient fait place à la morne grisaille de mars, et tous dans la maisonnée de Piotr Vladimirovitch avaient la goutte au nez et la maigreur de qui s’est sustenté six semaines de pain noir et de chou fermenté. Mais personne ne pensait aux engelures ou aux reniflements ni n’avait la nostalgie des bouillies et des viandes rôties, parce que Dounia allait raconter une histoire.
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