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Rolland Barthélémy (Illustrateur)
ISBN : 2915653925
Éditeur : Nestiveqnen Editions (20/09/2018)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Preux chevaliers de la Sainte Russie, sorcières moscovites, nymphes des eaux, cosaques post-apocalyptiques, super-héros soviétiques, voici un panel des personnages que l'on croisera dans les pages de ce nouveau recueil d'Olivier Boile.
Revisitant l'histoire et les légendes de la Russie médiévale et moderne, Olivier Boile met tout son talent de nouvelliste dans ce recueil qui réunit dix-huit de ses meilleurs textes.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Alfaric
  29 novembre 2018
Merci Babelio, merci Masse Critique, merci Nestiveqnen et merci Olivier Boile ! Je ne suis un grand lecteur de nouvelles, mais j'ai lu celles-ci sans aucun déplaisir (d'autant plus quelles peuvent constituer un chouette vivier d'idées). Déjà le thème de la Russie nous change des anglo-saxonneries habituelles, mais en plus les récits sont trop courts pour lasser : on change rapidement d'époque, de lieu, de ton, d'ambiance, de genre, de registre… Mais cette atout est aussi une faiblesse car j'ai souvent eu l'impression que les récits finissaient avant d'avoir vraiment commencé, du coup le schéma préférentiel de démarrer par un présent pour aborder le passé m'a paru prendre inutilement des pages : dans des récits aussi court, il faut aller à l'essentiel pour être efficace. Point positif, plusieurs nouvelles piochent dans le folklore russe pour prendre la forme de contes de fées qui en étant universel peuvent s'adresser à tous les publics (mais attention aux contes de fées noirs)…
Pour ne rien gâcher le livre-objet est réussi, les mots d'Olivier Boile à chaque récit sont intéressants, et la couverture de Pierre Droal et les illustrations intérieures de Rolland Barthélémy apportent un vrai plus.

"Et tu la nommeras Kiev" :
On part de l'Ukraine sous Staline pour rejoindre le Moyen-Âge pour nous raconter la fondation de la ville de Kiev. Et c'est l'immortel Saint André qui fait le lien entre le présent pétri de désenchantement et le passé plein de belles pensées...
"Vassilissa et le Cavalier de la nuit" :
Le Cavalier de l'Aube doit éternellement guider le soleil sur terre pour amener la lumière à toute la Russie. Mais le coeur à ses raisons que la raison ignore, et en recontrant Vassilissa il se devoir de la voie du devoir quitte à plonger la Russie dans les ténèbres. C'est une histoire d'amour, et les histoires d'amour finissent mal en général...
"Que jeunesse se passe" :
A travers un miroir magique, un jeune criminel en col bleu converse avec un vieux criminel en col blanc : lui même ! Peut-on éviter l'inévitable malédiction des ans qui transformerait l'enthousiasme en pragmatisme, l'optimisme en pessimisme, les flammes en braises ? Olivier Boile pioche chez les grands auteurs russes qui contrairement à d'autres n'ont jamais dédaigné écrire des récits fantastiques, mais au final cela ressemble quand même un peu à un détournement d'"Un Chant de Noël" de Charles Dickens ^^
"Coule, rivière Soukhman" :
L'auteur reprend une byline, un poème épique, pour écrire sa propre version de l'épisode finale d'une geste chevaleresque. Nous sommes dans l'exercice de style et les mécanismes sont communs aux épopées du monde entier ^^
"Vingt-cinq millions de pardons" :
Un histoire de fantôme très originale et très plaisante qui dans une station balnéaire ukrainienne met en relation une employée des postes et un général de la Horde d'Or !
"Le Chevalier gris" :
Au soir de sa vie, un paladin déchu se confie avant de rencontrer sa tragédie. le récit aurait pu prendre n'importe quel décor, mais Olivier Boile a choisi celui de la Russie médiévale pour l'y placer : mission réussie !
"L'Arbre d'Oumila" :
Pour redonner vigueur aux Vikings, le dieu des mers Aegis féconde l'infertile Oumila, épouse slave du roi danois Harald… Sauf que les demi-dieux issus de cet union défende le peuple de leur mère et nom celui de leur père et Loki qui a orchestré tout cela en rigole encore ! Une nouvelle sympa que ne renierait pas Neil Gaiman ^^
"Un Garçon venu d'un autre monde" :
Dans un monde Eduard Streltsov est une idole déchue condamnée à un goulag sibérien, dans un autre monde il est un rockstar du football qui est entrée dans la légende de son sport en ayant remporté la coupe de monde avec l'équipe d'URSS… Marina Vladimirovna qui se sent responsable de la chute du premier (à juste titre), aimerait bien rencontrer le second et l'étrange va permettre au miracle d'avoir lieu !
Entre conte philosophique et fable existentialiste, Olivier Boile réalise une nouvelle 100% moorcockienne ^^
"Le Chant de la Roussalka" :
Un père en deuil, un adolescent en quête de liberté. Une créature surnaturelle capable d'apporter la damnation ou la rédemption. Olivier Boile réalise sa version d'un classique du folklore russe, et c'est bien fichu !
"Sventovit, l'Enfant-Dieu" :
Valdemar le roi du Danemark et Absalom l'évêque guerrier donnent l'assaut sur l'un des derniers bastion des païens de Mer Baltique. Ces derniers sont résolus à mourir jusqu'au dernier, et décident de recourir à leur arme ultime : Sventovit le dieu aux quatre visages ! Un récit tragique réussi, pour ne rien gâché entièrement raconté par celui qui sert de vaisseau à la divinité…
"Na Zapad !" :
Olivier Boile reprend le schéma des grandes migrations indo-européennes pour réaliser une uchronie dans laquelle après avoir colonisé l'extrême-orient les cosaques colonisent l'extrême occident (sommes-nous dans un univers résolument post-apocalyptique?). Nous suivons au pas de course une dynastie qui refonde Bordeaux puis la Rochelle avant de s'élancer à la découverte des Amériques… L'idée est bonne et mérite d'être étendue en roman !
"Le Gardien" :
C'est l'histoire d'une porte qui ne faut surtout pas ouvrir, c'est son gardien qui le dit. Mais comme vous le savez la curiosité est un vilain défaut, n'est-ce pas ? Tous les classique du conte sont réunis pour un récit aussi intemporel qu'universel.
"Les Fils du héros" :
A sommes dans un récit dynastique en 3 temps :
- Héraclès confie son enfant à la reine des serpents Echidna
- la prophétie s'accomplit quand en pays nomade Skythès fils d'Héraclès accède à la royauté
- des générations plus tard, les descendants scythes d'Héraclès affrontent les descendants macédoniens d'Héraclès
Olivier Boile possède décidément tous les ingrédients pour réaliser de la Fantasy historique de qualité et ici il ouvre plusieurs pistes qui méritent d'être explorées !
"Les Doigts des morts" :
On part d'une vielle conteuse et d'une veillée pour développer une petite fable en forme de contre macabre. Vite lue vite oubliée ?
"Les Pies de la place Rouge" :
On place au crépuscule de la Russie d'Ivan de le Terrible une histoire de chasse et de procès de sorcières et la doyenne Nounekheïa fait tout pour sauver sa sororité des sbires du tsar totalitaire. Il existe des mythes universels et j'ai ici retrouvé toute les sensations du récit intitulé "Les Cygnes sauvages" popularisé par le conte d'Andersen (mis en image par un film d'animation soviétique, ça joue aussi ^^) On part du présent pour raconter le passé avant de revenir au présent : Olivier Boile dit ne pas donner dans la nouvelle à chute, mais comme ici parfois ça y ressemble un peu quand même ^^
"Nadejda" :
Les histoires de sacrifices humains en vue de sanctifier un lieu ou un objet sont vieilles comme le monde et communes à toutes les civilisations (il y en avait une dans le flashback chinois du manga / anime "Ushio & Tora"), ici l'originalité consiste dans la sacrifiée dont la vie continue dans l'épée à laquelle elle a été liée. Elle accompagne le bogatyr Niejdan avant de susciter l'intérêt, puis la fascination et enfin la compassion du bogatyr Aliocha : la boucle est bouclée quand Nadejda revient à Gorislav le forgeron qui l'a faite pour être défaite… Une belle réussite que l'auteur a étendue en roman, mais ici l'ambiguité entre la femme et l'épée est parfaite : cela serait géniale que quelque raconte la saga d'Elric le Nécromanien du point de Stormbringer !
"Du Sang sur des mains de givre" :
On passe à la moulinette le folklore russe avec Ded Moroz et Snegourotchka. On aurait pu avoir un Pinochio russe, mais Olivier Boile plonge les personnages dans les affres d'une tragédie familiale qui finit mal, très mal...
"Le Dernier Défi de Capitaine Soviet" :
Nous suivons les heurs et malheurs d'un superman soviétique confronté aux affres de la vieillesse, aux conséquences de l'abus de vodka, à la grogne de ses différents enfants, aux jérémiades de Papa Yougo, aux appels de Mikhaïl Gorbatchev et à des vandales berlinois… Olivier Boile fait référence au "Red Son" de Mark Millar mais cela ressemblerait presque au "Jupiter's Legacy" de Mark Millar ^^
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laulautte
  04 octobre 2018
« Par la magie de son récit, je fus […] plongé[e] dans […] ces passés lointains qu'[Olivier Boile] savait faire revivre à merveille »…
Enchanteurs ces dix-huit récits qui vous plongent dans la Russie médiévale et moderne, dans la « Russie intemporelle, traditionnelle, rurale, où les croyances ancestrales et le surnaturel demeurent présents ». Merveilleuses ces dix-huit nouvelles fantastiques, pour la plupart d'un passé récent (d'une dizaine d'années) dont certaines paraissent pour la première fois, dont d'autres ont été adaptées, et celles qui prennent vie aujourd'hui dans ce recueil de 250 pages, né d'un financement participatif bien inspiré par les éditions Nestiveqnen (Merci ! et merci pour encore et toujours un ouvrage de grande qualité).
De son ordinaire plume envoûtante, fluide, ici adaptée parfaitement aux tonalités de ces récits médiévaux et modernes, Olivier Boile nous plonge littéralement et nous fait vivre et ressentir cette Russie invisible, peuplée de créatures et d'êtres issus des mythes, contes et légendes, ou encore de bogatyrs et autres héros nationaux réels ou non des temps modernes, au travers de récits aboutis d'une assez étonnante diversité. Des histoires inspirées du folklore slave ou de faits historiques que l'auteur s'approprie et remanie avec force imagination pour nous conter tout en poésie - non pas fleurette, même si le charme opère - mais la vie de curieux personnages forts, poignants, hauts en couleur qui suscitent ô combien l'empathie, une palette d'émotions qui les rend inoubliables quelle que soit leur nature. Car Et tu la nommeras Kiev fait la part belle à des êtres légendaires, connus ou inconnus dans nos contrées, là où Nadejda, merveilleux roman de fantasy de l'auteur qui sera le fruit de l'exploration de la Russie contée dans ce recueil, fait la part belle à la magique et enchanteresse Rus'de Kiev. Ce vaste territoire de légendes - qui ne semble plus avoir de secrets pour Olivier Boile tant il le maîtrise son sujet – n'en a pas moins fini de dévoiler tous ses mystères et ouvre d'autres perspectives de romans… comme partir plus loin vers l'ouest avec Semion Vassilievitch Zamorine… mais il se murmure que son projet d'écriture, même s'il « fera la part belle aux cosaques sibériens », prenne une autre direction… mais qu'importe, tombée une nouvelle fois à la renverse, je serai de l'aventure à n'en pas douter…
Et tu la nommeras Kiev est une nouvelle preuve du talent de conteur certain de son auteur, qui se livre sans fard dans quelques mots à la fin de chaque nouvelle, pour apporter quelques lumières sur ses libres et originales adaptations ou sur ses sources d'inspiration (sans quoi le lecteur pourrait rester dubitatif s'il ne se voyait pas révéler certains petits secrets…) et pour son plus grand plaisir. La preuve aussi en est le succès rencontré par le financement participatif dont ce recueil et des illustrations de Rolland Barthélémy ont fait l'objet.
… en attendant donc ce prochain roman, il me reste le recueil de nouvelles Sans donjon ni dragon à découvrir…
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vertescollines
  16 novembre 2018
Merci à Babelio pour m'avoir permis de découvrir cet ouvrage. J'avais un peu de réticence et d'à priori vis-à-vis de la fantasy surtout russe. Mais finalement ce ne sont que de très belles histoires, contes parfois avec une nuance philosophique. Cet ouvrage est un recueil de nouvelles fantastiques ou surtout je dirais imaginatives. Rien de très fantastique seulement beaucoup d'imagination. Des nouvelles simples à comprendre. On y découvre la naissance de Kiev, la rencontre du chevalier de l'aube, du jour et de la nuit, des récits médiévaux, des histoires de joueurs de football perdus dans le communisme et sa répression. Toutes les époques et tous les visages de la Russie sont abordées. Mes préférées : Nadejda et le dernier défi du capitaine soviet. Tous les thèmes aussi : la vieillesse, la jeunesse, le bonheur, le pardon, la politique, le communisme...Certains contes sont issus de légendes russes.
J'ai aimé cet ouvrage. J'ai été surprise parfois de la tournure et de la chute de ces contes. Pas de morale. Seuls les faits. A nous de nous faire une opinion ou d'inventer une suite. Parfois, j'ai été ému avec l'histoire de Nadejda et du dernier footballeur. Les vies parfois même brillantes peuvent être broyées par d'autres.
Je recommande donc à ceux qui veulent découvrir la Fantasy et les contes Russes.
Et je prête à Odile, mon amie qui adore la Fantasay. Je verrais ce qu'elle en pense !
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etohyuta
  21 novembre 2018
Et tu la nommeras kiev est un recueil de nouvelles sur le thème de la Russie. Russie au sens large et historique du terme, et non pas au sens géopolitique actuel.
Et nous voilà plongé dans ces 18 nouvelles, naviguant entre l'adaptation de contes et mythes traditionnels par l'auteur, d'univers moyenâgeux, au coeur de la Russie soviétique ou encore contemporaine, voire même post-apocalyptique, mais toujours avec un brin de fantastique qui a le don de m'émerveiller.
Ces nouvelles sont courtes et faciles à lire. Ce format à ses avantages : il est toujours agréable de lire une courte histoire pour se détendre à différents moments de la journée, malheureusement, elles ont eu pour certaines, tendance à me laisser sur ma faim. Mais j'ai bien conscience que c'est le format qui veut ça, on ne peut en mettre autant de détails dans une nouvelle que dans un roman.
Dans tous les cas, ces histoires que j'ai vraiment pris plaisir à lire, en plus de me faire découvrir ces ambiances russes, m'ont vraiment donné envie de découvrir cet auteur et son univers, de relire cette plume fluide et enchanteresse.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
AlfaricAlfaric   03 décembre 2018
- Les portes, quelles qu'elles soient, sont d'abord faites pour être fermées, sinon pourquoi les aurait-on créées ? Il s'agit bien d'empêcher un passage, non de l'ouvrir. Jadis, de nombreuses portes furent franchies par des inconscients et ne purent être refermées, laissant toute lattitude à d'abjectes créatures pour envahir notre monde et y semer le chaos. Je suis certain que tu vois à quoi je fais allusions. (in "Le Gardien")
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AlfaricAlfaric   01 décembre 2018
Comme le disait ce bon vieux camarade Stakhanov : le travail c’est la santé, le travail c’est la gloire assurée ! (in "Le Dernier Défi de Capitaine Soviet)
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AlfaricAlfaric   28 novembre 2018
La sincérité est l’apanage de l’enfance et la duplicité celui de l’âge adulte. (in "Na Zapad !")
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AlfaricAlfaric   12 novembre 2018
Triste époque ! Pauvre Ukraine ! Pourquoi t'être pliée à cette sinistre idéologie, elle qui a remplacé Dieu par Vladimir Ilitch Oulianov et ses prophètes par les ouvriers et les paysannes ornant les affiches placardées sur les murs de la ville ! « L'Union Soviétique est Source de Paix », « Les Préceptes de Lénine sont Vrais », « Le Communisme est Vivant et Conquérant »... Plus personne ne prend la peine de lire ces slogans patriotiques écrits en lettres dorées, pathétiques tentatives d'une administration athée d'imposer une nouvelle forme de spiritualité à une population déboussolée, qui ne sait plus à quels saints se vouer. (in "Et tu la nommeras Kiev")
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AlfaricAlfaric   26 novembre 2018
[Héraklès] Je n’ai pas arpenté la totalité du monde connu, des montagnes du septentrion aux déserts du midi, pour renoncer maintenant. Mon cousin Eurysthée fils de Sthénélos – que les vautours arrachent sa langue et dévorent ses entrailles ! - serait trop heureux de me voir rentrer en Grèce les mains vides, affligé, le cœur empli de honte. Et je n’ai pas accompli neuf travaux incessibles au commun des mortels pour échouer à la dixième marche !
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